lundi 1 juin 2015

Paris : un couple d'antifascistes arrêté pour avoir voulu venger Clément Méric


C'est un nouvel épisode de violences entre militants nationalistes et membres antifascistes sur fond de vengeance exacerbée. Deux personnes, soupçonnées d'avoir commis une violente agression au mois d'avril dans le XIII e arrondissement de Paris, ont été interpellées le 11 mai.

Selon les premières investigations, Jonas D.-O. et sa compagne, Astrid P.-R., s'en seraient pris à un autre couple pour venger la mort du militant antifasciste Clément Méric. Ce jeune garçon de 19 ans était décédé le 5 juin 2013 après s'être battu avec plusieurs jeunes militants nationalistes dans le IXe arrondissement. La reconstitution des faits vient d'ailleurs d'avoir lieu en début de semaine sous très haute protection. L'une des victimes agressées le 12 avril, au pied de son domicile, avait été mise en examen dans ce dossier. 

Le jour des faits, vers 16 h 30, Alexandre E., 25 ans, et sa petite amie, Lydia D.-F., 24 ans, rentrent chez eux. Sous le porche de leur immeuble, deux hommes et une femme les attendent de pied ferme. A l'arrivée du couple, un des inconnus, armé d'une planche de bois, assène plusieurs coups violents à la tête d'Alexandre E. Dans le même temps, le même agresseur prononce, à deux reprises, les mots « c'est pour Clément »

Enquête avec la direction du renseignement 
Rapidement secouru, le jeune garçon, sonné, se voit prescrire vingt jours d'interruption totale de travail (ITT), tandis que sa compagne, choquée, écope de quatre jours d'arrêt. Saisis des investigations, les enquêteurs du 3e DPJ vont bénéficier du précieux soutien de leurs collègues de la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP). Ceux-ci, spécialisés notamment dans la surveillance des mouvances extrémistes de tous bords, parviennent à identifier l'un des agresseurs : Jonas D.-O., 23 ans, présenté comme un militant antifa. Son empreinte génétique est découverte sur les lieux des faits. Sa compagne, Astrid P.-R., 24 ans, également connue pour son appartenance à la même mouvance, est formellement reconnue par l'une des victimes sur un album photographique présenté par la police

Au domicile des agresseurs présumés, les enquêteurs ont saisi plusieurs ordinateurs ainsi que des vêtements susceptibles d'avoir été portés par ces derniers le jour des faits. En garde à vue, les deux compagnons ont nié. Ils ont été présentés à un magistrat du parquet de Paris avant d'être remis en liberté.