jeudi 19 juillet 2012

Le non-cumul à reculons

     REVELATEUR. L'un des passages les moins applaudis du (long) discours du Premier ministre, sur les bancs de gauche, était celui qui concernait la fin du cumul des mandats. Et, sur ce sujet, députés et sénateurs sont sur la même longueur d'ondes. 
     Le passage a fait un flop à l'Assemblée, où Henri Emmanuelli (député et président du conseil général des Landes) a esquissé un geste dégoûté. Il a fait un flop au Sénat, où François Rebsamen (sénateur-maire de Dijon) et François Patriat (président du conseil régional de Bourgogne) ont affiché une moue ostentatoire. 
     Il faut dire que les cumulards sont nombreux dans les rangs socialistes (et radicaux de gauche) des deux chambres. Et aucun n'a vraiment envie de se faire hara-kiri, comme ils s'y sont pourtant engagés avant leur élection, selon la règle inscrite en 2009 dans les statuts du PS. Ils veulent attendre la loi qu'Ayrault a promis de faire voter avant les élections locales de 2014. Avec le secret espoir qu'elle sera largement édulcorée, voire carrément abandonnée. 
     A moins que l'ex-député-président du conseil général Hollande et l'inamovible député-maire de Nantes Ayrault n'aient la foi des nouveaux convertis.

Le canard enchaîné N°4785