mardi 10 novembre 2015

Mass media, sexe et loisir.

« Dans son acception la plus large, qui déborde de loin l’usage commun, ce concept d’ambiance est caractéristique de la société de consommation, qui peut se définir ainsi :

- Les valeurs d’ « objectif » et de transcendance (valeurs finales et idéologiques) laissent place aux valeurs d’ambiance (relationnelles, immanentes, sans objectif) s’épuisant dans le moment de la relation (« consommées »).
- La société de consommation est en même temps une société de production de biens ET de production accélérée de relations. C’est même ce dernier aspect qui la caractérise. Cette production de relations, encore artisanale au niveau intersubjectif ou des groupes primaires, tend pourtant à s’aligner progressivement sur le mode de production des biens matériels, c'est-à-dire sur le mode industriel généralisé. Elle devient alors, selon la même logique, le fait, sinon le monopole, d’entreprises spécialisées (privées ou nationales), dont c’est la raison sociale et commerciale. Les conséquences de cette évolution sont encore difficiles à entrevoir : il est difficile d’admettre qu’on produise de la relation (humaine, sociale, politique) comme on produit des objets, et que, à partir du moment où elle est produite de la même façon, elle soit au même titre un objet de consommation. C’est pourtant la vérité, mais nous ne sommes qu’au début d’un long processus. »


La société de consommation, Jean Braudillard.