lundi 25 juin 2018

La Guerre Asymétrique: Les Techniques de Contre Guerrilla

Orson Welles, "Le grand détournement"

Cassez les caméras


Le danger des ondes : la fuite des ions calcium


Il y a près de trente ans que les chercheurs américains Ross Adey et Carl Blackman ont mis en évidence un effet particulier de ces ondes électromagnétiques de fréquences extrêmement basses, et notamment de certaines fréquences multiples de 8 hertz : elles provoquent une fuite des ions calcium à travers les membranes des cellules vivantes. Le phénomène est également observé lorsque ces basses fréquences sont combinées avec des radiofréquences ou à des micro-ondes. Ces recherches, qui se sont poursuivies pendant près de vingt ans avant que les scientifiques soient contraints de les abandonner, ont été confirmées par une douzaine d’autres équipes. La mise en parallèle de ces résultats et des récentes découvertes en biologie cellulaire permet pourtant d’expliquer comment les ondes provoquent des maladies issues de réactions en chaîne impliquant une perturbation des transferts d’ions calcium. 

En effet, si 99% du calcium contenu dans notre corps est fixé dans les os, 1% reste libre de sortir et d’entrer dans toutes nos cellules. Les mouvements de ces ions calcium libres (calcium ionisé) interviennent dans un grand nombre de fonctions vitales, parmi lesquelles la contraction cardiaque et musculaire, la sécrétion de neurotransmetteurs (dont l’acétylcholine, impliquée dans la mémoire, la vigilance, et l’attention ; la sérotonine, impliquée dans la vasoconstriction, le péristaltisme (transit) intestinal et l’humeur ; le glutamate, excitateur du système nerveux), la sécrétion de l’insuline, le transport du cholestérol, la coagulation sanguine, la production d’hormones comme la mélatonine (impliquée dans le sommeil, l’humeur et le contrôle des niveaux circulants des hormones stéroïdiennes : œstrogènes féminins, testostérone masculine et cortisol du stress), l’érection, les mouvements des spermatozoïdes, la fécondation, la différenciation et la prolifération cellulaire, la vision, l’olfaction, et même l’expression de certains gènes suppresseurs de tumeurs. 

Un grand nombre de pathologies d’apparences diverses ont pour dénominateur commun une perturbation de la signalisation calcique, dont les différentes facettes ont fait l’objet de 35 000 études, publiées en majorité depuis le début des années 1980. Parmi les pathologies impliquant une perturbation de la signalisation calcique, on compte l’hypertension, l’exccès de cholestérol sanguin, l’arthérosclérose (dépôt de cholestérol sur les parois des vaisseaux), le diabète, les infarctus, l’ischémie (accident vasculaire), les allergies, les céphalées, la dépression, l’insomnie, la maladie d’Alzheimer, et même la cancérisation et les métastases

« Quand on touche à l’ion calcium, on touche à tout », résumait en juin 2003 le professeur Pierre Aubineau du CNRS de Bordeaux. Même René de Sèze, chargé des risques toxicologiques à l’Institut de l’environnement industriel et des risques (INERIS) et membre de tous les groupes d’expertise officielle sur les effets sanitaires de la téléphonie mobile, reconnaissait que « dans les effets observés des champs électromagnétiques, l’amplitude de l’effet sur le flux de calcium sortant de la cellule est le plus souvent de l’ordre de 20% et au maximum de 40% »

Cette fuite ininterrompue d’ions calcium causée, au niveau cellulaire, par l’exposition continue à une combinaison de fréquences porteuses (micro-ondes qui pénètrent dans l’organisme) et de nombreuses basses fréquences finit par déborder les capacités d’homéostasie cellulaire (retour au repos de la cellule) et par provoquer ou aggraver ces pathologies. Si elles ne sont pas nouvelles, c’est parce que d’autres agents actifs sur la signalisation calcique sont déjà présents, depuis longtemps, dans des produits de consommation courante : sodium (sel), glucose (sucre), caféine, éthanol (alcool), nicotine, métaux lourds comme le plomb, le mercure, le cadmium (autorisés en petites quantités dans les colorants alimentaires, par exemple), ainsi que l’électricité domestique de 60 hertz aux Etats-Unis et de 50 hertz dans le reste du monde. 

La « mixture » des fréquences générée par les appareils sans fil crée une sauce de plus en plus épicée et indigeste pour nos cellules. 

Annie Lobbé, Téléphone portable : comment se protéger

La nocivité de la télévision sur l’enfant

Le blog de la Liberté scolaire a ainsi résumé l’impressionnante liste des effets nocifs de la télévision tels que Michel Desmurget les a établis : la télévision « empêche le déploiement optimal des fonctions cérébrales », compromettant ainsi « l’ensemble du devenir intellectuel, culturel, scolaire et professionnel de l’enfant ». Elle fait apparaître des troubles du langage chez l’enfant, associés à des troubles de l’élocution, et ce, parce qu’elle limite les interactions entre personnes réelles et ne laisse plus à l’enfant le temps d’inventer des activités ludiques spontanées. Elle occasionne des retards de langage, limite l’acquisition de vocabulaire et freine l’accès à la syntaxe. Elle a un « impact négatif sur l’attention, les facultés d’apprentissage et la réussite scolaire à long terme », et augmente le risque de quitter l’école sans diplôme. En faisant mécaniquement baisser le temps consacré à la lecture, elle crée les conditions qui rendront difficile cette même lecture. 
     Quant à la fable des langues étrangères dont elle faciliterait l’apprentissage, notons : que les programmes sont rarement sous-titrés, voire jamais quand il s’agit de programmes pour enfants ; que même si c’était le cas, l’absence d’interaction ne favoriserait en rien l’apprentissage des langues. La télévision fait baisser le niveau scolaire mais également le niveau universitaire. L’étudiant soumis depuis l’enfance à une forte exposition à la télévision souffre de graves lacunes en orthographe et en conjugaison, il maîtrise mal la syntaxe, dispose d’un vocabulaire pauvre et manque en outre de logique, de capacité d’analyse et d’esprit de synthèse, handicap qui lui interdit évidemment tout accès à un savoir complexe. 
     La télévision, de plus en plus vécue comme « troisième parent cathodique », réduit « drastiquement le volume et la qualité des interactions parents-enfants », mutilant ainsi la sociabilité intrafamiliale. Elle castre l’imaginaire enfantin ; les enfants rejouent les scénarios des films et séries et n’inventent plus leurs propres jeux. Elle augmente la consommation de tabac et d’alcool et fait démarrer cette consommation plus tôt. Elle est un pousse-au-sexe pour des adolescents de plus en plus jeunes et contribue au taux élevé d’avortement chez les adolescentes. Elle constitue une véritable addiction psychologique aussi bien chez les enfants que chez les adultes, en accaparant l’attention de manière artificielle par le « changement perpétuel ». Enfin, la télévision fait augmenter l’obésité. Regarder la télévision plus de deux heures par jour multiplie le risque de surpoids d’un enfant de trois ans. Chez un adolescent, ce risque est évalué à plus de 50%... 
     L’étude de Michel Desmurget doit être prise au sérieux, surtout quand on sait que la moitié des Français ont pour réflexe d’allumer leur télévision quand ils arrivent chez eux... 

