samedi 18 juillet 2015

La traçabilité du cheptel humain est un des marchés d’avenir pour l’industrie électronique

La traçabilité du cheptel humain est un des marchés d’avenir pour l’industrie électronique. Puces, RFID (système d’identification à distance par radiofréquence), implants sous-cutanés, données biométriques : la technologie permet de nous suivre, nous identifier, nous ficher, nous contrôler. Il faut juste nous faire accepter cette nouvelle condition d’esclaves. Le téléphone portable et ses gadgets ludiques sont parfaits pour ça. Ils nous conditionnent à l’idée d’être tracés, et nous préparent à la domestication totale. Ceux qui aujourd’hui veulent nous imposer le contrôle biométrique généralisé et la carte d’identité électronique le soulignent : « Mais, de toute façon, vous êtes déjà suivis, avec votre carte bancaire et votre téléphone portable »
     Les industriels, qui ne s’embarrassent pas de fioritures, l’ont expliqué dans un programme d’action publié en 2004 par le lobby de l’électronique, le Gixel (Groupement des industries de l’interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques) : « La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles
     Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes : 
     - Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants ; 
     - Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo ; 
     - Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l’accès Internet... » 
     Comme cela tombe bien, les lobbyistes du flicage font aussi souvent leur beurre dans la téléphonie mobile. 
     A Crolles II, Philips, STMicroelectronics et Freescale Semiconducteur (filiale de Motorola, l’inventeur du portable) produisent des puces à la fois pour la téléphonie et pour la traçabilité, notamment les RFID. Atmel, à Saint-Egrève (banlieue de Grenoble), cultive aussi la synergie : « Atmel Grenoble se distingue sur deux applications phares : la biométrie et les microcaméras. [...] Nos microcaméras équipent les téléphones portables, un marché de volume important et intéressant. [...] Nous misons les mêmes espoirs sur la biométrie, utilisée pour des applications de confort aujourd’hui, par exemple pour remplacer un code d’accès sur les ordinateurs personnels ou les téléphones portables. Mais cette technologie sera aussi largement utilisée demain pour les applications de sécurité. Tous les nouveaux passeports seront ainsi dotés d’applications biométriques ». Jean Vaylet, patron d’Atmel, est membre du Gixel, comme STMicro d’ailleurs. Et le Léti du CEA, rare représentant des labos « publics » au sein du groupement. Le Léti du CEA, qui collabore à temps plein avec Crolles II, qui fournit aimablement à Nokia le fruit de ses recherches, et qui concocte les imprimantes à RFID pour produire à bas coût ces mouchards électroniques à disséminer dans tous les objets et papiers d’identité
     Non seulement les bénéfices réalisés sur les ventes de téléphones alimentent le développement des outils de contrôle totalitaire, mais l’acceptabilité des un favorise celle des autres. 
     Vous avez gobé le portable ? Vous avalerez les contrôles biométriques
     Si nous voulons vraiment préserver ce qui reste de notre environnement, nous affranchir de la marchandise, briser les paillasses de ce monde-laboratoire, résister au techno-contrôle : refusons le téléphone portable. 

Pièces et Main d’œuvre, Le téléphone portable, gadget de destruction massive