Les ténors de l'opposition misent beaucoup sur les protestations qui risquent d'accompagner la suppression de la détaxation des heures supplémentaires. Une vraie bombe à retardement.
Actuellement, 9 millions de salariés profitent de cette détaxation. Elle leur rapporte, en moyenne, près de 600 euros par an, soit un demi-treizième mois de smic. "C'est la mesure que le gouvernement va avoir le plus de mal à faire passer", pronostique avec gourmandise le député centriste Charles de Courson.
Parmi les protestataires potentiels, les trois millions de salariés des moyennes entreprises (entre 20 et 100 salariés), qui comptent parmi les moins bien payés. Souvent à peine au-dessus du smic. Ces salariés ont souvent conservé un temps de travail de 39 heures, c'est-à-dire avec quatre heures sup "obligées". Avec la fin de la détaxation, ils risquent de perdre, selon les calculs de Gilles Carrez, le président UMP de la commission des Finances de l'Assemblée, près de 750 euros par an. Soit 30 fois l'augmentation du smic qui leur a été obligeamment accordée à compter du 1er juillet.
Quant aux fonctionnaires, cette détaxation leur permettait de toucher 600 millions de revenus supplémentaires par an. Les enseignants figurent parmi les principaux bénéficiaires. Pour eux la mesure n'entrera en vigueur que le 1er janvier 2013, et non le 1er septembre 2012, comme pour les salariés du privé.
Histoire d'éviter de casser la joyeuse ambiance de la rentrée...
Le canard enchaîné N° 4785
