mercredi 13 mai 2015

Jean Raspail : « Que nos gouvernants donnent l'exemple et accueillent chez eux quelques familles de réfugiés »


L’analyse de Jean Raspail. “Je ne suis ni politique ni devin, et n’ai aucun titre à m’exprimer sur l’actualité”, se défend Jean Raspail. C’est oublier que les écrivains ont des antennes et pressentent souvent ce qui ne peut manquer d’advenir. À “Valeurs actuelles”, l’auteur du “Camp des saints” accorde ce qu’il dit être sa dernière interview. 

Quelle réaction suscitent en vous les récents naufrages de migrants en Méditerranée qui, d’une certaine façon, font écho au thème de votre roman le Camp des saints ? 
Il est impossible de ne pas être ému par ce drame et de ne pas avoir une pensée pour ces malheureux, qui sont à la fois faibles, sans intention hostile et exploités par des esclavagistes sans scrupule. Et, bien sûr, il faut sauver les victimes des naufrages, conformément à la loi ancestrale de la mer. Cela dit, ce n’est pas une raison suffisante pour oublier la réalité de la menace qu’ils incarnent, à leur corps défendant, par leur nombre et par l’inéluctable augmentation des migrations clandestines. À preuve, les gouvernements européens n’ont commencé à se pencher sérieusement sur le problème qu’à partir du moment où le nombre des victimes a dépassé le seuil du tolérable. Entre la compassion, nullement affectée, et la réalité du danger, la balance est difficile à équilibrer. 

D’humanitaire ce drame débouche sur un problème politique que nos gouvernants se sont efforcés d’occulter jusqu’à présent mais qu’ils ne peuvent plus éluder ? 
Le problème est plus que politique. Il s’agit, pour user du jargon à la mode, d’un problème “civilisationnel” : la confrontation de civilisations qui ne sont pas compatibles pour des raisons historiques, culturelles et religieuses. On voit bien qu’en dépit des bonnes paroles prodiguées, aucun pays européen ne se dit prêt à accueillir sur son sol cet afflux de migrants qu’il faut prendre totalement en charge, alors que notre économie est en crise et nos dettes en croissance exponentielle. Même l’Allemagne qui, paraît-il, aurait besoin de 7 millions d’immigrés pour son marché du travail et pour compenser le déclin de sa démographie ! 

On assiste à un marchandage passablement sordide sur le quota de réfugiés que les uns et les autres seraient disposés à accueillir… On voit bien que, dès qu’il s’agit de mesures autres que générales, chacun court aux abris. Que nos gouvernants commencent par donner l’exemple et accueillent dans leurs appartements, leurs maisons, leurs jardins quelques familles de réfugiés. Peut-être commenceront-ils alors à être crédibles ou respectables ! 

La situation est d’autant plus préoccupante que les organisations terroristes et Dae’ch s’apprêtent à instrumentaliser ces migrants comme un moyen de chantage sur l’Europe, menaçant de faire débarquer entre 500 000 et un million de clandestins...