vendredi 30 septembre 2016

Stups ou encore, le patron de la lutte antidrogue accusé d’être au cœur du trafic

Saisie record à Paris, le 17 octobre : 7,1 tonnes de cannabis sont saisies dans trois camionnettes boulevard Exelmans (XVIe arrondissement). Le lendemain, François Hollande se rend sur place.  Photo WITT.SIPA
«Libération» révèle le rôle central de François Thierry, ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, dans l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis en lien avec un des plus gros trafiquants européens. Un système d’une ampleur inédite qui s’apparente à un trafic d’Etat.

C’est un scandale qui risque de provoquer une déflagration au sommet de la police judiciaire. L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis au cours des dernières années, avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, recruté par ses soins. Visage de la lutte antidrogue française depuis 2010, le commissaire avait pris l’habitude de poser devant ses plus belles saisies, aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs, Claude Guéant, puis Manuel Valls et Bernard Cazeneuve. Que savaient ces derniers des méthodes de François Thierry ? Ont-ils cautionné ce trafic d’Etat ? De nouveaux éléments et un témoignage accablant recueilli par Libération dévoilent l’ampleur de ce système, dont l’existence pourrait mettre en péril des dizaines de procédures judiciaires. Contacté dimanche matin, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité réagir avant la publication de notre enquête.

Le déclic
Le système a déraillé brutalement le 17 octobre à Paris. Ce soir-là, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) met la main sur 7,1 tonnes de cannabis entreposées dans trois camionnettes garées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement. Une saisie record pour la capitale. Le lendemain, François Hollande se déplace en personne au siège des douanes pour saluer ce «coup fatal» porté aux trafiquants. Mais l’enquête ouverte le jour-même par le parquet de Paris, confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), va réserver quelques surprises. Une facture retrouvée dans une des camionnettes et des traces ADN permettent rapidement de remonter jusqu’à un certain Sofiane H., bien connu des services de police. L’homme habite justement boulevard Exelmans, dans un penthouse de 300 m2 avec piscine intérieure, dont le loyer de 9 000 euros est réglé chaque mois en cash. Mais il a surtout la particularité d’être un indic de l’Ocrtis, dûment immatriculé au Bureau central des sources. Un informateur au pouvoir exorbitant, directement traité par le patron de l’Office, et capable d’importer chaque mois plusieurs tonnes de shit en «livraison surveillée». Cette technique d’enquête, très prisée des services de stups, permet de laisser passer de la drogue sous le contrôle d’un magistrat, afin de démanteler des réseaux de revendeurs à l’arrivée. Une technique légale. Sauf qu’en l’espèce, Sofiane H. semblait bénéficier d’une protection en haut lieu, ce qui lui permettait de poursuivre ses activités sans jamais être inquiété.

L’affaire d’Exelmans est jugée d’autant plus sérieuse par le parquet que la drogue saisie à Paris fait partie d’un lot beaucoup plus important. Trois jours plus tôt, les douanes avaient déjà intercepté 1,9 tonne de cannabis sur l’autoroute A11, en direction de Nantes. Puis quelques jours plus tard, 6,2 tonnes sont saisies dans une fourgonnette en Belgique. A chaque fois, la marchandise a la même origine. Pour le seul mois d’octobre, plus de 15 tonnes sont donc passées par le même canal sans aucun encombre. Avant que les douanes, avisées par un mystérieux informateur, ne fassent capoter l’opération. Quel rôle a joué Sofiane H. dans ce trafic ? Et surtout, quelle était la nature de sa relation avec François Thierry pour bénéficier d’une telle impunité ? Après quatre mois de cavale, le trafiquant est finalement interpellé le 22 février en Belgique. Un témoin tellement exposé que le parquet a jugé bon d’envoyer les gendarmes d’élite du GIGN pour aller le chercher en hélicoptère lors de son extradition. Une première en Belgique, quelques jours avant le rapatriement de Salah Abdeslam dans les mêmes conditions. Entendu depuis à deux reprises par les enquêteurs, Sofiane H. est resté très évasif, laissant simplement entendre qu’il avait toujours agi sous les ordres de l’Ocrtis.

Le recrutement
Le parcours de Sofiane H. est à la mesure du scandale qui couve depuis la saisie record du boulevard Exelmans. L’homme peut en effet se targuer d’être le plus gros importateur de cannabis en France, ni plus ni moins.

Dès la fin des années 90, à seulement 20 ans, il est déjà considéré comme un des barons du trafic international entre le Maroc, l’Espagne et la France. Recherché pour l’importation de plusieurs tonnes de shit, il est condamné en 2002 à cinq ans de prison, puis à dix-huit ans pour avoir continué à trafiquer depuis sa cellule. Sur une écoute téléphonique, on l’entend menacer un de ses acolytes de «lui trouer les genoux avec une perceuse» après le vol présumé d’une tonne et demie de marchandise. Quelques mois plus tard, il parvient à s’évader de la prison de Metz lors d’un transfert et s’installe dans le sud de l’Espagne. Une période faste au cours de laquelle Sofiane H. se refait rapidement un nom dans l’élite du trafic international.

Mais après avoir échappé à plusieurs coups de filet, le Français est finalement arrêté en mars 2009 à côté de Marbella, en Andalousie, dans le cadre de l’opération «Baleine blanche», la plus grosse enquête jamais menée en Espagne sur le blanchiment lié au trafic de drogue. L’opération, qui porte sur un montant de 250 millions d’euros, permet d’interpeller une cinquantaine de personnes et de saisir plus de 200 propriétés et véhicules de luxe. En garde à vue, Sofiane H. essaiera d’effacer ses empreintes digitales en se frottant les doigts aux barreaux de sa cellule. Selon plusieurs sources, c’est lors de sa détention en Espagne qu’il aurait été recruté par François Thierry. «Tamponné», comme on dit dans le milieu.

Extradé en France, Sofiane H. est condamné en avril 2011 à treize ans de prison. Mais il a désormais une bonne avocate. Anne Claire V. n’est autre que la compagne de François Thierry. A l’énoncé du verdict, elle dénonce une «peine sévère». Mais à peine trois ans plus tard, l’avocate spécialisée en droit immobilier dans un grand cabinet d’affaires parvient à faire libérer le trafiquant. Contre toute attente, Sofiane H. bénéficie d’une remise de peine exceptionnelle suivie d’une libération conditionnelle, accordée par un juge d’application des peines de Nancy. Une mesure rarissime, réservée à certains repentis. Selon nos informations, Sofiane H. a dû s’acquitter au passage d’une amende douanière de 2 millions d’euros. Qui a réglé cette somme ? Avec quel argent ? Et comment a été payée l’avocate ? Contactée par Libération, Anne Claire V. n’a pas souhaité s’exprimer. Seule certitude : Sofiane H. va désormais s’imposer comme le plus gros trafiquant de l’Hexagone grâce à la protection de François Thierry. «Un homme à la tête du troisième réseau d’Europe en termes de volume de trafic», selon un enquêteur spécialisé.

Le trafic
Jusqu’où l’Office central des stups était-il impliqué dans ce gigantesque scandale ? Et dans quelle mesure les magistrats ont-ils validé certaines procédures ? Un témoignage édifiant permet d’éclairer ce système de l’intérieur. Ancien indic de François Thierry, bien connu des autorités françaises, Stéphane V. a livré de nombreux éléments à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargée de l’enquête sur les méthodes des Stups. Il affirme notamment avoir été mandaté par François Thierry pour garder une villa à Estepona, dans le sud de l’Espagne, entre mars et avril 2012. Pendant près de trois semaines, a-t-il expliqué aux «bœufs-carottes», cinq hommes présentés comme des policiers français se relayaient pour charger et décharger sur la plage des dizaines de paquets remplis de drogue, récupérées sur des Zodiac venus du Maroc.

Au total, 19 tonnes auraient transité par la villa au cours de ce seul séjour. Une mission payée à Stéphane V. en cash par François Thierry. Il sera à nouveau sollicité plusieurs fois par le grand patron des Stups pour des opérations identiques, jusqu’en décembre 2014.

Selon ce témoin, jugé crédible par le parquet, le schéma était parfaitement rodé. La drogue était achetée en gros à Marbella. Une partie des équipes, préalablement identifiées par l’Ocrtis, était ensuite interceptée dans des «go-fast» à la remontée. Les autres pouvaient alors inonder le marché sans être inquiétées. La came étant payée au départ, rien n’était perdu. Une stratégie basée sur un double objectif : faire grossir la taupe de François Thierry tout en éliminant les équipes concurrentes, grosses saisies et convocation de la presse à l’appui.

Les conséquences
Difficile d’imaginer qu’un commissaire loué pour sa prestance, son professionnalisme et sa connaissance des dossiers ait pu agir de la sorte sans l’aval de sa hiérarchie. Combien d’équipes sont tombées dans les pièges tendus par l’Ocrtis ? Combien de livraisons surveillées ont été autorisées ces dernières années sur la foi d’informations tronquées ? Combien de suspects sont désormais potentiellement libérables par des avocats pugnaces ?

Toutes les procédures judiciaires dans lesquelles le nom de Sofiane H. apparaît risquent en tout cas d’être fragilisées. Comme en juillet 2015, quand la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a annulé l’ensemble d’une procédure ayant abouti à la saisie de 132 kilos de cocaïne par l’Ocrtis, dans l’affaire dite de la «coopérative». «Une provocation policière», avait estimé les magistrats pour motiver leur décision, soulignant le rôle «déterminant» de l’Office dans la mise en place du trafic. A l’époque, cet arrêt avait mis en émoi les services enquêteurs, inquiets de voir leurs méthodes soudainement retoquées par la justice. Cette nouvelle affaire, autrement plus sensible, risque de relancer sérieusement le débat.

