lundi 22 janvier 2018

Introduction : la superclasse mondiale contre les libertés


« La liberté personnelle est une composante fondatrice de l’identité européenne qui distingue notre civilisation » a rappelé d’emblée Jacques Violette. Le terme « franc » signifie libre au sens où l’individu n’a pas à acquitter de tribut à un suzerain : il n’est pas un vassal. 

Mais, dans le monde occidental actuel, si le thème de la liberté d’expression est une référence omniprésente, l’invocation dissimule, en fait, une « réduction continue de nos libertés réelles ». Car la liberté d’expression « suppose de pouvoir exprimer des opinions contraires à celle de la majorité et des pouvoirs établis ». Elle est « l’un des critères qui distinguent la démocratie de la dictature »

Les restrictions croissantes apportées à la liberté d’expression tiennent à un ensemble d’entraves qui interagissent. Ces restrictions, par leur ampleur, touchent à d’autres libertés fondamentales. Elles s’expliquent par certaines singularités de la société actuelle. Échapper à ce mouvement mortifère, voulu par l’oligarchie, requiert le rétablissement de libertés essentielles pour le citoyen et l’individu. 

1- Les entraves à la liberté d’expression. 
La multiplication des contraintes borne sans cesse la liberté d’expression. Elle se trouve ainsi réduite par : 
• le pouvoir médiatique, « devenu un instrument pour formater l’opinion »
• la tyrannie du politiquement correct « qui impose partout ses tabous idéologiques »
• les lois mémorielles qui obligent à « une vérité historique officielle absolue »
• l’inflation répressive contre la liberté de parole qui « au prétexte de préserver les droits de telle ou telle minorité agissante, dresse en permanence de nouvelles barrières contre l’expression publique, voire privée »
• les ligues de vertu et les groupes d’extrême gauche « qui organisent une terreur idéologique permanente »

Comme toute idéologie s’estimant porteuse de la vérité et célébrant la liberté, la pensée dominante pratique la censure au nom du principe « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». « Les censeurs ne supportent pas la contradiction ». Selon l’habitude, cette prohibition touche d’abord les marges en mettant en exergue des propos et des comportements qui se situent aux limites comme ce fut le cas de Dieudonné. 

Dans le monde présent, Internet représente le moyen privilégié de diffusion des idées et des opinions qui s’opposent au conformisme ambiant. Le contrôle de la « Toile » et des réseaux sociaux devient ainsi un enjeu essentiel. Pour éviter de heurter par sa flagrance, il chemine de manière subreptice. Ainsi, la lutte contre les « agissements des pédophiles » ou contre le terrorisme est aisément justifiable. Puis, l’interdit vise l’insulte et la haine au travers, d’abord, des propos antisémites ou des « thèses révisionnistes ». Comme le domaine ouvre la voie au subjectif, l’extension de ce registre sera alors possible

2- L’atteinte à d’autres libertés fondamentales. 
Les restrictions apportées à la liberté d’expression s’inscrivent dans un mouvement plus large affectant des libertés essentielles, à savoir : 
la liberté de choisir ses lois du fait, d’une part de l’Union Européenne qui impose la transcription de ses directives dans la législation des États membres (les traités internationaux priment la législation nationale aux termes de l’article 55 de la Constitution de la Vème République) et, d’autre part du basculement de l’État légal à l’État de droit qui conduit au gouvernement des juges, (« aujourd’hui ce sont les juges, les banquiers qui sont souverains et non plus les législateurs ni les États ») ; les peuples européens vivent ainsi « sous un régime de souveraineté populaire limitée et donc de liberté limitée puisque la souveraineté est le mot pour dire liberté des États »
la liberté monétaire, c’est-à-dire la libre disposition de sa propriété est contrainte à la fois par les différentes mesures contrôlant et restreignant l’usage de la liquidité et par le montant des prélèvements fiscaux en augmentation continuelle ; 
la liberté de rester soi-même, c’est-à-dire la liberté de choisir et de préférer ; la multiplication des cas de discrimination susceptibles de poursuites judiciaires limitent sans cesse l’exercice de cette liberté ; par ailleurs, l’Union Européenne en prohibant tous les obstacles à la libre circulation des biens et des personnes, considéré comme une discrimination, a fait prévaloir « le néo-libéralisme cosmopolite » ; 
le secret de la correspondance et de la vie privée, atteint dans sa forme présente par les dispositifs de contrôle des communications électroniques et téléphoniques mis au point par les agences d’espionnage américaines, et les rapprochements entre différents répertoires électroniques nationaux (« interconnexion des fichiers sociaux et fiscaux ») ; sans oublier toutes les obligations et les recommandations insistantes imposées aux citoyens (lutte « contre le tabagisme » ou la pollution, les précautions alimentaires…) ; 
la liberté d’accès limitée par différents contrôles et entraves qui, touchant à la libre circulation (multiplication des badges d’entrée et autres réserves, constituent en réalité autant de passeports intérieurs) ; sans compter l’introduction de « dispositifs discriminatoires » ou « discriminations positives » visant à favoriser la promotion des femmes ou des minorités ; 
la liberté de rire et de se moquer dont les limites sont illustrées par l’affaire Dieudonné quoique l’on puisse penser de ses propos ou par la sanction dont le député Julien Aubert a fait l’objet pour s’être adressé au président de séance à l’Assemblée nationale, une femme, en l’occurrence, en la nommant « Mme le Président » ce qui est strictement conforme à l’usage de la langue française. 