Jean-Yves Le Gallou, La tyrannie médiatique

dimanche 24 juin 2018

Des malades étrangers s'organisent pour se faire soigner gratuitement en France


INFOGRAPHIE - La ministre de la Santé a reconnu début juin que ces cas de fraudes faisaient gonfler le nombre de bénéficiaires à l'aide médicale de l'Etat, faisant exploser le budget alloué à cette prestation.

Les fraudes à l'aide médicale de l'Etat préoccupent la ministre de la Santé. Si le phénomène n'est pas nouveau, Marisol Touraine a remis le problème sur le devant de la scène en reconnaissant devant les sénateurs début juin que des filières de patients venus d'ailleurs abusaient de cette aide destinée aux ressortissants en situation irrégulière et précaire. La ministre de la Santé a même admis que ces cas de fraudes gonflaient - en partie - le nombre des bénéficiaires à cette aide, qui a progressé de 35% sur ces deux dernières années. Résultats: le budget alloué à cette prestation a explosé, s'élevant à 744 millions d'euros en 2013 au lieu des 588 prévus au budget, rappelle une enquête du Parisien ce lundi. Pour 2014, le budget de l'AME est prévu en loi de finances à 600 millions d'euros.
Difficiles à identifier, ces cas de fraudes sont très variés: site Internet chinois proposant des cartes AME payantes, médecins escrocs produisant des actes fictifs pour revendre des médicaments à l'étranger, association présentant des copies dossiers AME, sans oublier des réseaux de personnes étrangères qui fraudent pour se faire soigner dans certains hôpitaux français. C'est notamment le cas d'une filière géorgienne, détaillée par Le Parisien dans son édition de lundi.

Le cas des Géorgiens tuberculeux

Ils ont une trentaine d'années et sont hospitalisés à Paris ou dans sa proche banlieue depuis plusieurs mois. A l'origine de leur hospitalisation? Ils sont porteurs d'une forme grave et résistante aux antibiotiques (la forme XDR) de la tuberculose, qui nécessite une prise en charge spécifique (chambre spécialisée à pression négative) et un long traitement (entre 6 et 7 médicaments, pas tous commercialisés en France), écrit le quotidien.
Le problème, c'est qu'ils bénéficient de l'AME alors qu'ils ne l'ont jamais demandée et qu'ils n'y ont pas droit. «Beaucoup arrivent avec un visa de touriste, délivré par l'ambassade de France en Géorgie, et attendent le dernier jour de validité pour débarquer à l'hôpital», explique un médecin au Parisien. Une hospitalisation de dernière minute à moindre frais: quand leur visa n'est plus valide, c'est l'hôpital qui finance ces soins vitaux. Autrement dit, l'aide médicale de l'Etat (AME) prend le relais à partir du 91e jour. La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a répertorié 57 cas. Montant de la facture? Près de 13,7 millions d'euros pour l'ensemble de ces dossiers, affirme Le Parisien, qui évoque aussi le cas d'une filière tchétchène.

Pour autant, ce phénomène est loin d'être massif. Selon Médecins du monde, «seuls 9% des étrangers en situation irrégulière disposent d'une couverture maladie» et «la santé personnelle ne représente que 2,3% des raisons ayant motivé la migration». «Ces chiffres démontrent combien les discours contre les migrants qui viendraient profiter des systèmes de santé européens sont infondés», conclut l'association citée par Le Parisien.

Mieux repérer les fraudes

Pour mieux détecter ces abus, la ministre de la Santé a déclaré début juin qu'elle souhaitait poursuivre les contrôles engagés dans les différentes caisses primaires. «Nous devons évidemment (...) lutter contre les abus qui pourraient être constatés, a-t-elle déclaré. A partir de 2015, nous disposerons de statistiques permettant de comparer les taux d'acceptation ou de refus de l'aide médicale de l'Etat caisse par caisse», afin de savoir s'il existe ou non un recours excessif à ce disposif. Autre possibilité: mieux coopérer avec les pays d'origine pour que ces personnes étrangères aient un meilleur accès aux soins dans leur pays.
Pour limiter la hausse du nombre de bénéficiaires, la gouvernement Fillon avait instauré un droit de timbre fixé à 30 euros en 2011. Ce système, qui avait fait baisser de 20.000 le nombre de bénéficiaires, a été supprimé le 4 juillet 2012, juste après l'élection de François Hollande. Hausse des demandeurs, déparage des dépenses... Le député UMP de Paris, Claude Goasguen avait déjà tiré la sonnette d'alarme fjn 2013. Le rapporteur de la loi de finances 2014 pour le budget de l'aide médicale d'État (AME) avait proposé de «repenser globalement le dispositif» et de recentrer l'AME «sur les besoins urgents, à l'instar des pratiques de nos voisins européens».

Ce qu'il faut savoir sur l'AME

En vigueur depuis janvier 2000 sous le gouvernement de Lionel Jospin, l'aide médicale de l'Etat est destinée aux étrangers en situation irrégulière et précaire. Cette prestation a été crééé dans l'idée d'éviter la propagation de certaines maladies sur le territoire national. Pour en bénéficier, les demandeurs doivent résider de manière stable sur le territoire depuis plus de trois mois et avoir des revenus inférieurs à 8593 euros par an (12.890 euros pour un couple). Tout enfant mineur de parents en situation irrégulière est d'office éligible. L'AME est attribuée sans condition aux mineurs dont les parents sont en situation irrégulière même lorsque ces derniers n'en bénéficient pas encore ou dépassent le plafond de ressources, précise l'Assurance maladie sur son site Internet.
L'AME donne droit à la prise en charge à 100 % des soins médicaux et d'hospitalisation en cas de maladie ou de maternité dans la limite des tarifs de la sécurité sociale, sans avoir à avancer les frais. En revanche, les cures thermales et les actes techniques, examens, médicaments et produits nécessaires à la réalisation d'une aide médicale à la procréation ne sont pas pris en charge.