Emmanuel Fansten

Sarkozy intouchable : pourquoi nous sommes tous coupables !


Les étrangers ne sont pas comme nous. Et leurs mœurs nous horrifient. Au Brésil, Dilma Rousseff, présidente soupçonnée d’avoir participé au système de corruption Petrobras, a été destituée. Une folie amazonienne ! Aux Etats-Unis, la candidate à la Maison-Blanche Hillary Clinton a dû comparaître pendant 12 heures devant une commission parlementaire pour avoir utilisé sa boîte mail personnelle à des fins professionnelles. Une lubie yankee ! En Suède, une ministre sociale-démocrate a démissionné après avoir été prise en flagrant délit de conduite en état d'ivresse. Une dérive calviniste ! En Roumanie, l'ex-Premier ministre Victor Ponta, poursuivi dans un dossier de financement de la campagne électorale qui l'avait mené au pouvoir en 2012, a été placé sous contrôle judiciaire en attendant son jugement. Un folklore roumain !

En Gaule, rien de tel. Nos dirigeants n’ont aucun souci à se faire. A défaut de leur couper la tête, nous leur pardonnons toujours, quels que soient leur égarements. Bien qu’il ait fait exploser le plafond de dépenses de campagne en 2012, bien que les soupçons s’accumulent quant à un éventuel financement libyen de sa campagne de 2007, bien qu’il soit mis en examen dans l'affaire dite des "écoutes" pour avoir cherché à corrompre un magistrat de la Cour de cassation avec la complicité de son avocat, bien qu’il soit mis en examen dans l’affaire Bygmalion et que son renvoi devant le tribunal correctionnel soit requis par le parquet, l’ancien président reste en lisse. Il crie au complot, excipe de sa probité et prétend encore devenir notre nouveau président.

Fort heureusement, pour lui, Nicolas Sarkozy n’est ni brésilien, ni américain, ni suédois, ni même roumain. Chez nous, un responsable de cette trempe, on le chérit, on l’applaudit, on l’élit.

Plus personne ne devrait gober le mensonge
Pas un jour sans que l’une de ses saillies passées ou présentes ne défraie la chronique. Nicolas Sarkozy peut cracher sur ses anciens collaborateurs et ses adversaires à longueur de off, fulminer contre les journalistes "guévaristes" qui s’autorisent à lui poser des questions et changer d’avis comme de chemise sur des sujets mineurs comme le droit du sol, le réchauffement climatique ou l’appartenance de la France à l’Union européenne, rien n’y fait. Il court toujours.

La faute à qui ? Aux médias fascinés par son show ? Sans doute. Mais à ce degré d’intoxication, c’est le corps social tout entier qui manque de défense immunitaire. Plus aucun citoyen français honnêtement informé ne devrait gober le mensonge. Plus aucun politicien normalement courageux ne devrait cautionner l’imposture. Elu en 2007, battu en 2012, Nicolas Sarkozy n’aurait même pas dû figurer dans la course de 2017. Les dirigeants de l’UMP qui lui ont remis les rênes du parti en 2014, sont les grands fautifs : comment ont-ils pu éponger les mécomptes de sa précédente campagne et s’en remettre à lui, sauf par instinct de soumission clanique ?

"Les affaires finiront par le rattraper et l’empêcher de se présenter", entend-on.

Mais c’est l’inverse qui se produit. Sarkozy, le Berlusconi des Hauts-de-Seine, n’est candidat à la présidentielle que pour se tirer d’affaires. Son fracassant retour en politique ne sert qu’à occulter son destin judiciaire. En avocat qu’il n’a jamais cessé d’être, maître Sarko inverse la charge de la preuve : si les juges lui cherchent des noises, c’est qu’il s’agit de le faire taire et même, en sa personne, de museler le peuple qu’il exprime si bien…

Foin de sondages ! Ce Tartuffe est déjà gagnant à tous les coups. Si Juppé remporte la primaire puis la présidentielle, il devra lui accorder une protection en contrepartie de son soutien. Bingo... Et rebingo ! Si Sarkozy réussit son hold-up sur la primaire, il sera lavé de tous les soupçons par l’onction démocratique. Un miracle. Mais si ce revenant magnifié parvenait à se faire réélire président à la faveur d’un malentendu, il redeviendrait intouchable comme le prévoit notre grandiose Constitution et pourrait se venger de tous ceux qui lui ont manqué. Ainsi va la Gaule !

Et si la diminution de la population japonaise n’était pas une si mauvaise nouvelle ?

Après un pic à 128 millions d’habitants en 2008, la population du Japon a diminué à un peu plus de 127 millions. Rien que l’an dernier, la population diminuait de 215 000 personnes, mais il ne s’agit pas forcément d‘une mauvaise nouvelle.


Les séniors vivent plus longtemps et le taux de natalité chute. Les dernières statistiques montrent que 33 millions de Japonais ont 65 ans ou plus, ce qui représente à peu près un quart de la population, et plus de deux fois le nombre d’enfants âgés de 14 ans et moins.
Sur le papier, Il est assez facile d’imaginer un futur morose pour le Japon. En mai dernier, on a ainsi appris que d’ici 2040, le nombre de femmes vivant à l’extérieur des grandes villes et étant en âge de procréer (20-39) diminuerait de moitié.
La population des villes de province va fondre, l’emploi et les entreprises en milieu rural vont disparaitre, des hôpitaux vont fermer, les transports en commun seront paralysés. Ce qui reste des jeunes Japonais vont déménager vers Tokyo, Osaka ou d’autres agglomérations.
Le pire scénario prévu par les analystes les plus pessimistes étant « l’extinction du Japon. » à long terme.
2000px-Population_of_Japan_since_1872.svg
Regardez cela du bon côté, indique l’hebdomadaire Shukan Shincho daté du 30 Avril. Il pourrait effectivement il y en avoir un !
Les premiers avantages d’une diminution de la population viennent immédiatement à l’esprit. Des installations moins bondées, un rythme de vie moins frénétique, plus détendu.
Takahiko Furuta, président de l’Institut de recherche pour la société contemporaine, indique que notre « société en croissance » évolue vers une « société à maturité » – moins de croissance, mais une plus grande jouissance des fruits que l’on a fait pousser à ce jour.
La croissance ne va cependant pas forcement faner. Furuta cite à titre d’exemple le papier toilette.
La diminution de la population a déjà entraîné une baisse sensible de la demande. Imperturbables, les producteurs rivalisent d’ingéniosité afin de rendre le papier plus doux, ou plus attractif en termes de design.
Les consommateurs sont prêts à payer des prix plus élevés en échange de la qualité. Ce qui est vrai dans un secteur sera également vrai dans d’autres.
Ensuite, vient le logement. Un septième des maisons au Japon sont vacantes. Cela semble désastreux, n’est-ce pas ?
Furuta indique dans le Shukan Shincho que la Suède a connu un problème similaire il y a 30 ans, et a résolu cela avec le concept des résidences secondaires.
Posséder deux logements – un en ville et l’autre en province – est devenu normal pour ces citadins ayant rachetés ces propriétés vacantes pour une bouchée de pain.
Chaque individu pourrait être salaryman la semaine, et partir à la campagne durant le week-end et les vacances.
Furota nous rappelle que des déclins de population ont déjà eu lieu dans le passé sans causer une « extinction ».
En 1718, la population du Japon était de 30 millions de personnes. Soixante ans après, due à une série de famines, celle-ci était tombée à 3 millions.
Les famines sont terribles, mais cet épisode de dépeuplement a coïncidé avec un épanouissement culturel remarquable avec le kabuki, l’art ukiyoe et l’introduction de la médecine occidentale (le terme populaire était «études hollandaises»). Ainsi il se pourrait que le dépeuplement actuel génère de nouvelles formes culturelles encore inconnues.
Le Premier ministre Shinzo Abe et la Fédération des organisations économiques japonaises (Keidanren) ont parlé de la nécessité de maintenir la population au-dessus des 100 millions.
Furuta se demande s’ils connaissant l’origine de ces 100 millions. Il explique que cela date de la rhétorique politique durant la Deuxième Guerre mondiale.
A l’époque, cela était considéré comme la population idéale du Japon compte tenu de son ambition de conquête de l’Asie connue sous l’euphémisme « sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale ».

Lu ici

jeudi 29 septembre 2016

Primaire à gauche: Benoît Hamon crée son micro-parti, baptisé "Elpis"

Benoît Hamon, candidat à la primaire initiée par le PS, ici le 28 août 2016 à Saint-Denis. afp.com/LIONEL BONAVENTUR

Le candidat de l'aile gauche du PS vient de créer son parti de poche pour recevoir des dons en vue de financer sa campagne pour la primaire à gauche.

[EXCLUSIF] Les grandes manoeuvres s'accélèrent, à gauche. Selon nos informations, Benoît Hamon vient de créer son micro-parti baptisé "Elpis". Il a reçu, cette semaine, l'agrément de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (Cnccfp). Son président n'est autre que l'ex-ministre éphémère de l'Education. Dans la mythologie grecque, Elpis personnifie l'espoir, sous la forme d'une jeune femme portant une corne d'abondance.

Ce micro-parti va permettre à l'ancien ministre de l'Education nationale de commencer à récolter des fonds pour financer sa campagne, en vue de participer éventuellement à la primaire de janvier prochain. Il s'appuiera sur une association, les "Amis de Benoît Hamon", dont les statuts ont été déclarés en préfecture, le 22 juillet dernier, comme l'avait révélé le JDD.

