jeudi 24 décembre 2015

Les ondes nuisibles pour la vérité


Pourquoi les cobayes humains ne sont-ils pas informés ? Parce que le lobby de la téléphonie mobile ne laisse rien passer, verrouille les résultats négatifs, enfume les autorités sanitaires, attaque en diffamation les citoyens qui expriment leurs inquiétudes. 
     « D’une façon générale, tous les résultats mettant en cause la téléphonie mobile sont systématiquement rejetés par les fabricants de portables. Le Dr Henry Lai qui travaillait sous contrat avec Wireless Technology Research (WTR), une société sous la tutelle de fabricants de téléphones mobiles, s’est vu refuser la publication de ses travaux parce qu’ils démentaient le credo des fabricants. [...] ‘Ils me demandaient d’interpréter différemment mes résultats afin de les rendre plus favorables à la téléphonie mobile’, s’insurge le chercheur. 
     La même mésaventure est arrivée au biologiste américain Ross Adey, qui effectuait une étude pour le compte de Motorola [...]. Comme le fabricant refusait d’admettre ses conclusions, à savoir l’effet nocif des ondes électro-magnétiques sur des animaux de laboratoire, il a préféré arrêter sa collaboration scientifique. ‘Tout se passe comme autrefois avec les fabricants de cigarettes, qui refusaient de révéler toutes les études montrant les dangers du tabac’, proteste Henry Lai »
     En France, quatre chercheurs du Comité scientifique sur les champs électromagnétiques ont publié en février 2004 un livre blanc des incidences de la téléphonie mobile et des antennes relais sur la santé : Votre GSM, votre santé : on vous ment ! 
     Ces scientifiques, en pointe dans le domaine, avaient été écartés du groupe d’experts constitué sur ce sujet par l’AFSSE (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement) en 2003. Leur livre résume ce que les autorités françaises n’ont pas voulu entendre : « Cette publication a été rendue nécessaire en raison de nombreux troubles observés chez les riverains des stations relais de téléphonie mobile (dont l’installation en France a été particulièrement anarchique) et chez les utilisateurs de téléphones portables. Sont passés en revue les travaux scientifiques mondiaux relatifs à l’exposition des êtres vivants aux effets particulièrement nocifs sur le système nerveux et le métabolisme cellulaire. Les publications officielles françaises, destinées à permettre le développement technologique sans entrave, y sont examinées et critiquées. 
     Les études épidémiologiques menées un peu partout dans le monde révèlent clairement l’étiologie des nombreux malaises ressentis par les utilisateurs de téléphones portables et les riverains d’antennes relais (insomnies, troubles cardiaques, hypertension, céphalées, etc.) ainsi que l’existence possible d’un lien entre cette exposition et des pathologies lourdes telles des maladies neurodégénératives, certaines formes de cancer... » 
     Écarté lui aussi du groupe d’experts de l’AFSSE, Pierre Aubineau, directeur de recherche au CNRS, est pourtant membre de l’équipe chargé de l’étude Comobio (Communication mobile et biologie), soutenue par le gouvernement français. Il étudie en particulier les effets des ondes portables sur la barrière hémato-encéphalique (qui protège le cerveau des toxiques circulant dans le sang). Conclusion de ses expériences sur des rats : la barrière hémato-encéphalique s’ouvre et la synthèse des protéines dans le cerveau est bouleversée sous l’effet des radiations
     Trois membres de l’AFSSE se sont sentis obligés d’auditionner Pierre Aubineau après ses déclarations à la presse – les experts, eux, « n’ont pas souhaité » l’entendre. Le chercheur a réitéré sa mise en garde : « Il y a de grandes chances qu’un risque existe, à tout le moins pour certaines personnes. Je constate qu’il se passe des phénomènes anormaux et je maintiens que l’ouverture de la barrière hémato-encéphalique relève du pathologique et non du biologique. Il en va de même lorsque la synthèse des protéines de choc thermique augmente de manière inconsidérée : ceci reflète une attitude stressée et un dysfonctionnement cellulaire »
     Réaction de Michèle Froment-Védrine, de l’AFSSE : « Mais les personnes qui téléphonent ne sont-elles pas stressées ? » 
     Hélas, l’état de la barrière hémato-encéphalique des responsables de l’AFSSE n’a fait l’objet d’aucune étude.
     Notons que les « experts », refusant d’écouter Pierre Aubineau, ont complaisamment interrogé les opérateurs de téléphonie mobile évoquant des « symptômes subjectifs » chez leurs abonnés qui se plaignent de troubles. Extrait de leur audition : « Depuis quelques mois, nous assistons à un véritable marché de la peur qui rend malades les personnes fragiles. Ces dernières dorment mal ou ont mal à la tête à force d’être inquiétées par des discours alarmistes »
     En revanche, que Bernard Veyret, René de Sèze et Denis Zmirou aient pu co-signer le rapport de l’AFSSE après avoir collaboré à la rédaction d’une plaquette de pub financée par Orange et intitulée « Aucune inquiétude pour les antennes relais » n’a donné de migraines à personne dans les sphères de la « sécurité sanitaire ». 
     Tant d’efforts et de manipulations pour « rassurer » les consommateurs devraient suffire à leur mettre la puce à l’oreille, si cette dernière n’était accaparée par un téléphone portable. 

Pièces et Main d’œuvre, Le téléphone portable, gadget de destruction massive