Le 24 juin 2018, c'est la Saint Jean !

Rappel important : 24 juin 1940 : la lettre d'intention pacifiste des communistes aux nazis

Jacques Duclos et Maurice Tréand adressent à Otto Abetz une lettre dans laquelle ils affirment que le PCF a été le seul à s’opposer à la guerre « à une heure où il y avait quelque danger à le faire » et demandent « que soient libérés les militants communistes emprisonnés ». A Paris, 406 communistes incarcérés à Fresnes, à la Santé et à la Roquette seront libérés par la Wehrmacht entre le 17 et le 27 juin.

Teddy Goldsmith « Le progrès en accusation »

La vache folle n’est malheureusement que la partie émergée de l’iceberg. Les gouvernements s’attachent toujours à dissimuler à leurs concitoyens les véritables catastrophes ou les dangers de la société industrielle. Regardez en France à l’époque de Tchernobyl : pour ne pas compromettre le développement de l’industrie nucléaire, on a prétendu que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière ! Et je ne parle pas des lâchers aveugles de tritium sur la population, pour en examiner les effets, ou des nombreux essais américains, dont les explosions atomiques dans les déserts du Nouveau-Mexique, qui ont contaminé des populations entières. Mêmes remarques pour les incinérateurs : les décharges publiques étant saturées, on brûle désormais la majeure partie des innombrables déchets. Ce que l’on ne sait pas, c’est que ce procédé ne fait que diffuser la pollution, sous forme de gaz et de particules invisibles, qui se dispersent dans la nature et contaminent l’ensemble de notre environnement. (...) Face à ce mépris ouvertement affiché des citoyens, on peut légitimement se défier des autorités étatiques – c’est ma fibre anarchiste qui parle ! Je crois volontiers à une « insurrection » de communautés qui, dans les années à venir, ne pourront plus supporter d’être malmenées par un système économique qui ignore les hommes et ne se préoccupe que de profits. 

Eléments n°86, octobre 1996

samedi 23 juin 2018

Petit rappel important pour les défenseurs des droits de l'homme : Les rebelles syriens décapitent un chrétien et utilisent les parties de son corps pour nourrir les chiens

Les rebelles syriens ont décapité un homme chrétien d’une trentaine d’années et ont nourri les chiens avec des parties de son corps, selon une religieuse qui affirme que l’Occident ignore les atrocités commises par des extrémistes islamiques sur la communauté Chrétienne.

Elle a dit qu’elle a retrouvé le corps décapité de l’un des siens sur le bord de la route, entouré de chiens affamés. Il venait de se marier et était sur le point d’être père. La Soeur Agnès-Miriam de la Croix, a déclaré: « Son seul crime était d’être chrétien. »

Il y a un nombre croissant d’atrocités commises par des éléments incontrôlés de l’armée syrienne libre, qui s’opposent à la dictature de Bachar al-Assad et sont reconnus par la Grande-Bretagne et l’Occident comme le parti légitime.

Sœur Agnès Miriam, la mère supérieure du couvent de Saint-Jacques, a condamné la Grande-Bretagne et l’Occident de soutenir les rebelles en dépit des preuves de plus en plus flagrantes de violations des droits de l’homme pour assassinat, enlèvement, viol et vol de plus en plus fréquent.

Photo d’un autre homme récemment décapité par un enfant en Syrie 

«Le monde libre et démocratique soutient les extrémistes », a déclaré Sœur Agnès Miriam de son sanctuaire au Liban. «Ils veulent imposer la loi islamique et créer un État islamique en Syrie selon la nonne de 60 ans,qui dit que l’Occident a fermé les yeux sur l’évidence croissante de la montée du terrorisme islamique qui forment l’Armée syrienne libre

Un fantôme photographié par des touristes dans la prison d'Alcatraz

Alcatraz vit avec ses esprits. Un couple de Britanniques a eu une drôle de surprise lors de sa visite de la prison d’Alcatraz, située sur l'île portant le même nom, juste en face de San Francisco, en avril dernier. Ils pensaient avoir photographié une cellule vide, mais il y a en fait le visage d'une femme qui apparaît sur le cliché, laissant assez d'imagination pour penser à l'apparition d'"fantôme". "Quand j’ai regardé la photo sur mon portable, j’ai vu cette figure féminine sombre. J’ai regardé par la fenêtre mais il n’y avait personne dans la salle", raconte Sheila Sillery-Walsh, au Daily Mail

Intriguée, elle a tout de suite montré la photo au personnel de l’établissement qui n’a reconnu aucun salarié du site. "Je suis curieuse de savoir qui elle pourrait être. Peut-être était-ce une femme qui visitait un prévenu et qui continue de venir ? J’aimerais savoir pourquoi elle se montre sur ma photo", poursuit la touriste britannique, persuadé qu'il s'agit d'un esprit vivant dans les lieux. Même son de cloche pour Paul Rice, son compagnon. "Les cheveux et la tenue de la femme sont d’une autre époque. On dirait qu’elle sort des années 30 ou 40. Je n’ai aucune explication logique pour expliquer la présence de cette femme sur la photo. Je suis perplexe. D’autant qu’elle regarde droit vers l’appareil photo". Une histoire étonnante qui relance une vraie question qui mérite débat : les fantômes existent-ils ? 

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Esprit rebelle


Ile de France - Jeunesse

SAIL - AWOLNATION

Rappel de 2014 : En Italie, le Dalaï Lama dénonce l'immigration excessive


Alors que la population italienne est de plus en plus exaspérée par l’arrivée massive de clandestins sur son sol, la plus haute autorité spirituelle du Tibet, en visite dans la province de Pise, a tenu des propos forts peu politiquement correct à propos de l’immigration.

« Quand les immigrés sont trop nombreux, il faut aussi avoir le courage de dire que ça suffit » a en effet déclaré en substance le Dalaï-lama.

