samedi 14 février 2015

Produire son propre miel pour sauver les abeilles : un geste à la portée de tous


« Si l’abeille disparaît, l’homme en a pour 4 ans. » Devant la disparition brutale et massive des abeilles au cours des derniers mois, cette citation attribuée à Albert Einstein alarme de plus en plus les écologistes. Pourtant, une solution existe : Produire son propre miel. 

Le mois dernier, les apiculteurs de Pyrénées-Orientales se trouvaient confrontés à une étrange maladie décimant les essaims d’abeilles de la région. A ce jour, ils comptabilisent la perte de plus de 200 ruches. Un événement sans précédent dans l’hexagone. 

Cependant, un phénomène similaire avait déjà été observé outre-atlantique au cours de ces dernières années. Des centaines de ruches sont laissées à l’abandon et leurs occupantes disparaissent sans laisser de traces. Des prélèvements sur le miel et sur leur environnement direct a mis en exergue la relation entre les pesticides utilisés sur les cultures et la disparition des butineuses. En effet, les composants chimiques ont été soupçonnés de perturber le sens de l’orientation des abeilles qui ne retrouvaient plus le chemin de la ruche. Perdues, elles finissaient par mourir loin de leur essaim. D’autre part, le pollen collecté par les abeilles sur les plants de maïs transgénique comporte des pesticides incriminés dans la mort des larves. Les États-Unis ont ainsi vu 60 à 90 % de leurs colonies anéanties. Soit environ 1,5 million de ruches sur les 2,4 millions qui occupaient le territoire. En Europe, ce phénomène baptisé phénomène d’effondrement a atteint 80 % des colonies. 

Une véritable catastrophe sur le plan écologique. En effet, les abeilles sont responsables, par pollinisation, de la fécondations de 80 % des plantes, dont les fruits et les légumes destinés à l’alimentation. Leur extermination remettrait donc en question tout l’équilibre de l’écosystème et par là-même les fondements de notre alimentation. La survie des abeilles est donc devenue un sujet préoccupant. 

Si Monsanto veut modifier génétiquement les abeilles pour les rendre résistantes aux pesticides, une solution naturelle existe, mais elle demande un véritable engagement de la part de chacun. De plus en plus d’associations promeuvent la protection des abeilles auprès des particuliers en proposant d’héberger une ruche. En tant que citoyen responsable, votre jardin est un lieu de vie sain qui respecte l’écosystème. Il représente donc un refuge pour les abeilles qui pourront évoluer dans un environnement débarrassé de pesticides. 

Nul besoin de vivre à la campagne pour produire son miel ! Même si vous vivez en ville, vous pouvez tout à fait installer une ruche au fond de votre jardin. Pour cela, il vous suffit de vous renseigner à la mairie pour obtenir les informations concernant la législation en vigueur en matière de sécurité. 

Ensuite, il vous faudra prendre contact avec un apiculteur de votre région qui viendra installer une ou plusieurs ruches sur votre terrain et vous indiquer les règles de sécurité afin d’assurer une cohabitation harmonieuse entre vos hôtesses et les membres de votre famille. C’est également lui qui viendra relever le miel et s’occuper des abeilles, à moins que vous ne manifestiez votre envie de vous impliquer dans l’aventure. Dans ce cas, vous pourrez demander à être initié. Bien évidemment, vous recevrez du miel produit sur votre terrain et dont le goût sera incontestablement supérieure à celui du miel acheté en grande surface. Il s’agit d’un échange de bons procédés et vous participez à la sauvegarde d’une espèce menacée.