vendredi 29 janvier 2016

Pourquoi nous devrons nous habituer à la déflation…et aux baisses de salaires


La “4ème révolution industrielle”, c’est à dire, l’avènement de l’automatisation dans nos économies, va créer un environnement déflationniste avec de faibles salaires et de faibles taux d’intérêt. C’est la conclusion à laquelle est parvenu un panel d’analystes du Forum Economique (WEF) de Davos, rapporte Bloomberg.

Ils expliquent que le remplacement des travailleurs par les machines va induire une forte pression à la baisse sur les salaires, tout en favorisant une forte amélioration de la productivité. Ces deux tendances se combineront pour aboutir à une baisse des prix à travers le monde. De plus faibles salaires impliquent en effet une plus faible consommation des ménages, en particulier ceux des salariés les moins qualifiés, et une baisse des coûts de production pour les entreprises, lesquels inciteront ces dernières à baisser leurs prix de vente.

Selon les économistes du WEF, plus de 5 millions d’emplois seront détruits d’ici 2020 dans les 15  pays les plus développés, en raison du remplacement des employés par des machines ou des algorithmes.

“Le premier effet, ce sont des salaires plus bas pour les personnes qui sont remplacées. Cela devrait s’ajuster avec le temps, mais l’impact initial est déflationniste”, affirme Adam Posen, un ex-banquier central qui dirige désormais le Peterson Institute for International Economics.

Cependant, les analystes pensent que la hausse de productivité, qui pourrait être similaire à celle que l’on a observée aux Etats Unis avec l’ère de l’internet, entre 1996 et 2003, devrait permettre aux banquiers centraux de maintenir de faibles taux d’intérêt. Les économistes de la Bank of America pensent que la généralisation de l’automatisation pourrait faire grimper la productivité des entreprises de 30%.

Instabilité sociale

Le groupe souligne que toutes ces évolutions poseront des risques d’instabilité sociale. Edmund Phelps, un économiste détenteur d’un Prix Nobel, propose que les gouvernements mettent en place des systèmes de redistribution des recettes fiscales pour les victimes de ces changements.

Paul Sheard, chief global economist chez Standard & Poor’s, observe que les banques centrales devront repenser les politiques monétaires pour assurer la stabilité des prix dans ce nouvel environnement, d’autant que depuis la crise financière, elles ont constamment échoué à atteindre leurs objectifs d’inflation.