Répondant à une question d’un journaliste sur la situation à Lampedusa, le grand défenseur de la liberté et de l’identité tibétaine a précisé :
«Nous savons bien que les immigrés fuient des situations difficiles, mais le bon cœur ne peut pas suffire à les accueillir tous et nous devons avoir le courage de dire quand ils sont trop nombreux et d’intervenir dans leur pays pour y construire une société meilleure. Une simple politique d’accueil ne pourra jamais suffire pour résoudre ce problème . Il faut entamer une réflexion à long terme pour obtenir une solution vraiment efficace » 

Commentant ces déclarations, Mario Borghezio, député européen de la Ligue du Nord, a pour sa part affirmé: « Sur la question de l’immigration, le Dalaï-lama a exprimé des idée très claires, pour être honnête, plus claires que celles du pape François qui semble sous-estimer l’impact que l’invasion des immigrés peut avoir sur les structures d’un pays comme le nôtre. »

Source

Rappel de 2015 : Les Partis politiques et la Décentralisation

Il est difficile de deviner ce que l'année nouvelle réserve d'heur ou de malheur à la cause de la décentralisation. Mais il faut être satisfait de l'année qui s'en va. Elle s'est ouverte au moment des campagnes fédéralistes de la Cocarde. Elle a pu voir, dès le printemps, la Nouvelle Revue devenir l'organe de tous les décentralisateurs de France, puis se fonder la Ligue nationale de décentralisation. Les éloquents discours de M. de Marcère à Nancy, de M. Maurice Barrès à Bordeaux et à Marseille, les protestations de plusieurs conseils généraux contre l'Exposition de 1900 1, la Conférence des publicistes fédéralistes n'ont pas laissé l'opinion indifférente pendant les mois d'été et d'automne. Enfin, voici qu'à l'entrée de l'hiver (pendant que le ministre de l'instruction publique déposait un important projet de loi sur les Universités régionales et que la Chambre nommait une commission favorable à ce projet) la Ligue de décentralisation se reconstituait sur un plan plus vaste et plus net. 

On a lu ici même, le 15 décembre dernier, quel programme nouveau le comité songeait à soumettre à l'assemblée générale de la Ligue. Cette assemblée a eu lieu, et les nouveautés proposées ont été adoptées sans discussion. Point de changement essentiel, mais seulement quelques modifications de détail, qui, sans mettre en péril aucun des résultats acquis, ont permis d'étendre le cercle de l'influence de la Ligue. Les adhésions (dont quelques-unes fort précieuses) ne cessent d'affluer, depuis que, renonçant à toute espèce de particularisme politique, on a admis les Français de toute opinion à ce commun effort de défense et de réorganisation nationales. 

Rien, d'ailleurs, n'était plus désirable à tous les égards. La Nouvelle Revue n'a cessé de redire que la décentralisation constituait une question économique ou une question nationale, et nullement une question « politique » au sens étroit du mot. L'on peut concevoir un régime individualiste et un régime collectiviste qui soient également décentralisés l'un et l'autre et au même degré. L'on peut imaginer, et l'on peut même voir, la décentralisation également pratiquée dans des monarchies et dans des républiques. La Suisse, la Prusse, la Belgique, les empires d'Allemagne et d'Autriche, les États-Unis d'Amérique sont des pays décentralisés ; inégalement, je le veux mais le plus ou moins de décentralisation n'est, en aucune sorte, lié à l'essence du régime politique adopté en ces divers pays. Toutes les libertés politiques sont, du reste, inscrites dans la constitution actuelle de la France ; l'on y trouve fort peu de libertés locales. 

Et nous voyons aussi, en France, que chacun de nos grands partis compte dans ses rangs des centralisateurs et des décentralisateurs également acharnés. Il y a des uns et des autres chez les socialistes et les légitimistes, chez les bonapartistes et les républicains modérés, chez les radicaux et les opportunistes. La plupart de nos grands journaux politiques du Temps à la Justice, de la Gazette de France au Journal des débats, de la Libre Parole à l'Intransigeant, sont semblablement divisés. Il faut donc bien que, sur ce point, les partis en présence se dédoublent et se déclassent, absolument comme s'il s'agissait du problème viticole ou séricicole, de la réduction des frais de justice ou du libre-échangisme. M. de Cassagnac et M. Vigné d'Octon peuvent parfaitement s'entendre sur les remèdes à trouver aux fléaux de la vigne dans le Gers et l'Hérault on ne voit pas pourquoi ces messieurs et leurs collègues des autres départements ne pourraient pas semblablement s'entendre, s'associer, se liguer dans cette pensée définie de combattre un fléau qui sévit sur toute l'étendue du territoire. 

Un peu de clairvoyance, uni à quelque bonne volonté, suffira à réaliser cette alliance pour la décentralisation. On mettra la politique à la porte. Ce sera peut-être un moyen de faire de la bonne et efficace politique. Ainsi, disait Pascal, la vraie philosophie se moque de philosopher. Supposez, en effet, que, sur la fin de notre XIXe siècle, ce dédain de la politique pure nous vaille une solide organisation régionale et municipale : tout le reste de l'édifice national s'en trouverait singulièrement consolidé. Contre les révolutions aussi bien que contre les guerres, le Français moderne aurait trouvé enfin un abri durable et résistant. Il se soucierait moins, dès lors, de renverser les bons régimes. Et il supporterait plus facilement les mauvais, puisqu'il n'en souffrirait presque plus et que l'action du pouvoir central se serait éloignée de lui. 

Voilà un résultat désirable. La Ligue nationale y concourra certainement. Je voudrais que ce fût un concours tout à fait réel. En aucun cas, il ne faut se payer de mots. À Paris, dans cette grande salle de la Bourse de commerce où se retrouvait, l'autre soir, l'élite des décentralisateurs de tous les partis, monarchistes et républicains, conservateurs et radicaux ont généreusement suspendu leurs divisions et juré de maintenir l'union décentralisatrice : un écrivain enthousiaste a comparé la scène au spectacle que donna l'Assemblée nationale dans la nuit du 4 août. Ces mouvements sont honorables. Ne seront-ils pas vains ? Je crains un peu qu'ils ne le soient si la Ligue demande à tous ses adhérents la même somme d'abnégation politique qu'aux membres de son comité de direction... Elle aura beau vouloir écarter toute politique, la politique n'en sera pas moins présente. Et l'on invoquera toujours la politique, ne fût-ce que pour déguiser quelques querelles de personnes. Je sais telle sous-préfecture ou même telle grande ville (et, toutefois, l'esprit de clocher, le sentiment de l'autonomie, le désir de la décentralisation y sont très forts), dans lesquelles les « réactionnaires » et les « oppor­tunistes », ou les « oppor­tunistes » et les « socialistes » ne pourront jamais consentir à délibérer de concert, même sur la décentralisation. Puisque tout l'effort de la Ligue doit tendre à former des comités et des sous-comités jusque dans les moindres villages, il faut bien tenir compte de pareils sentiments il faut chercher à réunir, sans les brusquer, et à concilier, sans les effaroucher, tous ces irréconciliables. 

