mardi 10 février 2015

L’Europe donne 10 jours à la Grèce pour décider si elle souhaite rester dans la zone euro


L’agence de notation Standard & Poors (S & P) a abaissé la note de crédit de la Grèce de «B» de «B-», justifiant cette décision par les contraintes de financement des banques grecques. C’est d’autant plus remarquable qu’en septembre dernier, S & P n’avait toujours pas mis à jour la notation de la Grèce. «Les contraintes de liquidités ont écourté le délai dont dispose le nouveau gouvernement pour trouver un accord sur un programme de financement avec ses créanciers officiels, à notre avis.», écrivent les analystes de l’agence. Une seconde agence de notation, Moody, a également a indiqué vendredi à qu’elle envisageait de dégrader la note de la Grèce. 

Pour ne rien arranger pour les Grecs, le président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a annoncé vendredi aux ministres des Finances que les Grecs ne disposaient plus que de 10 jours exactement pour décider s’ils souhaitaient recevoir une extension du plan de sauvetage de 240 milliards dollars qui expire normalement le 28 février prochain. Dijsselbloem a expliqué qu’il était tenu d’avancer la date butoir de prise de décision des Grecs au 16 février afin de donner la possibilité aux parlements nationaux de certains pays de débattre de la possibilité d’une telle extension. 

Yanis Varoufakis, le ministre des Finances grec, a indiqué à plusieurs reprises que son gouvernement ne voulait plus compter sur l’argent du plan de sauvetage, au motif que sa fourniture est assortie de conditions inacceptables pour les électeurs de SYRIZA.

Un Grexit est maintenant très proche, estime Steen Jakobsen, l’économiste en chef de Saxo Bank, dans un e-mail à la rédaction. «C’est le seul moyen pour les politiciens de poursuivre leur politique du «faire comme si de rien n’était ». Ils ne peuvent permettre des concessions car cela impliquerait la prise en charge de pertes plus importantes »

« Laissez-moi préciser qu’un Grexit n’est pas ce que je souhaite. (…) Je ne pense pas, personnellement, que nous voulons vraiment un accord. Ce que nous voulons est un nouveau mandat pour le changement, un adieu final à un monde où on encourage l’achat de temps avec de l’argent de papier au travers de QE et de réglementations aux dépends de l’éducation, de la productivité, et des gens Nous venons de passer huit ans à ne rien faire, peut-être est-il temps de faire quelque chose maintenant ? Oui, ce «quelque chose» implique d’enregistrer des pertes et de recommencer, mais ne sous-estimez jamais la capacité des économies à rebondir quand on les libère ».