samedi 27 mai 2017

Un Singe En Hiver - Arrière les esquimaux !!

En Belgique, un bébé meurt après avoir été nourri uniquement au lait végétal


Les parents d'un bébé mort à l'âge de 7 mois de malnutrition, après avoir été nourri avec du lait végétal uniquement, risquent de la prison ferme. 

Le couple risque jusqu'à dix-huit mois de prison. Leur bébé, qui ne pesait que 4,3 kilos à l'âge de 7 mois, est mort de déshydratation et de malnutrition, selon le quotidien flamand «Het Laatste Niews». Après l'avoir nourri au sein pendant trois mois, les parents qui tiennent un magasin bio à Beveren, près d'Anvers (Belgique), les parents ont jugé que leur enfant supportait mal le lactose. 

Sans consulter de pédiatre, ils ont alterné pendant quatre mois différents laits végétaux : du lait d'avoine, de sarrasin, de quinoa, de riz... Or ces boissons peuvent être des alternatives au lait de vache mais pas au lait infantile. 

Finalement, la nuit du 6 juin 2014, alors que le petit ne cesse de vomir, les parents finissent par consulter un homéopathe qui leur avait été recommandé, à une heure de chez eux. Le praticien leur dit de se rendre immédiatement à l'hôpital. Hélas, c'est trop tard. 

Une inquiétude trop tardive 
Le procureur leur a reproché de ne pas s'être inquiétés de l'amaigrissement du bébé, qui avait pesé jusqu'à 6 kilos. Selon lui, le couple doit être poursuivi en justice. «Nous pensons que nous avons fait rien de mal et nous avons essayé autant que possible de prendre soin de notre bébé», a argumenté le père. Le jugement des parents est prévu pour le 14 juin. La défense demande l'acquittement. 

Selon l’Agence nationale (française) de sécurité sanitaire de l’alimentation, les laits végétaux ainsi que les laits d'origine non bovine (chèvre, brebis, etc.) n'ont pas été conçus pour couvrir intégralement les besoins nutritionnels spécifiques de l'enfant de moins d'un an. 

Ground Control: pour la SNCF, la nouvelle vie du rail passe par les hipsters




Les occupations éphémères artistiques et festives de friches ferroviaires, comme celle qui s'est ouvert le 18 mai près de la Gare de Lyon à Paris, rencontrent un grand succès. À la manœuvre, la filiale immobilier de la SNCF s’est bâtie une crédibilité surprenante dans le domaine de la fête… mais surtout du renouvellement urbain, son nouveau métier. 

Par la magie des cycles de la mode, les Parisiens rejouent la même scène estivale chaque été. Telle une seule paire de Stan Smith surmontée d’un tote-bag, ils convergent en un lieu unique désigné à l’unanimité de la presse et des influenceurs culturels comme spot de l’été. Or, depuis deux ans, la star des étés parisiens et l’objet de convoitise de tous les comptes Instagram est un site en friche de la SNCF situé à proximité de la gare du Nord dans le XVIIIe arrondissement, le dépôt Chapelle, dont il servait de base arrière de maintenance. Mais ses visiteurs estivaux de l'année passée le connaissent surtout sous les noms de scène qu’il a pris successivement aux été 2015 et 2016, «Ground Control» puis «Grand Train». Lancée le week-end du 18 mai, une nouvelle «occupation éphémère» de ce type devrait susciter l'engouement –sinon l'hystérie– des foules festives et créatives urbaines, sauf que pour cette nouvelle déclinaison, le concept est délocalisé près de la Gare de Lyon, rue de Charolais, avec, pour décor, une ancienne gare de tri à proximité d'une halle de messagerie de la SNCF, fidèle à l'esthétique post-ferroviaire qui a fait le succès des éditions précédentes.

Tout sous le même toit du hipster
Dans le sillage de plusieurs lieux festifs urbains qui affectionnent la forme de la friche «squattée» à la berlinoise, les occupations sous label SNCF, comme l’événement «Grand Train» l'année dernière, ont hissé la compétition à un tout autre niveau: environ 250.000 visiteurs en 2015 et 350.000 à l'été 2016. On doit la proposition «Ground Control» à une société spécialisée dans le montage de projets et de lieux grand public, Allo la Lune, qui se définit comme une bande d'«activistes événementiels». L’équipe a d’abord investi une première fois le dépôt SNCF du nord de Paris à l’été 2015, en le transformant en buvette multi-activités. Devant le grand succès du concept et face à la curiosité médiatique pour ce lieu «éphémère», l’institution ferroviaire et Allo la Lune décident de prolonger l'aventure et d’étendre leur collaboration au cours de l’été suivant, sous le nom énigmatique et délicieusement suranné de «Grand Train». Le site du dépôt Chapelle / Grand Train dans le nord de Paris. Photo: Espaces ferroviaires.

Grand Train était annoncé dans la riche documentation institutionnelle de la SNCF comme «un nouvel espace de partage, de convivialité et de culture autour de l’univers ferroviaire», ou encore un «parcours muséal libre et curieux». Mais parler d’exposition éphémère n’épuise pas les facettes de cet étrange objet de fascination urbain, prototype d'un nouveau genre de destination festive et culturelle: poulailler urbain, librairie, «foodcourt», bar, salle de projection, scène, terrain de pétanque suédoise ou «playground», Grand Train se présentait comme un condensé des nouvelles manières de consommer la ville et l’espace, ce qui lui a rapidement valu la réputation –jamais vraiment démentie, ni contredite– d’aimant à bobos et à hipsters.

Côté alimentation, l'édition 2017 proposera à nouveau les enseignes stars de la «street food», genre culinaire devenu le prolongement nécessaire de tout événement ciblant les populations urbaines des secteurs créatif, culturel et intellectuel.

