mercredi 23 mai 2018

Conférence Dextra du 25/05 : L'essence politique selon Julien Freund, par Rémi Soulié


Chers amis, chers camarades,

Pour cette nouvelle conférence Dextra, du 25 mai 2018, nous avons la joie et l'honneur de recevoir Rémi Soulié, spécialiste de la pensée politique, qui viendra traiter d"un sujet essentiel pour qui souhaite appréhender la Politique, à savoir

L'essence politique selon Julien Freund

Nous vous attendons nombreux et ponctuels pour cette nouvelle conférence.

A vendredi !

dimanche 20 mai 2018

J’aurais planté mes dents avec plaisir dans son élégante carcasse

J’étais là, dans ce petit monde pourri, pas meilleur que les autres, intoxiqué jusqu’aux moelles, me demandant pourquoi je gâchais mon temps et ma vie, conscient donc mais incapable de m’arracher, quand un soir Clercy, un jeune fonctionnaire du Commissariat de la République, est venu tourner autour de notre table. 
     Il formait groupe d’ordinaire avec un professeur du lycée et deux amis attachés aux Affaires civiles. On ne se saluait pas. Ils s’installaient à l’écart, près du tunnel, misaient petit et ne buvaient que des whiskies-soda. De temps en temps, ils allaient fumer une pipe d’opium et je les avais entendus, étendus sur la natte, évoquer les souvenirs de leur jeunesse bourgeoise. Ils se voulaient nonchalants et blasés et je voyais bien comment ils étaient en train d’emmagasiner des souvenirs pour plus tard, petits jeunes gens qui se dévergondaient avec prudence et qui croyaient aller au fond de la débauche et goûter à la vraie vie coloniale avec deux whiskies, trois pipes et un tour de poker. Ils étaient gentils, bien élevés, et quand ils juraient, c’était entre guillemets. Dans trois ou quatre ans, me disais-je, ils seraient rentrés dans le rang. Je n’aime pas les gens qui truquent avec la vie, qui n’y engagent que le bout des doigts, qui trouvaient que c’était pittoresque chez Tso-I – je les avais entendus – et qui ont toujours une sortie de secours. Pour eux, il n’y avait rien d’irrémédiable, ils ne connaissent que des sentiments très dilués, ceux qu’on éprouve quand l’essentiel est toujours préservé, hop la pièce est finie, redonnez-moi mes gants et mon chapeau, appelez mon chauffeur et vite à la maison. 
     Je regardais Clercy qui fumait à deux pas de nous, l’œil cligné en suivant la partie. Ce soir, ses copains n’étaient pas venus. Il s’ennuyait. Il avait bien l’air de ce qu’il était, un puceau de l’aventure. J’aurais planté mes dents avec plaisir dans son élégante carcasse. Il m’agaçait les canines avec ses manières à fleur de peau, sa façon de vivre au second degré, spectateur d’abord et outillé comme pas un pour réparer les avaries. Ce n’est pas moi qui l’ai provoqué mais Louvion. J’étais juste en train de l’imaginer dans vingt ans, bien recasé en France après les grands désastres coloniaux qui nous menaçaient, directeur ou administrateur de quelque chose dans un ministère, préfet peut-être – il avait une dégaine de futur préfet – bien vêtu, les tempes grisonnantes, et comment il raconterait sa jeunesse bambocheuse, les intrigues asiatiques si complexes et le virées dans le méchant tripot de Tso-I aux dames de la société. Le les voyais, ces bonnes dames frissonnantes, j’entendais leurs petits cris admiratifs et horrifiés. 
     Oui, c’est Louvion qui l’a provoqué en l’invitant à notre table. Clercy a hésité. Il devait avoir une grande soirée morte devant lui car il s’est assis. « Pourquoi pas » nous a-t-il dit. Il avait vraiment l’air de celui qui s’encanaille. Je l’aurais calotté

L’homme de proie, Jean Hougron

Muriel Robin - Le noir


L'affaire Clearstream - Monsieur K

La France était autrefois catholique, aujourd'hui, elle est cathodique


Reportage Arte : Baisse du QI, troubles du comportement et autisme en hausse

The Cranberries - Just My Imagination

Macron : élections par défaut, autosatisfaction à tous les niveaux


Alors que le choix des journalistes par le nouveau Président de la République Emmanuel Macron avait suscité tollé parmi les journalistes, il s’avère que le jeune Président soit rentré, de nouveau, en état de grâce auprès journalistes, trop apeurés de perdre leurs prébendes, eux aussi. Ce léchage de bottes est même allé jusqu’à comparer Macron à Obama. Voilà pour l’information, de la communication, mais aucune réflexion, comme toujours. 

