lundi 9 mars 2015

Grillades de cerveau

« Rentabilité oblige, les téléphones mobiles ont été mis sur le marché sans que des études préalables de nuisance aient été faites. Autrement dit, les utilisateurs sont les cobayes d’une expérience planétaire dont on ignore encore, faute de recul suffisant, les conséquences sur la santé »
     Depuis ce constat de Science et Vie en avril 1999, scientifiques, industriels et gouvernements jouent au ping-pong avec les enquêtes sur la santé des porteurs de mobiles. L’organisation mondiale de la santé a lancé une étude en 1996, dont on attend encore les résultats : oui ou non, les portables et les antennes relais (35 000 en France) sont-ils un danger pour la santé ? 
     L’étude européenne Reflex, dont les résultats furent dévoilés le 8 décembre 2004 par la fondation allemande Verum, a été financée par l’Union européenne et par les gouvernements suisse et finlandais, et a mobilisé douze laboratoires pendant quatre ans. Ses conclusions : « Les champs électromagnétiques générés par les antennes des téléphones portables provoquent indirectement des ruptures dans les brins d’ADN de cellules humaines et animales. Ils vont même jusqu’ à perturber la synthèse de certaines protéines ». Ces impacts apparaissent pour des doses d’énergie inférieures aux seuils définis par la législation française (2 watts par kilo, d’après la recommandation de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants). 
     Pour Franz Adlkofer, coordinateur du projet et directeur exécutif de la fondation Verum, l’étude prouve l’existence « d’un mécanisme physiopathologique qui pourrait être à la base du développement de désordres fonctionnels ou de maladies chroniques chez l’animal et chez l’homme »
     Un chercheur belge, Luc Verhaeve, du Vlaamse Instelling voor Technologish Onderzoek, explique que les ondes atteignent, à 2 centimètres de profondeur, la zone la plus sensible du cerveau : le cortex, provoquant une élévation de sa température d’environ 1° C. Bref, la tête dans le micro-ondes
     « Si l’on téléphone régulièrement et pendant de longues périodes, il n’est pas impossible que l’effet thermique finisse par léser l’ADN cellulaire et provoquer des tumeurs cancéreuses », reconnaît le scientifique. 
     En Allemagne, 1 200 médecins ont signé en octobre 2002 l’appel de Fribourg pour alerter les autorités : « Nous constatons ces dernières années chez nos patients une augmentation dramatique de maladies graves et chroniques [...] Comme nous connaissons l’environnement résidentiel et les habitudes de nos patients, nous voyons – après un interrogatoire précis – de plus en plus souvent une claire relation temporelle et spatiale entre l’émergence de ces maladies et le développement d’ondes radio, par exemple sous forme d’installation de relais de téléphone mobile dans les environs de nos patients, d’une utilisation intensive de portables, de l’achat d’un téléphone sans fil standard DECT dans la maison ou dans le voisinage »
     On ne fera pas ici la liste des témoignages, études et plaintes contre les nuisances des antennes relais et des téléphones cellulaires. On peut à ce sujet se reporter au documentaire de Joaquina Ferreira, Téléphone mobile, sommes-nous tous des cobayes ? 
     On se bornera à rappeler l’affaire de l’ambassade américaine de Moscou pendant la guerre froide. Les Russes ayant cerné l’ambassade ennemie d’une ceinture de micro-ondes, le taux de cancers et de maladies rares du personnel diplomatique américain avait considérablement augmenté – première démonstration des effets de ces ondes. 
     Utilisant des bandes de fréquence de 900 et 1 800 mégahertz (hautes fréquences, ou micro-ondes), les téléphones portables génèrent aussi de très basses fréquences qualifiées par l’OMS de « potentiellement cancérigènes » et pouvant entraîner des leucémies. Ces ondes interfèrent avec les ondes alpha et delta du cerveau, autrement dit nos champs électriques internes. Aujourd’hui, c’est toute la population qui est encerclée, dans la guerre au vivant menée par l’industrie et les chercheurs complices. 

Pièces et main d’œuvre, Le téléphone portable, gadget de destruction massive