L’espace multifonction imprime sa marque depuis quelques années sur les sorties parisiennes, mais le génie de «Ground Control» –c'est le nom à la fois du collectif organisateur et de la proposition 2017– , a consisté à proposer un salon des innovations sociales branchées, sorte de tout-sous-le-même-toit des tendances émergentes, à côté des «DJ sets, ateliers de jardinage, marché de producteurs, buvettes, potager urbain et autres animations pour les enfants», sans oublier l'espace de coworking et le fablab. Une réussite que la SNCF reconnaît avec modestie, comme encore surprise par la vague humaine qui a déferlé l'année dernière dans ce lieu un peu oublié du XVIIIe, loin de Montmartre et de ses boutiques de souvenirs. «Le projet était vachement bien» explique, enthousiaste, la responsable de la communication de la branche Immobilier de la SNCF, Caroline De Jessey. Mais on a lancé Ground Control sans présager de la trajectoire que ça aurait ensuite, c’était vraiment une expérimentation et on ne mesurait pas l’appétence que ça susciterait, ni le succès que ça a finalement été.»

Dans son mémoire d'urbanisme de Master 1, consacré à cette occupation éphémère de l'été 2016, Pierre Pontecaille rapporte la manière dont voisins et participants décrivent le public-cible de l'événement, des portraits qui déclinent «la figure du hipster», «une population variant de 20 à 40 ans avec un pouvoir d'achat élevé», «grande barbe, Stan Smith». 

Les hipsters et la SNCF, un mariage d’amour et de raison 
Cette rencontre entre les milieux culturels, artistiques, festifs et branchés et l’opérateur historique du rail français est loin de se limiter aux deux éditions estivales lancées au dépôt de la Chapelle, qui a servi de vaisseau amiral: quatorze autres projets, dont six dans l’agglomération parisienne correspondant au périmètre du Grand Paris, s'intègrent à la même démarche.

La chronologie de la romance entre la SNCF et les milieux culturels montre que ce sont les seconds qui ont commencé à courtiser la première. L’institution et sa branche immobilier, SNCF Immobilier, ont vu pleuvoir les demandes d’artistes ou de collectifs, avides de reconvertir pour un temps ses halles, rotondes et entrepôts en œuvres éphémères ou en événements festifs. Pour répondre à toutes les demandes, la SNCF lance en 2015 un appel à projets, l’opération «Sites Artistiques Temporaires», qui s’adresse à «des acteurs de la ville –artistes, collectifs, associations, entreprises d’ingénierie culturelle–» qui ont un projet à proposer dans le domaine de la culture, de l’art ou du «mieux-vivre».

On est assez loin du temps où les propriétaires fonciers et aménageurs considéraient le squat d'artistes comme «un outil de gestion de la vacance», pour reprendre l'expression d'Elsa Vivant, maître de conférences (Institut Français d’Urbanisme, Paris 8) spécialiste des scènes artistiques «off». Pendant la longue période de vacance des bâtiments qui attendent leur reconversion, les lieux inoccupés coûtent de l’argent pour être sécurisés, risquent d’être squattés ou dégradés et les propriétaires préfèrent généralement le voir occupé par des artistes.

Cette gestion du squat d'artistes s'est considérablement professionnalisée et normalisée depuis plusieurs années, conséquence de la multiplication des bâtiments rendus obsolètes par la désindustrialisation massive du pays, mais aussi de la prise en compte de la valeur symbolique de ce patrimoine désaffecté. On ne parle plus de squat et l'occupation de friche a laissé place à tout un vocabulaire technique d'urbanistes et de professionnels de l'animation culturelle. L'«occupation éphémère» devient elle-même une sorte de spécialité de la gestion d'actifs immobiliers. La SNCF joue à fond cette carte et sa branche immobilier créée en 2014 a parmi ses missions de reconvertir ce patrimoine. Entre mécénat, opération d’image de marque et échange de bon procédé, la SNCF devient le pourvoyeur des lieux où on crée, on sort et on fait la fête. Ground Control et son Grand Train devenant la plaquette publicitaire de cette vague d’occupations temporaires.

Ferrovipathes et promotion immobilière innovante: rendre visible la transformation urbaine 
Si vous avez aimé Grand Train (ou que vous l’avez loupé), cet été la proposition de la même équipe dans un ensemble architectural qui abritait les halles des messageries et le tri postal de la SNCF près de la gare de Lyon, dans le XIIe arrondissement, devrait vous combler. Avec la même approche qui consiste à sublimer le patrimoine ferroviaire et l’histoire ouvrière d'un lieu, Ground Control prépare une occupation qui devrait se poursuivre sur le long terme, confirmant l’installation de l’éphémère comme nouvelle dimension temporelle banale de la ville.

Pourquoi la SNCF investit-elle autant de ressources et d’énergie dans le métier de festivalier urbain, certes noble mais éloigné de son cœur d’activité? Le point commun aux occupations éphémères de la société de transport est d’être montées sur des friches sur lesquelles seront lancés les plus gros programmes immobiliers parisiens des années à venir. Car la SNCF est, avec ses 20.000 hectares de foncier sur le territoire et ses réserves ferroviaires inutilisées, l'un des premiers propriétaires de France, et le détenteur des derniers espaces urbanisables de la capitale. Un trésor immobilier inestimable qui dormait le long des rails et des gares, au centre des nœuds de transports d’une des villes les plus denses et les plus chères du monde. Le cœur de métier de SNCF Immobilier n’est donc pas l’animation culturelle, mais la transformation urbaine. Son ambition est, selon les mots de son président, d’«inventer de nouveaux usages et (de) transformer un quartier par des aménagements hors normes», dans le cadre de ce que le groupe appelle des «développements urbains innovants».

Sur le site qu’a occupé Grand Train, la filiale d’aménagement urbain du groupe Espaces Ferroviaires construira 500 logements, dont la moitié seront sociaux conformément aux souhaits de la mairie du XVIIIe, des équipements publics et des bureaux. Ce projet Ordener-Poissonniers se veut emblématique de la «nouvelle image du secteur» que la ville entend insuffler dans le cadre du projet de renouvellement urbain qui embrasse tout le nord-est parisien. Même scénario plus au sud où s’installe le Ground Control cet été: Espaces Ferroviaires a déjà livré des tranches d’un nouveau quartier et s’attaquera à un chantier de six hectares pour une livraison fin 2020 de logements, bureaux, commerces, équipements et espaces verts.

