jeudi 20 avril 2017

Conférence Dextra du 21 avril 2017 : La démocratie est-elle à bout de souffle ?


Chers amis,chers camarades, 
Ce vendredi nous recevrons M. H., auteur d'ouvrages sur les fondements de la démocratie, qui viendra nous entretenir de cette dernière, serait-elle à bout de souffle ? À la quasi-veille du premier tour électoral des présidentielles, une question incontournable ! 
Vous pourrez acheter des ouvrages sur place ! 
Nous vous attendons nombreux, n'hésitez pas à inviter vos amis !

mercredi 19 avril 2017

2017 : drapeaux et hymne national interdits par le CSA dans les clips de campagne !


Le CSA a fixé des règles très strictes pour les clips de campagne des candidats à l'élection présidentielle... 

Des règles toujours plus contraignantes. Le CSA a communiqué hier aux 11 candidats à l'élection présidentielle les nouvelles règles qui devront s'appliquer pour leurs clips de campagne qui seront diffusés à la télévision à partir du 10 avril prochain, début de la campagne “officielle”.

D'après des informations de nos confrères de l'Opinion, les règles drastiques comprendraient l'interdiction “de faire apparaître tout emblème national ou européen” ainsi que la Marseillaise, qui n'aura pas le droit d'être diffusée dans les clips de campagne. 

Crainte du “nationalisme” 
Le CSA justifie ces interdictions par la peur que les candidats ne “misent sur un nationalisme délirant”, selon une source citée par le quotidien. 

Renaud - Les Bobos

Bernard Lugan : «100 millions d’Africains veulent arriver en Europe»

mardi 18 avril 2017

Cosmopolitisme

« Je suis un cosmopolite résolu. J’aime le métissage et je déteste le nationalisme. Je ne vibre pas à la « Marseillaise ». J’espère que le cadre national sera un jour dépassé. » (Bernard-Henry Lévy, Nouvel Observateur, 4 octobre 1997) 
« Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. » (Bernard-Henry Lévy, Pierre Bergé, Georges-Marc Bénamou, Globe, numéro 1) 
« Je n’ai jamais été un partisan bien vif des idées et des principes du cosmopolitisme. Ils ont quelque chose de trop vague, de trop idéal, malgré certains côtés brillants et spéciaux. Je crois que leur effet le plus certain est d’effacer ou de trop amoindrir l’amour de la Patrie et le devoir de la responsabilité civique. » (Jean Jaurès, Lettre au Congrès de la paix de Lausanne)

Adrien Abauzit, Né en 1984

Le conservatisme, c’est le progrès ?


Pour Bérénice Levet, il n'y a pas de droitisation de la France ni de l'Europe d'ailleurs, ce sont simplement les peuples qui réclament leur dû: leurs besoins anthropologiques de frontières, d'identités et d'enracinement. 

Pour Bérénice Levet, "Le progressiste est ce qui reste de l’homme de gauche lorsqu’il ne croit plus qu’en une chose : le culte de la nouveauté, du mouvement, la marche ou plutôt la fuite en avant, car peu importe où l’on va, l’essentiel est d’y aller, d’avancer et d’enterrer le passé. De la foi dans l’instruction, dans les Lumières, dans les humanités, dans la culture comme formation de l’esprit au contact des grandes œuvres, rien ne demeure. L’émancipation reçoit une définition toute négative, elle se confond avec la déliaison, le déracinement, la désaffiliation. Le progressiste, et c’est dans doute sa définition la plus parfaite, a programmé l’obsolescence de l’être occidental. Le monde rêvé par les progressistes n’est pas un monde plus juste, mais un monde qui ne tiendrait plus par aucun fil du passé, un monde d’où toute poussière du passé aurait été effacée." (Le crépuscule des idoles progressistes, Stock, 2017) 

Indécis ? Votez Lédogan


Insurrection - Ma rage

Destinataire des 10000 fusils d'assaut et sécession imminente


On s'interrogeait il y a deux mois (https://stratediplo.blogspot.com/2017/01/utilite-de-12000-armes-de-guerre.html) sur l'utilité possible des 12000 armes saisies par la police espagnole le 12 janvier. 

De par l'estimation de leur valeur économique donnée par la presse espagnole, en l'absence de communiqué clair d'une police discrète même après la fuite d'information, on en avait conclu qu'il s'agissait vraisemblablement de fusils d'assaut pour l'essentiel, même s'il était mentionné la présence (aussi) d'armes de poing, et sachant que les armes collectives et antiaériennes n'étaient pas nombreuses. De toute évidence, les deux images de rateliers sorties d'on ne sait où (peut-être d'une armurerie de chasse et de collection) par un journaliste incompétent en armes souhaitant illustrer un article aveugle, et reprises par le peu de presse qui ait mentionné la saisie, étaient sans rapport avec les premières évocations du type d'armes concernées. Prenant pour hypothèse la présence de 10000 fusils d'assaut parmi ces 12000 armes, on avait expliqué que cela permettrait d'équiper l'équivalent de la moitié de l'infanterie française ou de la moitié de l'infanterie espagnole. 