Cet état de grâce se retrouve aussi au sein de la population. C’est une énorme claque que les politiciens professionnels (c’est-à-dire qui n’ont jamais travaillé de leur vie) ont dû subir lors du premier tour des élections législatives. Mince alors, que vont-ils faire ? Travailler de leurs propres mains ? Sûrement pas. Pour la première de leur vie, ils connaîtront Pôle emploi, même si au début, ils conserveront les 6 000 euros par mois. L’inquiétude sur leur visage doit être un moment à imprimer dans nos mémoires. Encore ont-ils de la chance, car les Français qui s’inscrivent à Pôle emploi sont dans des difficultés toutes autres, mais espérons néanmoins qu’ils arrivent à voir ce qu’est la difficulté est l’injustice sociale. Espérons aussi qu’ils doivent aller à leur rendez-vous sur place, tout en rencontrant les chances pour la France, qu’ils se mélangent, et voient bien le fossé que chaque Français doit affronter lors de ces moments-là

Hormis l’absence de conviction d’un Stéphane Le Foll ou un Thierry Solère (qui se singularise par son absence de conviction : UMP, puis candidature dissidente en 2012 après un parachutage d’un autre UMP, puis LR de nouveau, et appel en faveur d’En Marche), tous les autres n’ont pas résisté, car ils n’ont vendu leurs principes que trop tard. Fini les vieux caciques et gros bourgeois donneurs de leçons, qui passaient leur temps à mentir tout en faisant culpabiliser les citoyens. Cela leur apprendra à se défendre de toute forme de corruption, après avoir multiplié les mises en examen

Le dégagisme a cela de bon, et de meilleur qu’une alternance, que le changement, non pas politique, malheureusement, mais du personnel politique, qui rafraîchit les rangs de l’Assemblée. Pôle emploi va connaître deux cents nouvelles personnes, avec un CV tout vide. Mince alors, où leurs femmes iront-elles travailler ? Et leurs enfants ? En fait, on s’en contrefout, ces perdants, que ce soit aux élections ou dans leurs idées, ne méritent que notre mépris le plus profond, mais il faut avouer que cette situation relève du cocasse et fait sourire. 

Quel est le versant du dégagisme ? L’Assemblée nationale va connaître une nouvelle vague de jeunes ou moins jeunes députés, pour la plupart issus de la société civile. Que connaissent-ils du programme de Macron ? La société civile. Que connaissent-ils de la politique ? Absolument rien. Le dégagisme amène une génération d’amateurs, de naïfs et doux rêveurs qui n’ont pas compris que le débat sur les propositions de loi est très limité, qu’il faudra débattre, chaque année, de lois techniques, comme la loi de financement de la sécurité sociale, de la très importante loi de finances. Que connaissent-ils des bleus et jaunes budgétaires ? Absolument rien. Savent-ils le travail effectué dans les commissions parlementaires ? Connaissent-ils les sujets abordés dans ces commissions ? Connaissent-ils un tant soit peu le droit constitutionnel et le droit parlementaire ? Pour la grande majorité, non. Un jeune fonctionnaire de l’Assemblée aura plus de compétences qu’un élu débarqué et ignare. C’est dur comme constat, mais l’état de grâce de ce nouveau parti a pour résultat qu’un âne avec une pancarte En Marche aurait pu aussi être élu. Certains entretiens ont déjà montré le niveau de compétence des futurs élus. Autant les autres étaient corrompus, autant les nouveaux sont d’une simplicité confinant à la bêtise. 

Mais, encore une fois, ils ne servent à rien d’autre qu’à être une réserve de voix pour le Président, qui souhaite outrepasser les compétences du Parlement pour légiférer par voie d’ordonnance : le Parlement autorise le Gouvernement à légiférer sur un domaine de sa compétence, celui-ci édicte l’ordonnance, qui n’entre en vigueur que quand le Parlement ratifie cette ordonnance. L’intérêt ? Le Gouvernement a carte blanche, et surtout, on évite toute forme de débat parlementaire. Avoir 400 députés novices, c’est tellement plus facile pour faire passer des lois qui vont être catastrophiques pour la société, dans tous les domaines. 

 Ce point est conforté par ce que disait le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb : légiférer par voie d’ordonnance, c’est plus rapide et démocratique. Mais quoi de plus normal d’entendre de la part du ministre de l’Intérieur que les mesures quasi-autoritaires sont démocratiques. C’est le même, qui, dans sa ville, a facilité par ses ordres, l’intervention ubuesque de la police à l’encontre du bastion social, synonyme de justice sociale, quand il est permis aux associations, avec le Droit au logement opposable (DALO), de squatter des immeubles, cette fois-ci privés, pour y héberger des dizaines de familles d’immigrés clandestins. 

