mardi 3 mars 2015

Le tribunal pour la Yougoslavie arme de guerre


Un des objectifs de ce soi-disant tribunal international est de porter un jugement sur les crimes attribués aux Serbes afin de masquer les entorses au droit et les crimes de l’OTAN. Afin de justifier l’agression de l’OTAN et le bombardement de la Serbie et du Kosovo, il fallait prouver que Milosevic avait fait massacrer les musulmans du Kosovo. En mai 1999, William S. Cohen, secrétaire à la Défense, déclara : « Nous constatons que près de 100 000 hommes en âge de porter les armes ont disparu. Ils sont sans doute été assassinés. » Quatre mois plus tard, au retour du Kosovo d’une équipe de spécialistes de l’Institut anatomique de Carthagène, leur directeur déclara : « Ils commencèrent par nous annoncer 44 000 morts, puis 22 000, et maintenant ils parlent de 11 000... Je me demande quel sera le chiffre réel... » Le résultat est bien différent. « Ils nous avaient dit qu’allant dans une des zones les plus meurtries du Kosovo, nous devions nous préparer à pratiquer plus de 2 000 autopsies. Nous avons découvert 187 corps, la moitié au moins victimes des raids de l’OTAN. » 
     Mêmes calomnies de l’OTAN, ultérieurement dénoncées : près de la ville de Pec à Ljubenic devait se trouver un « charnier » de 350 victimes. Après des fouilles intensives, on découvrit 5 corps
     Le Kosovo ne fournissant pas les preuves espérées, on les recherche en Bosnie. Mais c’est un exercice hasardeux. 
     En effet, ce n’est pas M. Milosevic qui est à l’origine de la dislocation de la République fédérale de Yougoslavie, mais MM. Kohl et Genscher obsédés par les restes du Traité de Versailles et la survie des États qu’il créa : Yougoslavie, Tchécoslovaquie. Si M. Milosevic tenta de maintenir l’unité de son pays, c’est aussi parce que Paris, comme Washington, le souhaitait, et que M. Delors vint à Belgrade en mai 1991 pour plaider l’unité, condition de l’admission de la Yougoslavie dans l’Union européenne en gestation. 

Ce n’est pas M. Milosevic qui viola la Constitution yougoslave qui admettait la sécession d’une ou de plusieurs Républiques, à condition toutefois que soit consultée la population, mais M. Genscher, en forçant ses partenaires à reconnaître l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie, avant qu’un référendum n’en décide. Ce n’est pas non plus Milosevic qui décida de chasser les Serbes de 15% des territoires où ils vivaient depuis des siècles pour faire place à une Bosnie à direction croato-musulmane conformément aux vœux de Berlin et de Washington. Ce n’est pas lui non plus qui fit procéder au nettoyage ethnique de plus de 200 000 Serbes vivant en Slavonie et en Krajina pour instaurer la loi croate, mais Tudjman dont les avions fournis par l’Allemagne mitraillèrent les Serbes. C’est Madame Albright qui manigança le texte de Rambouillet afin qu’il permette une agression préparée aux États-Unis depuis des mois. Même Henry Kissinger a reconnu que « le texte de Rambouillet était une provocation, une excuse pour commencer à bombarder », selon sa déclaration. Ce n’est pas non plus Milosevic qui a désigné l’UCK à la vindicte publique, mais Robert Gelbard, envoyé spécial des États-Unis dans les Balkans, déclarant à Belgrade, le 23 février 1998 : « L’UCK est sans discussion un groupe terroriste. Les États-Unis condamnent très fermement les activités terroristes au Kosovo. » Ce qui n’a pas empêché Washington d’en faire son allié en l’armant et en entraînant ses cadres... Enfin, ce n’est pas Milosevic qui a violé toutes les lois internationales en agressant son pays, mais bien les États-Unis et leurs alliés. 

Pierre-Marie Gallois 
Pierre-Marie Gallois, Jacques Vergès, L’apartheid judiciaire