Et cela n'est pas impossible. Il suffirait d'admettre, dans les bureaux de la Ligue nationale de décentralisation, des adhésions de deux espèces : les unes individuelles, les autres collectives. Des sociétés républicaines de toutes nuances, monarchistes de toutes couleurs, religieuses ou irréligieuses de tout rite et de toute confession, des conférences de Saint-Vincent-de-Paul et des loges maçonniques, des syndicats d'ouvriers et des syndicats de patrons, devraient pouvoir figurer comme des personnes morales, au même titre que vous et moi, sur les registres de la Ligue nationale : à plus forte raison se pourrait-il former tout exprès, dans les mêmes villes, plusieurs groupes indépendants et autonomes, également voués aux propagandes de la Ligue, mais différant les uns des autres par leur étiquette politique ou philosophique et chacun opérant dans son milieu distinct. 

Ce serait le système de la fédération, dont le parti socialiste ne s'est point mal trouvé. Il a ici un grand mérite : c'est à peu près le seul qui puisse être mis en usage. 

Charles Maurras

« Droit au cœur », Madame !

Je verrai toujours Gabin hurler à la face de Suzanne Flon la célèbre sentence du Maréchal Ney, tandis qu’il se saoule depuis sa cave tremblant sous les bombardements allemands, dans Un singe en hiver adapté par Verneuil en 62... le personnage d’Albert, un mélange d’aristocrate de la cuite et de vertu militaire. Un condensé parfaitement unique de grandeur et de sensibilité. Le cœur du « hussardisme » si je puis dire. Parce que la philosophie – la morale plus précisément – des « Hussards », ne se résume pas au principe anarcho-droitiste du « moi au-dessus de tout ». Il ne s’agit pas non plus de se livrer à un « culte du moi » barrésien, ni d’exalter l’usage sans retenue d’une liberté sans conséquence. Il s’agit au contraire pour eux de défendre une morale du moi exigeante, fondée sur la générosité, la grandeur et l’honneur de l’individu. L’admiration des « Hussards » pour les grands corps d’armée, la chevalerie, les romans d’aventure (le D’Artagnan amoureux de Nimier), les « morales du grand siècle » (Louis XIV par lui-même de Michel Déon), le culte du héros artificiel (le héros du Canard sauvage de Laurent), l’idée que l’homme ne devient homme que s’il prend une dimension morale en dépassant sa nature dans un acte sublime... tout cela s’inscrit pleinement dans un ordre de valeurs héritées de l’aristocratisme. Les « Hussards » sont des aristos, oui. A La Table Ronde, on avoue son admiration pour les 17ème et 18ème siècles où « l’homme de cour, le gentilhomme et sa parfaite armée, constituait un idéal reconnu pour tous les esprits du temps, de Maurice Sève à La Rochefoucauld, en passant par Gracian » ; on y cherche dans les siècles passés une « pureté de la langue » qui puisse renouer avec le « génie » de « l’esprit français ». 

C’est dans cette posture qu’on peut voir les affinités entre l’esprit « Hussard » et une culture « de droite », disons aristocratique. Leur ethos et leurs « postures » renvoient à une sorte de contre-culture de la distinction. La subversion des codes moraux, sociaux et langagiers (l’ironie ou le dandysme – ce « goût aristocratique de déplaire » cher à Baudelaire – de Nimier, les jeux de mots chez Blondin), ne sont pas seulement des moyens de poser une identité d’original, de décalé ou d’anticonformiste. Ce sont aussi des instruments visant à promouvoir la grandeur d’un individu qui ne se reconnaît pas dans les conventions ou les normes communes. Car les « Hussards » se situent au-delà. Ou en-deçà. Ou en tout cas avant. S’ils manifestent un vif intérêt pour l’épisode monarchique français des 12-13èmes siècles et pour l’âge classique, c’est qu’ils y voient l’expérience d’une harmonie initiale, le témoignage d’un ordre éternel à rebours de la grande dissolution moderne. « Nous sommes au milieu du siècle, et nous trouvons qu’il a mis trop longtemps à découvrir que l’ordre, cette chose difficile et calomniée, était beau et que le goût de la vérité était inavouable ». « Il me restait donc un avenir. D’un cœur impatient, je venais à l’offrir à tout ce qui dure, à tout ce que j’exige, à tout ce qui ordonne l’existence » conclut Sanders dans Le Hussard bleu en des propos qui font écho à ceux de l’auteur. Une sorte de mystique de l’ordre, derrière la figure, hautaine et provocatrice, de l’aristo

Pierre Poucet, Les Hussards, cavaliers des Arts et Lettres

vendredi 22 juin 2018

Vae Victis - Feux de la Saint Jean

Déliquescence


Sauvez un arbre, une abeille, un oiseau : mangez un sénateur !


Le tabou fondateur de toute pensée de gauche est donc bien cette interdiction religieuse de regarder en arrière ou, a fortiori, d’accorder le moindre intérêt à la recherche du temps perdu et à l’expérience historique des civilisations antérieures


Si « être de gauche » signifie avant tout savoir « vivre avec son temps » (et même, dans l’idéal, être en avance sur lui – à la manière de l’artiste d’avant-garde ou du créateur de mode), les figures du mal et de la déraison se dégagent, en effet, d’elles-mêmes. Tous ceux – ontologiquement incapables d’admettre que les temps changent – qui manifesteront, dans quelque domaine que ce soit, un quelconque attachement (ou une quelconque nostalgie) pour ce qui existait encore hier trahiront ainsi un inquiétant « conservatisme » ou même, pour les plus impies d’entre eux, une nature irrémédiablement « réactionnaire ». Deux péchés capitaux que l’on peut d’ailleurs réunir – si le besoin électoral s’en fait sentir – sous le concept, plus noir encore, de « fascisme » et qui suffisent à définir entièrement la démonologie spécifique – ou le Malleus Maleficarum – de l’homme de gauche. Car s’il est une seule mauvaise pensée que ce dernier doit s’interdire inconditionnellement de former – le salut de son âme progressiste et libérale en dépend – c’est bien celle qui voudrait que sur tel ou tel aspect de l’existence collective (qu’il s’agisse par exemple, de la sécurité d’un quartier ou du niveau des élèves, de la qualité de l’alimentation ou des conditions de travail, de l’évolution du divertissement télévisé ou du respect des règles de civilité) les choses aient pu aller mieux avant. 