On ne s'était pas trompé, puisqu'après deux mois d'inventaire la police espagnole et Europol viennent d'annoncer qu'il se trouve dans les lots effectivement 10000 fusils d'assaut. En l'occurrence il y a 1000 fusils d'assaut de trois marques distinctes, et 9000 CETME, dont les photographies, cette fois fournies par la police, montrent une répartition entre l'ancien CETME-C (7,62 mm) et l'actuel CETME-L (5,56 mm), deux armes espagnoles offrant tir par rafale et tir au coup par coup. 

Le discours officiel est toujours celui d'un trafic visant premièrement le grand banditisme et n'excluant pas le marché terroriste. Or, quand bien même il peut rester à Marseille ou à Palerme quelques émules d'Al Capone capables d'aligner cinquante "gâchettes" pour conquérir le territoire d'une bande rivale, leurs troupes sont déjà équipées et ne sortent pas assez souvent ce type d'arsenal pour qu'il s'use. Le crime organisé travaille sur ordinateur et porte surtout des armes de poing, tant pour la défense personnelle que pour les opérations de coercition. Le menu fretin banlieusard, cause de la véritable insécurité, est lui aussi plus à l'aise avec un pistolet facilement dissimulable qu'avec une arme longue, sauf peut-être une fois par an à la banque. Il n'y a certainement pas là un marché de nature à inciter des professionnels à introduire et préparer 10000 fusils d'assaut et seulement quelques centaines de pistolets et revolvers. Les quelques gros revolvers montrés sont d'ailleurs des pièces pittoresques aux calibres historiques plus propres à jouer l'arme de statut d'un officier, qui compte plutôt sur les fusils d'assaut de ses soldats, que l'arme de défense ou de coercition d'un bandit, qui doit pouvoir compter sur un pistolet moderne, rapidement rechargeable et surtout fiable. Quant aux armes antiaériennes, dont on devine qu'il s'agit de mitrailleuses 12,7 mm, elles sont sans intérêt pour la pègre, ne peuvent pas être servies sans un minimum d'entraînement (en binôme), et sont incapables d'abattre un avion de ligne. La seule chose qui pourrait intéresser un terroriste sont les grenades. 

La police espagnole manque peut-être d'imagination, et certainement d'arguments convaincants. Pour mémoire, un an plus tôt, elle avait assuré que les 20000 treillis de combat neufs saisis en février 2016 dans les ports de Valence et d'Alicante étaient en partance, et à destination de "l'Etat Islamique" en Syrie. On pouvait se demander si celui-ci n'avait pas un sérieux problème cognitif, quelques mois après le début du soutien aérien russe à l'armée syrienne, pour décider d'habiller de treillis centre-Europe neufs et uniformes les légions islamiques qataries présentées comme des civils syriens insurgés dans des agglomérations plus poussiéreuses que vertes. On pouvait aussi se demander si la coalition islamo-atlantique n'avait pas un sérieux problème logistique, pour faire venir d'Espagne des treillis neufs dans un Proche-Orient regorgeant de milices tribales et d'armées débandées où on compte plus de treillis usagés que d'habitants mâles. On pouvait même se demander si les recruteurs qataris et turcs n'avaient pas un sérieux problème de priorité ergonomique, pour équiper d'habits neufs, au-dessus de la cheville, des troupes embabouchées de chaussures de basket chinoises et d'espadrilles pakistanaises. Mais c'est resté la version officielle, les 20000 treillis neufs saisis allaient quitter l'Espagne. A la lumière de l'explication officielle sur les 10000 fusils d'assaut saisis il y a deux mois, on peut se reposer la question de la véritable destination de ces 20000 treillis. 

Pour revenir à l'armement saisi il y a deux mois, l'article le plus significatif cependant est l'obus de mortier, sans utilité pour le grand banditisme comme pour le terrorisme. Seule une armée pourrait être intéressée par plusieurs centaines d'obus de mortiers, c'est-à-dire une artillerie facile à cacher avant le début des hostilités, facile à servir après quelques semaines d'instruction menée par un encadrement militaire professionnel, et surtout légère, maniable, déployable jusqu'au front par (voire sur) de simples voitures de gamme civile, et capable d'apporter un appui feu comparable, sur l'objectif, à celui de l'artillerie lourde, la principale différence étant la portée (distance de tir donc retrait par rapport au front), ce qui est plus gênant dans une campagne mobile que pour la défense de lignes déterminées. A condition bien sûr de disposer de mortiers, absents de l'inventaire qui mentionne pourtant plusieurs centaines d'obus. 

