jeudi 23 avril 2015

Note de lecture : bal tragique à la Concorde

Et si … Et si, lors du 14-Juillet, pendant le défilé, trois hélicoptères s’écrasaient accidentellement sur la tribune présidentielle, tuant d’un coup le président de la République, celui des deux chambres, le Gouvernement et une partie de l’opposition ? 

C’est la thèse d’un roman écrit il y a exactement trente ans par un/des inconnus (le livre est signé SPQR, probablement rédigé par un haut fonctionnaire). Avec le recul, cet ouvrage est passionnant tant il permet de voir les grands changements et les permanences du pays depuis 30 ans.

Première surprise et de taille : pas un mot sur l’Europe et les devoirs envers elle. La France d’avant Maastricht était indépendante à un point que l’on ne peut imaginer aujourd’hui. A peine parle-t-on des partenaires américains et de l’OTAN… La France a encore des frontières avec une police qui fait son travail et arrête des suspects (le livre est ponctué d’interpellations de terroristes venu profiter du chaos français).

Seconde surprise, à l’époque, ce sont les immigrés qui rasent les murs… et quelques vilains français qui les agressent (ce qui, de manière est aussi la vision manichéenne générale des défenseurs de sans-papiers illégaux voyant dans le Français un raciste-né). Les immigrés semblent se concentrer essentiellement dans les 18e, et 20e arrondissements de Paris. A peine si Lyon et Marseille sont évoqués…. Le Grand Remplacement n’avait pas encore eu lieu. 

Troisième surprise, il y a encore une armée nombreuse et des serviteurs de l’Etat fidèles et désintéressés… 
Quatrième surprise – qui n’en n’est pas une –, à l’époque déjà, les chambres haute et basse du Parlement manquent quelque peu d’efficacité et de sens de la Patrie… Sans doute est-ce en grande partie l’explication de l’évolution du pays entre hier et aujourd’hui… Sans doute est-ce aussi que le problème vient des gouvernants, à la fois au niveau de l’exécutif que des parlementaires... 
Enfin l’inquiétude sous-jacente du livre n’est pas dans l’unité nationale qui parait évidente, mais dans la continuité de l’Etat… Les temps changent. 

Ce roman est passionnant par la précision des portraits et des décors. L’auteur est issu de cette caste de hauts fonctionnaires et les connait tous (à part probablement Le Pen qui est dépeint « à gros traits »). Il multiplie les focales allant du sommet de l’Etat jusqu’au PMU de quartier en passant par les réseaux d’espionnage / terroristes de différents pays. 

Si d’aventure vous tombiez sur ce roman un jour de pérégrination, dans une brocante ou une braderie. Achetez-le vite, vous ne serez probablement pas déçus.