Toujours selon nos informations, cette association a pour président l'adjoint au maire du XIe arrondissement de Paris, Bastien Recher, et pour trésorier Yacine Djaziri, ex-candidat aux législatives de 2012 dans les Hauts-de-Seine.

source

mercredi 28 septembre 2016

Le défi d'Eboué à Hidalgo: "Prendre le RER après 22h entre Saint-Denis et Sarcelles"


La Journée sans voiture, organisée dimanche à Paris, a donné lieu à une petite passe d'armes entre la maire de la capitale et l'humoriste.

Fabrice Eboué contre Anne Hidalgo, épisode 3. Alors que l'humoriste avait fustigé dimanche, dans une vidéo, la Journée sans voiture organisée par la maire de Paris, cette dernière lui a répondu lundi de manière très ironique.

"Depuis 24 heures, j'ai mobilisé tous nos experts, scientifiques et innovateurs, afin de concevoir une solution qui vous permette, lors de la prochaine Journée sans voiture, d'effectuer sereinement votre trajet Paris-banlieue. Je suis heureuse de vous annoncer que LA solution a été trouvée. Elle est expérimentée aujourd'hui même par plusieurs millions d'audacieux Parisiens et Franciliens. Je vous invite à la découvrir au lien suivant: http://ratp.fr/", écrit l'édile dans un commentaire sur Facebook.

La réponse à la réponse
Ce mardi matin, l'acteur publie sur son compte Facebook une nouvelle vidéo dans laquelle il répond à la maire de la capitale. Fabrice Eboué, mine déconfite, se filme dans un premier temps à l'intérieur du métro, puis adresse un message à Anne Hidalgo à sa sortie. "Ça y est Anne c'est fait! Je viens tout juste de prendre le métro comme tu me l'avais demandé", explique l'humoriste.

Sourire aux lèvres, il poursuit: "J'ai relevé mon défi, à toi de relever le mien. Je te demande de prendre le RER D après 22 heures entre Saint-Denis et Sarcelles. J'attends ta vidéo Anne".

"Serait-il possible de trouver une place en crèche pour mon fils?"
La vidéo de Fabrice Eboué s'accompagne d'un message débutant par un jeu de mots avec le nom de l'élue socialiste. "Ma très chère Annie Dalgo. Veuillez excuser à l'avance mes maladresses littéraires, j'écris mes textes seul... Sachez en tout cas à quel point je suis flatté que la maire d'une des capitales les plus renommées au monde prenne le temps de répondre à un saltimbanque... Je ne suis évidemment pas aussi éco-responsable que vous c'est pourquoi je vous remercie pour vos conseils que j'ai pu immédiatement mettre en application".

L'acteur conclut son message en faisant, à son tour, preuve d'ironie. "Maintenant que nous sommes réconciliés, serait-il possible de trouver une place en crèche pour mon fils, nous galérons depuis deux ans? Je sais que vous êtes très occupée avec votre nouveau projet de parcs nudistes à Paris, mais comprenez au combien je préférerais que mon enfant croise une puéricultrice avant un nis".

En guise d'au revoir, Fabrice Eboué lance une dernière pique à la maire de Paris: "Encore merci pour votre lettre chaleureuse, la bise à vos conseillers et à votre chauffeur qui m'a bien confirmé que vous ne conduisez jamais!".

mais ferme ta gueule Gérard


mardi 27 septembre 2016

Voyage au bout de la machine à migrants - Orages d'acier - 25/095/2016

Rentrée Dextra 2016 "Bilan" par Matthieu.C


Chers camarades et amis, La rentrée universitaire a eu lieu, il est temps pour nous aussi de reprendre notre cycle de formation.

La première conférence sera assurée par Matthieu, président de Dextra qui dressera un bilan de l’année 2016 et établira des perspectives pour l’année 2017, qui vous n’êtes pas sans le savoir, sera riche en activité Nous comptons sur votre présence, n’hésitez pas à inviter vos amis À vendredi, 19h00 !

lundi 26 septembre 2016

La CGT au boulot


Tout ce qui a été voté pendant vos vacances d’été (ou presque)


Comme l’an dernier, les Décodeurs font le point sur les textes législatifs adoptés pendant l’été, pour vérifier si le Parlement et le gouvernement ont profité de la faible attention médiatique caractéristique des périodes estivales pour faire passer des choses « en douce », comme le veut le cliché. 

Une dizaine de lois votées dans l’été 
Les députés étant partis en vacances le 21 juillet, peu de lois ont été votées cet été : 
Au terme de nombreux mois de débats houleux, la loi travail a finalement été adoptée le 21 juillet. 

L’état d’urgence décrété après les attentats du 13 novembre a été prorogé une quatrième fois le 21 juillet, jusqu’en janvier 2017. Une décision prise après l’attentat de Nice, qui s’accompagne de nouvelles dispositions sécuritaires, comme les perquisitions informatiques. 

La loi sur la biodiversité a été adoptée le 20 juillet après quatre ans de préparation. Elle prévoit notamment l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles à partir de 2018 (avec des dérogations jusqu’en 2020) et des cotons-tiges en plastique à compter de 2020, la reconnaissance du préjudice écologique et la création d’une agence française pour la biodiversité, qui sera présidée par Hubert Reeves. En revanche, la majorité a renoncé à taxer l’huile de palme, à interdire le chalutage en eaux profondes ou à reconnaître du statut d’être sensible des animaux sauvages.

Une réforme votée le 1er août va faciliter, à partir de 2020, l’inscription des Français sur les listes électorales. Ils pourront notamment s’inscrire tardivement – jusqu’à un mois et demi avant un scrutin, tandis que les Français naturalisés seront inscrits d’office. 

Une loi sur l’enfouissement des déchets radioactifs votée le 11 juillet va permettre de poursuivre le projet de Centre industriel de stockage géologique dans le sous-sol de la commune de Bure (Meuse), qui doit entrer en service en 2025. 

Le 13 juillet, une loi a donné un sursis de quatre ans et demi aux clercs de notaire habilités : en vertu de la loi Macron, ceux-ci devaient disparaître dès le 1er août, mais pourront finalement exercer jusqu’au 31 décembre 2020, pour leur laisser davantage de temps pour devenir des notaires de plein droit grâce à des dispositifs de validation des acquis de l’expérience. 

Le 11 juillet a été voté le deuxième volet de la loi justice pour le XXIe siècle, préparée par Christiane Taubira avant sa démission. Il vise à « renforcer l’exemplarité de la justice », « l’indépendance et l’impartialité des magistrats », notamment en changeant le mode de nomination des procureurs généraux près les cours d’appel et des juges des libertés et de la détention (décret du président sur proposition du garde des sceaux après avis du Conseil supérieur de la magistrature). La principale disposition anti-conflits d’intérêts pour les hauts magistrats – le dépôt d’une déclaration de patrimoine, comme les ministres – a en revanche été censurée par le Conseil constitutionnel. 

La loi sur la création, le patrimoine et l’architecture a finalement été adoptée le 29 juin, après trois ans de débats. Elle modifie notamment les modalités de protection du patrimoine et d’intervention des architectes, et étend aux logements sociaux le « permis de faire », jusque-là réservé aux équipements publics. 

Les textes rejetés par la majorité 
Les socialistes ont enterré, le 21 juin, trois propositions de loi introduites par les députés Républicains lors de leur niche parlementaire : 
Taxe d’aéroport : cette proposition visait à rendre plus transparent le montant de cette taxe dans le prix du billet d’avion et de faciliter son remboursement aux voyageurs qui ne prennent finalement pas leur vol. Elle a été rejetée par la majorité PS, qui la jugeait inutile, puisque des dispositions similaires étaient incluses dans la loi Sapin 2. 
GPA : la majorité PS a rejeté une première proposition qui renforçait les sanctions contre le recours à une mère porteuse à l’étranger, jugeant que la loi actuelle suffit à dissuader cette pratique. Elle a également repoussé la demande de la droite d’inscrire dans la Constitution le principe d’indisponibilité du corps humain, la jugeant inutile, voire dangereuse à terme, car elle pourrait, selon elle, être utilisée contre l’IVG, le don d’organe ou le don du sang. 

(...)

D’autres décisions notables 
Outre les lois, plusieurs décrets, arrêtés et ordonnances pris cet été ont attiré notre attention : 

Energie : deux ordonnances ont été prises pour faciliter l’autoconsommation d’électricité (produite chez les usagers) et la production d’électricité par énergie renouvelable. 

Voitures autonomes : une ordonnance a autorisé l’expérimentation des voitures sans conducteur sur les routes, dans l’idée de faire de la France l’un des pionniers du secteur. 

Victimes du terrorisme : la nouvelle médaille nationale pour reconnaître les victimes du terrorisme, créé par décret le 12 juillet, a créé la polémique ; le 3 août ont aussi été créés des comités locaux de suivi des victimes d’actes de terrorisme, déclinaisons départementales du comité interministériel de suivi des victimes créé à l’échelle nationale après les attentats du 13 novembre 2015. 

Discriminations : les anciennes commissions départementales de promotion de l’égalité des chances et la citoyenneté ont été remplacées par des comités opérationnels de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, censés être plus opérationnels, par un décret du 22 juin. 

Grands projets : deux ordonnances ont été prises le 3 août pour réformer le dialogue environnemental, avec une meilleure prise en compte des citoyens dans l’élaboration des grands projets – mais les nouvelles dispositions seront facultatives. 

Intermittents : le nouveau compromis des partenaires sociaux sur leur indemnisation chômage a été concrétisé par un décret le 13 juillet. 