L’occupation culturelle temporaire de Ground Control sert de moment de transition entre l’ancienne image industrielle magnifiée et sa future vocation résidentielle ou tertiaire esquissée par les animations. Comme l’explique son directeur artistique Denis Legat: «nous accompagnons des bâtiments vers leur nouvelle affectation, tant sur le plan culturel que sur le plan local.» Une sorte de communication événementielle pensée comme rite de passage, y compris pour les anciens cheminots et autres ferrovipathes, dont le nombre et la ferveur ne doivent pas être minimisés. SNCF Immobilier a même trouvé une expression pour désigner cette nouvelle activité entre animation culturelle et festive, travail de mémoire patrimoniale, promotion de marque et expérimentation urbaine: «l'urbanisme transitoire».

Le hipster, cobaye et coproducteur de la ville de demain 
L'opération permet de doter le futur quartier d’un récit qui préfigure ce que sera son identité. Ainsi, «l’ADN ferroviaire du site du dépôt Chapelle est ressortie très fortement dans l’appétence et le succès du concept», nous explique-t-on chez la SNCF. «Le projet urbain en cours de définition fera revivre cet ADN et cette identité ferroviaire très forte qui constituent un actif immatériel et un capital fort». Traduction: l’occupation temporaire et ses propositions fonctionnent comme un showroom des usages à venir, et donne de l’épaisseur à la promesse de l’aménageur SNCF de faire la ville de demain. Une sorte de plaquette de com sur site avec comme figurants les futurs usagers de ces «morceaux de ville». Opération d'aménagement urbain «Ordener Poissonniers». Comité de suivi du 31 mars 2016.

Les biens immobiliers de la SNCF sont atypiques, avec des structures de bâtiment qui n’ont pas été conçues pour des usages post-ferroviaires. Faisant de ces handicaps un atout, SNCF Immobilier se présente comme la pointe avancée de la transformation de la ville. De là à imaginer les animateurs culturels en créateurs de valeur foncière pour le groupe public, il n’y a qu’un pas –qu’on nous incite cependant à ne pas franchir aussi rapidement. «On peut croire que c’est un enjeu de valorisation du patrimoine, alors que franchement la SNCF n’en a pas besoin, leur terrain vaut déjà une fortune», tempère Elsa Vivant. On aurait plutôt à faire à «la construction d’une valeur symbolique des espaces, transposée par d’autres en valeur économique», écrit la chercheuse dans un article publié en 2007 à propos de la politique conciliante de la mairie de Paris vis-à-vis des scènes «off».

Dans les années 1990, la présence des Frigos, un bâtiment hors d'usage de la SNCF où des artistes ont installé leurs ateliers a pu participer à la création d'une image pour un futur quartier, celui de la BNF dans le XIIIe arrondissement de Paris. Considéré comme une contrainte par les aménageurs au début du projet, les Frigos sont devenus un levier d'attractivité pour le nouveau quartier Paris Rive Gauche, un projet urbain froid et mal identifié qui voulait devenir le nouveau quartier latin parisien. Désormais, le petit supplément de coolitude est parfois créé par l'aménageur lui-même comme c'est le cas avec Grand Train / Ground Control, qui inaugure une ère de standardisation de l'urbanisme de friche.

La démarche est d'ailleurs en phase expérimentale: même au prix de la bière de micro-brasserie, la SNCF assure perdre de l’argent sur sa nouvelle activité de festivalier urbain. Certains y voient une manière de pacifier les futures négociations avec les associations de riverains qui se forment lors d’un projet de construction, en offrant une vie sociale au site avant livraison, d’autres une opération de communication interne pour fédérer les équipes des différents métiers du groupe SNCF.

Pour Denis Legat, l'expérience pourrait se généraliser. «On redonne du sens et du corps à la "vraie vie", dans des bâtiment patrimoniaux, dans des friches qui, popularisées notamment à Berlin, suscitent désormais l'intérêt. Ce type d'occupation a de beaux jours devant lui, il reste encore beaucoup de choses à développer sur ces modèles et nous vivons ça comme un privilège que d'occuper ces lieux majestueux et historiques, des lieux de travailleurs grâce auxquels on touche de vrais gens dans la "vraie vie", en dehors du virtuel.»

Mais il y a plus. Selon le président de SNCF Immobilier Benoît Quignon, qu’on a pu interroger lors de la présentation à la presse du bilan de SNCF Immobilier en septembre 2016, ce type d’occupation «permet parfois d’imaginer des usages auxquels on n’avait pas forcément pensé pour l’avenir. Vous avez des familles, des enfants, des personnes âgées, des hipsters [oui, il a bien dit “hipster” sans être encouragé par la formulation de la question, ndlr] qui fréquentent ces occupations, et c’est toujours intéressant de voir comment tout cela fonctionne, quand on est développeur c’est de cette matière-là qu’on se nourrit en intégrant les nouvelles pratiques de vie des gens». Pour Denis Legat, la «démarche est d’appréhender de nouveaux usages, une nouvelle manière de consommer, on crée des lieux de vie et de croisement. On essaie de participer (sans culpabilisation) à un nouveau type d'urbanité: on crée du lien et du sens».

A Ground Control, édition 2017, l’occupation temporaire devrait avoir comme mission de préfigurer certains usages et d'en mesurer l'attractivité. Un peu comme un urbanisme des foules, où les hipsters joueraient le rôle d’aiguilleurs et de cobayes des futurs ambiances urbaines et coproduiraient la ville selon la formulation en vogue? Un cobaye consentant, bien entendu, à qui on propose, pour reprendre les termes de la synthèse entendue à la SNCF, de réconcilier «nature et urbanité, consommation et vivre-ensemble» dans un environnement urbain «pacifié, joyeux, plus responsable et solidaire.»

