Dans un silence médiatique à peu près total, le Club de Rome vient de célébrer le quarantième anniversaire du rapport "Les limites de la croissance " (The Limits to Growth). Il est vrai que le sujet est juste le sort de l'humanité, question de peu d'importance à côté du décès du directeur d'une grande école française retrouvé nu dans une chambre d'hôtel new-yorkaise, et qui fait longuement les gros titres au même moment. Ce rapport international réalisé par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) avait pourtant eu à l'époque un impact considérable. En 2007, Claude Allègre s'effrayait même rétrospectivement que, suite à ces analyses, en 1972, "beaucoup, au parti socialiste que venait de refonder François Mitterrand, furent tentés par la doctrine de non-croissance". Hélas, Halte à la croissance ? fut remisé aux oubliettes et les politiques de croissance relancées de plus belle par l'ensemble de la classe politique.
Le 1er mars dernier avait été organisée une convention pour marquer cet anniversaire. Un des organismes en charge du rapport, la Smithsonian Institution, en a réalisé une version actualisée et améliorée (voir schéma ci-dessus). Résultat : les prévisions du Club de Rome s'avèrent avec le temps cruellement justes. En 1972, elles donnaient 60 ans au système économique mondial pour s'effondrer contre les limites physiques de la planète s'il ne changeait pas radicalement de cap.
Pour le physicien australien Graham Turner, qui a dirigé le nouveau rapport, ce crash devrait se produire autour de 2030. Le successeur de Dennis Meadows observe : "Le monde est sur la voie d'un désastre". Nombreux sont les spécialistes qui craignent l'échéance plus proche. "Pour l'empêcher, il ne faudrait pas seulement réduire notre production de gaz à effet de serre, mais s'imposer une décroissance radicale, à commencer par celle qui devrait être mise en œuvre dans les pays riches, qui sont les plus consommateurs et les plus destructeurs", note l'énarque Jean-Paul Baquiast.
La décroissance N°89
Pour plus d'infos, voici le site de la Smithsonian Institution