dimanche 17 mai 2015

Les révélations fracassantes d'un ancien grand maître franc-maçon


Ils sont nombreux à quitter la franc-maçonnerie, mais rares sont ceux qui osent le raconter. C'est le cas de Serge Abad-Gallardo, architecte français âgé aujourd'hui de 60 ans, et qui en a passé 24 au sein d'une des obédiences les plus importantes de France, celle du Droit Humain (une émanation du Grand Orient de France). Son livre Pourquoi j'ai cessé d'être franc-maçon (Éd. Pierre Téqui) est un témoignage passionnant sur les années que l'auteur a passé dans la franc-maçonnerie. Après sa conversion au christianisme (il était déjà baptisé, mais s'était éloigné de l'Église), il a compris que la religion catholique et l'idéologie maçonnique étaient incompatibles et a décidé d'en sortir. Le processus de son retour à la foi a été très long. 

Pour quelle raison êtes-vous entré dans la franc-maçonnerie? 
Serge Abad-Gallardo : J'avais l'âge et la situation sociale idéales pour être franc-maçon : à 33 ans, j'étais haut-fonctionnaire municipal, en tant que directeur de l'urbanisme. À cette époque, je m'étais éloigné de l'Église et ma foi était bien tiède. Un ami que je ne savais pas franc-maçon m'a proposé d'y entrer. J'étais curieux de découvrir les prétendus secrets de cette organisation. 

Quand avez-vous commencé à prendre conscience de ses aspects dérangeants ? 
S.A.-G. : Au début, certaines paroles du rituel maçonnique (rite écossais ancien et accepté) m'ont fait reconnaître des liens entre la franc-maçonnerie et l'Église. À titre d'exemple, dans le rituel d'initiation on retrouve des phrases comme : « Cherchez et vous trouverez » ou « Frappez, et l'on vous ouvrira » qui sont dans les Évangiles. Petit à petit, je me suis rendu compte que le sens n'était pas le même. J'ai entendu aussi des expressions très anticléricales. Cela ne m'a pas plu, mais je me suis adapté car j'étais éloigné de la foi, et surtout de l'Église. En outre, dans la franc-maçonnerie on parlait beaucoup de fraternité, mais j'ai pris conscience que derrière cette fraternité apparente il y avait quelques arrangements et des luttes pour le pouvoir au sein même de la franc-maçonnerie. Enfin, quand je suis revenu à la foi, j'ai compris que le catholicisme et la franc-maçonnerie étaient incompatibles. 

Comment s'est déroulé ce processus de conversion ? 
S.A.-G. : Il a duré près de neuf ans ! Je crois que Dieu m'a laissé si longtemps dans l'erreur de la franc-maçonnerie (24 ans, jusqu'à être Vénérable Maître et accéder aux plus hauts grades) afin qu'aujourd'hui aucun maçon ne puisse me dire – comme certains ont tenté de le faire, en toute mauvaise foi – que je n'ai rien compris. Je suis passé par divers stades. Tout d'abord, comme je l'explique dans mon livre, j'ai pris conscience de la présence du Christ à mes côtés. Cela a débuté en 2002, quand j'ai rencontré un prêtre franciscain près d'Aix-en-Provence. Ses paroles m'ont paru maçonniques et m'ont plu parce que je pensais qu'il existait des liens entre la franc-maçonnerie et le catholicisme, mais j'ai compris au fur et à mesure que le sens de ses paroles était fondamentalement différent. 