On pourrait en étendre la liste dans la mesure où d’autres motifs ont représenté autant de prétextes à restreindre les libertés (sécurité, santé, écologie…). Mais le plus important est la méthode suivie qui ne découle pas d’un « centre de décision unique » mais d’un « processus continu et progressif qui a pour effet de neutraliser toute réaction du corps social ». 

3- Les causes du mouvement de réduction des libertés. 
La tendance constatée trouve son origine dans trois causes, principalement : 
• une identité de plus en plus menacée, 
• un gauchisme culturel qui a perverti la conception européenne de la liberté, 
• des sociétés passées de la démocratie à la « post-démocratie ». 

3.1 Une identité de plus en plus menacée. 
Comme il a été rappelé en introduction, la liberté personnelle est une caractéristique de l’identité européenne. Or celle-ci est mise en péril par l’immigration de peuplement. Cette immigration est porteuse, particulièrement l’islam, d’autres cultures aux conceptions différentes voire opposées. Par exemple, « l’islam ignore la distinction essentielle pour nous entre le spirituel et le temporel », « la culture africaine attribue un rôle dominant à la parenté et à l’ethnie » et « dans la culture chinoise, l’autorité, la tradition et la famille l’emportent sur l’individu »
Au sein même du monde occidental, « une oligarchie cosmopolite qui cultive le mépris de l’exception française » érige les valeurs anglo-saxonnes en un modèle indépassable. Or ce modèle est avant tout hostile à l’État, à l’encontre de la tradition française

3.2 Le gauchisme culturel a perverti la conception européenne de la liberté. 
Dans la tradition européenne, issue de la pensée grecque la liberté se rapporte à la souveraineté sous un double aspect de « souveraineté personnelle » que l’on pourrait définir comme « l’empire intérieur » » et de « souveraineté collective », elle-même inséparable de la première comme la liberté de la cité ou de la nation. 
De ce point de vue, la liberté se mérite. Elle relève de la vertu. Or cet héritage a été successivement subverti par les Encyclopédistes du XVIIIème siècle et, deux siècles plus tard, par le gauchisme culturel né dans les années soixante. 

3.2.1 La rupture imprimée par les Encyclopédistes. 
« Les encyclopédistes font de la liberté un état de nature, et non plus un état politique ». Cette approche entraîne deux conséquences : l’homme est apparu avant toutes les sociétés politiques ; la liberté est un attribut donc un droit individuel. Il devient ainsi « un créancier de l’ordre social »

Les effets de cette vision révolutionnaire ont été pondérés par deux éléments : 
• les droits de l’homme ne sont alors que des droits politiques limités (liberté, propriété, sûreté…) et la Révolution française s’est référée « à l’ancienne conception de la liberté comme souveraineté, en introduisant les notions de citoyenneté, de devoir et de vertu par référence à l’Antiquité »
• l’Europe du XIXème siècle a été marquée par une persistance de la tradition parallèlement à l’éclosion des philosophies holistes (socialisme, nationalisme). 

