vendredi 8 janvier 2016

Allemagne: le rapport interne de la police fait froid dans le dos


Suite aux agressions en masse du Nouvel An dans plusieurs grandes villes allemandes, un rapport interne de la police met en lumière l'ampleur du chaos. Selon ce rapport, publié jeudi par le magazine allemand «Spiegel», les policiers redoutaient des morts.

Dans la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne, l'Etat ne contrôlait plus la situation. Tel est le constat d'un rapport interne de la police fédérale daté du 4 janvier et publié ce jeudi par le «Spiegel». Ce rapport, rédigé par un cadre de la police, fait froid dans le dos. Femmes et jeunes filles, accompagnées ou non, ont été assaillies de toutes parts par des hordes d'hommes alcoolisés et loin de se laisser impressionner par la présence policière. 

Cette nuit-là, les forces de l'ordre ont été témoins d'innombrables passants, des femmes surtout, bouleversées, en larmes, qui rapportent vols et violences sexuelles. Tous les témoignages décrivent des groupes de «migrants masculins». 

Des témoignages glaçants 
Toute identification s'est révélée impossible sur le moment tant la police était débordée, continue le rapport. «Les forces de l'ordre ne contrôlaient plus les incidents, les agressions, les délits. » Face à l'impossibilité d'aider les victimes, les policiers se sont sentis frustrés. 

En outre, le rapport établit une liste concrète d'incidents vus ou vécus par les policiers : 
- Les groupes d'hommes ont formé des cercles serrés afin d'empêcher les forces de l'ordre de porter secours aux victimes
- Un homme a lancé aux policiers: «Je suis Syrien, vous devez bien me traiter. Madame Merkel m'a invité»
- Des témoins ont été menacés dans le cas où ils nommeraient les coupables; 
- Des hommes ont déchiré leur permis de séjour sous les yeux des policiers en ricanant et en disant: «Vous pouvez rien contre moi, donnez m'en un nouveau demain.» 
- Les ordres de quitter les lieux n'ont pas été écoutés. Faute de moyens, les interpellations étaient impossibles; 
- Après la fermeture des quais de gare à cause de la foule, de nombreux individus ont rejoint un autre quai puis traversé les voies pour rejoindre le quai bondé. 

Le rapport indique que, pendant l'évacuation de la place de la gare, les forces de l'ordre ont été la cible de fusées et de jets de bouteilles. Malgré l'évacuation, les vols et agressions ont continué à plusieurs endroits à la fois. 
L'auteur du rapport note que jamais, en 29 ans de service, il n'avait vécu telle situation et un tel manque de respect vis-à-vis de la police. 
Manquant de personnel, «les forces de l'ordre ont rapidement été débordées». L'intervention a duré de 21h45 à 7h30. 
L'auteur décrit la situation du Nouvel An à Cologne comme «chaotique» et «humiliante». 

Angela Merkel pointée du doigt 
L'Allemagne est sous le choc après l'agression de plusieurs dizaines de femmes lors de la Saint-Sylvestre dans plusieurs grandes villes comme Cologne, Düsseldorf, Stuttgart, Francfort ou Hambourg. Jusqu'à maintenant, plus de 160 plaintes ont été enregistrées par la police. 

Ces incidents sont "la conséquence d'une immigration incontrôlée en Allemagne", a déclaré Frauke Petry, la patronne du parti Alternative für Deutschland (AfD) qui progresse dans les sondages. 

Le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière (CDU), s'est attiré les foudres des syndicats policiers après ses critiques envers la police de Cologne. Il a en outre prévenu contre la "suspicion généralisée" à l'égard des immigrés tout en demandant qu'il n'y ait "pas de tabou" s'il devait se confirmer que les auteurs soient d'origine étrangère. 

En Bavière, où la CSU, alliée d'Angela Merkel, tempête depuis des mois contre la politique d'immigration illimitée pronée par la chancelière, les critiques continuent de pleuvoir: "Si des demandeurs d'asile ou des réfugiés se livrent à de telles agressions (...) cela doit conduire à la fin immédiate de leur séjour en Allemagne", a tonné Andreas Scheuer, secrétaire général du parti. 

L'article 32 de la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés prévoit une expulsion du pays d'accueil pour des raisons de sécurité nationale ou d'ordre public.