Aux premiers week-ends d’été, il faut surtout compter sur l’exaspération des Français envers la classe politique, avec pour les journalistes, une toile de fond populiste. Pourtant, ils sont biens tous pourris, menteurs et lâches ces hommes politiques. Et la nouvelle classe politique ne pourra rien y changer, puisqu’elle est autant libérale et progressiste que la précédente, elle a juste un fanion différent. Il faudrait donner à chaque nouveau député, La République des camarades, de Robert de Jouvenel, pour leur montrer qu’ils ne changeront rien, sauf pour eux. Mélenchon lui, voit dans cette exaspération, le rêve d’un grand soir, où l’abstention se muera bientôt en contestation dans la rue. A Mélenchon qui souhaite le grand soir pour ré-enchanter le monde, nous lui opposerons Marcel Gauchet, conscient du désenchantement du monde

Le désenchantement du monde n’est pas synonyme de désespoir. Bien au contraire. Il signe d’une pleine conscience du monde, sans utopie ni hystérie collective d’un monde social meilleur. Il est la pleine conscience du monde qui nous entoure, avec pour réalité des circonstances présentes, le fait que l’individu n’existe pas seul, que seule la collectivité, et à plus forte raison, la communauté existe. Couple, famille, amis, mais encore, communauté politique ou autres associations sont les signes distinctifs par rapport aux Macroniens qui ne jurent que par Macro-économie, tandis que les Français observent et considèrent que l’économie, c’est savoir combien il restera à la fin du mois pour payer son loyer, sa maison, et nourrir ses enfants. Tandis que les progressistes ne jurent que par l’Europe, les Français voient au contraire des règles stupides édictées par Bruxelles, et une déresponsabilisation du politique à ce sujet : « c’est pas nous, c’est Bruxelles ». Quand ces progressistes puants voient l’économie et l’Europe conjuguée, le Français y voit la promesse faite par le politique d’amener de nouveaux migrants clandestins, pour s’accorder aux mesures prônées par le Medef pour faire baisser les salaires. Quand le Président pense à sa villa bourgeoise du Touquet, nous pensons, pas si loin, à Calais. Quand l’électorat bobo et bourgeois de Paris voit en lui l’incarnation du changement, nous voyons, à Paris, la lente déréliction de cette capitale, face à l’insécurité, à l’atteinte physique portée à nos femmes, et à la collaboration complice de tous les libéraux et progressistes, vers le tortueux chemin du cosmopolitisme et du pouvoir d’achat

Quand ils nous parlent de démocratie à l’Assemblée, nous observons qu’ils étaient dix % de présents seulement, pour prolonger l’état d’urgence. Quand ils nous parlent de représentation, avec tous ces députés, nous leur répondrons que la candidate qui a été seconde au premier tour des présidentielles, n’a eu que 8 sièges à l’Assemblée, à cause du scrutin majoritaire verrouillé. 

Enfin, à ceux qui ont perdu leur place de député et parlent de parti unique, c’est une erreur terminologique. Le parti unique existe encore dans certains Etats, et la situation est tout autre. Mais nous sommes bien dans une situation très grave, car elle s’inscrit dans un contexte de soft-totalitarisme, où les mesures graves et liberticides, celles qui vont amplifier l’injustice sociale et les rapports de force interethniques (voulus par les politiques et pas par nous), vont être prises à l’Assemblée et surtout au Gouvernement. Mais, d’un autre côté, il restera au Français le choix de consommer, de s’amuser et de se divertir pour oublier. Alors prends ton téléphone, mets ton casque, balade-toi en trottinette et regarde sur Internet les nouveautés en matière d’objets connectés, avant d’aller en after-work pour discuter avec tes collègues du bienfait de Macron pour les startups. 

Les autres se rapprocheront de leurs familles, au sens propre, et au sens politique. Sans haine ni violence, ils voueront aux gémonies la lâcheté de l’homme moderne, sa veulerie et sa capacité à tout accepter, dans le même état d’acceptation que le cocu au courant de sa situation d’homme abusé. Mais cela ne nous regarde pas. Il est hors de question, pour les mois et années à venir, que ceux qui ont soutenu ce nouveau Parti du petit dictateur se plaignent de quoi que ce soit. En participant à l’asservissement, ils ont perdu, de facto, leur droit à la parole et à la contestation. 