À la SNCF, on entend l’hypothèse mais on en minimise la portée. «On veut donner à voir ces sites qui se trouvent dans des lieux stratégiques de la ville, et cette démarche va sans doute permettre de mesurer leurs potentialités à l’aune des besoins et des nouveaux usages, mais de là à dire que c’est un showroom, non: on est dans le cadre de l’expérimentation.» 

Les animateurs du projet hésitent eux-mêmes sur sa finalité, mais n’excluent pas cet usage expérimental de fabrique de la ville. Selon Elsa Vivant, «Une des hypothèses est que ces occupations temporaires aident à préfigurer ce qui pourrait advenir du futur site. Peut-être que ça fera évoluer les projets». Sur Grand Train, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, la SNCF se retrouve prise quelque part à son propre jeu, puisque l’accent sur les activités de plein air lors de la phase d'occupation éphémère a mis en évidence la pénurie d’espaces vert de l’arrondissement, un besoin que revendique un collectif d’habitants du quartier qui s’oppose au programme immobilier tel qu’il est proposé par la mairie et l’aménageur. Mais au prix du mètre carré de foncier, la ville de demain sera écoresponsable, innovante et bienveillante pour le vivre-ensemble certes, mais avec des offres immobilières qui rapportent.

La ville cool et événementielle en question 
Les urbanistes reconnaissent dans le cas de Grand Train un cas d’illustration typique du «front de gentrification», une première incursion dans un quartier encore peu concerné par la gentrification, qui la précède et l’anticipe. Comme le souligne avec lucidité Denis Legat d'Allo la Lune, c’est en quelque sorte la rançon inévitable de la réussite du projet: «En une saison de Grand Train, nous avons accueilli 350.000 personnes, ce n'est évidemment pas sans un impact. Nous valorisons le bâtiment et, ce faisant, le quartier. Nous avons permis la découverte d'un endroit, d'un quartier un peu inconnu et délaissé du XVIIIe.» Une valorisation dont l’impact se ressent sur la vie du quartier: «Les bars et commerçants riverains ne nous voient pas d'un mauvais œil. Nous avons, à notre manière, aidé les promoteurs à se rendre compte de la valeur d'un quartier.»

De même que la Brasserie Barbès implantée au cœur du quartier de la Goutte d’Or a suscité beaucoup de commentaires et de critiques parce que son offre et son public de consommateurs étaient trop décalés par rapport à la population qui occupe l’espace public, «la violence symbolique et tarifaire du Ground Control incarne […] les tensions issues du processus de gentrification du quartier», écrit Pierre Pontecaille dans son mémoire, qui remarque que les agents immobiliers du quartier ont vanté la proximité de l'événement dans leurs annonces. Les tensions entre locaux et nouvelles populations sont palpables dans ce coin du XVIIIe arrondissement.

Au centre des tensions et paradoxes de Grand Train et Ground Control, on trouve le concept de «ville événementielle». Les chercheurs en urbanisme s'intéressent à cette dimension éphémère de la ville, pour en analyser les «mutations sociales, économiques ou urbaines». Fortement inspirés des pratiques de squats artistiques, dont ils ont conservé l'esthétique sinon la philosophie, et des scènes off, les événements à la Grand Train / Ground Control devraient se multiplier dans les années à venir: ils sont la mise en application presque littérale d'une doctrine de la ville créative selon laquelle «pour devenir attractives, au-delà de la construction d’infrastructures et des incitations fiscales, les villes doivent s’efforcer de devenir cool en proposant des cafés branchés, des pistes cyclables, des événements culturels, une législation progressiste vis-à-vis des minorités et des scènes off», souligne Elsa Vivant.

Le but explicite de ce type d'opération est d'attirer les populations à fort pouvoir d'achat, considérées comme centrales dans la production de services à haute valeur ajoutée que les villes se disputent. Au-delà du sympathique comité des fêtes de la ville de demain, c'est donc le choix des populations et des activités qu'on tente d'y implanter qui se joue. «Avec ses valeurs de vivre ensemble, de mixité sociale ou encore de nourriture biologique», c’est «un certain mode de vie» note l’auteur du mémoire sur Ground Control, que veulent théâtraliser les promoteurs de l’événement et au-delà les pouvoirs publics. Une ville de demain, innovante, «smart» et durable. Rendez-vous dans la prochaine friche?

Source

vendredi 26 mai 2017

Etre un Français pratiquant


"Il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulman pour que les jeunes Arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids de l'héritage des méfaits des Arabes"


Economiquement viable (Chute libre)

Fight Club - Le film noir du consommateur

Françoise Nyssen : les anthroposophes entrent au Gouvernement


En nommant aujourd’hui Françoise Nyssen au Ministère de la Culture, le nouveau Premier Ministre Édouard Philippe vient d’ouvrir toute grande la porte de notre République Française à la dérive sectaire Anthroposophie. En effet, la directrice des Éditions Actes Sud est connue pour être une très proche de cette mouvance. L’Anthroposophie est une pseudo-science, une religion occultiste et une doctrine précurseuse du New-Age dont émanent de nombreux prolongements (écoles Steiner-Waldorf, agriculture biodynamique, NEF, Communauté des Chrétiens, produits Weleda, etc.) qui cachent sciemment leur origine commune afin de mieux pouvoir se répandre en séduisant progressivement des gens non-avertis et en trompant la vigilance des institutions, tout en surfant sur la vague écologiste et altermondialiste. Son fondateur était également un théoricien raciste, xénophobe et proche de ce qui deviendra l’aile verte du Parti Nazi, comme l’ont révélé les travaux universitaires de Peter Staudenmeier. En témoigne notamment, un article de la revue interne des anthroposophes nommée Das Goetheanum, dans laquelle Françoise Nyssen affiche une collaboration étroite officielle et une amitié de longue date avec Bodo von Plato, l’un des membres du Comité Directeur de la Société Anthroposophique Universelle. L’article constituant une preuve de cette collusion entre Françoise Nyssen et les hautes sphères de l’Anthroposophie est disponible ici. Comme elle le dit elle-même dans cet article, la spiritualité (anthroposophique) est devenue le sens de sa vie, tandis qu’elle s’avoue littéralement sous le charme des sourires des anthroposophes. 