C’est là le point central. Il se pourrait, après tout, que l’avenir radieux s’avère finalement plus sombre que prévu et qu’il faille – devant la leçon impitoyable des faits – en rabattre sur les rêves millénaristes d’un monde futur où il n’y aurait « plus rien de semblable à la vieille histoire ». Mais, même dans ce cas, l’essence de la religion du progrès n’en serait pas fondamentalement affectée, comme le prouve d’ailleurs l’existence – à première vue contradictoire – d’écologistes de gauche (autrement dit, « d’écologistes » pour lesquels, à l’instar de George Bush, la croissance reste « la solution et non le problème »). […] En réalité, le premier moteur psycho-idéologique de cette conviction religieuse a toujours été le rejet et la haine du passé (qu’il s’agisse du passé collectif ou de son propre passé individuel et familial) et la conviction que ce dernier, avec son cortège de coutumes absurdes, de préjugés ridicules et de superstitions meurtrières, représentait tout ce à quoi les individus devaient s’arracher s’ils voulaient enfin connaître la paix (civile ou intérieure), la liberté (politique ou personnelle) et – pour les plus exigeants – le règne triomphal de la Raison. C’est pourquoi le développement, à partir du XVIIIe siècle, d’une croyance consolatrice en un « sens de l’histoire » ne serait guère compréhensible sans le traumatisme originel des guerres civiles de religion des XVIe et XVIIe siècles- traumatisme dont la traduction première avait été (pour reprendre une formule rhétorique que la gauche nous a rendue familière) une philosophie du plus jamais ça. Seule cette terrible expérience permet effectivement de comprendre pour quelles raisons l’esprit progressiste repose beaucoup moins, en définitive, sur un intérêt réel pour le monde à venir (ou pour les générations futures) que sur le désir préalable d’échapper à tout prix à un passé psychologiquement insupportable et sur la certitude obsessionnelle qu’aujourd’hui tout va forcément mieux qu’hier. Certitude si profondément enracinée dans l’inconscient de l’homme de gauche qu’elle en est venue à constituer une véritable forme a priori de son entendement à laquelle il ne pourrait renoncer à lui-même, c’est-à-dire (pour utiliser ses propres distinctions conceptuelles) sans être confronté au sentiment dévastateur et terrifiant qu’il est en train de devenir un peu réac sur les bords, voire limite facho

En ce sens, le tabou fondateur de toute pensée de gauche (très différente, encore une fois, de celle de l’ancien socialisme ouvrier et populaire, dont les rapports au monde précapitaliste – ou même à l’univers familial – étaient autrement plus dialectiques) est donc bien cette interdiction religieuse de regarder en arrière ou, a fortiori, d’accorder le moindre intérêt à la recherche du temps perdu et à l’expérience historique des civilisations antérieures. Interdiction qui suffit amplement à expliquer, au passage, que la pente idéologique naturelle des mouvements de gauche et d’extrême gauche – une fois rompus les derniers liens qui les unissaient encore aux classes populaires et à leur « conservatisme tempéramental » (Orwell) – ne puisse être, partout et toujours, que la surenchère mimétique et la fuite en avant

Jean-Claude Michéa, Le complexe d’Orphée

Les petits monstres

« Tu n’envisages tout de même pas de sortir avec nous habillé comme cela ? ». Noémie avait frémi de surprise et de colère en voyant apparaître Etham, son fils de 7 ans, qu’elle venait d’appeler pour la promenade familiale dominicale. Elle n’en croyait pas ses yeux et agitait la tête de gauche à droite dans une expression d’incompréhension et d’accablement mêlés. Pour un peu elle en aurait fait tomber son Télérama sur la moquette à boucles épaisses couleur « ventre de taupe » du salon. Dans l’encablure de la porte, stoppé net dans l’élan qui le conduisait aux bras de sa mère, le gamin était déjà aux bords des larmes. Vêtu d’une salopette, d’une chemise bleue à carreaux et d’une paire de baskets à scratch, Etham hésitait entre fureur et sanglots, tremblotant de tout son petit être frustré de l’affection attendue. 
     « Ha, ne commence pas à pleurer, je t’ai dit cent fois de ne pas prendre les affaires de ta sœur ! Remonte vite et va mettre la robe que Mum t’a préparée ! » 
     « Mum », c’était quand même moins plouc que « maman ». Bien sûr, cela restait encore assez largement hétéro-normé, encore confiné dans le dualisme périmé du père/mère, mais elle n’était toutefois pas mécontente d’avoir réussi à imposer ces anglicismes « Mum » et « Dad » qui lui semblaient moins agressivement archaïques. 
     « Dad », d’ailleurs, entra à son tour dans la pièce et interrogea du regard Noémie sur la raison de son courroux. 
     « Je te jure, ce projet parental finira par me rendre folle ! », s’exclama-t-elle pour toute réponse. André insista donc : 
     « Qu’est-ce qu’il a encore fait ? » 
     « Il voulait sortir avec une salopette de sa sœur ! Tu imagines ce qu’auraient dit les voisins s’ils avaient ça ? », hurla presque Noémie, comme terrorisée par la perspective. 
     Soucieux d’apaiser le trouble de sa compagne-partenaire, André engagea alors une stratégie de détournement en déclarant : 
     « Oh, eux, ils n’ont pas grand-chose à dire, hier encore j’ai surpris leur petite dernière en train de jouer avec un poupon dans le jardin. Elle s’amusait à le changer, tu imagines ! Dans le genre formatage domestico-sexué, on peut difficilement faire pire ! » 
     Mais l’argument ne porta qu’à moitié car l’aîné des voisins, lui, avait fait son coming out il y a un peu plus d’un an et vivait depuis lors avec un immigré clandestin gabonais en attente d’une opération de changement de sexe, ce qui conférait à l’ensemble de la famille une inattaquable respectabilité et même une sorte d’autorité morale sur tout le quartier

