vendredi 20 février 2015

"Charlie Hebdo" ne veut pas de "Charpie Hebdo"


"Il n'y a pas la satire acceptable et la satire pas acceptable." Julien Saint-Guillaume fulmine. Le directeur de la rédaction du "Connard" s’est vu opposer, par lettre recommandée, le lancement d'un nouveau titre, baptisé Charpie Hebdo. Un pastiche de l'hebdomadaire satirique qui n’est pas au goût de l'avocat du journal décimé le 7 janvier dernier, Richard Malka. 

Dans un courrier recommandé daté du 30 janvier et consulté par l'AFP, l'avocat de Charlie Hebdo a en effet enjoint Sonora Média, la société éditrice, de renoncer avant le 8 février à cette publication prévue, selon lui, le 11 février 2015. Soit "quelques semaines après les attentats terroristes qui ont été perpétrés le 7 et 9 janvier derniers (...) et qui ont causé la mort de dix-sept personnes". "Dans ce contexte, le titre Charpie Hebdo évoque évidemment de manière directe ces événements et les victimes, ce qui nous semble parfaitement indécent, étant précisé qu'il ne saurait revêtir un quelconque caractère humoristique, dépassant largement ‘les lois du genre’ de l'humour satirique acceptable", argumente Me Malka. 

"On va le faire un jour, bien sûr" 
"C'est la preuve que Charlie Hebdo veut fixer des limites à la liberté de la presse", a pour sa part déclaré à l'AFP Julien Saint-Guillaume, spécialiste du détournement de titre de presse et qui dit utiliser le nom Charpie Hebdo pour désigner l'hebdomadaire depuis "au moins 5 ans" dans les deux autres publications de Sonora Media : Le Connard, donc, et Le Monte. Le journaliste explique alors sa démarche : "Mi-janvier, on a eu l'idée de faire un pastiche de Charlie Hebdo. On a prévenu les MLP (distributeur des titres de presse, ndlr) de notre projet puis le surlendemain on leur a dit qu'on ne le fera pas finalement". "On y avait renoncé mais après le courrier de Malka, on va le faire un jour, bien sûr", a-t-il conclu, sans donner de date. 

"Nous devons distribuer toute publication, sauf lorsqu'elle est interdite par la loi. Quand il y a un risque qu'une publication fasse l'objet d'une procédure, on prévient l'éditeur pour nous couvrir. On les a prévenus (Sonora Média, ndlr), ils ont fini par renoncer. D'autant qu'avec Charlie Hebdo, on était dans un contexte particulier", a expliqué de son côté Patrick André, directeur des MLP.