vendredi 4 mars 2016

Guerre sémantique

Guerre sans merci. Les mots sont un pouvoir. Il s’agit bien souvent à la fois des mots utilisés par les politiques, introduisant par des formules un vocabulaire qui n’est jamais neutre. Il s’agit aussi du vocabulaire médiatique, qui reprend la plupart du temps les formules officielles, mais qui peut aussi se saisir du vocabulaire militant.
La guerre sémantique est bien souvent le signe annonciateur d’autres guerres. Car lorsque l’on change les mots, c’est que l’on entend changer les choses. La transformation d’un ministère de l’Education en un ministère de l’Education tout court est ainsi le signe de la volonté de privatisation d’une partie de ce service public.
Côté militant, le passage d’antimondialisation à altermondialisation signifie la volonté d’afficher le mouvement comme une « force de proposition » quitte à se distinguer des militants plus contestataires.
Dans cette guerre, il ne faut pas négliger la question du « politiquement correct ». Se réapproprier des mots interdits peut être une tactique de lutte, mais c’est aussi un enjeu face au consensus imposé, aux formes de censure larvées. 
Morjane Baba, Guerilla Kit