En témoigne également un article du Nouvel Obs du 17 décembre 2015, dans laquelle sont attestés des liens psychologiques et institutionnels très troublants entre Françoise Nysssen et Henri Dahan, le directeur de l’Ecole du Possible, à Arles, également Délégué Général de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France, une émanation directe de l’Anthroposophie. L’article en question montre d’autre part une forte adhésion de Françoise Nyssen à la doctrine de la vie post-mortem des anthroposophes depuis la mort tragique de son fils, un suicide dont elle semble rejeter l’entière responsabilité sur l’Education Nationale. 

En outre, Françoise Nysssen publie une partie des écrits de Pierre Rabhi, qui est selon mes informations un anthroposophe-masqué, chargé de répandre certains aspects de la doctrine. Rappelons que la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) a pointé dans deux de ses précédents rapports les liens entre Pierre Rabhi, son mouvement des Colibris et la mouvance Anthroposophique (Lire à ce sujet : Rapport 2013-2014 de la MIVILUDES : le New-Age, les Colibris et le Printemps de l’Education). Elle publie également des écrits de Edgar Morin, conseiller de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France. 

Toujours selon mes informations, Françoise Nysssen aurait activement oeuvré en amont à travers ses réseaux, puis ensuite en tant que membre du Conseil d’Admnistration de l’Université d’Avignon, pour faciliter la création et le développement d’un D.U. de formation à la pédagogie Steiner-Waldorf. C’est également elle qui aurait utilisé son influence pour convaincre le Recteur de l’Université d’Aix-Marseille de faire preuve de bienveillance, pour ne pas dire de complaisance, envers l’école Steiner-Waldorf du Domaine du Possible. 

Enfin, c’est encore Françoise Nysssen qui œuvre activement, sur le plan intellectuel, à travers le concept de « spiritualité laïque », pour tenter de faire passer la doctrine anthroposophique comme un courant spirituel respectable et masquer sa dangerosité sectaire. 

Il nous est donc possible de nous interroger sur l’impact qu’une telle entrée au Gouvernement de Madame Nyssen augure au sujet de la lutte contre les dérives sectaires en France et sur la manière dont cette personne – dont on peut légitimement se demander si la mort de son fils ne l’a pas placée sous influence de certaines sommités du mouvement anthroposophique – va continuer d’oeuvrer, comme elle l’a toujours fait, à l’égard de l’Anthroposophie, c’est-à-dire en tentant de la faire entrer et de la faire reconnaître dans toutes les institutions officielles de notre pays. Or s’il y a bien une chose anti-culturelle par excellence, c’est l’Anthroposophie de Rudolf Steiner : une doctrine constituée de références culturelles déracinées et dénaturées pour façonner​ une puissante machine à asservir les esprits. Rappelons à cet égard que la MIVILUDES, organisme officiel chargé de la lutte contre les mouvances sectaires en France, est une mission interministérielle, placée sous l’autorité du Premier Ministre, lequel vient donc de nommer Françoise Nysssen au Ministère de la Culture. 

Enfin, la question se pose de savoir comment une personne proche d’une doctrine dont certains éléments sont notoirement racistes, et des gens qui la soutiennent – et qui n’a pas à ma connaissance condamné publiquement ces aspects de la pensée de Rudolf Steiner – peut prétendre à exercer la fonction de Ministre de la Culture. 

Grégoire Perra 

PS : Pour ceux qui découvriraient la dérive sectaire de l’Anthroposophie, je recommande de commencer par lire l’Avant-Propos de ce blog. Ce conseil est également valable pour ceux qui se demanderaient qui je suis et d’où je parle. J’ai vécu 30 ans dans l’Anthroposophie et je connais bien mon sujet : Ma vie chez les anthroposophes. Je précise que la Justice a reconnu la légitimité de mon propos, car la Fédération des écoles Steiner-Waldorf a perdu le procès en diffamation qu’elle m’avait intenté (tous les éléments de ce procès, y compris les attendus de la XVIIème Chambre Correctionnelle de Paris, sont disponibles sur mon blog, en cliquant sur le lien précédent). Vous trouverez également sur cet avant-propos des liens vers d’autres sites dénonçant cette dérive sectaire, comme le CLPS, le site de Roger Rawlings, etc.

jeudi 25 mai 2017

« La femme voilée d’aujourd’hui sera la Marianne de demain » (Hollande)

Pour Hollande, « La femme voilée d’aujourd’hui sera la Marianne de demain »

Gérard Davet et Francis Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça

SYRIE - En immersion avec les volontaires français en guerre contre l'État islamique

Le langage de la lâcheté et du retournement de veste

Pas de conférence ce vendredi 26 mai. C'est l'heure de l'apéro !



Chers amis, chers camarades, 

En raison du pont de l'Ascension, nous n'organiserons pas de conférence ce vendredi 26 mai. C'est donc un moment possible de réunion, de communauté et d'amitié, avec votre famille, vos amis et vos camarades.

Nous aurons le plaisir de vous retrouver pour la prochaine conférence, le vendredi 2 juin.

Bonne fin de semaine !

Et comment appelez-vous un pays dont le Président est un banquier, qui choisit ses journalistes, et dont 90% des médias sont contrôlés par 9 milliardaires ?