Cela confirme donc ce qu'on avait subodoré, à savoir que ce qui a été saisi par la police espagnole n'est qu'une prise partielle. Un fournisseur aussi bien organisé n'aurait pas acheté, et conditionné pour la livraison, plusieurs centaines d'obus de mortiers, sans avoir prévu également les mortiers correspondants. D'autres livraisons sont donc déjà passées ou en chemin. Un fournisseur aussi bien organisé n'aurait pas non plus avancé de tels fonds sans avoir déjà empoché un marché. Seul un journaliste peut croire, ou espérer faire accroire, que cet arsenal allait être proposé au détail, dans la clandestinité et sur plusieurs années, à des milliers de clients individuels. 

C'était pour un gros client. Pour avoir commandé 10000 fusils d'assaut (s'il n'y avait qu'une tranche de livraison), il fallait qu'il ait l'assurance de pouvoir lever 10000 fantassins, donc de l'ordre de 13000 hommes en comptant l'encadrement officier et sous-officier. C'est vingt fois le bataillon indépendantiste corse qui, au plus fort de la lutte et à l'apogée de son recrutement, a paradé devant la presse le 11 janvier 1996. On l'a déjà relevé, c'est la moitié de l'infanterie espagnole, pour l'essentiel en garnison en Espagne, ou de l'infanterie française, pour l'essentiel déployée hors de France. Planifier la création puis l'instruction d'une telle force n'est pas une mince affaire. Le maître d'œuvre de ce projet est un acteur politique important, déjà organisé. Une ville ne saurait fournir un tel effort de mobilisation, à moins de paralyser totalement son activité économique. Il s'agit donc d'un pays, au sens de la taille d'une grosse province, et pas d'une île comme la Corse ou l'Irlande car les armes n'auraient pas été débarquées et conditionnées sur le continent, ni d'une région périphérique car les armes seraient entrées par des frontières orientales poreuses ou corruptibles. Cette entité détient une certaine légitimité historique, nationale ou morale, nécessaire pour motiver un ou deux milliers d'officiers déjà formés sous un autre uniforme. Elle dispose d'une capacité décisionnelle et organisationnelle (et budgétaire), donc proto-étatique, soit sous la forme du gouvernement actuel d'une province autonome, soit sous la forme d'une organisation clandestine visant la prise de pouvoir dans une province aujourd'hui administrée par un préfet ou légat détaché localement par un gouvernement central. Cette province appartient à un pays sans forces territoriales de recrutement local, sinon il suffirait de les mobiliser, avec leur armement déjà existant, comme le firent la Slovénie et la Croatie au moment de leur sécession. Pour lever une armée de l'ordre de 10000 à 20000 hommes avant même d'être menacée (il est plus facile de mobiliser sous les bombes comme en Novorussie), cette province est certainement peuplée non pas de quelques centaines de milliers d'habitants mais de plusieurs millions. En effet on ne peut pas justifier, en temps de paix, la mobilisation de 5% d'une population, soit 10% de la population mâle ou 20% de la population active masculine, ce qui serait le moyen le plus sûr d'aliéner à la cause tout soutien populaire. Cette province appartient à un grand pays disposant d'une véritable armée, sinon il suffirait de deux ou trois régiments pour affirmer une souveraineté sans combat. Et s'il ne s'agit pas d'une province territoriale homogène mais d'une communauté minoritaire ou majoritaire susceptible de saisir un territoire déterminé, assez rapidement pour pouvoir y constituer une armée régulière, il faut considérer que le territoire visé par cette communauté de plusieurs millions de personnes est peuplé aujourd'hui d'une dizaine de millions d'habitants voire plus. 

