mercredi 23 décembre 2015

Grâce à l’Union européenne, les banques peuvent maintenant siphonner le compte de leurs clients.


Si un jour vous déposiez des liquidités dans le coffre d’un hôtel et que ce dernier, pour honorer ses factures auprès du blanchisseur, décidait de piocher allègrement dans votre dépôt, serait-ce du vol ?
Ne souriez pas, c’est une question grave et – désormais – légitime : depuis quelques mois, le principe de propriété privée a été mis à mal par Bruxelles avec la complicité de notre Gouvernement.

En effet, au cœur de l’été, pendant que nous étions pour la plupart en train de lézarder au soleil, le Gouvernement de Manuel Valls était quant à lui au travail. Quelle abnégation au service de l’intérêt national ! Cependant, ce professionnalisme auquel la bande à Manu ne nous a pas habitués aurait dû, sans doute, nous mettre la puce à l’oreille. Imaginez,  si le cancre de la classe décidait soudain de rester à son bureau pour réviser sagement pendant la récréation…  il est fort probable que certains se retrouveront avec des punaises au cul en retournant s’asseoir.

Mais voilà, nous avons ici affaire à de grandes personnes (ce qui n’enlève rien à leur incompétence et leur irresponsabilité) et, à défaut de punaises, l’exécutif dispose des ordonnances pour faire passer ces mauvais coups en douce. Voici les faits : le 20 août 2015, la Directive Européenne sur le Redressement des Banques et la Résolution de leurs Défaillances (Bank Recovery and Resolution Directive) est transposée en droit français. Ce texte prévoit qu’une banque faisant faillite pourra solliciter en premier lieu ses actionnaires, puis ses détenteurs d’obligations, et si cela ne suffit pas – voici l’innovation déterminante et formidable de cette directive – elle pourra se renflouer, sans plus de façons, sur les comptes personnels de ses clients. Flûte, le gardien du trésor filerait-il avec la caisse ?!

On imagine bien que la nébuleuse socialo-ploutocratique qui nous dirige ne tenait pas à faire trop de publicité sur cette mesure en la soumettant au circuit parlementaire classique et « démocratique ». Pourquoi se compliquer la tâche avec un débat public et toutes les retombées médiatiques qu’il engendre quand une simple et discrète petite ordonnance prise en catimini au cœur des vacances d’été fait parfaitement l’affaire ? 

Ils auraient pu s’en tirer à bon compte, mais c’était sans compter sur l’empressement des institutions européennes à voir ce texte ratifié au plus vite par l’ensemble des pays de l’Union.  6 pays n’ont pas encore transposé ces dispositions dans leurs législations nationales, et les relances agressives et tapageuses des eurocrates ont permis de mettre un coup de projecteur sur ce scandale et de trouver les premiers articles dans quelques médias indépendants. 

Le cas chypriote ou les premières armes des euro-banksters
En 2013, un système de spoliation des citoyens chypriotes a été imposé sans cadre légal afin de venir en aide aux banques. Les clients de la Bank of Cyprus, la plus grande banque de l’île, ont vu se volatiliser 60% de leur épargne au-dessus de 100 000 euros.

Ces pratiques scandaleuses ne nous avaient pas plus ému que cela. C’était à Chypre après tout, et on n’allait pas s’inquiéter pour des comptes qui n’appartenaient, selon la propagande de l’époque, qu’à des mafieux Russes probablement proches de l’infâme Poutine. Avec le recul, nous comprenons que l’expérience chypriote a servi de banc d’essai à ces mesures. Ce qui s’est passé à Chypre n’est rien d’autre que du vol. Et ce vol est désormais anticipé dans la loi française et bientôt dans toutes les législations européennes. La France ne pouvait pas y couper dans la mesure où l’un des grands promoteurs de ce système n’est autre que l’ex-commissaire européen Michel Barnier, européiste convaincu, et supposons-le, homme politique corrompu.

Forte de ce précédent, l’Union Européenne, prompte à défendre l’oligarchie bancaire au détriment des peuples, a étendu en 2014 ces mesures à tous les pays membres par le biais d’une résolution législative, c’est-à-dire une loi européenne, intitulée « Mécanisme Unique de Résolution » qui autorise la ponction des comptes bancaires, sans limite, en fonction des besoins des banques.
Marine Le Pen, lors d’une intervention au parlement européen du 24 juin 2015 sur la crise Grecque, comparait le Mécanisme Unique de Résolution à un MUR contre lequel tous les épargnants Grecs se fracasseront pour sauver une fois de plus l’Euro au prix de la confiscation bancaire des citoyens. 
Pour faire passer la pilule en douceur, les technocrates inféodés aux lobbies bancaires s’y sont pris par étapes. Au départ, à grand renfort d’annonces, ils disaient cibler les comptes de plus de 100 000 euros. Ce montant était symbolique, il donnait l’illusion que seuls les gros poisson seraient pris dans la nasse. Imaginez pourtant que vous vendiez votre appartement 200 000 euros pour en racheter un autre ou pour lancer votre entreprise et qu'au même moment votre banque soit face à de sérieuses difficultés… d’un coup de baguette magique vous voilà devenu la proie idéale. Mais déjà cette garantie chimérique n’en est plus une. En effet les Allemands s’y sont opposés et en conséquence il n’y a plus de plafond. Étonnement, l’échec de ce processus n’a pas bénéficié des mêmes effets d’annonces. 

Les conséquences à court terme
Les banques qui reçoivent de l’argent quasi-gratuit des Banques centrales en profitent pour faire des placements risqués sur les marchés financiers internationaux, s’exposant ainsi à des pertes importantes. A l’heure de la banqueroute, elles se tourneront comme à leur habitude vers les Etats. Mais ces derniers désormais surendettés auprès des mêmes banques, à cause de l’interdiction qui leur est faite par l’Euro d’emprunter à leur banque centrale, seront bien incapables de leur venir en aide et de sauver une nouvelle fois notre système financier. Ce serpent qui se mord la queue se déroulera soudainement pour venir s’abreuver dans les comptes en banque des citoyens. Au fond contribuables ou épargnants, ce sont toujours les peuples qui payent les dérives structurelles de notre système monétaire dont le seul objectif est le maintien de la monnaie unique.

On peut d’ailleurs s’interroger sur l’empressement de la Commission européenne à faire adopter cette directive et à pourchasser les derniers retardataires. Craindrait-on, en haut lieu, une prochaine crise financière et bancaire ?