3.2.2 Le gauchisme culturel de la seconde moitié du XXème siècle. 
Il a pour fondement un culte sans borne de l’ego. Individuellement, il conduit à la déformation des personnalités et collectivement, au chaos social. 
Le gauchisme culturel, culte de l’ego
Le gauchisme culturel a inversé l’idée de liberté, en la rapportant non plus à un état politique mais en la transformant en une rébellion de l’ego contre les disciplines sociales. Comme l’indique, notamment, Christopher Lasch, « il s’agit de la révolution du narcissisme ». L’homme s’affranchit ainsi « de la compagnie de l’Autre » pour s’affirmer dans un univers où Dieu est mort. Il verse dans un nihilisme nietzschéen en repoussant toutes les limites dans la mesure où il prétend même se libérer de sa nature comme le montre la théorie du genre. Il en découle une « sorte de théologie de la libération » qui, marquant le « triomphe de l’ego », s’impose en fin de compte contre tout intérêt collectif. Cette théologie « a les juges comme clergé et les associations bien-pensantes comme laïcs ». Elle se traduit par l’addition continuelle « de droits accordés aux citoyens ». A l’analyse, il apparaît que ces droits ne représentent pas les libertés réelles mais « au contraire des commandements narcissiques imposés à autrui ». 
Le gauchisme culturel concourt à la « déstructuration » des personnalités
Le gauchisme culturel pratique l’inversion des valeurs, par exemple, le délinquant devient une victime et il corrompt le cadre éducatif nécessaire à la construction de la personnalité de l’enfant qui doit être traité comme un adulte afin que le développement de sa personnalité ne soit pas bloqué. L’observation d’un ensemble de phénomènes tend à montrer les effets délétères sur les personnalités de cette idéologie : 
- une baisse sensible de la capacité d’attention et de concentration ; 
– une « augmentation de la violence et de la turbulence à l’école » ; 
– une partie des jeunes « inemployables à la sortie du système éducatif » ; 
– le développement des familles monoparentales ; 
– l’effondrement de la natalité ; 
– l’augmentation des dépressions. Au-delà de la seule recherche « d’une libération narcissique », l’affranchissement des mœurs au travers de la libération sexuelle et de la consommation de drogues sert de soupape par rapport à un processus d’abandon de la souveraineté nationale et à une économie déréglementée dans laquelle s’est développé le chômage de masse. « L’homme libéré » est ainsi devenu un « homme frustré » qui, en fait, ne « dispose plus de la liberté de résister à ses passions ». 
Le gauchisme culturel provoque l’extension du chaos social. 
« La subjectivité individuelle » étant devenue « la mesure de toute chose », aucun ordre social pas plus qu’une morale collective ne deviennent possibles. S’instaure, alors, « le règne de la foule solitaire », marqué par « la concurrence des egos » avec, comme conséquence, le conflit permanent entre les individus. « La revendication incessante de droits de créance et le heurt des egos » vont de pair avec la multiplication des interdits. Dans ces conditions, la répression devient, l’une des bases du fonctionnement social. L’extension de la population carcérale aux États-Unis en est une illustration. Il n’en reste pas moins vrai que ce chaos social grandissant ne représente pas un mouvement autonome dans sa dynamique, il répond, en fait, à un projet de l’oligarchie qui y trouve ainsi le moyen d’asseoir son pouvoir. 

3.2.3 Un repli des libertés, conséquence d’une mutation politique de la démocratie à la « post-démocratie » 
L’École de Chicago, cet école monétariste dont la figure emblématique est Milton Friedman, qui inspira le nouveau paradigme économique néo-libéral des années soixante-dix, est à l’origine du « découplage » entre le libéralisme politique et le libéralisme économique, caractéristique de la « post-démocratie ». 

La « post-démocratie » a ses sources théoriques dans « l’esprit des encyclopédistes » qui vantaient le recours à la coercition afin d’accéder à la vraie liberté et surmonter « la superstition ». Par cette « liberté imposée », véritable « contradiction dans les termes », les encyclopédistes avaient « la prétention de faire le bien des gens malgré eux ». 