Huiles usagées : un arrêté du 8 août a mis fin à la gratuité de la collecte de ces huiles, pour aider la filière de collecte, en crise à cause de la baisse du prix du pétrole. 

Aides à la presse : un décret du 26 août a créé un nouveau fonds de soutien « à l’émergence et à l’innovation dans la presse » de 2 millions d’euros, qui doit soutenir davantage les petits éditeurs. 

Entreprises : un décret du 11 juillet a réformé la procédure de contrôle Urssaf, dans le but de renforcer la protection des employeurs. 

Renseignement : un décret du 7 juillet a créé le poste de secrétaire général de l’inspection des services de renseignement, désigné par le premier ministre, comme le recommandaient les parlementaires. 

Agriculture : cinq décrets et arrêtés ont modifié le 22 août les conditions d’attribution des aides aux jeunes agriculteurs. 

Dématérialisation des bulletins de paie : un décret du 3 août a lancé le mouvement qui doit conduire à généraliser la dématérialisation pour les fonctionnaires en 2020. 

Télé : l’Assemblée a créé le 13 juin une commission pour enquêter sur l’attribution de la fréquence TNT à la chaîne Numéro 23 et sa vente à NextRadioTV au printemps 2015. 

Dialogue social : un décret du 1er juillet a installé un nouveau « comité théodule », le Haut conseil du travail social, qui succède au Conseil supérieur du travail social pour faire des recommandations pour « rénover la gouvernance du travail social ». 

Corse : le parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate a officiellement vu le jour par un décret du 15 juillet. C’est le plus grand de métropole, avec 6 830 km². 

Métro et tram : le prolongement de la ligne 14 du métro de Paris a franchi une nouvelle étape le 27 juillet avec la déclaration d’utilité publique en vue des travaux ; pour le débranchement de la ligne de tramway T4 jusqu’au plateau de Clichy-Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, un décret d’expropriation a débloqué les travaux le 22 juin. 

Des dizaines de décrets d’application 
Chaque mois, des dizaines de décrets ministériels avalisent et/ou précisent des dispositions prévues dans des lois votées récemment par le Parlement. On y trouve assez rarement des surprises. En voici une sélection, avec leurs implications : 

Transition énergétique : interdiction de la vaisselle en plastique d’ici 2020, introduction des zones à circulation restreinte pour lutter contre la pollution dans les villes, changements dans le contrôle des installations nucléaires et installation obligatoire, dès 2017, de stations de recharge des véhicules électriques et de stationnement pour les vélos dans les parkings neufs. 

Dialogue social : nouvelles obligations des employeurs en matière d’information et de consultation des représentants du personnel, à la suite de la loi Rebsamen. 

Santé : nouvelles modalités de contrôles antidrogue sur les routes, simplification des obligations de certificat médical pour la pratique sportive, nouvelles conditions d’échange d’informations entre les professionnels de santé et les acteurs du domaine médicosocial pour améliorer la continuité des soins, changement des règles en matière de prélèvements d’organes en 2017 et contours du nouveau dossier médical partagé. 

 Fin de vie : amendement du code de déontologie des médecins pour suivre les évolutions de la loi sur la fin de vie et la sédation profonde. 

Rythmes scolaires : pérennisation du décret Hamon assouplissant la réforme des rythmes scolaires, jusque-là expérimental. 

Open data : clarification du calcul des redevances pour la réutilisation des données publiques – enterrant au passage les espoirs de voir passer certaines données (horaires des marées, cartes marines, IGN ou statistiques des notaires) dans le domaine de la gratuité. 

Retraites : création d’un fichier informatique pour le compte personnel de pénibilité et définition du taux des cotisations pour les financer. 

Allocation jeunes diplômés : instauration d’une aide à la recherche du premier emploi (ARPE) : entre 100 et 550 euros pourront être versés pendant quatre mois maximum aux jeunes diplômés de moins de 28 ans qui n’ont pas encore trouvé d’emploi. 

Chômage : lancement du dispositif expérimental « zéro chômage longue durée », une aide publique incitant les entreprises de l’économie sociale et solidaire à embaucher des chômeurs de longue durée. 

Loi Macron : définition du mode de nomination des nouveaux « défenseurs syndicaux » aux prud’hommes et simplification de la création de sociétés pour les professions libérales (avocats, huissiers, notaires, etc.). 


Aides au logement : dégressivité des APL à partir d’un certain niveau de revenus, qui pourrait toucher 80 000 allocataires


vendredi 23 septembre 2016

Trump 2016 : construis le mur !


Nos pensées sont à la Libye que tu as détruite avec ton pote Sarkzoy


Goûtez aux joies du multiculturalisme


57% des Français se disent opposés à l'accueil en France d'une part de migrants et de réfugiés

Les Français ne sont pas disposés à voir leur pays être une terre d'accueil: 57% s'opposent à ce que la France accueille une part de migrants et de réfugiés, selon un sondage Elabe "L'Opinion en direct pour BFMTV" ce mercredi. 

Ainsi, à la question "Vous savez que l’Union européenne fait face à un afflux de migrants et de réfugiés, notamment en provenance de Syrie. Selon vous, la France doit-elle accueillir une part de ces migrants et de ces réfugiés sur son territoire?", 57% des participants à cette enquête ont répondu "non" (31% "pas du tout", 26% "pas vraiment"), contre 43% de "oui" ("plutôt" à 29% et "tout à fait" à 14%). 

Ephémère retournement de l'opinion après la mort d'Aylan 
"Ces résultats s’avèrent comparables à ceux d’une précédente enquête Elabe / BFMTV réalisée les 1er et 2 septembre 2015 (44% de 'oui', 56% de 'non'), soit avant la publication de la photo du petit Aylan Kurdi (cet enfant syrien de 3 ans retrouvé noyé sur une plage turque il y a un peu plus d'un an, Ndlr) qui avait marqué les opinions publiques internationales et eu pour effet d’atténuer temporairement l’opposition des Français à l’accueil de migrants et de réfugiés (53% de 'oui', 47% de 'non' les 8 et 9 septembre 2015)", rappelle d'ailleurs Yves-Marie Cann, directeur des études politiques au sein de l'institut de sondages.

Dans le détail, seule la tranche des 18-24 ans est à une courte majorité (51%) favorable à l’accueil de migrants et de réfugiés en France et c'est auprès des personnes âgées de 35 à 49 ans (63%) et dans les milieux populaires (62%) que l’opposition atteint ses plus hauts niveaux. D’un point de vue géographique, seuls les habitants de l’agglomération parisienne y sont majoritairement favorables (53%) alors que ceux des communes rurales y sont parmi les plus opposés (63%). 

S'agissant de la répartition partisane, cette question fait également l’objet d’un clivage politique important entre la gauche et la droite: d’un côté 72% des sympathisants de gauche (dont 73% au PS) y sont favorables, de l’autre 64% des sympathisants de la droite et du centre (dont 68% chez LR). Sans surprise, 84% des sympathisants Front national y sont opposés. 

76% des Français pour le démantèlement de la "Jungle" 
Autre leçon de ce sondage, alors que le gouvernement prépare le démantèlement du campement de la "Jungle" à Calais, où s'entassent entre 7.000 et 10.000 migrants selon les chiffrages, 76% des répondants jugent justifié le démantèlement du plus grand bidonville de France. A l’inverse, 23% d’entre eux le estiment que le démantèlement n'est "pas vraiment" (15%) ou "pas du tout" (8%) justifié. 

"Cette majorité favorable au démantèlement se vérifie toutes catégories de population confondues, avec toutefois quelques nuances", souligne Yves-Marie Cann. 

"Les plus jeunes y sont ainsi nettement moins favorables que les plus âgés puisque 61% des 18-24 ans contre 86% des 65 ans et plus le trouvent justifié. Il fait en revanche l’objet d’un large consensus politique puisque 79% des sympathisants de gauche, 86% de ceux de la droite et du centre et 72% au FN le trouvent justifié." 

57% sont opposés au plan de répartition du gouvernement 
En revanche, 57% des Français s’opposent (21% "plutôt", 36% "tout à fait") au plan défendu par le gouvernement de répartition des migrants dans des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) sur tout le territoire, contre 43% qui y sont favorables (31% "plutôt", 12% "tout à fait"). 

"Seuls les 18-24 ans (57%), les cadres et les professions intellectuelles supérieures (55%) et les Franciliens (54%) y sont majoritairement favorables", décrypte encore le sondeur. 

"Cette question suscite également un clivage politique important entre la gauche et la droite : d’un côté 75% des sympathisants de gauche (dont 79% au PS) y sont favorables, de l’autre 62% des sympathisants de la droite et du centre (dont 66% chez LR) et surtout 90% des sympathisants Front national y sont opposés." 

Sondage réalisé par Internet les 20 et 21 septembre 2016 auprès d'un échantillon de 956 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

jeudi 22 septembre 2016

Abel Mestre, la délation pour tous…

Photo : DR
Qu’un site d’information régionale décide de participer à l’aventure d’un club sportif local qui accède à la division sportive supérieure en le «sponsorisant» (à hauteur de ses moyens et en échange d’un peu de publicité),quoi de plus normal ? Pour tout le monde : rien. Enfin pas tout à fait pour tout le monde…

Pas pour le vigilant et ombrageux Abel Mestre, ex-spécialiste de « l’extrême droite » au quotidien Le Monde, dont les qualités de journaliste et d’analyste politique ont été récemment récompensées par une mutation à la rubrique sportive du journal.

Ce dernier est en effet choqué et scandalisé par l’opération car les idées qu’il prête aux rédacteurs du dit site d’information régionale, en l’occurrence Breizh-info.com, lui déplaisent – ce qui est son droit – et donc ne devraient pas avoir leur place dans l’espace public – ce qui est beaucoup plus discutable et beaucoup moins démocratique.

