samedi 9 mai 2015

Lettre ouverte à Marion Marechal-Le Pen


Ma chère Marion, 

L’héritage d’un nom est souvent lourd à porter, celui de l’avenir de la France l’est bien plus ; le destin a voulu que vous portiez les deux en héritage. 

À l’heure où les nuages sur le parti que vous représentez s’amoncellent, dopés par la haine cupide de nos médias et la nullité entérinée de nos politiques de 40 ans, le temps se fige et les grands hommes et femmes de demain vont devoir prendre position pour préserver l’avenir de la Flamme. Il n’est pas temps de renoncer. 

Il n’est pas non plus dans vos gènes de transiger. 

Vos adversaires les plus féroces – et, en la matière, notez que vous n’avez qu’eux chez nos politico-bien-pensants – se lèchent les babines. La belle Hermine jetterait l’éponge, choquée par la haine et les propos du patriarche et grand-père bien-aimé. 

Dans un monde politique où les seuls sentiments qui transpirent sont ceux des croissants amenés le matin par garde du corps interposé aux frais de notre République, le fait qu’une élue s’émeuve et mette dans la balance électorale les battements de son cœur de femme, petite-fille, interloque. Vous souhaitez être libre de mener bataille, c’est tout à votre honneur et ils sont nombreux, ceux qui n’attendent que vous. 

On vous a découverte à l’aune d’une ligne politique capable de réconcilier les pères fondateurs de votre parti et la jeune génération décomplexée, libre de dire ce qu’elle pense de l’état de sa France, capable de le brailler effrontément pour retrouver sa souveraineté, son identité. 

L’inconséquence criminelle des fossoyeurs de notre nation devrait, seule, vous pousser à retourner dans l’arène politique. 

Vous avez battu le pavé pour défendre les droits de l’enfant à recevoir en héritage un père et une mère. Vous vous êtes levée dans un Hémicycle vide ou hostile pour défendre la vie, l’apprentissage des langues qui ont fait notre civilisation, la ruine des professions indépendantes face à la broyeuse du RSI, les professions réglementées face au diktat de Bruxelles. 

La main de Manuels Valls a tremblé à l’Assemblée nationale et sa hargne inexprimée n’avait d’égale que la justesse de vos attaques. Le courage en politique a fait son retour. 

Vos fondamentaux font partie d’une France que beaucoup souhaitent relever, frappés de bon sens, de fierté de ses origines et de foi en l’avenir. 

Votre combat politique s’inscrit dans la continuité de ceux qui entrent en résistance. 

Le gant est à relever et soyez-en persuadée, chère Marion, vos troupes sont en ordre de bataille. Votre présidente l’a redit vendredi 1er mai, à l’heure où les Femen étaient déjà parties se rhabiller : « À ceux, enfin, qui sont parfois saisis par le doute ou par la crainte, je rappellerai ces mots de Bernanos : “L’espérance est un risque à courir”. »