dimanche 22 novembre 2015

Perquisitions administratives : quand des innocents voient le RAID débarquer en pleine nuit


Près de 800 perquisitions ont eu lieu depuis l’instauration de l’état d’urgence, dans la soirée du 13 novembre. Ce zèle, moqué par certains internautes par le hashtag #PerquisitionnezMoi, est parfois passé près du drame, comme à Nice. 

Jeudi dernier, à Nice, le RAID rentre à coup de fusil à pompe dans un appartement situé dans un immeuble de la rue Marceau. Dans la pièce attenante dormaient deux enfants et leur père. L’une de ses filles, dans l’axe de la porte, a reçu des projectiles tirés par la police qui l’ont, par chance, blessée légèrement au cou et à l’oreille. Le père, qui a d’abord été menotté puis mis à terre, a finalement reçu les excuses de la police qui s’est engagée à le dédommager. Les forces de l'ordre recherchaient en fait son voisin de palier. Une fillette blessée lors d'une perquisition du... par nice-matin 

Dans le Gard, une maison, habitée depuis 14 ans par un homme de confession musulmane de 56 ans et sa famille, a aussi été visitée par une unité d'intervention. L'épisode, relaté par le père de famille au site Objectif Gard, a traumatisé les habitants : 
«Un bruit nous a réveillés, ma femme, moi et mes enfants de 16 et 12 ans. Sur le coup, je pensais que c'était des jeunes qui défonçaient mon portail. En ouvrant ma fenêtre, j'ai vu que c'était des gendarmes. Ils étaient au moins une cinquantaine, certains cagoulés, d'autres avec des casques. Ils avaient bouclé tout le quartier. La fenêtre de la chambre de ma fille a reçu un impact. Je l'ai entendu dire : "Papa, papa, on m'a tiré dessus". C'était l'assaut de Saint-Denis chez moi. Ils ont demandé à mes enfants et à ma femme de se mettre à plat ventre. Puis une trentaine de gendarmes a fouillé de partout, en foutant tout en l'air. Ils m'ont traité comme si j'étais un terroriste. A plusieurs reprises, j'ai demandé ce qu'il se passait mais personne ne m'a répondu. Vers 3h45, ils sont partis. Ils devaient avoir honte, car ils se sont excusés. Sauf que c'est trop tard, le mal est fait». 

Une maison d'édition qui publie des ouvrages islamiques a été perquisitionnée le 21 novembre par la police : «comme on pouvait s'y attendre, les 10 heures de perquisition, de livres scannés et reniflés par des chiens (!), n'ont absolument rien donné avec toutes les plus plates excuses des policiers et du Préfet : ''les ordres viennent d'en haut...''[sic]», peut-on lire sur la page Facebook de l'entreprise.