dimanche 29 mars 2015

À 33 ans, ce Clermontois navigue entre le métier de charpentier et son sport, le combat médiéval

De retour d’un tournoi organisé à Berlin en janvier, et avant de repartir pour la Pologne et la République tchèque en mai, Julien Roumaud partage sa passion pour le béhourd, un sport en devenir. 
Béhourd ? Vous avez dit béhourd ? Il est vrai que très peu de personnes ont eu l'occasion d'entendre ce mot lors d'une soirée ou d'un repas de famille. Or, derrière ce mot étrange d'ancien français se cache une réalité bien actuelle. 

Cette pratique sportive qui mêle le combat et l'armement médiéval se développe au niveau international avec des dizaines de pays rassemblés au sein de deux fédérations internationales (HMB et IMCF). En France, le béhourd reste assez confidentiel et peu connu du grand public. Néanmoins plus d'une centaine de pratiquants sont recensés dans l'Hexagone dont, une dizaine d'Auvergnats menés par leur capitaine, Julien Roumaud. 

« C'est un sport très complet qui mêle à la fois la puissance physique, l'apprentissage technique et l'expérience stratégique ; c'est aussi un cocktail de danger, de peur, d'excitation et d'adrénaline. Tous les sens sont à 300 % », explique ce passionné d'histoire et de sport. 

« Tous les sens sont à 300 % » 
Le principe est simple : deux équipes armées de la tête aux pieds entrent dans la lice (l'arène), le dernier debout a gagné. Les coups sont réellement portés avec des armes neutralisées en acier et les chocs sont impressionnants. « C'est violent puisque c'est un sport de combat mais les blessures sont rares. Les armures sont efficaces et contrôlées et surtout, il y a des règles ! », sourit le Clermontois, charpentier de métier. 

En effet, loin d'être une sorte de pugilat chaotique, le béhourd respecte des règles (107 points de règlement HMB pour les seuls combats en équipe) et les arbitres interviennent en cas d'actions dangereuses. Mais comment en arriver à faire plus de 40 heures de trajet en bus sur un week-end entre Clermont-Ferrand et Berlin pour un après-midi de combat ? « Il faut être passionné. Au départ, je suis parti de l'animation médiévale au sein de la Maisnie du Montferrand , mais j'étais frustré de porter cette armure sans pouvoir l'utiliser pleinement ». Alors, lorsqu'en 2013 Julien entend parler des championnats du monde HMB organisés à Aigues-Mortes, il n'a pas hésité une seconde. « J'ai motivé deux amis et on s'est présenté aux qualifications un peu à l'arrache. On a voulu voir ce que ça donnait, on a été servis ! ». 

Un sport en plein développement 
Une première expérience « douloureuse » mais Julien en redemande et intègre l'équipe de 5vs5 France 3 à Aigues-Mortes. La même année, il participe à la création d'Auvergne Béhourd, le premier club du genre dans la région. « Nous étions cinq à l'origine, maintenant nous sommes une dizaine et nous recrutons toujours »

En 2014, aux championnats du monde IMCF en Espagne, il est de nouveau qualifié dans l'équipe France 3 où il atteint les quarts de finale. « C'était un bel événement avec 300 combattants et plus de 30.000 spectateurs sur les quatre jours ! ». Aujourd'hui, Julien se prépare pour participer, en mai, aux deux championnats du monde HMB à Prague et IMCF en Pologne. Il espère voir la notoriété du béhourd se développer davantage dans l'Hexagone. 

« Il y a un vrai décalage avec la Russie où c'est un sport quasiment national. Mais on est sur la pente ascendante en France avec de plus en plus de spectateurs et de combattants à chaque tournoi. C'est un vrai spectacle ! ». 

Béhourd ? Le meilleur moyen de comprendre ce mot est encore d'assister à un tournoi. Rendez-vous est pris à Murol les 29 et 30 août prochains.