Même révolte de Georges Sorel contre la bourgeoisie capitaliste. Peu de temps avant sa mort, il écrivait : "Puissé-je voir humilier les orgueilleuses démocraties bourgeoises, aujourd'hui cyniquement triomphantes"*. Il constate la réalité de la lutte de classe provoquée par le capitalisme. Cependant, non content de refuser le déterminisme utopique de Karl Marx, il assigne une valeur éthique aux luttes sociales de son temps : "la violence prolétarienne exercée comme une manifestation pure et simple du sentiment de lutte de classe, apparaît comme une chose très belle et très héroïque"*. C'est en songeant aux hommes nouveaux qui se forgent dans la violence des luttes sociales qu'il écrit : "Je ne suis pas ceux qui regardent le type achéen, chanté par Homère, le héros indompté, confiant dans sa force et se plaçant au-dessus des règles, comme devant disparaître dans l'avenir*. Il ajoute : "Le syndicalisme révolutionnaire serait impossible si le monde ouvrier devait avoir une morale de faible". C'est bien la pensée occidentale de toujours, dans le langage de la guerre sociale.
* Réflexions sur la violence
