samedi 4 avril 2015

La France doit-elle en finir avec le vin ?


Hausse de la fiscalité, durcissement de la loi Évin, répression sur les réseaux sociaux : le gouvernement et la majorité préparent une batterie de mesures coercitives contre le vin sans précédent. 

L’offensive a été soigneusement planifiée. En deux mois, trois rapports rédigés par le lobby hygiéniste financé sur fonds publics sont sortis coup sur coup : un texte de l’Anpaa en mai, le rapport Reynaud rendu en juin et enfin des propositions signées par le Haut Conseil de financement de la protection sociale au début de l’été. 

LA FRANCE DOIT EN FINIR AVEC LE VIN 
Toutes ces contributions vont dans le même sens : la France doit en finir avec le vin, ce produit nocif qui tue et grève les finances de la Sécurité sociale. Il ne s’agit pas d’un canular. 

Ces travaux vont nourrir trois textes stratégiques qui seront bientôt soumis au Parlement : le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLSSS) à partir du 9 octobre, le troisième Plan cancer (2014) et enfin la loi de Santé publique qui sera défendue en décembre par la ministre de la Santé Marisol Touraine. 

Les préconisations de nos experts en blouse blanche font froid dans le dos. En voici un florilège. Pour commencer, il convient de frapper vignerons et négociants au portefeuille via une fiscalité au degré d’alcool qui viendra s’ajouter aux droits de circulation, selon le principe “pollueurs payeurs” appliqué lors des marées noires, comme si le vin était un fléau. Il est aussi question de durcir la TVA

L'EXTENSION DE LA LOI ÉVIN À INTERNET ET AUX RÉSEAUX SOCIAUX 
Autre chantier, l’extension du domaine de la loi Évin à Internet et aux réseaux sociaux. Tout article, blog ou commentaire sur le vin pourra être assimilé à de la publicité, et donc interdit au nom de la loi Évin. 

Les opérations ont déjà commencé. La société Ricard vient d’être condamnée pour un slogan sur Facebook, tout comme Paris Match pour avoir rappelé que Scarlett Johansson était l’égérie internationale de Moët et Chandon. 

Autres joyeusetés envisagées : une limitation de l’accès aux sites sur le vin réservée aux seuls professionnels et un durcissement de la loi sur l’affichage. L’Anpaa veut interdire les panneaux publicitaires publics autour des écoles, le rapport Reynaud les limiter aux seules communes viticoles... 

Nos rapporteurs prohibitionnistes veulent encore durcir le message sanitaire sur les étiquettes : à consommer avec modération ne suffit plus, on s’achemine vers des formules du type “L’alcool est dangereux pour la santé”, comme pour le tabac. 

Il est aussi question de rendre obligatoire sur les étiquettes de bouteilles de vin le nombre d’unités d’alcool, un concept fumeux mis au point par nos docteurs Knock et qui, c’est sûr, s’impose au pays de Pétrus, de la Romanée-Conti et de Bollinger...