jeudi 9 juillet 2015

Léon Daudet à propos d'Emile Zola

Le fond du caractère de ce malheureux mégalomane, mâtiné de français et d'italien, d'imagination et de sottise c'était l'envie : une envie tenace, bestiale, mesquine, toujours en éveil [...]. Émile Zola, avec son nez bifide, sa verbosité, son langage fébrile, était le type achevé du bilieux qui ne se complaît que dans le malheur, l'infortune d'autrui, l'excrément, le trouble sexuel, la folie et la laideur. Ce vice foncier, irrémédiable, était en lui [...]. Il avait le goût du déshonneur, de la déchéance et de la mort de son prochain [...]. Il m'apparaît dans mon souvenir comme ruisselant de fiel et assouvissant dans son œuvre, la rage de dégradation qui le tenait contre l'ensemble du genre humain. [...] Lisez les meilleurs scatologicons de sa série : L'Assommoir, Germinal, Nana, La Terre. Regardez-le se vautrer dans le purin, en faire dégouliner sur sa page [...]. D'où le surnom de "Grand Fécal", que je lui appliquai et qui resta.

Léon Daudet, Au temps de Judas, p 536-537