Ce qui se prépare n'est pas une simple action de communication, c'est une véritable communication d'action. L'image y jouera un rôle, sans cela il reviendrait moins cher d'acheter dix mille Kalachnikov, robustes, très faciles à manipuler après une heure de démonstration, disponibles en état de fonctionnement en Europe centrale, et très bon marché. Préférer la re-militarisation laborieuse d'armes occidentales achetées neutralisées est certainement un choix stratégique visant la construction d'une image expressément distincte de celle d'une milice d'insurgés va-nu-pieds du tiers-monde. Dans le cadre de cette assertion visuelle, effectivement un habillement propre et uniforme est obligatoire. Et évidemment, au-delà des mortiers nécessaires à l'affirmation spectaculaire, sur quelques ponts, cols et carrefours, de la frontière déclarée, il faut aussi les munitions de petit calibre, à savoir au moins une "unité de feu" (une journée de consommation) pour ces 10000 fusils d'assaut, dans deux calibres OTAN... certainement disponibles dans les dépôts de munitions nationaux ou fédéraux que la nouvelle armée provinciale devra saisir sur son territoire, à condition d'en avoir déjà un minimum. Même si peu d'Etats ont les moyens d'affronter une infanterie de 13000 hommes déployée un petit matin dans une région d'Europe occidentale, il faudra des combats d'assertion, comme la prise symbolique des postes frontières yougoslaves par la milice territoriale slovène sur les frontières italienne et autrichienne, hors d'atteinte d'une réaction fédérale mais nécessaires au changement de drapeau et à l'affirmation de souveraineté internationale. Il faudra donc des munitions, mais on peut envisager la constitution d'une armée en deux types d'unités, celles d'élite armées de rutilants CETME-L en plastique vert et dotées à l'avance de munitions de 5,56 relativement faciles à trouver pour un acteur proto-étatique, et les unités de deuxième échelon armées de plus anciens CETME-C à fût et crosse de bois pour lesquelles il faudra saisir de vieux stocks de munitions 7,62. La presse sera convoquée aux opérations initiales des unités du premier type. On peut attendre une opération tactico-visuelle similaire à celle du 6 avril 1992, lorsque plusieurs milliers de djellabahs blanches furent déployées au petit matin, en relativement bon ordre, dans une province qui n'allait pas tarder à redécouvrir les vertus tactiques du camouflage vert ou bariolé dont une communauté avait voulu symboliquement se démarquer. Sauf que là il ne s'agira pas d'un accoutrement exotique mieux assorti avec le sabre à décapiter qu'avec même la Kalachnikov, mais au contraire d'une apparence volontairement moderne, de fusils d'assaut d'aspect occidental et vraisemblablement de tenues impeccables. Il s'agira d'affirmer une souveraineté préparée, et de dissuader un gouvernement national ou fédéral surpris. 

Quel que soit le futur Etat en question, son projet est déjà fort avancé sinon il ne se lancerait pas dans une telle dépense, et surtout une telle prise de risque, plusieurs années en amont d'une assertion militaire hypothétique. On n'achète pas 12000 armes de guerre, ou 10000 fusils d'assaut, sans avoir évalué le besoin stratégique et sans disposer de la ressource humaine. On n'engage pas une telle dépense sans être sûr d'en avoir besoin, et on ne prend pas le risque physique du stockage, et surtout le risque politique d'une découverte, des années avant l'utilisation. Des objectifs ont été fixés pour une date déterminée. A un tel stade d'avancement du projet politique, l'interception d'une livraison même majeure est un inconvénient, pas un obstacle. Les armes saisies n'étaient qu'un moyen, et elles seront (ou sont déjà) remplacées, par le même fournisseur ou par un autre. 

Certainement pas encore instruite, cette armée existe donc déjà sur un tableau d'organisation et d'effectifs, nominatif ou numérique. Après mobilisation, et selon le niveau de compétence militaire de l'encadrement qui va l'instruire (et de responsabilité humaine du décideur politique), il ne faudra que quelques semaines pour qu'on puisse la déployer sur le terrain. Cette armée a été pensée pour tenir un territoire déterminé, en Europe occidentale, face à un Etat important. Au stade initial (sans composante aérienne ou renforcements étrangers) elle sera capable, une fois déployée et en mode défensif, de résister à une armée d'un volume de deux à trois fois supérieur, dans le cadre d'un conflit immédiatement interétatique (ce n'est pas le Septième Scénario). On peut tenter de deviner le théâtre concerné, car il reste plusieurs mois avant cette sécession-là.

lundi 17 avril 2017

La mode est aux costumes extraterrestes


20 ans, nouveau titre acoustique d'In Memoriam

Le Premier ministre a l'air bien seul avec ses appels au calme

     Dans le métro, on ne trouve plus de trace de l'écran de gêne qui entrave habituellement les gestes des passagers. Les inconnus se parlent, ils ne s'abordent plus. Une bande en conciliabule à l'angle d'une rue. Des rassemblements plus vastes sur les boulevards qui discutent gravement. Les assauts se répondent d'une ville à l'autre, d'un jour à l'autre. Une nouvelle caserne a été pillée puis brûlée. Les habitants d'un foyer expulsé ont cessé de tracter avec la mairie : ils l'habitent. Dans un accès de lucidité, un manager vient de refroidir, en pleine réunion, une poignée de collègues. Des fichiers contenant l'adresse personnelle de tous les policiers et gendarmes ainsi que des employés de l'administration pénitentiaire viennent de fuiter, entraînant une vague sans précédent de déménagements précipités. Dans l'ancienne épicerie-bar du village, on apporte l'excédent que l'on produit et l'on se procure ce qui nous manque. On s'y réunit aussi pour discuter de la situation générale et du matériel nécessaire pour l'atelier mécanique. La radio tient les insurgés informés du recul des forces gouvernementales. Une roquette vient d'éventrer l'enceinte de la prison de Clairvaux. Impossible de dire si c'est un mois ou des années qui se sont écoulés depuis que les " événements " ont commencé. Le Premier ministre a l'air bien seul avec ses appels au calme. 

