samedi 12 décembre 2015

Les mots trompeurs

Ils sont trompeurs car ils ont changé de sens dans la seconde moitié du XXe siècle ; ils traduisent une usurpation de sens en quelque sorte (comme dans les réformes religieuses où la nouvelle religion s’efforce de s’approprier les lieux ou les symboles de la précédente). Les mots trompeurs finissent souvent, au surplus, par désigner le contraire de ce qu’ils prétendent signifier : c’est le propre de la Novlangue orwellienne (« la liberté, c’est l’esclavage », « la guerre, c’est la paix ») qui est une manipulation du langage et une tentative de manipulation de la réalité par le langage. Ce sont de faux amis dont il faut se méfier. 
     Les mots trompeurs illustrent le fait que nous vivons aujourd’hui une nouvelle période de renversement des valeurs qui explique aussi le renversement du sens. Il est frappant d’ailleurs que le Système politique légalise et encourage aujourd’hui ce qui était proscrit hier, en particulier en matière de comportements sociaux. 
     Hier constitutionnelle, la préférence nationale est aujourd’hui... un délit ; la préférence étrangère est encouragée au nom de « l’intégration » ou de la « discrimination positive ». 
     Il n’y a pas si longtemps considéré comme une trahison, l’abandon de souveraineté est dorénavant présenté comme un progrès dans la construction de l’Union européenne
     A l’opposé du mérite républicain, l’établissement de privilèges ethniques est encouragé au nom de la lutte contre la « discrimination ». 

Voici quelques exemples de mots trompeurs : 
     JEUNES : désigne non plus une classe d’âge mais une origine ethnique (immigrée). « Voile intégral : deux policiers pris à partie par de jeunes habitants », selon Le Figaro du 9 décembre 2011. Une subversion du sens doublement perverse : puisque la jeunesse est associée à des comportements délinquants d’une part ; et que la population majoritaire se voit privée de ce mot, incarnation de l’avenir. 
     DEFAVORISE : une « banlieue défavorisée » est une zone de peuplement de populations en majorité d’origine immigrée bénéficiant, au contraire, d’aides publiques massives et d’avantages sociaux ; comme l’a montré le géographe Christophe Guilluy, c’est la Creuse qui est pauvre, pas la Seine-Saint-Denis. 
     POPULAIRE : ne désigne pas une catégorie sociale mais une origine ethnique ; un « quartier populaire » est un quartier qui n’est pas habité de population autochtone mais au contraire d’origine immigrée ; cela revient à associer au peuple ceux qui précisément se reconnaissent rarement en lui. Ne pas confondre avec POPULISTE
     RACISME : hier doctrine affirmant l’inégalité entre les races humaines ; aujourd’hui est qualifiée de raciste une personne qui affirme que les races humaines existent ou qui s’inquiète de l’immigration (selon les tribunaux). 
     RESPECT : hier se méritait par son comportement ; aujourd’hui est revendiqué comme un droit des « minorités ». 
     MEMOIRE : il ne s’agit pas de la promotion de l’identité historique de la nation mais, au contraire, d’une réécriture de son passé dans un sens uniquement culpabilisant ; c’est un conditionnement révisionniste qui repose sur la notion totalitaire de responsabilité collective
     FAMILLE RECOMPOSEE : famille monoparentale, nouvelles parentalités, en fait le contraire de la famille telle qu’on la percevait jusqu’alors, à savoir l’union d’un couple marié unissant deux personnes de sexe différent avec ses descendants et ses ascendants ; ces termes cherchent à masquer sous un vocable sociologisant la destruction de la famille en Occident. 
     PREFERENCES SEXUELLES : pour valoriser l’homosexualité et demain autre chose... 
     ISLAMISME (radical) : concept destiné à présenter l’islam sous une forme lénifiante qui se distinguerait justement de l’islamisme. Ne pas confondre avec ISLAMISME MODERE
     INTEGRATION : ne désigne pas l’adoption par les personnes d’origine immigrée des us et coutumes français mais, au contraire, l’adaptation de la société française aux mœurs et croyances de ces populations (d’où le changement de sens du mot « laïcité » aujourd’hui : de neutralité vis-à-vis de la religion catholique elle devient de plus en plus l’assistance des collectivités publiques à tous les autres cultes et principalement l’islam). 
     ZONE DE NON-DROIT : ce n’est pas l’absence de droit mais en réalité la mise en place d’un autre droit, communautaire et religieux, voire mafieux, dans ces zones de peuplement immigré et où les représentants du pouvoir légitime ont de moins en moins la possibilité d’accéder. 

Jean-Yves Le Gallou, La tyrannie médiatique