Pour les autres, et autant que faire se peut, le combat est à continuer, car comme le discernait si bien Maurras, « le désespoir en politique est une sottise absolue ».

samedi 19 mai 2018

Le Petit Théâtre des Opérations - Prière de ne pas énerver le légionnaire

ZZ Top - Legs

I Will Not Fall - Wire Train

A lire : Le miel de Slobodan Despot

Le premier roman de Slobodan Despot, bien connu comme éditeur et essayiste, nous emmène dans la Krajina, république serbe enclavée en Croatie, dont les 250 000 habitants durent fuir lors de l’opération militaire « Tempête », déclenchée par le président croate Franjo Tudman en 1995. C’est Véra, l’herboriste qui raconte à un narrateur serbe ayant vécu en Suisse l’histoire de Vesko le Teigneux parti à la recherche de son père, le vieux Nikola, oublié en Krajina au moment des troubles et resté seul dans sa petite maison avec ses ruches. Laissant sa famille en sûreté en Serbie, il prend la route, aidé par Lossev, un Russe combinard qui lui fournit de faux papiers, et pénètre au cœur du territoire ennemi sous l’identité d’un inspecteur de l’ONU. Oscillant sans cesse entre la peur d’être arrêté, la « yougostalgie » des temps de paix et la résignation – ce « fatalisme désinvolte tenant lieu de sens commun sous ces latitudes » –, Vesko est aussi hanté par la honte. Honte de ne pas être comme son frère Dusan, qui s’est battu durant la guerre. Une honte mêlée de jalousie : « Il n’avait rien à foutre de leur guerre, non, ni de leurs idées – n’empêche : il les enviait ! Il crevait d’envie ! Avant de mourir, avant de transformer le pays en champ de ruines et d’endetter tous leurs descendants, ils auraient vécu, eux ! » 
Honte face à ce vieux père qu’il a sans doute négligé et qui, aujourd’hui, malgré son âge et son isolement social, semble mieux se débrouiller que lui dans cette terre chaotique en proie aux luttes intestines. « Mais la terre ne signifie plus grand-chose, déplore le vieil apiculteur. Jadis, nos gens se faisaient tuer pour elle. Mais c’est une drôle d’époque, un temps de lièvres. » Là où, en temps de crise, le fils planifié tout et se laisse prendre par la panique, le père, mutique et impassible, improvise et se tire des situations les plus délicates. Chargeant la voiture de pots de miel, il lâche du lest au fur et à mesure du voyage, les utilisant comme bakchich au gré des obstacles de la route. Le roman, dont les dialogues sont remarquables, est émaillé de considérations diverses, sur l’instrumentalisation des ONG ou sur les différences esthétiques entre les imageries catholique et orthodoxe. En écho à la plainte de Nikola regrettant que « les gens ne savent plus rien faire pour autrui, même pas mourir », Vera, tirant la morale de son récit comme d’une fable, nous rappelle que dans la paix comme dans la guerre, chaque geste compte. 

Eléments n°151

"La guerre d'Indochine est une guerre de sergents, de lieutenants et de capitaines. Ceux-là se font tuer ; les autres en profitent."

Un colonel passa, en petit short, ventripotent, la badine sous le bras. Kervallé serra le bras de Jérôme à lui faire mal.
     - Regardez, ils sont tous comme ça, bien gras, contents d'eux, buvant et bâfrant avec des digestions lourdes et de longues siestes en compagnie de leurs congaïes ou de leurs secrétaires, et pendant ce temps nous autres, les maigres, on se fait crever.
     "Vous avez écrit un jour, monsieur Jérôme : "La guerre d'Indochine est une guerre de sergents, de lieutenants et de capitaines. Ceux-là se font tuer ; les autres en profitent." Comme c'était vrai !
     - Pourquoi ne quittez-vous pas Hanoï ? Rentrez en France.
     - Ma famille,  c'était mon bataillon. J'ai perdu ma famille, ma maison est détruite, mais je continue à tourner autour des ruines. C'est à cette terrasse, c'est autour de cette table que nous nous retrouvions tous quand nous venions en permission.
     - Que cherchiez-vous dans l'armée ?
     - Je ne sais pas... Kervallé réfléchissait et une profonde ride barrait son front. Je ne sais pas... C'est peut-être de ne jamais me sentir seul, d'être lié avec d'autres types par des gestes, des habitudes, une façon à soi de se traiter d'andouilles...
     - L'amitié ?
     - Ce n'est pas tout à fait ça. Dans l'armée on ne choisit pas ses amis, on vous impose des camarades que vous pouvez aimer ou haïr, mais qui vous sont vite indispensables.
     Jérôme se leva. Le lieutenant avait oublié sa présence et s'en était retourné vers ses camarades morts à Dien-Bien-Phu.
     Sa détresse toucha Jérôme. Ce parachutiste vaincu, qui buvait comme une éponge, c'était l'image du Corps expéditionnaire dans ce qu'il avait de meilleur.


Jean Lartéguy, Le mal jaune

vendredi 18 mai 2018

Terrorisme et crime organisé : suivez la piste économique [Jean-François Gayraud]

Promesses de campagne ? Moi, je dis...

Que faire ?


Reprendre le titre d’un ouvrage de Lénine semble quelque peu présomptueux mais appelle surtout à une réflexion profonde. Que faire n’appelle pas ici à la révolution bolchévique mais à tout un ensemble de discussions que chacun a pu ou pourrait avoir dans le cadre de discussions politiques. 