comité invisible, L'insurrection qui vient

De la guérilla à la guerre révolutionnaire


Le grand tournant, en matière de guerre insurrectionnelle, a été pris, à la fin des années 1930, par Mao Zedong. 
     Ayant réussi à échapper, au terme de la Longue Marche (1934-1935), à une ultime campagne « d’encerclement et d’extermination » menée par les troupes du Guomindang, les rescapés du parti communiste se réorganisèrent. 
     C’est dans les circonstances dramatiques de cette retraite que Mao Zedong s’assura du pouvoir et que, par la suite (1936-1938), il définit sa stratégie. Jusque-là, depuis des temps immémoriaux, la guérilla était une technique d’irréguliers, fondée sur la surprise et la mobilité, destinée à affaiblir une armée régulière (comme en Espagne entre 1808 et 1814). 
     Parfois, avec les mêmes techniques, on épaulait une armée régulière contre un adversaire étranger. Il s’agissait alors d’une guerre de partisans, comme en Russie en 1812. 
     Pour Mao Zedong, la guerre révolutionnaire, fondée, au début, sur la surprise, la mobilité et le harcèlement, est destinée, de façon ultime, à s’emparer du pouvoir
     C’est grâce à la mobilisation, à l’organisation des populations et à la propagation d’une idéologie, que la technique irrégulière de la « petite guerre » se transforma en guerre révolutionnaire. L’encadrement par la persuasion et la coercition des populations constituait toute la différence entre la guérilla traditionnelle (ou la guerre de partisans), et la guerre révolutionnaire. Celle-ci, avec le temps, transformait sa faiblesse initiale en force, grâce à une emprise progressive sur la population. 
     L’originalité de Mao Zedong résidait dans la politisation de la guérilla. Cela consistait à mobiliser la paysannerie pauvre (les insurrections ouvrières avaient été écrasées) à l’aide de cadres moyens qui s’implantaient auprès des populations, après avoir éliminé les agents de l’État, et à susciter des hiérarchies parallèles remplaçant ces derniers. 
     Ce processus partait du village, où s’organisaient la production et l’autodéfense, pour déboucher à l’échelle de la province, où combattaient les éléments les plus militants et, par la suite, au niveau national. 
     Cette division à trois niveaux a été reprise par de nombreux mouvements comme les Vietnamiens ou, par exemple, les militants du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, comme j’ai pu le constater en 1964-1966. 
     C’est administrativement qu’il faut contrôler le pays. 
     Les rapports entre les combattants et la population doivent rester aussi étroits que possible. Il faut veiller, par l’intermédiaire des commissaires politiques, à la bonne tenue des combattants qui doit contraster avec le comportement corrompu de l’armée nationale. 
     Divers facteurs concourent au succès des communistes : 
     - L’invasion japonaise, permettant la mobilisation contre une invasion étrangère ; 
     - L’espace chinois, qui constituait en lui-même un sanctuaire ; 
     - L’effondrement des troupes nationalistes en 1947-1948, dû à des causes économiques, dont l’inflation, et au désarroi moral. 

Gérard Chaliand, L’impasse afghane

dimanche 16 avril 2017

Georges Delerue: Platoon - Finale

Le PS en mode médiéval


Sète : Promue par les islamistes, une entreprise de « vêtements islamiques » voile les fillettes de 2 ans


Signe de l’islamisation rapide que connait la France, une entreprise de « créateurs de mode musulmans » proposent sur leur site internet (voir ici) des vêtements intégrant le voile islamique pour de jeunes enfants de sexe féminin. Située à Sète, dans l’Hérault (Occitanie), l’entreprise « Moultazimoun » propose ainsi des « jilbabs » – « tchadors » en Iran – pour les petites filles de deux ans :





La marque a les faveurs des islamistes radicaux, à l’instar des Frères Musulmans animant le site internet « Al Kanz » (voir ici). Ce dernier milite tout aussi bien pour le port de la burka en France que pour les prières islamiques en entreprises (source).

Les députés fédéraux canadiens condamnent l’islamophobie


La Chambre des communes a adopté la motion d’une députée libérale condamnant l’islamophobie, jeudi. La motion M-103, présentée par la députée de Mississauga–Erin Mills, en Ontario, Iqra Khalid, a été adoptée par plus des deux tiers des élus présents lors du vote. 

Cette motion a fait l’objet de débats acrimonieux, ses opposants accusant ses partisans de vouloir limiter la liberté d’expression et même de vouloir approuver la charia au Canada. Les libéraux et les conservateurs se sont mutuellement accusés de profiter de la montée des préjudices et des crimes haineux à l’endroit des musulmans pour jouer à la «petite politique». 

Mme Khalid a été fortement applaudie par ses collègues libéraux lorsqu’elle s’est levée pour appuyer la motion. 

