mercredi 14 octobre 2015

Manifestation inédite des policiers place Vendôme


Les policiers refusant de voir Christiane Taubira, François Hollande a annoncé en Conseil des ministres qu'il recevrait la semaine prochaine les syndicats de la police et de la justice. 

Patrice Ribeiro, commandant de police et secrétaire général de Synergie-Officiers, répond aux questions de Caroline Parmentier dans Présent : 
"[...] Les policiers sont à bout et ne sont plus en mesure d’assurer au quotidien leurs missions. Là-dessus sont venues s’ajouter des charges particulièrement lourdes comme les attentats de Charlie Hebdo et les migrants avec tout ce que cela implique. Nous sommes vraiment à flux tendu. 
Le message est d’abord porté sous les fenêtres de la garde des Sceaux parce qu’elle est l’un des éléments du problème. 

C’est la première fois que tous les corps défilent en même temps ? 
Pour la première fois il y a une intersyndicale. Tout le monde est d’accord quels que soient les obédiences, les oppositions ou les clivages catégoriels. Tous les corps : gardiens, officiers et commissaires en civil sont réunis. Cela fait beaucoup de monde, à la fois Place Vendôme et devant tous les TGI de province. Nous demandons à être reçus dans quelques jours par le président de la République. C’est inédit en effet que le mouvement soit unitaire et c’est cela qui inquiète en haut lieu

[...] Il y a un problème de décisions de justice mais qui ne sont que le reflet de la politique pénale menée par la garde des Sceaux. Il y a un problème de financement, de mise en œuvre des moyens. Et il y a un problème de reconnaissance des policiers. C’est pour cela que nous voulons être reçus par le président de la République et par personne d’autre. Taubira a proposé de nous recevoir, ça ne nous intéresse pas. Notre interlocuteur ne peut être que le président de la République. C’est le seul à même d’ériger la sécurité en cause nationale. 

Dans quel but ? 
Savoir si oui ou non on fait un grand plan Marshall pour la police. Parce que malgré certains efforts (les budgets sont remontés depuis six, sept ans) ce n’est pas suffisant car dans le même temps la situation s’aggrave. C’est même très insuffisant compte tenu des enjeux auxquels nous faisons face. C’est au président de la République de décider s’il met de l’argent sur le budget de la sécurité ou sur le budget de la culture. Nous préférons avoir des voitures de police plutôt que deux ou trois spectacles de rue en plus au Festival d’Avignon


Avez-vous des exemples concrets de matériel qui manque à la police de façon criante ? 
Dans le cas des migrants par exemple, le dispositif monte crescendo. A Calais aujourd’hui ils sont 6 000 alors qu’ils étaient 3 000 il y a seulement quelques mois. Il faut le gérer. En plus ils sont de plus en plus agressifs. Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car le problème de fond c’est la police du quotidien, c’est la sécurité publique. Si vous prenez la cité des Indes à Sartrouville, il y a un seul véhicule de police qui tourne à Sartrouville toute la journée avec deux policiers dedans. Dans le 93, du côté de Pavillon-sous-Bois, ils sont obligés de prendre un gardien de la paix d’un commissariat, un autre du commissariat d’à côté et encore un autre d’un troisième commissariat pour péniblement équiper une voiture qui va faire police secours sur un secteur qui contient plusieurs villes et plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Il y a un problème très grave. Quand les gens appellent la police elle ne vient plus. [...]"