mardi 1 décembre 2015

Entre polémique et échauffourées, des débuts agités pour la Cop 21

La COP 21 a débuté hier à Paris. La Conférence des nations Unies sur les changements climatiques, de son nom complet, réunit environ 150 chefs d’Etats sous la Présidence de Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères et du développement International. Cet événement - qui se tiendra jusqu’au 11 décembre au Bourget - a pour objectif principal de prendre les décisions juridiques nécessaire afin de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés d’ici 2100. Autre dossier important : le financement de la lutte contre le réchauffement climatique à hauteur de 100 milliards de dollars par an promis par les pays riches aux pays en développement en 2009 à Copenhague. Des résultats sont donc attendus comme l’a indiqué Laurent Fabius : « Nous ne sommes pas réunis à Paris pour une discussion de salon, nous sommes réunis pour prendre des décisions juridiques contraignantes. »

Un événement qui ne fait pas l’unanimité.
On aurait pu croire que la COP 21 rassemblerait tout le monde mais il y a de nombreux détracteurs, dénonçant l’inanité de cette réunion au sommet. Des activistes parmi les plus radicaux s’en prennent aux organisateurs et aux Etats présents, critiquant l’hypocrisie d’un événement financé en partie par des entreprises polluantes et des lobbies agissant contre la transition énergétique, une transition énergétique impossible dans une société mondialisé et capitaliste et où ceux qui feignent de trouver des solutions sont les pollueurs eux même. D’autres dénoncent un subterfuge afin de faire payer aux contribuables toujours plus avec la taxe carbone.

Des échauffourées ont même éclaté.
De nombreuses manifestations étaient organisées à travers le monde pour faire pression sur les dirigeants. Mais dans le cadre de l’état d’urgence celles prévues à Paris ont été interdites.  Malgré cela des manifestants bravant l’état d’urgence se sont retrouvés place de la République scandant « Etat d’urgence, Etat policier, on ne nous enlèvera pas le droit de manifester ». Des heurts ont éclaté avec les forces de police.

208 interpellations ont eu lieu.
Ces interpellations ont donné lieu à 174 gardes à vue. Les personnes arrêtées se sont retrouvés parquées au commissariat de la rue de l’Evangile dans le 18ème arrondissement de Paris. Après les militants pour la famille, place aux militants pour la Terre.

Un autre dossier fait mauvais genre au moment de la COP21 : la destruction annoncée des Serres d’Auteuil
La Fédération française de tennis avait obtenu gain de cause en juin dernier, alors que la Mairie de Paris et l’Etat ont signé le permis de construire pour l’extension du stade de tennis de Roland Garros, moyennant la destruction d’une partie des serres d’Auteuil qui abritent pourtant plusieurs espèces rares. L’association Jean-Camille Formigé et deux héritières de l’architecte ont plaidé jeudi dernier pour la préservation des Serres : en partie classées, l’équilibre de l'architecture globale de ces serres est mis en péril par ce projet, et plusieurs arbres seront détruits. Selon la Fédération, les serres classées sont épargnées et plus d'arbres encore seront plantés... à l’horizon 2020. Le jugement doit intervenir le 11 décembre. La Fédération prévoit de débuter les travaux fin 2015-début 2016, alors que plusieurs recours sont encore pendants.

En route pour la COP, les zadistes organisent un banquet républicain à Versailles.
Les occupants de la ZAD de Notre Dame des Landes se sont retrouvés vendredi devant le château de Versailles pour un grand festin. Au terme d’un périple d’une semaine c’est leur dernière étape avant Paris. C’était également l’occasion de faire la jonction avec les occupants d’autres ZAD : par exemple celle de  Bures ou encore de Forcalquier. Leur marche « Cap sur la COP » a pour but de dénoncer la grande mascarade de la COP 21 : alors que l’on discute du réchauffement climatique, la France continue d’être bétonnée. C’est en effet l'équivalent d'un département de terres agricoles qui disparaît tous les 7 ans.