Le petit Abel Mestre (dont on peut connaître la vie et l’oeuvre grâce à l’excellent portrait que lui a consacré l’OJIM),ne pouvant manquer une si belle occasion de réunir ses deux brûlantes et obsédantes passions, le sport et l’extrême-droite, a donc décidé d’écrire un bel article sur ce non-sujet sur le blog  qui sert de réceptacle régulier à ses prurits délateurs.

Car dénoncer, nuire socialement et économiquement à ses adversaires, faire des fiches,  des sous-entendus, Abel aime vraiment ça, c’est le nectar de ses jours… Heureusement d’ailleurs que c’est pour la bonne cause sinon on pourrait lui reprocher d’employer les méthodes ordinairement attribuées aux croquemitaines de cette extrême-droite tant haïe.

Le but d’Abel est simple (car l’article n’a objectivement aucun intérêt pour un lecteur lambda) : embarrasser le club signataire, alerter les habituelles associations subventionnées pour glapir contre la bête immonde et pousser les élus locaux – qui n’ont rien de plus urgent à faire – à intervenir pour faire capoter la convention et remettre en cause un contrat légalement signé.

Curieusement, Abel Mestre, le nouveau chevalier blanc du sponsoring sportif, ne s’est nullement intéressé aux possibles opinions politiques et hypothétiques engagements des autres, nombreux, annonceurs du club de rugby ; il a concentré sa vindicte et sa hargne uniquement sur Breizh-info, coupable à ses yeux de patriotisme identitaire.

Cette étrange fixation s’explique par le fait qu’Abel Mestre est avant tout un militant politique, activiste antifasciste revendiqué (engagement dont l’urgence et le courage n’échapperont à personne…) et figure bien connue de l’ultra-gauche parisienne. Son but n’est donc nullement d’informer mais de combattre son ennemi, à savoir le golem fantasmatique de l’hydre au ventre toujours fécond…

Un positionnement qui peut se concevoir mais qui délégitime assez largement sa prétention à dénoncer l’absence de neutralité et d’objectivité chez les autres. Une neutralité et une objectivité qui, rappelons-le, n’existent d’ailleurs dans aucun média, chacun ayant une ligne éditoriale et des journalistes qui, n’étant pas (encore) des robots, ont des visions du monde et des appréhensions de celui-ci qui leur sont propres.

C’est donc au nom de son idéologie que le sieur Abel Mestre est davantage outré par le fait qu’un média patriote et enraciné puisse participer, modestement d’ailleurs car ne bénéficiant pas des subsides des multinationales et des institutions à l’inverse du vertueux Le Monde, au développement d’un club de D2 de rugby que par celui qu’un Émirat obscurantiste et esclavagiste possède le club phare de la capitale française. On a les ennemis et les combats que l’on peut.

Grâce à son petit billet numérique, Abel Mestre ira sans doute se coucher fort satisfait et heureux, persuadé d’avoir accompli un nouvel acte d’une résistance particulièrement glorieuse (le logo  de Breizh-info n’apparaîtra peut-être pas sur le ballon de deux matchs du championnat ! Sonnez hautbois, résonnez musettes!),et il s’endormira tranquillement, espérant rêver à de nouveaux  faits d’armes aussi grandioses et à de beaux tribunaux d’inquisition, citoyens et démocratiques bien sûr.

Quant aux autres, les gens normaux, retenant un bâillement devant tant d’agitation hystérique, ils hausseront les épaules et retourneront à de vraies activités et de vrais problèmes, aspirant pour leur part à une société apaisée où, au delà des discours de convenance, chacun aurait vraiment le droit d’exprimer ses idées et de participer à la vie communautaire locale sans craindre les foudres et les oukazes des sycophantes à jamais enfermés dans leurs névroses et le confort bien-pensant de leurs vigies parisiennes.

Xavier Eman

source

L'idiote de l'année


lundi 19 septembre 2016

Reproduction: des chercheurs font naître des souris sans partir d'un ovule


Bien plus efficace et viable que le clonage, cette avancée permettra bientôt de contourner les règles naturelles de la reproduction sexuée. Elle pourrait, à terme, bouleverser la procréation médicalement assistée en permettant de se passer de gamète femelle. 

L'un des principes fondateurs de la reproduction sexuée est en passe d'être contourné. Pour la première fois, des chercheurs sont parvenus à faire naître des souris en injectant du sperme dans une cellule qui n'est pas un ovule. La méthode ouvre des perspectives en matière de procréation médicalement assistée, selon une étude publiée mardi. 
"On pensait que seul un ovocyte était capable d'activer le sperme pour rendre possible le développement de l'embryon. C'est la première fois que l'on obtient un développement mené à terme en injectant du sperme dans des embryons", a déclaré le docteur Tony Perry, principal auteur de l'article, publié dans la revue Nature Communications. 

L'"embryon" utilisé est une forme très particulière et artificielle, obtenue en stimulant chimiquement un ovule pour qu'il commence le processus de division cellulaire sans intervention de spermatozoïdes. En injectant du sperme dans ces cellules particulières, appelés parthénotes, les chercheurs sont parvenus à faire naître des souris vivantes dans 24% des cas. Ces bébés souris sont devenus des adultes fertiles et ont eu une espérance de vie normale, a souligné le docteur Perry au cours d'une conférence de presse à Londres. 

Un taux de réussite plus important qu'avec le clonage 
Selon plusieurs experts interrogés, cette publication participe à une meilleure compréhension des mécanismes de la reproduction chez les mammifères. Il faut aussi noter que le taux de réussite est ici beaucoup plus important que dans la technique de clonage par transfert du noyau cellulaire, où la réussite est d'environ 2%. 

Les scientifiques entrevoient la possibilité de recourir à terme à cette technique pour aider à restaurer les populations d'espèces en voie de disparition. Mais la technique entrouvre aussi des perspectives d'application inédites pour la procréation médicalement assistée, en se passant de gamètes femelles. 

Vers une PMA humaine sans ovule 
Les auteurs de l'étude, de l'université de Bath au Royaume-Uni et de l'université de Regensburg en Allemagne, envisagent même qu'on puisse un jour se passer d'ovules pour la reproduction. 
"C'est un tour de force technique", a jugé Robin Lovell-Badge, biologiste britannique au Francis Crick Institute, à Londres. "Je suis sûr que cela nous apprendra des choses importantes sur la reprogrammation (cellulaire) lors des premiers stades du développement", même si l'article "ne dit pas encore comment", a-t-il ajouté. 

Un espoir pour les couples gays et lesbiens 
L'étude a réussi à montrer que l'activation du génome paternel contenu dans le sperme, opération qui déclenche la formation de l'embryon, pouvait "se faire à un stade plus tardif qu'anticipé au départ, pas seulement dans l'ovocyte", observe Marie-Hélène Verlhac, chercheuse en biologie cellulaire au CNRS. 

A l'avenir, "on peut imaginer utiliser aussi les parthénotes" dans la reproduction médicalement assistée, a-t-elle ajouté, ce qui permettrait de moins dépendre des ovocytes, dont la collecte est très contraignante. 

L'avancée représenterait donc une chance pour les couples dont la femme devenue infertile (par exemple à la suite d'un cancer) n'a pas eu la possibilité ou pensé à congeler ses ovocytes. De même, les couples homosexuels masculins, comme l'évoque cet article de The Independent, pourraient utiliser la technique, à condition que de nombreux obstacles soient encore surmontés. La PMA ne serait alors plus réservée - en fait et non en droit positif français - aux seuls couples lesbiens. 

"Les souris ne sont pas des hommes" 
Si, pour l'instant, on est obligé de partir d'un ovocyte pour fabriquer ce parthénote, on peut imaginer qu'on pourra s'en passer à l'avenir, en les produisant par exemple à partir de cellules de peau, a avancé le docteur Perry. 

"Mais les souris ne sont pas des humains (...). Même si c'est possible en théorie, il faudra de nombreuses années pour comprendre les risques pour l'ADN et la santé des humains", a averti Simon Fishel, directeur général de la clinique privée britannique Care Fertility. 

Ces résultats soulèvent des questions éthiques, a par ailleurs souligné le biologiste. En effet, un des arguments avancés pour justifier l'utilisation des parthénotes comme source de cellules souches chez l'homme était le fait que ces embryons n'étaient pas viables. 

Souviens toi de l'indo - Orages d'acier - 18/09/16

dimanche 18 septembre 2016

Quoi que je pense alors sur eux, je ne servirai jamais de témoi à charge


Un monstre est né : Bayer achète Monsanto pour 59 milliards d’euros


Dans un communiqué du jour, l’entreprise allemande Bayer a annoncé l’achat de la firme américaine Monsanto Company pour un montant de 59 milliards d’euros. Le géant de l’industrie pharmaceutique engloutit le monstre des biotechnologies pour le meilleur, mais surtout pour le pire. 

Un achat historique 
L’annonce a été faite ce matin même. Le chimiste allemand Bayer a annoncé l’achat de l’entreprise le plus controversé au monde : Monsanto. Le géant des semences OGM vient d’être acquis pour 66 milliards de dollars soit 59 milliards d’euros. C’est l’acquisition la plus chère jamais réalisée par un groupe allemand. Cela faisait cinq mois que ce dernier tentait d’acquérir l’inventeur de Roundup. Bayer devient aujourd’hui le numéro un mondial à la fois des pesticides et des semences.

