lundi 10 août 2015

John Kerry au Qatar: "Nous allons accélérer certaines ventes d’armes"

Lors d’une conférence de presse a Doha, lundi, le secrétaire d’Etat américain a promis aux pétromonarchies du Golfe d'accélérer la vente de « certaines » armes. Le meilleur moyen selon Washington pour rassurer ses alliés sunnites après l'accord sur le nucléaire signé avec l'Iran. Rien que ça. Est-ce bien nécessaire de rappeler que l’accord international vise à garantir que les activités nucléaires iraniennes sont strictement pacifiques ?

C’est à l’issue d’une réunion exceptionnelle avec les ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de Coopération du Golfe - Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar - que John Kerry a annoncé, le 3 août, en conférence de presse que certaines ventes d’armes sont « nécessaires et ont pris trop de temps par le passé ». Sans blague. Un compagnonnage contradictoire et simpliste avec les monarchies sunnites serait-il devenu de nouveau limpide aux yeux des Américains ? Une conception curieuse, aussi, de l'équilibre des forces. Washington promet au camp sunnite de l'armer toujours plus abondamment pour mieux le rassurer sur ses nouvelles relations avec l'Iran, entamées grâce à un accord censé justement garantir les activités nucléaires strictement pacifiques du camp chiite. La veille, en Egypte, le secrétaire d'Etat américain n'était pas arrivé, non plus, les mains vides. L'ambassade américaine au Caire, annonçait le jour même sur twitter la livraison de huit nouveaux avions de combats F16 avec lien sur youtube des nouveaux chasseurs égyptiens.

 Bref, rien n'avait été laissé au hasard pour calmer les inquiétudes des alliés américains, très sceptiques sur le bien-fondé de l'accord sur le nucléaire signé entre l'Iran et les occidentaux. Ce compromis avec l'Iran, doit garantir que Téhéran ne se dotera pas de la bombe atomique en échange d’une levée progressive et conditionnelle des sanctions économiques qui étouffent son économie. Mais apparemment, pour convaincre les pétromonarchies de cet accord « historique » et se rabibocher correctement, il faut plus que des mots. 

Avant son voyage, Monsieur Kerry avait déclaré qu’il « tentera de répondre à toutes les questions que les ministres du Conseil de Coopération du Golfe pourraient encore se poser afin, espérons le, qu’ils soient satisfait et soutiennent nos efforts ». Mais à en croire ses propos après la rencontre, les réponses satisfaisantes seraient, entre autres, la poursuite des discussions sur l’intégration des systèmes de missiles balistiques des pays du Golfe. Voilà de quoi être rassuré…