L’enjeu est même devenu une pomme de discorde parmi les candidats à la direction du Parti conservateur. Michael Chong a voté pour la motion, tandis que ses adversaires Andrew Scheer, Steven Blaney, Brad Trost, Kellie Leitch, Erin O’Toole et Maxime Bernier s’y sont opposés. 

La résolution, appuyée par le député de Pierrefonds–Dollard, Frank Baylis, demandait à la Chambre des communes de condamner l’islamophobie et «toutes les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques». Elle demandait aussi qu’un comité entreprenne une étude sur la façon dont le gouvernement pourrait éliminer ce problème et recueillir des données sur les crimes haineux. 

Les opposants conservateurs soutenaient que le mot «islamophobie» était trop vague et pouvait inclure toute forme de critique contre l’islam. D’autres considéraient que la motion ne ciblait qu’une seule religion. 

Faisant fi des opposants et des commentaires racistes sur les réseaux sociaux, Mme Khalid a vigoureusement défendu sa motion tout au long du processus parlementaire. Prétendre que la motion permettrait l’imposition de la charia au Canada est «outrancier», a-t-elle affirmé. 

«M-103 ne donne pas des privilèges à une religion ou à une communauté aux dépens des autres, a-t-elle déclaré à la Chambre des communes. M-103 ne restreint pas la liberté d’expression. La motion n’est pas juridiquement contraignante.» 

Les néo-démocrates ont appuyé la motion, même si la députée de Vancouver-Est, Jenny Kwan, a dénoncé les libéraux et les conservateurs pour s’être adonnés à des joutes politiques sur ce sujet.

Libéralisme et conservatisme face au transhumanisme


Vous critiquez tous deux le transhumanisme. Mais où fixer la limite d'un "bon" progrès technique ?
L. S.-B. : Vous posez la grande question qui occupe les conservateurs : la limite de la limite. Le principe fondamental est d'empêcher le marché de s'introduire là où il n'a pas vocation à être, l'ordre humain. Pour un conservateur, on peut vendre ses services à une entreprise, mais on ne se vend pas soi-même. Il faut donc séparer les ordres, celui des objets - les choses - et des sujets - les êtres humains. J'ajouterais que toute évolution technologique doit justifier sa nécessité : c'est à celui qui innove de prouver que son innovation est absolument nécessaire, non à celui qui veut conserver ce qui existe. Ensuite, il est possible, même si c'est toujours délicat, de distinguer les progrès techniques bénéfiques - comme la possibilité de soigner les maladies graves - de simples progrès de confort.
J.-C. M. : Il existe dans le libéralisme une tension constante entre son pessimisme anthropologique (l'homme ne saurait agir que par intérêt) et son optimisme technologique (grâce à la science, l'homme deviendra progressivement "maître et possesseur de la nature"). Il devait donc forcément arriver un moment où les progrès continuels de la science et des techniques engendreraient la conviction qu'il était désormais possible de s'attaquer à la nature humaine elle-même et de la rendre plus "parfaite". Mais comme cet idéal de perfection ne peut recevoir le moindre sens moral dans une optique libérale axiologiquement neutre, il ne pouvait donc conduire qu'au projet "transhumaniste" d'une augmentation indéfinie des performances physiques de l'être humain et de son aptitude à la "rationalité", c'est-à-dire au calcul égoïste. C'est ici que "l'empire du moindre mal" (encore marqué par la notion de limite) doit céder progressivement la place à ce "meilleur des mondes" au sein duquel l'idée même de limite aurait définitivement perdu tout son sens. C'est ce que Marx avait déjà perçu lorsqu'il écrivait que le capitalisme ne pouvait connaître "aucune limite naturelle ou morale".

Jean-Claude Michéa-Laetitia Strauch-Bonart : peut-on être libéral et conservateur ?, Le Figaro, vendredi 13 janvier 2017

Canned Heat - On The Road Again

Santé : les ravages de la maladie du soda

Six millions de Français sont atteints par la Nash, pathologie du foie gras humain. En cause, l'hygiène de vie. Un fonds vient d'être créé pour faciliter son dépistage. 

C'est une pathologie silencieuse qui se développe lentement sans aucun symptôme. Et qui, pourtant, suscite une profonde inquiétude chez les médecins. En France, les patients atteints de la maladie du «foie gras humain» ne cessent de progresser. Entre 25 et 30 % de la population seraient concernés. Des statistiques «sûrement sous-estimées», alerte Raluca Païs, hépatologue à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), à Paris. 

Sédentarité, diabète, malbouffe, obésité... Au fil des années, le foie se gorge de graisse car il n'a plus la capacité de la transformer. Des années plus tard, certains malades développent la Nash, l'acronyme anglais de la stéatose hépatique non alcoolique. Le foie s'enflamme, des lésions hépatiques apparaissent. Six millions de Français en seraient atteints, soit 12 % de la population. Quand les signes de fatigue s'installent, il est souvent trop tard. Et seule la biopsie, prélèvement d'une petite partie de l'organe, permet de faire un diagnostic. 

