lundi 1 juin 2015

Quand les socialistes réécrivent le dictionnaire

Il est un domaine dans lequel ce gouvernement fait preuve d'un réformisme effréné : celui de la langue, comme le montre Michel Schneider dans une chronique décapante publiée dans Le Postillon du 30 janvier 2014. Incapable d'"inverser la courbe du chômage" et d'endiguer la montée de la délinquance, le pouvoir tente de minimiser la réalité, sous des termes rassurants : "Pacte de responsabilité", "observatoire des contreparties", "faire France"... 

La droite avait inventé la "croissance négative", la gauche sort de son armoire magique le "redressement productif". Particulièrement féconde, la novlangue socialiste, pardon "social-démocrate", ne sert pas seulement à cacher la misère. Elle fait aussi fonction de projet idéologique. Le débat sur le projet de loi sur "l'égalité femmes-hommes" en a été la démonstration. Selon le principe que les mots charrient des valeurs (le plus souvent rétrogrades), en modifiant leur sens on parviendra donc à changer la réalité et donc l'homme. Nos nouveaux doctrinaires connaissent leur George Orwell sur le bout des doigts. Sauf que, comme l'explique Michel Schneider, "cette langue d'État n'est pas comme celle de 1984 le masque d'une double pensée, mais le révélateur d'une pensée zéro." 

Sous l'impulsion de Najat Vallaud-Belkacem, la Torquemada radieuse, ils ripolinent nos dictionnaires. Voici l'école maternelle rebaptisée "première école". Une femme n'est plus enceinte mais "en état de grossesse médicalement constaté". Il n'est plus question de donner aux élèves la même éducation, mais de "bâtir du commun". Bienvenue dans le meilleur des mondes : un sous-ensemble flou et fou. Celui où nous sommes tous invités à penser "ensemble" comme des moutons.

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