Quand les bobos découvrent les bienfaits de l'immigration


Quand les bobos découvrent les bienfaits de l... par confiteor-II

Jacques Dutronc - L'opportuniste

Le travail n'est plus enduré comme une donnée de la condition humaine


L'argent n'est plus nulle part respecté, ni par ceux qui en ont, ni par ceux qui en manquent. Vingt pour cent des jeunes Allemands, lorsqu'on leur demande ce qu'ils veulent faire plus tard, répondent "artiste". Le travail n'est plus enduré comme une donnée de la condition humaine. La comptabilité des entreprises avoue qu'elle ne sait plus où naît la valeur. La mauvaise réputation du marché aurait eu raison de lui depuis une bonne décennie, sans la rage et les vastes moyens de ses apologues. Le progrès est partout devenu, dans le sens commun, synonyme de désastre. Tout fuit dans le monde de l'économie, comme tout fuyait en URSS à l'époque d'Andropov. Qui s'est un peu penché sur les dernières années de l'URSS entendra sans peine dans tous les appels au volontarisme de nos dirigeants, dans toutes les envolées sur un avenir dont on a perdu la trace, toutes ces professions de foi dans "la réforme" de tout et n'importe quoi, les premiers craquements dans la structure du Mur. L'effondrement du bloc socialiste n'aura pas consacré le triomphe du capitalisme, mais seulement attesté la faillite de l'une de ses formes. D'ailleurs, la mise à mort de l'URSS n'a pas été le fait d'un peuple en révolte, mais d'une nomenklatura en reconversion. En proclamant la fin du socialisme, une fraction de la classe dirigeante s'est d'abord affranchie de tous les devoirs anachroniques qui la liaient au peuple. Elle a pris le contrôle privé de ce qu'elle contrôlait déjà, mais au nom de tous. "Puisqu'ils font semblant de nous payer, faisons semblant de travailler", disait-on dans les usines. "Qu'à cela ne tienne, cessons de faire semblant !", a répondu l'oligarchie. Aux uns, les matières premières, les infrastructures industrielles, le complexe militaro-industriel, les banques, les boîtes de nuit aux autres, la misère ou l'émigration. Comme on n'y croyait plus en URSS sous Andropov, on n'y croit plus aujourd'hui en France dans les salles de réunion, dans les ateliers, dans les bureaux. "Qu'à cela ne tienne !", répondent patrons et gouvernants, qui ne prennent même plus la peine d'adoucir "les dures lois de l'économie", déménagent une usine dans la nuit pour annoncer au personnel sa fermeture au petit matin et n'hésitent plus à envoyer le GIGN pour faire cesser une grève - comme cela s'est fait dans celle de la SNCM ou lors de l'occupation, en 2006, d'un centre de tri à Rennes. Toute l'activité meurtrière du pouvoir consiste à gérer cette ruine d'un côté, et de l'autre à poser les bases d'une "nouvelle économie". 

comité invisible, L'insurrection qui vient

mercredi 24 mai 2017

Après la catastrophe - Orages d'acier - 14/05/2017

Inde: Il tente de la violer, elle lui tranche le pénis


Cet agresseur sexuel ne devrait pas recommencer. Un homme de 54 ans a eu le pénis coupé par une étudiante qu’il tentait de violer en Inde, dans l’Etat du Kérala, a annoncé la police samedi. 

La jeune femme de 23 ans se trouvait dans sa maison de Thiruvananthapuram, la capitale de l’Etat de Kerala, tard vendredi, a-t-elle raconté, lorsqu’elle a été attaquée par un homme de 54 ans, qui assurait à sa famille être un gourou religieux. 

Une plainte pour agression sexuelle sur mineure et viol 
« Elle a utilisé un couteau pour se défendre et lui a coupé le pénis », a précisé à l’AFP le responsable de la police de la circonscription G. Sparjan Kumar, joint par téléphone. « L’homme, Hari Swami, a été transporté en urgence dans l’hôpital le plus proche dans un état grave », a-t-il ajouté. Les médias locaux ont ensuite rapporté que ce dernier se trouvait désormais dans un état stable. 

L’étudiante indienne a indiqué que l’homme l’agressait depuis des années, d’après G. Sparjan Kumar, qui a enregistré une plainte contre Hari Swami pour agression sexuelle sur mineure et viol. 

Les parents de la jeune femme ignoraient les faits, selon la police. Elle a « expliqué que ses parents avaient une confiance aveugle en M. Swami, qui avait l’habitude d’être invité pour animer des cérémonies spéciales et de s’attarder dans cette maison, où il l’a agressée », a détaillé G. Sparjan Kumar à l’AFP. 

D’autres agressions de ce genre, impliquant des religieux, ont été déjà été rapportées dans cet Etat du sud de l’Inde. L’année dernière, un prête avait été condamné à 40 ans de prison par le tribunal de Kerala pour avoir violé une fille de 12 ans en 2014.

Manchester, ça a bien changé...





La France périphérique va t-elle exploser ? Christophe Guilluy

Jeunesse de demain #ONG


Les immigrants créent des barricades, déclarent des sections de Paris dans leur propre territoire

La Table Ronde, cet agréable refuge où régnait un climat d'improvisation ingénue


Au lancement de la Table Ronde, « agréable refuge où régnait un climat d’improvisation ingénue » dixit Michel Déon, la revue alors dirigée par François Mauriac collectionne quelques plumes illustres, et pour le moins hétérogènes : Albert Camus, Thierry Maulnier, Raymond Aron... mais c’est surtout Roger Nimier, Jacques Laurent, Antoine Blondin et Michel Déon qui se distinguent de leurs aînés par leur zéro de conduite. Nimier, tout d’abord, qui à 23 ans publie Les Épées, et poursuit deux ans plus tard en 1950 avec Perfide, Le Grand d’Espagne et Le Hussard bleu sa chronique d’une jeunesse désabusée. Proie du mal du siècle, Nimier donne dans l’impertinence. A l’heure où tout le monde se découvre résistant, Sanders, héros du Hussard bleu, dit s’être engagé dans la résistance « par manque d’imagination » avant de rejoindre la Milice parce qu’il y trouve « des garçons énergiques, plein de muscles et d’idéal »... après tout, « les anglais allaient gagner la guerre. Le bleu marine me va bien au teint. Les voyages forment la jeunesse. Ma foi, je suis resté ». Tout Nimier tient dans cette phrase, ironie et dandysme. Et dans ses formules lapidaires semées à la Table Ronde, qui inciteront au peu Mauriac à foutre le camp de la revue, du genre : « le silence de Monsieur Camus, dans le silence universel, n’aurait rien de très remarquable, si le même écrivain ne s’élevait pas, avec éloquence, en faveur des nègres, des palestiniens ou des jaunes », avant de conclure, au sujet d’une éventuelle guerre : « nous ne la ferons pas avec les épaules de M. Sartre, ni avec les poumons de M. Camus »... qui était atteint de tuberculose. 