Sans énumérer tous les thèmes de combat et de participation à la vie publique qui sont nécessaires voire impérieux (immigration, Union européenne, délinquance, nucléaire etc…), le constat par les faits, les discours et la pratique montre bien l’ancrage profond des problèmes dans lequel nous sommes aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle de nombreux groupes et partis en France et en Navarre sont présents et militent par tous les moyens mis à leur disposition. C’est aussi la raison pour laquelle un parti comme le Front national bénéficie de scores électoraux encore jamais obtenus depuis sa création, et devenant la première mission du gouvernement : combattre ce parti, même si pour cela, on oublie l’immigration, le chômage, la dette, et tous les problèmes auquel un gouvernement « normal » devrait s’attacher, mais que veut dire normal aujourd’hui… 

Que faire ? est un appel à notre sens des responsabilités, à notre devoir en tant que Français patriote. Aller dans la rue, manifester, coller, tracter, écrire des pamphlets ou encore pour d’autres prendre conscience des dangers se manifestant par la réalité des circonstances présentes. Cependant, notre plus grand ennemi, à partir du moment où la prise de conscience a été admise (ce qui est un long travail parfois, et qui est malheureusement encore minoritaire), notre plus grand ennemi donc est le défaitisme. Ce dernier se manifeste souvent via des raisons diverses, mais a toujours la même résultante : oui le monde est sale, oui la société est violente et bigarrée, oui les multinationales nous font avaler du poison quotidiennement, et alors, que pouvons-nous y faire ? 

Très bien, mais alors, devons-nous attendre d’attraper diverses tumeurs pour nous rendre compte que la malbouffe et les OGM nous détruisent biologiquement ? Devons-nous attendre que les vagues (et déferlantes) de l’immigration massive soient une banalité ? Il est trop facile de rester dans son propre confort, de conclure sur une vision pessimiste de la société et de l’homme pour ne plus avoir à se dire que quoi que l’on fasse, il est trop tard

C’est bien cet ennemi qu’est le défaitisme, souvent ancré au plus profond de nous qu’il faut combattre, comme peut l’être la peur, et qui peut paralyser ou stopper toute réflexion militante. Il est tard, mais il n’est pas trop tard, la situation appelle à l’urgence en effet, le feu se déclare, mais l’incendie peut être éteint. 

C’est une réflexion naïve et idéaliste dirons certains, peut-être, mais l’ambition n’est pas de tout changer au niveau national, tout au moins dans le cadre d’une vision pragmatique, pourtant la solution est là devant vos yeux : que ce soit en observant les différents groupes politiques qui militent, ou en lisant les œuvres du Comité invisible (qui eux aussi l’ont prouvé par la pratique), le plus important est la constitution d’une commune, de communes si cela est possible (et cela peut l’être au cas par cas). 

Cela est possible parce que la vision défaitiste est accompagnée d’une réflexion surannée de la société : oui cela serait trop tard si nous vivions dans un Etat proprement constitué : mais réveillez-vous ! Nous ne sommes plus dans un Etat constitué : nous sommes bien sur les papiers en démocratie, mais comme le remarquent la plupart des juristes, il n’y a plus d’Etat de droit en France, nos frontières sont avalées par des grands blocs (financiers ou politiques), et c’est aux membres de la Cité eux-mêmes de se défendre, le pouvoir régalien réservant sa police et son armée à se protéger et non plus à protéger

Nous vivons aujourd’hui dans ce que Bernard Wicht nomme « les nouvelles féodalités » : ce sont des groupes constitués qui sont aptes à se défendre et à se financer qui représentent les nouvelles entités politiques : multinationales, criminalité souterraine et/ou organisée, groupes de citoyens très aisés. 

C’est à partir de ce postulat qu’il faut répondre au défaitisme : la constitution des communes par des groupes politiques constitués : que ce soit via des associations, des groupes d’intérêts, via une grande famille, ou encore (et peut-être surtout) grâce à une vision politique commune permettant de garder et sauver ce qu’il est toujours possible de sauver. 

L’exemple typique, par trop montré par les médias (car un journaliste en 2015 aime ce qui brille et faire de la caricature, bref, c’est un enfant qui a le droit de diffuser sur l’ensemble du territoire…), ce sont les « milices » (gilets jaunes, voisin vigilant etc.). Mais il ne montre pas les villages et villes qui mettent en place le troc et le SEL (système d’échange local), l’accroissement significatif des AMAP, le développement important des monnaies locales, une vision de plus en plus survivaliste parmi la population et la constitution de groupes politiques ou leur accroissement. 

Tout n’est pas rose aujourd’hui, mais tout n’est pas noir non plus : c’est par l’initiative, l’esprit de vie en communauté, la résilience et l’organisation que ceux qui pourront s’en sortir, ou tout au moins ne pas déchoir en tant que consommateurs dépressifs cosmopolites, s’apercevront bien qu’un combat politique peut toujours est mené dans cette France si souvent malmenée.

