dimanche 8 novembre 2015

Le Captagon, drogue dure des djihadistes sponsorisée par l’Arabie saoudite

Un prince saoudien s'est fait pincer au Liban, le jet bourré de plus de deux tonnes de Captagon, la drogue dont raffole l'État islamique.


Un avion peut en cacher un autre… Tandis que les médias se concentrent sur « Air Cocaïne », la très irrégulière compagnie privée de trafic de drogue de République dominicaine, un autre avion, dont la compagnie aurait pu s’appeler « Air Captagon », fait timidement parler de lui.

Il s’agit du jet privé appartenant au prince saoudien Abdel Mohsen, saisi avec à son bord plus de deux tonnes de cette drogue très appréciée des combattants de l’organisation État islamique. Les djihadistes en Syrie et en Irak ne tarissent pas d’éloge sur cette pilule « miracle » : « Cela donne la pêche, tu te mets à combattre sans te fatiguer. Tu marches droit devant toi. Tu ne connais plus la peur. Les combattants l’utilisent pour veiller, pour contrôler leurs nerfs et pour augmenter leurs performances sexuelles », expliquait un trafiquant au cours d’un reportage diffusé sur la chaîne Arte.

Un témoignage confirmé par un officier syrien de la brigade des stupéfiants de la ville de Homs à l’agence Reuters :  »On les frappait et ils ne ressentaient pas la douleur. La plupart d’entre eux rigolaient alors qu’on les bourrait de coups ».


55 millions de comprimés saisi en Arabie saoudite chaque année

Sa production ne nécessite qu’une maîtrise des bases de la chimie et peu de matériel, ce qui en fait un business très rentable : « Un sac de 200 000 pilules rapporterait un demi-million de dollars et ne coûterait que quelques milliers de dollars à être fabriqué », peut-on apprendre dans le reportage d’Arte.

En plus d’augmenter les performances physiques et mentales des djihadistes, le Captagon offre une source de revenu considérable à l’organisation État islamique, son principal client étant l’Arabie saoudite où pas moins de 55 million de comprimés y sont saisis chaque année selon un rapport des Nations unies. Un business qui révèle un peu plus les relations étroites entretenues entre le Royaume d’Arabie saoudite et l’État islamique.

Comble de l’ambiguïté : selon les propos de journalistes bulgares rapportés par Courrier international, le Captagon serait produit par des laboratoires de l’OTAN en Bulgarie. En 2014, un expert pharmaceutique bulgare monnayant ses conseils aurait même été arrêté au Liban.