Les fesses douloureuses 
Noémie souffrait, sans vouloir jamais le formuler, de ne pas se sentir totalement au niveau de cette rude concurrence. Elle sentait bien, malgré ses efforts incessants, toutes les scléroses, les vétustés et les anachronismes qui encombraient encore son organisation familiale : Etham qui avait abandonné la gymnastique rythmique pour le football (« Dad » ayant cédé après des nuits entières de larmes et une dramaturgie digne d’une sorte de Billy Elliott inversé...), les grands-parents qui s’acharnaient à offrir des opuscules fascistes à leurs petits-enfants (Cendrillon, La belle au bois dormant, Le Prince Eric... toutes les saloperies occidentalo-machistes y passaient) et elle-même qui, encore entravée par des vestiges de son éducation étriquée et obscurantiste, n’avait pas pu retenir un léger haut-le-cœur en assistant à la séance obligatoire de projection de La vie d’Adèle, organisée par l’école primaire de son fils. Le broutage de minou en gros plan au Ce2, à sa grande honte, elle avait encore quelques difficultés à intégrer toute la portée pédagogico-citoyenne de la chose... 
     Pourtant, elle avait fait de considérables progrès, grâce notamment à ses abonnements à Technikart et Libé, et sentait bien que, sans être arrivée à la totale plénitude de la libération de la libération de tous les carcans hérités, elle s’était largement avancée sur la voie de l’interchangeable et de l’indéfini, vers le monde merveilleux où chacun n’est déterminé que par ses désirs de l’instant. 
     Le plus dur finalement avait été de faire accepter par André le fait de se laisser sodomiser en levrette, avec l’aide d’un godemichet-ceinture, afin de rompre définitivement avec l’oppression machiste de la pénétration hétérosexuelle unilatérale qui imprégnait leurs relations intimes depuis trop d’années. Dorénavant, il avait régulièrement les fesses douloureuses, mais pouvait au moins regarder, les voisins dans les yeux

Xavier Eman pour Eléments n°151

jeudi 21 juin 2018

21 juin 1464 : Inauguration en France d’un premier dispositif de « poste aux lettres

Inauguration en France d’un premier dispositif de « poste aux lettres ». Mis au point sur l’ordre de Louis XI, il comprend des relais situés dans toutes les localités d’une certaine importance. Il est à l’origine du système postal français.

Antoine Blondin par Michel Déon



« Dans le concert qui salue ces temps derniers la nouvelle édition par La Table Ronde de deux des plus beaux romans d’Antoine Blondin, je vois s’estomper les anecdotes qui ont trop fait une facile légende de sa vie de bohême. Dieu merci, il n’était pas que ce semi-clochard de Saint-Germain-des-Prés, des bistrots de la rue du Bac, il était, pour l’au-delà des hasards désolants de la vie, le délectable auteur d’une œuvre singulière, même si singulière qu’on n’a pas toujours perçu sa hauteur dramatique. Le temps est arrivé de la voir pour tout ce qu’elle apportait de rare à une époque où le roman s’enlisait dans les diktats d’école à école et même d’université à université. On imagine mal, aujourd’hui, ce que les écrits de Blondin – et en particulier L’Humeur vagabonde et Un singe en hiver – avaient d’unique à leur parution et ce que leur reparution signifie dans l’actuel chaos du roman français. Je dirais que Blondin écrivait innocemment pour lui-même et pour ses amis qui l’entendaient et l’aimaient. Si sa propre vie est un drame, il a su la raconter sous le masque de la fiction avec une apparence de légèreté admirablement trompeuse. Le héros de ses romans, c’est lui avec sa génération suicidaire, se pardonnant mal les dons accordés par les fées à sa naissance et offrant de les partager avec son proche entourage comme avec ses lecteurs. Grâce à lui, aux instants difficiles de l’après-guerre, nous avons eu moins froid, nous avons ri au lieu de fondre en larmes, nous avons pleuré de rire. Le calembour dont il était l’irrésistible maître est encore une façon de tordre le cou à toute velléité de paraître sentencieux ».
Michel Déon, de l’Académie française

Visages de la pauvreté rurale : « Ils essaient de survivre par leurs propres moyens »

A Maupas et à Vic-Fezensac, les bénévoles de la Croix-Rouge sillonnent la campagne du Gers à bord d’un bus pour ceux qui n’ont rien et demandent peu. Ils croisent les visages de la pauvreté rurale, accompagnés de handicaps, de tutelles, ou de maladies mal soignées.

« Ils ne se rendent pas compte… Je ne suis pas raciste, mais faut qu’ils nous aident plus, les Français… » 

Les fenêtres, le pull et la dentition de Paul Dupouy laissent passer les courants d’air. L’aide-ménagère qu’entendait envoyer la mairie de Maupas (Gers), elle, n’a jamais passé son seuil. Ce n’est pas à 93 ans qu’il laissera quiconque mettre le nez dans ses affaires !

Il faut dire qu’il y en a, des petites bricoles récupérées, recyclées, empoussiérées, dans la salle à manger de son ancienne ferme au confort moderne années 1950. L’intérieur de la cheminée fait office de sèche-linge. Un transat de jardin sert de canapé, et la table plastifiée de rouge, de réfrigérateur à l’air libre où les fourmis se ravitaillent en file indienne.

« Un moment que je vous ai pas vu… Ça va ? » Annie Dupeyron, une « jeunesse » de 75 ans, bénévole à la Croix-Rouge, est venue jusque chez l’ancien viticulteur, lui apportant un colis alimentaire et sa présence, en ce matin de la fin mai. Depuis trois mois, un camion de l’association sillonne la campagne du Gers à la rencontre de ceux qui n’ont rien et demandent peu. Il ne s’agirait pas que cela se sache…

Paul Dupouy se contente de 700 euros de retraite agricole, ce qui a transformé en casse-tête le remplacement récent de sa guimbarde hors d’âge. « La farine… Je m’en sers pas, gardez, vous la donnerez à d’autres. Le chocolat en poudre, oui, ça, ça plaît aux petits du coin. » 

L’inventaire des provisions ne le passionne pas. Plutôt que des spaghettis, Paul Dupouy, habitué aux haricots verts du jardin, attend une oreille bienveillante.

Plus un seul voisin avec qui commenter le rugby 
Pour raconter qu’il n’entend plus son téléphone. M. Dupouy n’est pas sourd. C’est la sonnerie, un petit gazouillis, comment voulez-vous ? Ces gars du foot, qui s’effondrent, maintenant, dès qu’on les frôle. Il les mime, les bras en croix. « Nous, on recevait un coup de pied, on essayait de le rendre. » Plus un seul voisin avec lequel commenter les résultats du rugby dans Sud-Ouest. « Les copains de l’école, ils sont morts jeunes, dans les 80 ans. » 

Les nouveaux arrivants sont loin. Et pas comme ceux d’avant. Ils ne le demandent pas, mais M. Dupouy leur arrose tout de même les pots de fleurs quand ils partent à la mer. Une heure a passé, Annie Dupeyron file. Paul la salue devant l’indescriptible fouillis de sa grange. « Comme ça, au moins, j’aurai vu du monde ce matin. »

A Maupas (200 habitants), trois personnes, toutes au moins octogénaires, bénéficient de la tournée « Croix-Rouge sur roues », cofinancée par la Fondation PSA et les collectivités locales. Le gros camion blanc se gare devant la mairie, puis une petite voiture dessert les maisons. Plus pratique dans les chemins creux. Plus discret, surtout.