Jacques Laurent n’est pas mal non plus. C’est un peu la figure martiale des « Hussards ». C’est lui qui déclare la guerre à Jean-Paul Sartre en 1950 et met un point d’honneur à « démilitantiser » la littérature. Si vis pacem para bellum. Jacques Laurent fonde en 1952 La Parisienne, « revue de caprice et d’humeur », et part à l’assaut des Temps modernes. Le premier numéro résume bien l’ambition : 
La défaite que la littérature a subie aura été une courte victoire du politique. Le politique n’a pas tué la littérature. Il l’a engagée comme décoratrice. Il a recouru à elle pour orner son salon avant de l’ouvrir au public (...). La Parisienne se propose d’effectuer ce qu’on appelle en termes administratifs un dégagement des cadres (...). Elle ne souhaite servir rien d’autre que la littérature. Autrement dit, cette revue n’est pas un cours du soir habile. Elle vise à plaire. 

L’opposition à la politique est bien là. Mais l’apolitisme recherché dans cet art de plaire – plutôt delectare que docere en somme – est encore et malgré tout politique. Pas seulement parce que rhétorique et politique sont les deux faces d’une même médaille, mais parce que l’affirmation de la primauté de la littérature sur la politique, l’idée de sa gratuité et de son irresponsabilité – la thématique de « l’innocence du roman » surgie à la Libération – fondent un engagement aux antipodes du paradigme sartrien. A bien des égards, d’ailleurs, les romans de Jacques Laurent peuvent se lire comme des manuels d’antimarxisme, plus précisément d’anti-hégélianisme. Laurent a en horreur cette dialectique conflictuelle que ressassent tous les philosophes de l’après-guerre. Ce qu’il défend là, c’est une vision de l’histoire dominée par le règne de l’aléatoire et du contingent. On le voit chez ses héros, qui flottent à côté d’éléments dont ils ne peuvent être tenus responsables : ils ne font pas le monde, ils le subissent. Face au règne de la volonté rationnelle et souveraine, Jacques Laurent veut rétablir dans les conduites des hommes un espace de jeu et d’aléatoire. Ainsi Faypoul, le héros du Dormeur debout, déclare : « Mon livre est un anti-Hegel. Celui-ci avait prétendu, comme Bossuet, éliminer le hasard et les contingences et, comme Platon, transformer l’histoire en un reflet des idées, or mon expérience et mon tempérament m’ont entraîné à considérer comme essentiels les accidents de parcours et à substituer le délire à la raison ». On voit toute l’empreinte des pères fondateurs de la droite littéraire : l’histoire n’est pas le produit de la volonté humaine, mais la résultante de processus naturels ou divins. Contingence contre dialectique. Tempérament contre volonté. Providentialisme contre rationalisme. Un providentialisme, d’ailleurs, qui reste peut-être la marque distinctive de la droite littéraire depuis plus de deux siècles. Et Nimier de résumer : « Les hommes font leur destin, mais ils ne le sauront jamais, ce qui revient à ne rien faire ». Reste donc à l’Homme d’expérimenter sa liberté par la gratuité du geste, l’exaltation de la vie, la célébration du moi, dans un ordre du monde où demeure « la bonne chance ». 

Pierre Poucet, Les Hussards, cavaliers des arts et des lettres

mardi 23 mai 2017

Camions percutant un barrage dressé par les migrants a calais !

Theresa May part en guerre contre l’immigration


Favorite des sondages, la Première ministre britannique présente son programme en vue des élections du 8 juin. Elle promet notamment de relever la taxe sur les entreprises qui emploient des non-Européens. 

Theresa May réaffirme l'engagement pris par le Parti conservateur il y sept ans, et qu'il n'a jamais réussi à respecter jusqu'à présent. La Première ministre britannique promet de réduire l'immigration nette vers la Grande-Bretagne à moins de 100.000 personnes par an, presque trois fois moins que les flux migratoires constatés actuellement. Elle présentait jeudi son programme en vue des élections qu'elle a convoquées pour le 8 juin . « Il est difficile de construire une société unie lorsque l'immigration est trop élevée et augmente trop vite », a-t-elle lancé dans un discours à Halifax, au nord de l'Angleterre. 

Pour la favorite des sondages , l'immigration exerce une pression à la baisse sur les salaires (ce qui est contesté par les économistes) et pose des problèmes de capacité pour les services publics comme la santé ou l'éducation. Le contrôle de l'immigration en provenance d'Europe, massive au Royaume-Uni, est l'une des principales raisons pour lesquelles les Britanniques ont choisi de quitter l'Union européenne. Mais Theresa May ne pourra rien faire tant que le Brexit ne sera pas effectif, soit au moins jusqu'en 2019. 

En attendant, elle s'attaque à l'immigration en provenance du reste du monde, qui est presque aussi nombreuse. La taxe qui pèse sur les entreprises employant des étrangers non européens qualifiés sera doublée, passant de 1.000 à 2.000 livres par salarié et par an d'ici à 2022. Le gouvernement conservateur, s'il est reconduit, demandera aussi à tous les étrangers de contribuer davantage au financement du système de santé. La taxe dont ils s'acquittent pour bénéficier des soins gratuits sera triplée, passant de 200 à 600 livres par an. Enfin, les visas seront plus difficiles à obtenir pour le regroupement familial et pour les étudiants non européens. 

Le gouvernement conservateur, s'il est reconduit à Downing Street, demandera aussi à tous les étrangers, qu'ils soient européens ou non, de contribuer davantage au financement du système de santé public. La taxe dont ils s'acquittent pour bénéficier des soins gratuits outre-Manche sera triplée, passant de 200 à 600 livres par an pour les travailleurs immigrés et de 150 à 450 livres pour les étudiants. Le Parti conservateur assure que ces prélèvements restent raisonnables par rapport à ce que paient les Britanniques résidant à l'étranger. 