Liberté et légitime-défense

Depuis la fin de la guerre froide, le mot liberté a subitement disparu du discours politique au profit du vocable sécurité. Or les philosophes savent bien que ces deux termes ne sont pas compatibles, qu’ils ont plutôt tendance à s’exclure l’un l’autre : « N’y a-t-il liberté politique que famélique, errante et proscrite ? Et n’y a-t-il de sécurité que dans la servitude, sinon dans la servilité... ? Doit-on tout attendre de l’État ou ne rien attendre de lui ? Ces questions sont au centre de toutes les théories politiques qui opposent la liberté de l’individu à la sécurité de l’Etat ou la ‘raison d’État’ à la sécurité des individus. » Nous aurions donc quitté un âge de liberté pour entrer dans une ère sécuritaire avec l’asservissement que cela implique. Signalons d’ores et déjà que pour les sociologues, c’est un fait acquis. Ceux-ci ont explicité cette transition de la liberté à la sécurité en développant, précisément dans les années 90, le concept de société du risque pour tenter de traduire ce repli et le désenchantement qui l’accompagnait : pêle-mêle ainsi, le tabagisme, les catastrophes nucléaires, la disparition de la couche d’ozone ou les armes à feu seraient ressentis comme les nouvelles « menaces » – les risques – pesant dorénavant sur les individus et les collectivités, c’est-à-dire des dangers sans cause ou des accidents dont il faut se préserver par tous les moyens y compris la restriction draconienne des libertés. A la doctrine militaire « zéro mort » correspond donc celle plus sociopolitique du « risque zéro »

     Ce glissement de paradigme – de la liberté à la sécurité – est passé relativement inaperçu, pourtant son impact est immense pour la conception de la citoyenneté : dès lors que l’État n’est plus le garant des libertés de chacun mais (au contraire) de la sécurité de tous, le citoyen en armes n’est plus considéré comme une protection contre la tyrannie mais comme un criminel en puissance, comme une menace potentielle, comme un « sauvage » qui risquerait de retourner à l’état de nature. Car, en plaçant la sécurité au centre, en priorité absolue, non seulement on évacue la liberté mais on la recale à l’état de nature, de licence folle, sans règles. Ceci souligne encore la nécessité de re-penser la liberté aujourd’hui, de ré-interpréter en fonction de l’environnement actuel les oppositions paradigmatiques sur lesquelles se fonde la liberté positive : res publica/tyrannie ; armée de citoyens/armée prétorienne ; bien commun/corruption. Or en fonction de cet environnement, ces couples paradigmatiques récupèrent toute leur pertinence et permettent de mettre en évidence combien il est nécessaire pour un groupe de maintenir ou de retrouver sa capacité de décision collective et autonome, combien il est important pour lui de ne pas dépendre totalement d’autrui pour défendre cette capacité. En effet, si l’image du tyran est devenue caricaturale de nos jours, si elle se résume de plus en plus à celle du « méchant » dans les filmographies hollywoodiennes, la tyrannie demeure en revanche une réalité dans les sociétés contemporaines, que ce soit sous la forme du racket mafieux, de la prise en main de certaines populations par les gangs ou d’un pouvoir étatique excessif ayant perdu de vue le bien commun. Les oppositions paradigmatiques précitées servent ainsi de repères et de guide dans cet effort de redéfinition de la liberté. Dans cette recherche de nouveaux espaces de liberté, d’espaces civiques de décision autonome, susceptibles de structurer un sujet autonome en vue de l’action, il convient en outre de garder à l’esprit que l’ère des révolutions, des nationalismes et des idéologies est désormais close. Les fondamentalismes et les fanatismes religieux représenteraient-ils l’étape actuelle ? Certainement pas pour les vieilles sociétés occidentales profondément marquées par les tragédies à répétition du terrible XXe siècle. En revanche, les mécanismes premiers des collectivités humaines demeurent sans doute valables et constituent de ce fait un ressort de fonctionnement premier sur lequel il est possible de re-construire. Dans ce sens, l’adage on ne possède que ce qu’on peut défendre reste un principe de base de toute démarche en la matière. Défendre sa terre et ses biens a été en effet de tout temps, et dans toute société, une motivation essentielle des individus ainsi que le relève notamment Carl Schmitt dans sa théorie du partisan, le combattant tellurique qui se bat pour ses foyers (pro aris et facis) alors que l’État a abandonné la lutte : « Le partisan représente encore une parcelle de vrai sol ; il est l’un des derniers à monter la garde sur la terre ferme, cet élément de l’histoire universelle dont la destruction n’est pas encore parachevée. » Plus loin, c’est Hobbes dans son Léviathan qui rappelle que le droit à l’auto-défense est un droit naturel et que, comme tel, il ne peut être cédé par aucune convention : « L’obligation des sujets envers le souterrain s’entend aussi longtemps, et pas plus, que dure la puissance grâce à laquelle il a la capacité de les protéger. En effet, le droit que, par nature, les humains ont de se protéger eux-mêmes, quand personne d’autre ne peut le faire, ne peut être abandonné par aucune convention. » Dans le même sens, dans son deuxième Traité du gouvernement civil, Locke explique que la première loi de la nature est celle de la conservation de soi-même : « Celui qui tâche d’avoir un autre en son pouvoir absolu, se met dans l’état de guerre avec lui... Car j’ai sujet de conclure qu’un homme qui veut me soumettre à son pouvoir sans mon consentement, en usera envers moi, si je tombe entre ses mains, de la manière qui lui plaira, et me perdra, sans doute, si la fantaisie lui en vient. En effet, personne ne peut désirer de m’avoir en son pouvoir absolu, que dans la vue de me contraindre par la force à ce qui est contraire au droit de ma liberté, c’est-à-dire, de me rendre esclave... et la raison m’ordonne de regarder comme l’ennemi de ma conversation, celui qui est dans la résolution de me ravir la liberté, laquelle en est, pour ainsi dire, le rempart. » 