« Ils essaient de survivre par leurs propres moyens » 
Des personnes âgées, ou des mères seules, de plus en plus: cela interpelle les bénévoles, qui décrivent les frigos vides, le liquide vaisselle qu’il faut économiser, les rares heures d’intérim, les nombreuses heures de « tondeuse » ou de ménage « au black », si les voisines veulent bien garder le petit.

« Si on ne va pas les voir, ils ne feront pas le pas. C’est une éducation, pas plus mauvaise que celle d’aujourd’hui, ils essaient de survivre par leurs propres moyens », dit le maire de Maupas, Michel Dayman. En tenue de chasse, devant de vieilles portes reconverties en panneaux électoraux, l’élu évoque des administrés toujours plus âgés, aux retraites indigentes (« Surtout les pensions de réversion »), leur isolement, l’absence de transports en commun.

Il y avait bien le car, à une époque, pour le marché d’Eauze. Mais c’est si vieux qu’il ne sait plus trop à quand cela remonte. Le bourg le plus proche est à 10 kilomètres, la ville à 40.

« Les roues », comme on les appelle, coûtent moins cher à la Croix-Rouge et dévorent moins de bénévoles, surtout, qu’une antenne associative. Elles permettent de mailler ce département étendu. L’ouest surtout, où la rareté de l’activité engendre une forte précarité, et la déficience des transports un grand isolement, dès lors que la voiture devient une charge financière insupportable.

« On est appelés de partout », s’inquiète Marie-José Lier, responsable départementale de la Croix-Rouge, qui fête ces jours-ci ses 150 ans. La demande d’aide s’accélère depuis trois ou quatre ans, et plus encore ces derniers mois. Il faudrait un deuxième camion, d’autres mains… 

Une fois par semaine, la Croix-Rouge vient àˆ la rencontre de Paul Dupouy pour rompre l’isolement et lui amener un colis alimentaire. Une fois par semaine, la Croix-Rouge vient àˆ la rencontre de Paul Dupouy pour rompre l’isolement et lui amener un colis alimentaire.

Dix tournées ont été dessinées après un patient repérage auprès des assistantes sociales, médecins, infirmières et autres associations. Les maires, eux, « ne sont pas toujours pressés de reconnaître qu’il y a de la précarité dans leur commune », glisse Mme Lier. Question d’image. Si « le colis fait venir », c’est finalement l’écoute qui est la plus appréciée.

Les trois bénévoles du camion y sont formés : « Ce n’est vraiment pas un bibliobus ! Les gens qui ont peu l’occasion de parler lâchent tout devant nous, comme chez le psy. Les assistantes sociales, elles sont submergées, elles n’ont plus ce temps-là. Et puis, elles provoquent parfois un mouvement de recul. Avec nous, le rapport est différent. » 

Avant la distribution des colis, il y a toujours un petit café-gâteaux secs. Le camion s’est garé, derrière la mairie, loin des regards, à Vic-Fezensac, bourgade gasconne à une trentaine de kilomètres d’Auch. Les bancs en bois du hall de la mairie accueillent les premières confidences des visiteurs, boisson chaude en main, avant même qu’ils ne pénètrent dans une salle qu’aucun panonceau ne distingue.

Un deuxième bénévole y poursuit le dialogue. Quelle est leur situation administrative ? Médicale ? Ont-ils fait valoir leurs droits ? Savent-ils où trouver gratuitement des vêtements pour les enfants ? Défilent les sigles, RSA, CMU, AAH, CDD… Les humiliations, les découragements, les angoisses. Les colères, aussi.

« C’est pas des mains de feignant » 
« Monsieur est parti, il m’a laissée avec les deux enfants de 3 ans et 19 mois ! », jette Laetitia, 30 ans, à peine assise. Elle semble toute maigre dans un gros sweat turquoise. Comme les autres bénéficiaires, elle témoigne anonymement. « Comme il a l’AAH [Allocation adulte handicapé], on m’avait fait sauter mon RSA. Maintenant, j’ai plus rien. Ici, y a pas de travail, pas d’intérim. Rien. » 

Et puis, confie-t-elle plus tard, l’assistante sociale appelle bien souvent pour demander comment elle s’en sort. « Est-ce qu’ils vont pas me ramasser les petits ? » Elle est venue avec son voisin, Stéphane, bientôt 50 ans, un costaud en blouson Harley Davidson qui jauge les provisions offertes. « Ils ne se rendent pas compte… Je ne suis pas raciste, mais faut qu’ils nous aident plus, les Français… »

Trois CAP, un boulot à 2.000 euros dans la pose de caméras vidéo, quatre enfants, tout roulait jusqu’à un grave accident de moto, suivi d’un cancer et d’une pension handicapé de 771 euros. Sa femme est partie avec « un qu’a des sous ». « Au 20 du mois, il n’y a plus rien. Je me bats pour manger. Un truc de fou ! Ici, je suis regardé comme un feignant alors que j’ai toujours bossé ! »

Il tend ses mains. « C’est pas des mains de feignant ! » Quatre ans qu’il « descend », dit-il. « Une fois, j’ai mendié mon essence dans une station-service d’Auch. Oh, putain, la honte, j’étais tout rouge. J’ai eu plus, j’ai été remplir un Caddie à Aldi et acheter des McDo pour les enfants de Laetitia. »

« C’est la spirale du chômage et de l’isolement » 
Et tous ces couples qui ont fui la ville, ses loyers exorbitants, parce qu’ils ne s’en sortaient pas, dans l’espoir, le fantasme, d’une vie de peu à la campagne. « Ils se retrouvent dans des logements inadaptés, à se ruiner en chauffage dans des maisons pleines de courants d’air, déplore la Croix-Rouge. Les frais d’essence triplent, ils ne trouvent pas de travail, doivent vendre la voiture, c’est la spirale du chômage et de l’isolement. Certains doivent nous demander d’amener leurs enfants à l’école… »

Arrivent Lucile et Cyril, la timidité de leurs 20 ans, un bébé qui gigote dans la poussette. Lui « fait » un smic à la déchetterie. Mais il faut rembourser la voiture, et le reste. « On s’est plantés dans le mur. On était partis vivre à la campagne. Le déménagement, déjà, c’est la claque. Et puis la maison s’est effondrée. » Les voilà chez un oncle. Lucile sourit. « Je sais que mon fils va pouvoir manger, même si on n’a pas de sous. Franchement, je vous remercie. » Cyril, lui, a rechigné à s’extraire de la voiture. Mais il quitte la salle requinqué. « On va s’en sortir ! »

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