Le regroupement familial plus difficile 
Enfin les visas seront plus difficiles à obtenir pour les non-Européens. Les seuils de revenus minimum requis pour les personnes qui veulent faire venir au Royaume-Uni des membres de leur famille seront relevés. Et les conditions d'attribution des visas pour les étudiants étrangers (non-Européens) seront « durcies ». 

L'immigration nette vers la Grande-Bretagne a atteint 273.000 personnes au cours des douze mois compris entre octobre 2015 et septembre 2016 : 596.000 personnes se sont installées outre-Manche tandis que 323.000 ont quitté le pays. « Il est difficile de construire une société unie lorsque l'immigration est trop élevée et augmente trop vite », a estimé Theresa May. La Première ministre estime que « l'immigration incontrôlée » exerce une pression à la baisse sur les salaires (ce qui est contesté par certains économistes) et qu'elle pose des problèmes de capacité pour les services publics comme la santé ou l'éducation. 

La réaction du patronat a été immédiate. Pour Carolyn Fairbairn, à la tête de l'organisation patronale CBI, les mesures anti-immigration présentées jeudi sont « le talon d'Achille » du programme des conservateurs. Ils risquent de pénaliser le Royaume-Uni dans la course internationale aux talents avec une approche trop « dure » de la question, a-t-elle jugé. Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a lui aussi critiqué la hausse de la taxe sur les employeurs, estimant qu'elle causerait « de gros dégâts » pour l'économie de la capitale. 

L'austérité en pause 
Avec ce discours musclé, Theresa May vise directement les électeurs de l'Ukip, le petit parti anti-immigration de droite, qui connaît un véritable effondrement dans les sondages depuis le référendum sur l'Europe. La Première ministre a aussi présenté des mesures sociales destinées à l'électorat traditionnel de la gauche, lançant un appel aux « travailleurs ordinaires » : amélioration de la prise en charge des personnes âgées dépendantes, prix plafond pour les factures de gaz et d'électricité, garantie des droits des salariés après le Brexit... Elle a aussi relâché un peu plus l'austérité, repoussant de trois ans, à 2025, le retour à l'équilibre budgétaire. 

Les retraités seront mis à contribution pour financer certaines mesures. Leurs pensions ne progresseront plus aussi vite et seuls les moins aisés continueront à bénéficier d'une prime pour leur chauffage au fioul. Ces décisions marquent une relative rupture pour le Parti conservateur, traditionnellement attaché à cajoler les retraités, qui sont le coeur de son électorat. « Theresa May peut se le permettre car elle est certaine de gagner les élections. Les seniors conservateurs grogneront un peu, mais ils ne voteront pas pour autant pour d'autres partis », estime Jennifer Hudson, de l'université UCL. « La Première ministre profite de sa large avance pour présenter des mesures difficiles mais qui marqueront son bilan », ajoute Tim Bale, politologue à l'université Queen Mary. 

Des impôts dix fois supérieurs à ce qu'ils étaient avant 1789 !


Muddy Waters - Mannish Boy

Le nombre de banquiers millionnaires en nette hausse en France


Les quatre grandes banques françaises comptent 102 banquiers gagnant plus de 1 million d’euros dans l’Hexagone. Un chiffre en hausse de 24 % par rapport à l’année 2015. 

En 2016, les grandes banques françaises se sont révélées beaucoup plus généreuses envers leurs banquiers millionnaires... installés en France. Dans l'Hexagone, 102 collaborateurs de BNP Paribas, de Société Générale, du Crédit Agricole et de Natixis se sont vu attribuer plus de 1 million d'euros chacun l'an dernier. Un chiffre en hausse de 24 % par rapport à 2015. Des quatre grands groupes, la banque de la Défense est celle qui en compte le plus sur le territoire (42 banquiers millionnaires). PUBLICITÉ inRead invented by Teads 

Partout ailleurs en revanche, le cercle de ces bénéficiaires s'est restreint, en particulier en Grande-Bretagne, où se concentre le gros de ces troupes. A la Société Générale, la part des banquiers millionnaires à l'étranger est passée de 72 % à 52 % entre 2015 et 2016. Chez Natixis, celle-ci a reculé de 62 % à 52 %, après avoir grimpé de 20 points entre 2014 et 2015. 

Chez BNP Paribas, on note également une légère baisse en Asie (avec 39 banquiers millionnaires en 2016, contre 44 l'année précédente) et au Royaume-Uni (68 contre 71). Ainsi, à l'échelle des quatre groupes bancaires, ce sont au final quelque 40 financiers à l'étranger qui ont perdu le statut de banquier millionnaire. 

Une raison inattendue 
Les raisons de ce recentrage sur l'Hexagone sont multiples. « Cette augmentation s'explique notamment par le fort développement de nos activités de banque de grande clientèle », indique Natixis, évoquant ses résultats en banque d'affaires. Un autre établissement souligne aussi un net redressement de ses performances dans certains métiers en France, comme les taux. 

Avec le déclenchement du Brexit , les grands groupes français ont aussi pu vouloir relâcher leurs efforts de rémunération en Grande-Bretagne, la visibilité manquant et la concurrence des talents se relâchant. Leur priorité était d'organiser d'éventuels transferts. Une banque explique d'ailleurs la hausse du nombre de ses banquiers millionnaires en France par le retour d'expatriés de l'étranger. Cette tendance pourrait se confirmer en 2017. Les banques du continent européen commencent en effet à menacer de quitter la City, car Londres veut renchérir leurs coûts d'exercice . 

Un dernier facteur, plus inattendu, tend cependant à montrer que cet excès apparent de générosité des banques françaises vis-à-vis de leurs financiers de l'Hexagone pourrait ne pas durer, car il tient aussi à... des réductions d'effectifs en France . « Ces chiffres tiennent compte des indemnités de départ, souligne une banque. et nous avons enregistré plus de départs en 2016 qu'en 2015. » Dans ces situations, un salarié peut ainsi voir subitement son salaire doubler et acquérir très momentanément le statut de millionnaire dans les statistiques de la banque... 

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