samedi 30 mai 2015

Sous l’Occupation, Jünger nouera d’étroites relations avec plusieurs officiers impliqués par la suite dans le complot contre Hitler du 20 juillet 1944


S’installe à Vincennes avec son régiment. A Paris, première rencontre avec le colonel Hans Speidel, chef d’état-major du commandement militaire allemand en France (30 mai). Hostile à Hitler, celui-ci le fait détacher de son régiment et nommer auprès de lui à l’état-major de la Wehrmacht. Un bureau est mis à sa disposition à l’hôtel « Majestic », qu’il conservera jusqu’à l’été 1944. Il sera chargé de l’examen des plans d’invasion de l’Angleterre, puis du contrôle du courrier des soldats allemands. Son supérieur sera le général d’aviation Otto von Stülpnagel, remplacé en février 1942 par le général d’infanterie Carl-Heinrich von Stülpnagel. Ce poste le met au cœur des intrigues et des tensions qui opposent le commandement militaire allemand aux différentes unités du parti. Commence à l’automne à rédiger le manuscrit de La paix, qui se veut un appel lancé à la jeunesse du monde. Rencontre Carl Schmitt à Rambouillet (octobre). 

Sous l’Occupation, Jünger nouera d’étroites relations avec plusieurs officiers impliqués par la suite dans le complot contre Hitler du 20 juillet 1944, notamment Cäsar von Hofacker et le comte Fritz-Dietlof von den Schulenburg, qui se réunissent à l’hôtel « Raphaël ». Il rencontrera ou se liera avec de nombreuses personnalités parisiennes, dont Jean Cocteau, Paul Morand, Jean Giraudoux, Henry de Montherlant, Marcel Jouhandeau, Jean Paulhan, Paul Léautaud, Pierre Drieu La Rochelle, Louis-Ferdinand Céline, Jacques Benoist-Méchin, Abel Bonnard, Henri Michaux, Jean Schlumberger, Gaston Gallimard, Arletty, la princesse Muraty, la comtesse Palffy, la marquise de Polignac, etc. Il fréquenta assidûment le salon de Florence J. Gould (« Lady Orpington », 1895-1983) et rendra visite à Sacha Guitry, Georges Braque et Pablo Picasso.

Alain de Benoist, Ernst Jünger, une bio-bibliographie