     En la considérant ainsi brièvement sous cet angle, la philosophie occidentale semble contenir toute une culture de la légitime défense formant le socle des libertés politiques. Sur cette première base, on peut ensuite tenter d’ébaucher la configuration de ces nouveaux espaces autonomes de décision et d’action en se demandant comment réoccuper cette coquille vide qu’est devenu l’État postmoderne, cet espace post-étatique livré à la foule et aux réseaux de tous ordres sous la surveillance de milliers de caméras.

Bernard Wicht, Europe Mad Max demain ?

jeudi 17 mai 2018

Savoir faire la différence


Les dents du 20 heures... 1 min 42 de musicologie...

Rebaptisés par Léon Daudet

Le féroce Léon Daudet (1867-1942), l'une des principales figures de L'Action française, avait souvent recours aux jeux d'esprit et aux détournements pour ridiculiser ses adversaires. Ainsi les communistes Marcel Cachin et Paul Vaillant-Couturier s'étaient vus respectivement rebaptisés par lui :
"Carcel Machun" et "Paul Couillon-Voiturier".

Olivier Clodong, Politiques : le cumul des mandales

Loi du talion


Foo fighters - Let It Die

Rappel : L’œil espion... Google vient de concevoir une lentille de contact avec une caméra embarquée

Google vient de déposer un brevet pour une lentille de contact qui contient une petite caméra. Au début de cette année, on avait appris que Google travaillait sur une lentille de contact intelligente dotée d’une puce minuscule, d’un capteur de glucose et d’une antenne miniaturisés spécialement conçue pour mesurer la glycémie pour les personnes diabétiques.

Mais dans la demande de dépôt de brevet découverte par Patentbolt, les lentilles intègrent maintenant une caméra qui pourrait aider les malvoyants à se déplacer en toute sécurité, par exemple en détectant des obstacles et des véhicules en mouvement. Les images de la caméra pourraient être décryptées par une application sur smartphone qui pourrait envoyer un signal d’alerte sonore en cas de danger.

En outre, certaines fonctionnalités des Google Glass, les lunettes interactives de Google, pourraient être intégrés dans la lentille de contact. Google précise que le système sera également capable de reconnaître des visages, ce qui pourrait aussi offrir une fonctionnalité très précieuse pour les personnes aveugles. Mais comme dans le cas des Google Glass, cette reconnaissance faciale pourrait bien sûr être transposée à d’autres applications : des policiers pourraient par exemple effectuer un contrôle d’identité sur un individu rien qu’en le regardant, ou en examinant ses papiers d’identité.

La caméra serait aussi capable de zoomer sur une zone qui présente un intérêt particulier pour l'utilisateur, comme la scène d’un spectacle, par exemple. Elle pourrait alors se substituer à une paire de jumelles. 

Cette lentille avec puce intégrée est un des nouveaux projets du laboratoire de Google, « Google X », qui est déjà à l’origine des Glass et des voitures sans conducteur.

Source

Rappel de 2014... : En France 34 % des naissances sont issues de l’immigration non européenne et de l’outre-mer

La Haute Autorité de Santé vient de publier un avis concernant le dépistage de la drépanocytose, la maladie génétique qui touche des personnes originaires d’Afrique (Afrique sub-saharienne et Maghreb), d’outre-mer, de certaines régions de la péninsule arabique, de l’Inde et du pourtour méditerranéen (en Europe sont concernées l’Italie du sud, la Sicile et la Grèce). 

