vendredi 29 mai 2015

Le complexe du capitalisme du désastre

Ce concept élaboré par Naomi Klein permet de mieux saisir ce changement de paradigme et ses conséquences. L’auteur met en évidence une forme de capitalisme inédite intervenue au seuil des années 2000 : à partir de ce moment-là en effet, le capitalisme financier commence à se « nourrir » des crises, des conflits ou des catastrophes naturelles. Elle montre combien chacun de ces différents cataclysmes conduit, à chaque fois, au déblocage de crédits très importants en vue de la reconstruction ou du rétablissement de la paix et combien, à chaque fois également, le capitalisme du désastre parvient à s’en emparer à des fins spéculatives pour accroître ses investissements et profits financiers plutôt que pour reconstruire les sociétés détruites : d’où l’envolée du business de la sécurité intérieure, de la privatisation de la guerre et de la « guerre au terrorisme », ouvrant de nouveaux horizons aux investisseurs. Par conséquent, l’expression « capitalisme du désastre » ne signifie pas que le capitalisme conduit au désastre mais qu’il en profite ; il n’a plus besoin de la paix et de la stabilité pour conquérir les marchés, mais de la guerre pour accumuler la richesse financière.

Bernard Wicht, Europe Mad Max demain ?