Par exemple ? 
S.A.-G. : Lorsque la franc-maçonnerie parle de « Lumière », elle parle d'une « Connaissance », d'un savoir ésotérique, hermétique et occulte. Alors que ce Franciscain me parlait de « Lumière » comme étant l'Amour de Dieu pour nous. Un autre exemple : quand la franc-maçonnerie dit : « Cherchez et vous trouverez », il s'agit d'aller chercher et de trouver au fond de soi-même, c'est la parole hermétique maçonnique « V.I.T.R.I.O.L. » (Visita Interiorem Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem : Visite l’intérieur de la terre, et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée). Mais les paroles de l'Évangile ne signifient rien de tout cela : elles disent que Dieu nous cherche avant même que nous pensions à Le chercher. C'est Dieu qui donne l'Amour à l'homme, non le contraire. L'amour de l'homme est une image de l'Amour de Dieu. Dieu nous a faits à son image. Tout ceci n'a rien à voir avec la magie, l'occultisme ou des formules symboliques ! Je suis sorti de cette rencontre avec le Franciscain complètement bouleversé, et j'ai senti la présence du Christ à mes côtés. Je ne pouvais imaginer qu'Il m'aimait de cet Amour immense que maintenant je ressentais. Il n'y a pas de mots pour le dire.

Mais ce n'était pas encore la conversion complète … 
S.A.-G. : J'ai recommencé à prier, sans pour autant retourner à la messe. Un jour de 2005, à une mauvaise époque de ma vie, je me trouvais dans une chapelle quand le Christ m'a répondu. Une expérience incroyable, je suis quasiment tombé de mon banc. Mais même ainsi, je résistais et je ne comprenais pas ce que le Christ attendait de moi. 

Que s'est-il passé ensuite ? 
S.A.-G. : En 2012, j'ai expérimenté ce que l'on pourrait appeler « le Mal ». Je me suis trouvé face à la noirceur de l'âme humaine et face à la présence du diable dans nos vies avec la sorcellerie et magie. Cela peut paraître incroyable, mais je n'ai pas d'autre choix que de raconter les choses telles qu'elles se sont passées. Le monde s'est fermé pour moi. En quelques mois, j'ai perdu mon emploi, mon bon salaire, la maison où nous habitions, mon voilier de 12 mètres, ma voiture de sport, mes amis… Je me sentais totalement perdu et ne trouvais pas de réponses dans la franc-maçonnerie, qui ne pouvait pas répondre à la question de l'existence du mal dans le monde. L'idée m'est venue de faire une retraite quelques jours dans l'abbaye de Lagrasse ; et là, devant le Christ en croix, je me suis mis à pleurer et me suis rendu compte que ce Christ pleurait avec moi. Cet Amour fut comme une lumière. J'ai passé une semaine avec les moines, et mon cœur s'est ouvert totalement à l'Amour du Christ. 

Et c'est à ce moment que vous êtes sorti définitivement de la franc-maçonnerie… 
S.A.-G. : Tout ce que j'y vivais m'a paru faux, ou du moins tiède. Je n'ai pas pu y rester, d'autant que j'ai compris que la franc-maçonnerie était totalement incompatible avec la foi catholique. 

A-t-elle réellement le pouvoir que lui prête sa légende ? 
S.A.-G. : Oui, ce pouvoir, elle l'a ! En France, depuis 2012, de nombreux ministres sont maçons. Et les grands maîtres du Grand Orient, du Droit Humain ou de la Grande Loge veulent changer la société. Des lois comme l'avortement, l'euthanasie ou le mariage homosexuel sont des idées maçonniques. Un grand maître de la Grande Loge de France, Pierre Simon, a avoué que toutes ces lois étaient déjà pensées et mûries en loges avant d'être votées par les députés

Et elle conspire ? 
S.A.-G. : La franc-maçonnerie croit en l’« utopie » : autrement dit, tout ce qui est possible à un être humain, il doit et peut se le permettre. Il n'y a pas de limite dans une loi naturelle qui vienne de Dieu ; la morale provient du pacte social. Il n'y a donc pas d'autre mode de vie que l'hédonisme : le plaisir et le bonheur sont l'unique but, le Salut éternel n'existe pas, il faut jouir de la vie. La franc-maçonnerie conspire, alors, contre toute façon de penser qui n'est pas la sienne