En France métropolitaine, seuls les nouveaux nés dont les parents sont originaires de ces régions sont dépistés : le nombre des dépistages effectués correspond donc à peu de choses près au nombre des naissances issues de l’immigration non européenne.
271.887 dépistages ont été effectués en métropole en 2012, ce qui représente 34 % du total des naissances en France (métropole).

Conclusion : en 2012, 34% des naissances en France étaient d’origine extra-européenne ou d’outre mer.  

Il faut préciser que le nombre des tests de drépanocytose effectués ne correspond pas exactement au nombre des naissances issues de l’immigration non européenne :
- Le test concerne les nouveaux nés issus de l’immigration mais aussi ceux dont les parents sont originaires de l’outre-mer (les données concernant l’origine géographique des nouveaux nés testés n’étant pas rendues publiques, il n’est pas possible de connaître le nombre des naissances issues de l’outre mer).
- Le test concerne les nouveaux nés issus de quelques pays européens : Italie du Sud, Sicile, Grèce. Là encore le nombre de ces naissances n’est pas connu (mais il est probablement très faible).
- Certains nouveaux nés issus de l’immigration non européenne ne subissent pas le test. C’est le cas des asiatiques.
- Le test n’est effectué que lorsque les deux parents sont originaires d’une région à risque. Les nouveaux nés issus d’un couple « mixte » (par exemple un Français de souche et une Africaine) ne sont pas testés.

Pour connaître le nombre exact des naissances issues de l’immigration extra européenne, il faudrait donc retrancher du nombre des tests effectués, les nouveaux-nés issus d’outre mer et les nouveaux-nés européens (Italie du sud et Grèce) et y ajouter les nouveaux-nés d’origine asiatique.

La carte ci-dessus donne les chiffres par région. Exemple : en Île-de-France, c’est 60% des naissances qui, en 2010, étaient d’origine extra-européenne. 
(NB : cette carte porte sur les données 2010. Le nombre des tests de la drépanocytose représentait alors 31,5 % du total des naissances en métropole).

Source

Gainsbourg - Blondin: l'interview vérité

mercredi 16 mai 2018

La fin d'une époque


Serge de Beketch - rap et émeutes


Serge de Beketch - rap et émeutes par _Camelot_

Conférence Dextra du 18/05 : L'école libre face à la faillite de l'Education nationale, par Viktor Ober


Chers amis, chers camarades, 

Pour cette nouvelle conférence Dextra, 

Nous avons la joie et l'honneur de recevoir à nouveau Viktor Ober, sur un sujet très important et d'actualité, à savoir : 

"L'école libre face à la faillite de l'Education nationale" 

Nous vous attendons nombreux et ponctuels pour cette nouvelle conférence. 

A vendredi !

Quand Cendrillon épouse un chanteur de rap...


A lire : L’empereur Julien : le restaurateur

« Je ne puis vaincre la sympathie que j’ai toujours eue pour Julien l’Apostat, écrivait Alfred de Vigny en 1833. Si les métempsycoses existent, j’ai été cet homme. C’est l’homme dont le rôle, la vie, le caractère n’eussent le mieux convenu dans l’histoire ». Alors même qu’il ne régna qu’à peine vingt mois, il est peu de souverains romains, en dehors de Jules César et de Marc Aurèle, dont l’image posthume ait été aussi riche que celle de Julien dit l’Apostat. Dans l’inventaire exhaustif qu’elle publie sur sa postérité dans le domaine français, Julie Bosch souligne qu’elle fut aussi éminemment variée. Calomnié depuis Grégoire de Naziance par le parti chrétien, qui lui reprochait d’avoir voulu rétablir dans ses droits le paganisme de ses ancêtres, Julien fut d’abord réhabilité par Montaigne (« il n’est aucune sorte de vertu de quoi il n’ait laissé de très notables exemples »), suivi par Montesquieu et surtout par Voltaire, mais sa vie et son œuvre furent au fil des siècles constamment réinterprétées. Julien fut ainsi successivement l’apostat des apologistes, le Machiavel des politiques, le philosophe des libertins, le César des historiens, le sage des libres penseurs et le héros des encyclopédistes. La « légende dorée » finit cependant par l’emporter sur la « légende noire », comme en témoigne le fait que son Discours contre les Galiléens, traduit pour la première fois en français en 1764, n’a pas cessé d’être réédité. Au XXe siècle, Julien a encore inspiré Nikos Kazantzakis, André Fraigneau, Gore Vidal, Jacques Benoist-Méchin, Christopher Gérard et Régis Debray. Dernier en date, Jean Robin en publie une biographie romancée, dont le dernier chapitre fait un curieux parallèle entre la mort de Julien et celle de Jésus. 

Julie Bosch, Apostat ou philosophe ? La figure de l’empereur Julien dans la pensée française de Montaigne à Voltaire 
Jean Robin, Imperator. L’épopée de Julien l’Apostat 

Eléments n°151