Épidémie silencieuse 
Pour la première fois, un fonds de dotation, baptisé The Nash Education Program, vient d'être créé par un comité scientifique français et la société Genfit, une des plus grandes entreprises de biotechnologie européennes qui finance également le projet. Avec à la clé 1,9 M€ pour sensibiliser le public et les professionnels de santé à travers des actions contre ce que cette nouvelle fondation appelle une épidémie silencieuse. 

Les chiffres affolent : 5 % des malades de la Nash développeront, à terme, un cancer du foie. En 2020, les experts s'attendent à ce qu'elle devienne la première cause de transplantation hépatique en France, devant l'hépatite C. L'alcool en cause ? Pas du tout. Le mythe de la cirrhose, conséquence d'un penchant immodéré pour la bouteille, ne tient pas. «C'est une pathologie qui culpabilise les patients car les médecins, qui ne sont pas toujours bien informés, se disent : Cette personne boit», explique Jean-François Mouney, président de Genfit, dont l'entreprise teste un médicament. Car, pour l'instant, aucun traitement n'existe. 

Conséquence de l'obésité 
Face à la progression de cette affection, les sociétés de biotechnologie sont de plus en plus nombreuses à chercher un remède : «Il y a cinq ans, on était trois à travailler sur le sujet, désormais on est cent.» Difficile de soigner cette maladie multifactorielle, sorte de cocktail fatal. Elle est d'abord une conséquence de l'obésité. D'après l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l'Hôpital Georges-Pompidou, à Paris, près d'un homme sur deux et une femme sur trois sont en surpoids. Trop de graisses, sucres, boissons gazeuses... «C'est pour cette raison qu'on appelle la Nash la maladie du soda», précise Jean-François Mouney. La sédentarité est aussi un facteur clé. 

Alors, il faut sensibiliser les médecins, alerter l'opinion publique. D'autant que 20 % des décès de la Nash sont dus à des complications cardio-vasculaires. Mais comment faire ? «Il faut améliorer le dépistage. Grâce à ce fonds de dotation, on veut trouver un diagnostic plus simple et moins invasif qu'une biopsie», explique le professeur Bertrand Cariou, diabétologue et membre du comité scientifique chargé de développer la connaissance de cette maladie entre les professions. «On n'a pas le choix. Cette épidémie, déjà en hausse, risque d'exploser dans quinze à vingt ans. C'est une course contre la montre.»

samedi 15 avril 2017

Quand le niqab permet de contourner l'interdiction de la cagoule en Suède...


Najat V. Belkacem signe un accord pour enseigner l’arabe en primaire


En déplacement en Tunisie vendredi 31 mars, Najat Vallaud Belkacem a signé un accord avec le ministre tunisien de l’Education, Néji Jelloul. 

La ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud Belkacem, a rencontré son homologue tunisien, Néji Jelloul vendredi 31 mars. 

D’après le site d’information tunisien, Business News, un accord aurait été signé entre les deux pour enseigner l’arabe dans les écoles primaires françaises. Les deux ministre de l’Education ont également évoqué la création d’une école tunisienne située à Paris. 

Le pays que Dieu a oublié - La Souris Déglinguée

Steppenwolf - Born To Be Wild (Easy Rider) (1969)