L’eurodéputé Eric Andrieu s’alarme de l’accord de fusion entre Bayer et Monsanto et appelle la Commission européenne à empêcher cette fusion. Pour le Vice-Président de la Commission Agriculture du Parlement européen, "cette fusion va se traduire par une hausse des prix et va fortement limiter les agriculteurs dans leur choix produits phytosanitaires. Rien de bon ne peut venir d’un monde où une multinationale vendrait un paquet complet -semences OGM, engrais et pesticides chimiques." L'eurodéputé socialiste du Sud-Ouest ajoute qu'il faut : "empêcher cette fusion économiquement dangereuse pour les agriculteurs mais aussi désastreuse pour la sécurité alimentaire de tous les européens. Nous ne pouvons laisser un opérateur plus puissant qu’un État aux portes de Bruxelles !" 

Chiffres clés 
Le nouveau groupe créé pèsera 95 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Pour ne parler que du mastodonte de l’agrochimie, selon les derniers chiffres publiés dans son rapport annuel de 2015, Monsanto c’est : 
  • 22.500 employés, dans 66 pays 
  • Un chiffre d'affaires de 15 milliards de dollars 
  • Un bénéfice net de 2,3 milliards de dollars 
Le géant, bien que convoité, évolue dans un environnement instable. Le secteur de l’agrobusiness est en crise suite à la chute des cours des matières premières. Les résultats net de l’entreprise ont baissé de 15% l’année dernière, ce qui a engendré une suppression de 3.600 postes sur 3 ans. De plus, une restructuration était vue comme nécessaire par certains et la complicité d’un chimiste s’avère nécessaire pour continuer à vendre le package semences-pesticides. 

Mais combien de temps encore cette entreprise arrivera-t-elle à vendre ses produits ? Peut-être le temps qu’il faudra pour que les consommateurs identifient facilement les produits à boycotter ou mieux… que tout le monde consomme des produits issus de l’agriculture biologique. On ne vous refait pas le discours, lecteur de Bio à la Une, vous êtes déjà convaincus. 

L’agrochimie, un monde en fusion 
Il y a quelques mois, l’entreprise chinoise ChemChina a acquis le Suisse Syngenta pour 43 milliards de dollars. Syngenta n’est autre que l’ancien numéro un mondial des pesticides que Monsanto a déjà tenté d’acheter deux fois sans succès. 

De l’autre côté de l’Atlantique, les gros bonnets du secteur sont actuellement en train de fusionner. Nous parlons des Américains DuPont et Dow Chemical (spécialistes des pesticides) et des Canadiens Potash Corp et Agrium qui deviennent numéro un mondial des engrais. 

Tribunal, marches mondiales : une opposition grandissante 
Plus que jamais, les citoyens du monde entier se mobilisent contre l’univers de l’agrochimie avec Monsanto comme bouc émissaire. Exemple bien connu, tous les ans se tient la marche mondiale contre Monsanto dont la dernière édition a été organisée dans 400 villes du monde (une trentaine de villes en France). 

Le 14 et 16 octobre prochain se tiendra à La Haye aux Pays-Bas un tribunal international baptisé “Tribunal Monsanto”. L’entreprise sera jugée pour “écoide” ou destruction de l’environnement. Cette initiative est fondée par un collectif de juristes, d’avocats, d’ONG et de célébrité comme Vandana Shiva, Corinne Lepage, Marie-Monique Robin, Gilles-Eric Séralini, Olivier de Schutter. Véritable mobilisation de la société civile, les juges entendront des témoignages de victime et livreront une opinion juridique suivant les procédures de la Cour Internationale de Justice. 

samedi 17 septembre 2016

Guerre en Libye: un rapport parlementaire britannique accable Sarkozy et Cameron


Cinq ans après l'intervention militaire qui a plongé la Libye dans le chaos, les parlementaires britanniques étrillent les principaux responsables de l'opération: David Cameron et Nicolas Sarkozy. 

Quelles étaient les motivations de la France et du Royaume-Uni pour intervenir militairement en Libye? En 2011, il s'agit officiellement d'éviter que Benghazi, ville rebelle du nord du pays, ne subisse le martyre que lui réserve Mouammar Kadhafi, implacable dictateur qui règne sur la Libye depuis 41 ans. Pour les parlementaires britanniques qui ont enquêté sur la question, ni David Cameron, ni Nicolas Sarkozy n'ont agi par souci humanitaire. 

Une méconnaissance totale du pays 
Le premier à subir les foudres des parlementaires britanniques est David Cameron, Premier ministre au moment de l'intervention militaire. En creux, les membres de la commission d'enquête l'accusent d'avoir agi en amateur en Libye. Le rapport parlementaire dénonce ainsi "une compréhension très limitée des événements" et des responsables "qui ne se sont pas vraiment souciés de surveiller de près ce qu'il se passait". 

Plus loin dans leur rapport, les parlementaires mettent en doutent la raison même pour laquelle la France et le Royaume-Uni sont intervenus en Libye: le possible massacre de Benghazi. Ville côtière, Benghazi est en mars 2011 aux mains des rebelles qui disputent le pouvoir au Colonel. Alors que la communauté internationale imagine déjà le bain de sang que vont y perpétrer les forces du dictateur, Paris et Londres décident d'intervenir par voie aérienne, avec l'aval de l'ONU. Mais pour les auteurs du rapport, l'histoire de Kadhafi aurait pu pousser les dirigeants franco-britanniques à réfléchir autrement: 
"Plusieurs exemples dans le passé auraient pu indiquer la manière dont Kadhafi allait se comporter. (...) En 1980, Kadhafi a passé six mois à pacifier les rapports entre les tribus de la Cyrénaïque. Il y a fort à parier que sa réponse (au soulèvement de Benghazi, Ndlr) aurait été très prudente... La peur d'un massacre de civils a été largement exagérée" note le rapport. 

Les motivations françaises en question 
Plus troublant encore, le rapport retranscrit une conversation avec un membre des services secrets américains, expliquant avoir discuté avec l'un de ses homologues français à propos de l'engagement français en Libye. Pour les Britanniques, la France n'est pas intervenue pour sauver Benghazi, mais pour cinq autres raisons, bien différentes: 
- S'emparer d'une partie de la production de pétrole libyenne 
- Augmenter l'influence française en Afrique du Nord 
- Améliorer la popularité de Nicolas Sarkozy en France 
- Replacer l'armée française au centre de l'échiquier stratégique mondial 
- Répliquer à la volonté de Kadhafi de remplacer la France comme puissance dominante en Afrique francophone 

Cinq ans plus tard, note le rapport, la Libye est au bord du gouffre. Reprenant un rapport d'Human Rights Watch, les parlementaires notent que plus de deux millions de personnes nécessitent une aide humanitaire, que 400.000 Libyens ont été déplacés de force, et que les forces militaires en présence continuent de se livrer à de multiples exactions contre les populations civiles et combattantes. 

Pays-Bas : la police adopte des aigles pour capturer les drones


La police néerlandaise aura désormais recours à des aigles si elle doit intercepter un drone survolant une zone lui étant interdite, a-t-elle indiqué lundi, devenant ainsi la première au monde à adopter cette méthode de chasse millénaire contre ces objets modernes. « C'est une solution low-tech pour un problème high-tech », a affirmé à l'Agence France-Presse Dennis Janus, un porte-parole de la police, avant une démonstration sur le terrain d'une académie de police dans le sud du pays. 
Les animaux seront appelés à la rescousse quand les drones poseront un danger pour la population, lors d'un événement particulier, comme une visite d'État, ou s'ils volent trop près d'un aéroport. La série de tests, visant à déterminer la meilleure manière d'intercepter les drones, avait débuté en 2015 et s'est avérée concluante. « Aucun des aigles n'a été blessé, mais les drones, eux, n'ont pas survécu », assure, sourire en coin, Dennis Janus, réfutant les accusations de maltraitance des animaux exprimées par certains experts en début d'année. 

D'autres pays intéressés 
« Les aigles voient les drones comme des proies et l'interceptent en vol avant d'aller se poser là où ils se sentent en sécurité, le drone toujours entre leurs serres », a-t-il ajouté. « Nous n'avons pas encore trouvé d'autre solution pour intercepter les drones, mais nous continuons à explorer d'autres possibilités plus techniques », souligne le porte-parole, évoquant notamment le « piratage » de l'appareil pour en prendre le contrôle ou des drones lançant des filets. 

Les oiseaux utilisés pour le moment proviennent d'une société spécialisée de l'ouest du pays, Guard From Above. Les forces de l'ordre ont même acheté leurs propres oiseaux, qui ont aujourd'hui 5 mois : « Nous allons entraîner une centaine de policiers et nous pourrons commencer à utiliser nos propres oiseaux dès l'été prochain. » Comme ailleurs dans le monde, l'usage des drones connaît une croissance exponentielle aux Pays-Bas. Depuis l'annonce des tests, la police néerlandaise a été en contact avec des représentants de plusieurs pays intéressés par cette solution, dont la France ou l'Allemagne.

vendredi 16 septembre 2016

Toulouse: Un groupe de réfugiés syriens immobilise un train pour monter dedans


Un train qui se dirigeait vers Marseille a fait terminus mardi soir à Toulouse-Matabiau, après qu’un groupe de réfugiés syriens en détresse a tenté d’y monter sans billets… 

Mardi soir, les passagers du train Intercités reliant Bordeaux à Marseille ont dû finir leur voyage en bus. Le train n’est pas reparti de sa halte à Toulouse-Matabiau où un groupe de réfugiés syriens a tenté d’embarquer sans titre de transport. 

Il était 19h50 quand ces 17 personnes – hommes, femmes et enfants – sont montées de force dans un wagon, bousculant au passage une contrôleuse qui tentait de les en dissuader. De source policière, un homme du groupe a été interpellé.

