mercredi 1 juillet 2015

La moitié de la force aérienne française n'est pas en état de voler

C'est une information repérée par le quotidien Libération sur le site NosDéputés.fr, l'observatoire citoyen de l'activité parlementaire. Le 13 janvier 2015, le député François Cornut-Gentille a interrogé le ministre de la Défense sur la disponiblité des aéronefs de l'armée de l'air française. La réponse qu'il a reçue 6 mois plus tard est éloquente. Plus de la moitié des avions des forces françaises est clouée au sol.
Le Rafale aussi concerné
La fine fleur de l'aviation française n'échappe pas à la règle. Selon Libération sur les 93 rafales que possèdent l'armée de l'air plus de 52% ne sont pas en état de voler. Les besoins de réparation et d'entretien des engins expliqueraient cette situation pas vraiment à l'avantage des aviateurs français.
Les Mirage ne sont pas mieux lotis puisque la disponibilité du chasseur s'étale, selon les modèles, entre 38% et 41%. Là encore plus d'un avion sur deux de cette catégorie est dans l'incapacité de remplir sa mission.
Des données classifiées
L'armée de l'air a refusé de donner les chiffres pour plusieurs de ses modèles. Ainsi on ne connaitra pas l'état de la flotte de Mirage chargée de la dissuasion nucléaire. L'armée a classifié les données concernant les 29 2000N, un avion spécialisé dans la frappe nucléaire depuis 1988.
On ne connaitra pas non plus la capacité des aviateurs français à se faire ravitailler en vol. Les chiffres concernant le Boeing ravitailleur KC 135 ont eux aussi été classifiés. Tout juste sait on que l'armée possède 14 de ces avions et qu'ils ont une moyenne d'âge de 51 ans.
Une situation qui si elle parait alarmante n'est pas nouvelle. Dans un article publié en 2013 Le Nouvel économiste citait déjà le général Jean-Paul Paloméros qui partageait alors son inquiétude devant la commission de Défense de l'Assemblée nationale..
A l’époque chef d’état-major de l’armée de l’Air, le haut gradé avait lancé devant les députés qui l'interrogeaient : « Ma plus grande préoccupation reste la disponibilité des matériels, dont dépendent nos capacités opérationnelles, sans parler des effets sur le moral des hommes (...) L’utilisation plus fréquente d’avions tels que le Rafale, en plus de générer des surcoûts, hypothèque l’avenir de ces avions. »