Les francs-maçons aussi très présents dans la sphère patronale


Loin d’être l’apanage de la fonction publique, comme cela a été le cas dans le passé, la maçonnerie recrute donc désormais dans tous les milieux, y compris dans la sphère patronale. Pour un dirigeant d’entreprise, le passage « sous le bandeau » ouvre les portes de tous les lieux de pouvoir, et des contre-pouvoirs. S’assurer de l’avancement d’une subvention ou d’un permis de construire, repérer le député qui sera prêt à déposer un amendement favorable, obtenir une décoration pour un cadre, prévoir l’évolution de la législation... Dans tous ces actes quotidiens, il est toujours bon d’avoir le bras long. Mais l’appartenance à la franc-maçonnerie présente un autre intérêt, beaucoup moins connu : permettre aux patrons de nouer des contacts à tous les niveaux hiérarchiques de l’entreprise, y compris la base, pour mieux s’informer. Efficace ? Ils le disent. Certains affirment ainsi que le patron du Figaro, Yves de Chaisemartin, a réussi à nouer des liens privilégiés avec les ouvriers du livre grâce à des connexions maçonnes. Difficile à vérifier bien sûr. S’il y a peu de frères à la CGT, ils sont nombreux, traditionnellement, dans tous les métiers du livre
     Maints dirigeants maçons finissent par devenir des obsédés du renseignement. Peu avant sa mort, en 1987, l’ancien Grand Maître du Grand Orient, Michel Baroin, patron de la GMF et de la Fnac (sa filiale), y avait engagé Nicolas Crespelle comme directeur financier adjoint. Quelques jours plus tard, Baroin appelle Crespelle pour lui demander d’avoir la gentillesse de prendre dans son équipe le fils d’un de ses amis. Crespelle n’a aucune raison de refuser. Le garçon est plutôt sympathique. Le courant passe. Au bout de quelques jours, il finit par lui expliquer qu’il a été placé là dans le but de le surveiller : régulièrement, il doit faire un rapport sur les personnes qu’il voit, avec qui il déjeune ou téléphone. De tels procédés sont évidemment rarissimes ; en plus d’être maçon, Baroin était, il est vrai policier aux Renseignements Généraux. Mais ils dénotent un état d’esprit
     Nombre de patrons célèbres ont ainsi, un jour, « frappé à la porte du temple », selon l’expression consacré. L’aspect philosophique de la démarche y est sans doute pour beaucoup. Mais pas seulement. Christian Blanc, ex-PDG de la RATP et d’Air France, président de Merrill Lynch France et administrateur de Carrefour ? Francis Mer, PDG d’Usinor [ministre de l’Économie de 2002 à 2004] ? Le fabricant de lunettes Alain Afflelou (qui récuse toute appartenance, menace de procès à l’appui) ? Henri Lachmann, [ancien] président du groupe Schneider, membre du conseil de surveillance d’Axa et de Paribas ? Daniel Dewavrin, l’ancien patron d’Epéda-Bernard Faure, ancien patron de la très puissante fédération patronale, l’Union des industries métallurgiques et minières (UIMM) ? Tous ces « enfants de la veuve » qui ont su se frayer un chemin jusqu’au sommet du pouvoir. Sans oublier Jean Bergougnoux, ex-président de la SNCF, Pierre Eelsen, président d’honneur d’Air Inter ou Jean-Claude Levy, ancien président de Framatome (qui dément), Jean Syrota, président d’honneur de la Cogema (qui dément aussi !). Quant à Bernard Esambert, l’ancien président de la Compagnie financière Edmond de Rothschild, aujourd’hui membre de l’Autorité des marchés financiers, il affirme également qu’il n’appartient à aucune loge*. 

*Ce dernier a participé à la conférence Bilderberg en 1980 avec Ernest-Antoine Seillère

Ghislaine Ottenheimer, Renaud Lecadre, Les frères invisibles

Former et se former

Nous qui avons tant usé des loisirs autorisés par la démocratie marchande, que nous en est-il resté ? Qu'est-ce qui a bien pu un jour nous pousser à aller jogger le dimanche matin ? Qu'es-ce qui tient tous ces fanatiques de karaté, ces fondus de bricolage, de pêche ou de mycologie ? Quoi, sinon la nécessité de remplir un complet désoeuvrement, de reconstituer sa force de travail ou son "capital santé" ? La plupart des loisirs pourrait aisément se dépouiller de leur caractère d'absurdité, et devenir autre chose que des loisirs. La boxe n'a pas toujours été réservée à faire des démonstrations de le Téléthon ou à donner des matchs à grand spectacle. La Chine du début du XXe siècle, dépecée par des hordes de colons et affamée par de trop longues sécheresses, a vu des centaines de milliers de paysans pauvres s'organiser autour d'innombrables clubs de boxe à ciel ouvert pour reprendre aux riches et aux colons ce dont ils avaient été spoliés. Ce fut la révolte des boxers. Il ne sera jamais trop tôt pour apprendre et pratiquer ce que des temps moins pacifiés, moins prévisibles vont requérir de nous. Notre dépendance à la métropole - à sa médecine, à son agriculture, à sa police - est telle, à présent, que nous ne pouvons l'attaquer sans nous mettre en péril nous-mêmes. C'est la conscience informulée de cette invulnérabilité qui fait l'autolimitation spontanée des mouvements sociaux actuels, qui fait redouter les crises et désirer la "sécurité". C'est par elle que les grèves ont troqué l'horizon de la révolution pour celui du retour à la normale. Se dégager de cette fatalité appelle un long et consistant processus d'apprentissage, des expérimentations multiples, massives. Il s'agit de savoir se battre, crocheter des serrures, soigner des fractures aussi bien que des angines, construire un émetteur radio pirate, monter des cantines de rue, viser juste, mais aussi rassembler les savoirs épars et continuer une agronomie de guerre, comprendre la biologie du plancton, la composition des sols, étudier les associations de plantes et ainsi retrouver les intuitions perdues, tous les usages, tous les liens possibles avec notre milieu immédiat et les limites au-delà desquelles nous l'épuisons; cela dès aujourd'hui, et pour les jours où il nous faudra en obtenir plus qu'une part symbolique de notre nourriture et de nos soins.

comité invisible, L'insurrection qui vient