La situation s’est ensuite apaisée mais les réfugiés ont formellement refusé de descendre, provoquant au final, l’annulation du train. 

Pris en charge par des associations 
« Il s’agissait de personnes en grande précarité », indique la direction régionale de la SNCF qui a immédiatement enclenché des mesures d’accompagnement. 

Les réfugiés ont finalement passé la nuit dans une rame TGV vide stationnée à Matabiau où des couvertures et des plateaux-repas leur ont été distribués. Toujours selon la SNCF, le groupe de migrants a été pris en charge ce mercredi par des associations d’aide spécialisées.

Source

Faire revivre les campagnes : en Creuse comme ailleurs, c’est possible

Contrairement à une idée reçue, l’exode rural a cessé depuis les années 1970 et la population des campagnes augmente proportionnellement plus vite que celle des villes. Mais, l’idée d’un territoire refuge a laissé place à l’efflorescence de multiples initiatives, qui réinventent les formes de la vie en société.

Faux-la-Montagne (Creuse), reportage
Après quelques lacets au milieu des arbres, le panneau d’entrée de Faux-la-Montagne vous rassure : vous ne vous êtes pas trompés de route. Dès l’entrée, on passe devant une station-service, puis les maisons de pierre grise s’enfilent le long de la rue principale, où déjà plusieurs voitures sont garées. L’auberge commence à se remplir en ce milieu de journée : travailleurs forestiers ou du bâtiment viennent profiter du menu ouvrier, réputé dans les environs. Un peu plus haut, une cliente sort de la pharmacie. Juste après, deux badauds discutent devant la boulangerie-épicerie. Faux-la-Montagne, village du plateau de Millevaches, au fin fond de la Creuse, est à une heure quinze de route de la première « grande » ville, Limoges. Le territoire est classé « hyperrural » par les rapports officiels, mais est un contre-exemple de la disparition des services dans ces lieux reculés. Paradoxalement, pour la maire du village, Catherine Moulin, « être loin de tout est une chance. On a toujours su se prendre en charge, se retrousser les manches ».
JPEG - 223 ko
Catherine Moulin, la maire de Faux-la-Montagne.
Catherine Moulin est arrivée à Faux-la-Montagne au début des années 1980, avec cinq autres étudiants en sciences humaines de la région parisienne. Le collectif voulait vivre ensemble, tout en travaillant dans la « production ». Des rencontres ont fait naître l’idée de transformer le bois des abondantes forêts de sapins Douglas du plateau de Millevaches. Le projet a été reçu favorablement par le maire d’alors, François Chatoux, désormais décédé. « Il savait qu’il fallait être actif, que, sinon, tout allait disparaître, et il a eu comme politique d’accueillir tous les porteurs de projets », raconte celle qui a pris sa suite. C’est ainsi que naît la scierie Ambiance Bois, bientôt 30 ans d’existence, qui emploie aujourd’hui 25 personnes dans les environs. Pas mal, pour un village de 400 habitants.

« Ici, tout à l’air possible »

Cette première initiative a fait tache d’huile. « On a très vite pris le parti de s’investir localement », poursuit Marc Bourgeois, cofondateur de l’entreprise. Le petit groupe a accueilli de nouveaux venus, et de nouveaux projets. Une crèche, un équipement rarement présent en zone rurale, a été créée par les jeunes parents, de même que Télé Millevaches, un média associatif qui ballade sa caméra sur le plateau depuis presque 30 ans, avec l’ambition de redorer son image auprès de ses habitants. De son côté, la mairie a poursuivi sa politique d’accueil, s’est associée à six villages voisins pour créer une communauté de communes, et a mis les moyens pour racheter, au fil du temps, l’auberge, la station-service et l’épicerie, afin d’y installer de jeunes commerçants. Elle a ensuite rénové un ancien bâtiment qui est devenu une maison médicale avec deux généralistes, un kiné, un ostéopathe, etc. Il y a un an, la mairie a également passé un accord avec La Poste pour créer une agence tenue par une employée de mairie. Dans les mêmes locaux ont été regroupés une médiathèque et l’accueil touristique du camping et des gîtes communaux. Le tout est ouvert du lundi au samedi. « En un an, la fréquentation a été multipliée par trois », témoigne la responsable derrière son bureau blanc et jaune. Forcément : l’ancienne poste n’était ouverte que quelques heures par semaine…
JPEG - 118.2 ko
La Poste et bibliothèque de Faux-la-Montagne.
Attirés par cette ambiance d’entraide et par les services, les jeunes travailleurs ont continué d’affluer. La Navette est ainsi une coopérative de six rédacteurs sur l’économie sociale et solidaire, tandis que le collectif TAF (Travailler à Faux-la-Montagne) réunit des salariés en télétravail, des intermittents du spectacle, des entrepreneurs, etc. dans un espace de travail partagé (« coworking », en anglais).
Et du travail, apparemment, on n’en manque pas, à Faux. De nombreux jeunes actifs se sont installés avec une surprenante facilité. Aurélia est arrivée il y a moins d’un an : « J’ai trouvé du travail alors que je ne cherchais pas encore ! » Cette spécialiste du tourisme d’affaires développe maintenant des séjours d’écotourisme sur le plateau de Millevaches, tandis que son compagnon se reconvertit en garagiste itinérant. « Ici, tout à l’air possible », se réjouit-elle. Salariée d’Ambiance Bois, Chantal est là depuis une quinzaine d’années avec son mari et ses enfants. « Ce qui nous a attiré ici, c’est cette logique collective avec tous les réseaux d’entraide, par exemple l’organisation pour l’approvisionnement en produits locaux », raconte-t-elle. Sophie, prof vivant à Faux depuis deux ans, a longtemps cherché un tel havre de paix. « Quand j’ai dit à mes copines que j’allais m’installer en Creuse, elles m’ont dit : “Mais y’a personne !” raconte-t-elle. Pourtant, j’ai beaucoup cherché et je n’ai jamais trouvé ailleurs une qualité d’accueil et une coopération entre habitants aussi forte. » Vincent, installé depuis huit ans, a presque instantanément été embauché par le Parc naturel régional, avant de démissionner il y a un an pour devenir spécialiste du logement écolo et rural. « Je n’ai jamais été aussi actif et motivé, eu autant d’éveil culturel et artistique que depuis que je suis là ! témoigne-t-il. Des soucis, il y en a, mais ils n’entament pas les envies de dynamisme et les arrivées. La somme des compétences cumulées dans un rayon de 30 km est impressionnante. » Hélène est devenue habitante du plateau après une embauche à Télé Millevaches, il y a bientôt trois ans. « En ville, je connaissais un cercle d’une centaine de personnes. Ici, j’ai explosé les scores, je dois en être à 500 ! s’étonne-t-elle. La leçon que j’ai reçue, c’est que, s’il te manque quelque chose, tu ne t’en plains pas et tu le fais. » « Quand on arrive avec un projet, on rencontre vite des gens qui vous disent qu’il est super et qui vous filent même des coups de main », complète Marc Bourgeois.

Une trentaine d’associations pour environ 400 habitants 

Avec plus d’une trentaine d’associations pour environ 400 habitants, le village bat des records. Il y a les traditionnels association de chasse et club des aînés, bien sûr. Mais aussi des plus originales, comme l’association Cadet Roussel, qui provoque la rencontre grâce à ses soirées jeux, ou encore Faux fait son cinéma, la friperie Folies fripes ou l’association d’éducation populaire Pivoine. Le travail n’empêche donc pas l’investissement dans la vie locale, loin de là. « Par exemple, à Ambiance Bois, nous avons une organisation très souple et personnalisée du temps de travail, explique Marc Bourgeois. Presque tout le monde est à temps partiel, ou alors à 35 heures sur quatre jours. Ça laisse le temps de faire autre chose. » Là encore, la mairie met les moyens, notamment grâce à la rénovation de la salle des fêtes qui, entre le repas des anciens, le club de ping-pong et les spectacles, est « utilisée 290 jours par an », se félicite Danny, l’un des membres de l’association qui la gère. Du conte pour enfants au théâtre sur la guerre de 14, la riche programmation tente d’attirer tous les publics.
JPEG - 205.3 ko
Le siège de la société Ambiance Bois.
Résultat : l’école de la commune compte aujourd’hui une cinquantaine d’enfants pour trois classes, en plus des douze inscrits à la crèche. « D’après les chiffres du dernier recensement, nous avons gagné 57 habitants en cinq ans, c’est une augmentation de 15 % ! » se félicite la maire. Une dynamique qui s’est répandue aux alentours. Vincent vit quelques lacets plus loin, dans le village de Gentioux : « Mes deux filles y sont scolarisées, et l’Inspection académique parle de rural paradoxal pour notre école, parce qu’on va ouvrir une nouvelle classe alors que l’académie est dans une logique de fermeture. » Dans le même village, un collectif de jeunes lance un lieu, La Renouée, accueillant à la fois un magasin de producteurs locaux, un espace de travail partagé, un cabinet de naturopathie et une microbrasserie. Autres lieux au croisement de l’art, du bistrot local et de l’espace de travail : la Pommerie, toujours à Gentioux, le Magasin général de Tarnac (celui tenu par les « jeunes » de « l’affaire Tarnac »), l’Atelier, à Royère-de-Vassivière, etc. « Parfois, il y a sur le plateau tellement de propositions le même soir qu’on se fait concurrence entre villages », note Danny, de la salle des fêtes de Faux. Confortablement installé sur les canapés au soleil du bistrot, discutant autour d’un café à seulement un euro en terrasse, observant les sourires de Sophie, Aurélia ou Vincent, on se dit qu’il fait bon vivre à Faux-la-Montagne.

