samedi 31 janvier 2015

Trop chauffée, la e-cigarette encore plus cancérigène que le tabac


Cinq à quinze fois plus cancérigène que le tabac. Voilà ce que devient la vapeur de la cigarette électronique quand elle est chauffée au maximum, selon une étude américaine publiée jeudi 22 janvier. 

En cause, une substance dénommée le formaldéhyde. Les chercheurs de l'Université d'Etat de Portland, auteurs de l'étude, expliquent ainsi dans une lettre parue dans la dernière édition du "New England Journal of Medicine" (NEJM), prestigieuse revue scientifique américaine : 
Nous avons constaté que du formaldéhyde peut se former durant le processus de vaporisation des cigarettes électroniques." 

En novembre dernier, une étude japonaise soulignait déjà la présence de cette substance dans les vapeurs inhalées. 

Pas de formaldéhyde à température mesurée 
Les chercheurs de l'Université d'Etat de Portland ont utilisé une machine à "inhaler" de la vapeur de cigarette électronique à faible et haut voltage pour déterminer comment le formaldéhyde, un cancérigène connu, se forme à partir du liquide composé de nicotine, d'agents chimiques aromatisants, de propylène-glycol et de glycérine

Aucune formation de formaldéhyde n'a été constatée quand la machine, fonctionnant à faible voltage (3,3 volts), chauffe normalement le liquide qu'on trouve dans le réservoir des e-cigarettes, dotées d'une résistance alimentée par une pile électrique. 

Dangerosité en cas de surchauffe sur le long terme 
En revanche, quand le liquide est beaucoup plus chauffé (avec 5 volts), le taux de formaldéhyde qui se forme alors est largement plus élevé que celui trouvé avec la combustion des cigarettes conventionnelles. 

Ainsi un consommateur de cigarettes électroniques qui inhale chaque jour l'équivalent de trois millilitres de ce liquide vaporisé chauffé au maximum, absorbe quelque 14 milligrammes de formaldéhyde. En comparaison, une personne qui fume un paquet de cigarettes papier par jour absorbe environ trois milligrammes de ce cancérigène. 

Sur le long terme, l'inhalation quotidienne de 14 milligrammes (à plus ou moins trois milligrammes près) de cette substance nocive pourrait multiplier par 5 à 15 fois le risque de cancer, déclarent les auteurs, s'appuyant sur de précédentes publications de leurs pairs. 

Des résultats qui font débat 
Aux yeux de Peter Hajek, directeur de la division sur le tabagisme à la faculté de Médecine et de dentisterie de Londres, cette recherche ne reflète cependant pas la réalité. Il explique dans un communiqué : Quand les fumeurs de cigarettes électroniques surchauffent le liquide, cela produit un goût âcre désagréable, ce qu'ils évitent de faire." 

L'expert, qui n'a pas participé à cette étude, estime pour sa part que si la vapeur de cigarette électronique n'est pas aussi sûre que l'air pur des montagnes, elle est toutefois bien moins nocive que la cigarette conventionnelle.