dimanche 1 mars 2015

Le bestiaire de Fiore dei Liberi

« Ainsi lui manque-t-il également tout ce qui manque à celui qui est dépourvu de l’audace de cœur ; L’audace est la vertu qui fait cet art. » Fiore dei Liberi 

Fiore dei Liberi, dans le prologue de son traité, Flos Duellatorum (Fleur de bataille), décrit sa jeunesse dans la petite ville de Cividale. Souhaitant se perfectionner dans l’art du sabre auprès des plus grands instructeurs de son époque, il quitta son village natal du nord de l’Italie. Au cours de ses pérégrinations, il s’entraîna avec de nombreux maîtres allemands et italiens des arts de défense, dont le plus célèbre fut Johannes Suvenus. Après deux décennies d’expérience comme soldat et duelliste, il entra finalement à la cour de Nicolas III d’Este, auprès du marquis de Ferrara, où il acquit une charge de maître d’armes au début des années 1400. Il entreprit alors l’écriture de son manuscrit, qu’il termina en 1410, dans lequel il décrit les techniques au cœur de son système martial. Tous ceux qui étudient aujourd’hui les arts martiaux du Moyen Age européen se réfèrent souvent au Flos Duellatorum comme à un guide et un manuel d’entraînement, et nombreux sont ceux qui le considèrent sans égal parmi les manuscrits de la Renaissance pour tout ce qui touche aux arts de défense
     L’essence de l’art de Liberi est symbolisée dans une illustration du Flos Duellatorum dans laquelle Liberi liste et décrit les vertus qui participent de l’excellence d’un pratiquant de son art. L’illustration représente l’image d’un homme dont le corps est recouvert de sept sabres, indiquant les sept angles d’attaque ; s’y trouvent également les images de quatre animaux, représentant les quatre « attributs métaphysiques » d’un maître de sabre. Ces quatre attributs métaphysiques peuvent être considérés comme la liste des vertus martiales de Liberi. Les quatre animaux et les quatre vertus qui leur correspondent sont les suivants : en haut de l’illustration est assis un lynx tenant un compas, il est accompagné du mot prudentia (prudence). A gauche de l’image se trouve un lion tenant un cœur, avec le mot audatia (courage/audace). A droite est assis un tigre tenant une flèche, accompagné du mot celeritas (rapidité). Au bas de l’illustration se tient un éléphant portant un château sur son dos, et le mot fortitudo (force). Le combattant idéal du système Liberi trouve l’équilibre entre ces quatre vertus

Vertus martiales, Dr Charles Hackney