« Un soutien des initiatives citoyennes par les élus » 

Si ce village est un cas d’école, il n’est pas le seul à se battre contre l’abandon des espaces ruraux. Les Voivres, dans les Vosges, a réussi à passer de 200 à 350 habitants grâce à son dynamique maire, Michel Fournier ; Reporterre vous a déjà parlé du village en transition d’Ungersheim, dans le Haut-Rhin ; Éourres, dans les Hautes-Alpes, multiplie les alternatives ; Saillans, dans la Drôme, rénove la démocratie locale, etc. La première vague des néoruraux des années 1970 a créé un terreau favorable aux alternatives, qui refleurissent aujourd’hui. « Mais les initiatives qui naissent maintenant sont différentes, observe Ludovic Mamdy, directeur de l’Afip, réseau associatif de développement rural. Elles sont moins radicales dans les moyens que dans les années 1970, mais plus radicales dans le but, car elles tendent vers une véritable viabilité économique et sociale. Les gens qui créent leur activité à la campagne sont très qualifiés, organisés en réseau, avec des projets mûris. » Difficile de dire pourquoi certains villages s’en sortent, alors que d’autres restent mornes. Marc Bourgeois, d’Ambiance Bois, connaît en tout cas une partie de la recette du succès de Faux : « Ici, des choses ont pu se mettre en place parce qu’il y a toujours eu un soutien des initiatives citoyennes par les élus. »
JPEG - 200.5 ko
« À Ambiance Bois, nous avons une organisation très souple et personnalisée du temps de travail. Presque tout le monde est à temps partiel, ou alors à 35 heures sur quatre jours. Ça laisse le temps de faire autre chose. »
Contrairement aux idées reçues sur des campagnes qui se videraient et vieilliraient, elles se repeuplent. L’exode rural a cessé depuis les années 1970, l’Insee observe même que, depuis le début des années 2000, leur population croît proportionnellement plus vite que celle des villes. Qui sont ces néoruraux ? « Le maître mot, c’est la diversité, note Pierre Pistre, géographe et auteur d’une thèse sur le renouveau des campagnes françaises. Il y a des retraités, c’est une tendance ancienne. Mais il y a aussi des actifs en fin de carrière professionnelle, pas mal de gens de plus de 40 ou 50 ans. Il y a des classes moyennes et supérieures, qui vont travailler à distance ou partager leur temps entre le travail à la ville et la maison à la campagne. Les ouvriers et salariés aussi viennent, parce que c’est un moyen pour eux d’accéder à un logement meilleur marché. Et il y a beaucoup de ce que l’on pourrait appeler les migrants précaires : chômeurs et familles monoparentales. Les campagnes sont des territoires refuges pour des publics fragiles. » Dans son rapport de 2015 sur le maintien des services en milieu rural, le député socialiste du Lot Jean Launay fait les comptes : « Le phénomène néorural représente près de 2 millions d’habitants sur les vingt dernières années (Ipsos), dans les communes de moins de 2.000 habitants ; les néoruraux recherchent pour 95 % d’entre eux une meilleure qualité de vie. »

Désinvestissement des pouvoirs publics 

Autant de nouveaux venus qui ont besoin de services, alors que paradoxalement depuis le début des années 2000, le retrait de l’État s’accélère, la « crise » servant à justifier ce repli. « En 1980, il y avait 69.000 écoles, maternelles et élémentaires contre 52.600 fin 2013. Ces regroupements scolaires se sont faits au détriment des communes les plus petites et des bourgs les moins dynamiques. (…) Dans les petites villes, on peut compléter le tableau avec la disparition de plus de 900 maternités entre 1975 et aujourd’hui », indique le rapport de Jean Launay. Autre comptage, celui du syndicat Solidaires finances publiques, qui recense 459 fermetures de centres des finances publiques depuis 2009. La Poste maintient 17.000 « points de contact », mais grâce au remplacement de ses bureaux par des partenariats avec les mairies ou les commerces. Des commerces qui, d’ailleurs, disparaissent eux aussi. Ainsi, dans un sondage de l’Ifop auprès des maires ruraux, 25 % ont affirmé avoir assisté à la disparition du café de leur village.

Même à Faux, ce désinvestissement des pouvoirs publics a des conséquences concrètes. « Avant, un technicien de l’État qui connaissait toutes les voiries du secteur nous assistait. Désormais, cette mémoire est perdue. En plus, une partie des dotations est supprimée, il y a moins de moyens pour l’entretien des routes. D’ici à vingt ans, des ponts vont s’écrouler », craint la maire du village. En parallèle, les transferts d’argent de l’État aux collectivités baissent. « Cette année, on a fait le choix de continuer de verser les subventions aux associations, mais tout est contraint », regrette Catherine Moulin. « Cela fait deux ans que nos subventions baissent de 5 à 10 % », témoigne Danny pour la salle des fêtes.
« On a demandé une suspension de la baisse des dotations de l’État, on ne l’a pas obtenue, regrette Cédric Szabo, directeur de l’Association nationale des maires ruraux de France. Les communes rurales sont dépendantes de ces dotations, car elles ont moins d’habitants, donc moins de potentiel fiscal. En plus, un habitant n’a pas la même valeur dans un village ou une ville. À la campagne, il vaut 64 euros dans les calculs de l’État, alors que c’est 128 euros à la ville ! »

« Cela éloigne les décisions politiques des citoyens » 

Vides, improductifs, simples espaces de loisirs ou agricoles : voici comment les acteurs des territoires ruraux se sentent décrits par les politiques publiques. « L’idée est que la création de richesses ne peut avoir lieu qu’en ville et ruissellera ensuite vers les territoires ruraux, qui ne sont plus que des réserves naturelles pour se reposer », avance Hélène Bustos, rédactrice en chef de la revue Transrural initiatives. Le concept de « métropolisation » domine le discours politique, notamment à travers la « réforme territoriale » menée par le gouvernement. Ainsi à Faux, la petite communauté de 7 communes a dû se fondre dans une plus grande de 26 communes. « Il y a beaucoup d’élus plan-plan, on doit passer beaucoup plus de temps à défendre les subventions aux associations. Ça arrange certains d’entre eux que les écoles ferment, c’est un problème de moins à gérer ! » déplore Catherine Moulin. Et puis la plus grande ville, Aubusson, absorbe du coup beaucoup de services. Mais elle se situe à 45 minutes du village…

Autre bouleversement : les grandes régions. Le Limousin a fusionné avec l’Aquitaine et le Poitou-Charentes. « Ils vont l’appeler la Nouvelle-Aquitaine, ce qui veut bien dire que la région sera centrée sur Bordeaux. C’est quatre heures de route, ça épuise nos élus locaux, nos ressources. Ils veulent nous laisser sur le carreau ! s’inquiète Émilie Lordemus, néorurale de Faux-la-montagne très impliquée dans les politiques des campagnes. Cela éloigne les décisions politiques des citoyens. »

Des slogans tels que « Babos dehors » ou « Laissez-nous mourir en paix » 

La conséquence de cet éloignement se ressent dans les urnes. « Alors que le vote frontiste a reculé en milieu urbain (3 % de moins en moyenne dans les grandes villes), il a progressé de 5 % dans certains départements à dominante rurale », observait déjà en 2012 le magazine Transrural initiatives dans une des ses enquêtes. À Faux aussi, le vote FN augmente, et a dépassé les 18 % aux régionales de 2015. « Le contexte national a un effet, il pousse à la peur de l’autre, et va contre le vivre ensemble », estime Émilie Lordemus. « Les gens se sentent malgré tout abandonnés, beaucoup de services ont disparu en Creuse et le FN vient caresser dans le sens du poil certains ressentis », observe Catherine Moulin. L’équilibre est fragile, les clichés, jamais loin. Dans le coin, la tension a éclaté lors des dernières élections municipales. À Gentioux, une liste opposée aux « alternatifs » (mais non apparentée au FN) a gagné. Des slogans tels que « Babos dehors » ou « Laissez-nous mourir en paix » sont apparus sur les routes. Principal reproche : ces « nouveaux » venus sont donneurs de leçons, ne respectent pas le mode de vie des « anciens » habitants. Faux-la-Montagne a ressenti le besoin d’apaiser l’ambiance. Un artiste est venu faire les portraits des habitants, récolter leurs histoires, rassemblant dans une même exposition et bientôt un livre toutes les visions du village.

Autres initiatives en cours pour « prendre soin des gens et des liens entre eux », un centre social rural innovant porté par l’association Le Constance social club, appuyée par la caisse d’allocations familiales (CAF), qui mélangerait cours de tricot, bistrot, club de rire ou encore séances de coiffures originales. Ou encore, celui de l’agence d’urbanisme de Vincent, qui développe à la fois un écoquartier, où plusieurs maisons sont construites déjà et habitées, et réhabilite les maisons du centre-village pour héberger tant des retraités que des familles. Il participe aussi au lancement d’un programme d’isolation des maisons sur le territoire à partir de matériaux écolos, afin de créer une filière locale. Bref, les idées ne manquent pas. Et elles commencent même à attirer l’attention de certains citadins. Dans son numéro de l’hiver 2015, la revue Mouvements s’interroge : « Une question se présente à l’esprit des urbains que nous sommes : et si, cette fois, les outils et les idées directrices d’une transformation de la société s’inventaient hors des villes ? Et si la vitalité politique, prenant de multiples visages, se trouvait en rase campagne ? »
JPEG - 175 ko
L’écoquartier de Faux-la-Montagne
lu ici