Suivant cet héritage, la « post-démocratie » instaure un totalitarisme « mou » bâti sur « un fonctionnement oligarchique destiné à supprimer toute alternative politique au système qu’elle prétend mettre en place ». Cela suppose de mettre à bas la souveraineté des États afin de soumettre les peuples. C’est ainsi qu’elle agit à deux niveaux, métapolitique et politique, pour la réalisation de son dessein. 

A l’échelon métapolitique, au « gouvernement des hommes », suspecté d’engendrer l’abus du pouvoir, la « post-démocratie » privilégie le « gouvernement des choses » : « le libre jeu des intérêts individuels sur un marché libre » étant, par évidence, neutre relativement au choix des individus. 

Au rang politique, l’élection n’a plus pour objet la désignation d’un législateur, « mais la capacité de donner l’onction démocratique apparente à une oligarchie cooptée par l’appareil médiatique, lui-même au service des oligarchies économiques et financières »
Tout cela démontre que les restrictions apportées à la liberté d’expression ne relèvent pas de simples vicissitudes mais représentent « un des éléments fondateurs du projet post-démocratique ». C’est ainsi que les opinions dissidentes doivent ainsi être bridées, notamment en les discréditant par assimilation à des troubles médicaux (les « phobies ») ou en les pénalisant. Un nouvel ordre moral est, de cette façon, mis en place. 

Cette ligne « post-démocratique » est appliquée dans toute l’Europe depuis les années quatre-vingt. Elle se traduit par la réduction du pouvoir des États au sein de l’économie qui perdent le contrôle de leur monnaie, voient disparaître leurs frontières et subissent « une explosion migratoire ». La population n’a senti aucun des bienfaits promis

Au final, « le règne de la libération narcissique et sans limite a fait perdre le sens de la liberté réelle ». « Le Jouissons sans contrainte des soixante-huitards a été récupéré par le Système économique pour devenir le Consommons sans limite »

Loin d’être libre, l’individu déraciné n’est que « le jouet de forces qui le dépassent et devient seulement une ressource humaine que le chaos économique et social a rendu docile, au service de l’oligarchie ». Cette oligarchie, propagatrice du gauchisme culturel use du chaos pour ébranler les États souverains et déstabiliser les peuples, leur imposant, à leur encontre, « des transformations radicales ». De surcroît, elle « pousse à l’immigration de peuplement à la fois par cosmopolitisme et par intérêt économique »

Pour résister à ce qui constitue une oppression, trois libertés essentielles doivent être rétablies : 
•« les droits et les devoirs de la citoyenneté » 
•« la souveraineté de la nation » 
•« la maîtrise de soi » 

Pour cela, « une profonde révolution intellectuelle et morale est nécessaire » pour affronter le Système oligarchique. La fin du cycle libertaire rend possible cette révolution du fait « de la dissonance cognitive majeure entre le discours sur la libération (Jouissons sans contraintes) et la réalité de la coercition post-démocratique ».

dimanche 21 janvier 2018

Le respect (schonen) de la nation

Heidegger explique dans son extraordinaire livre Essais et conférences ou Recueillement, ce qu'est le respect du quadriparti.
     Le quadriparti est constitué de la terre, du ciel, de la divinité et des hommes. Ménager le quadriparti consiste à "sauver la terre", à sauver les racines au lieu de les exploiter jusqu'à l'épuisement. Ménager le quadriparti, c'est accueillir le ciel comme ciel, donc respecter le déroulement du temps, le mûrissement des choses, ne pas faire de révolution. Ménager le quadriparti, c'est attendre le Divin comme tel et ne pas tomber dans l'adoration des idoles, dans la superstition. Enfin, ménager le quadriparti, c'est conduire les mortels en dehors de la futilité et de la dispersion afin qu'ils existent conformément à leur être propre. Ce quadruple ménagement est ce que Heidegger appelle pratiquer l'habitation. Ménager la nation correspond surtout au premier volet de ce programme, à savoir sauver la terre et les racines d'une exploitation dévastatrice. 
     Ménager la nation, la respecter, est un moyen de lutter contre l'uniformisation et la déshumanisation du monde : cela suppose comme on l'a vu, de conserver le caractère sacré de la famille procréatrice et de l'armée, les deux institutions indispensables à la survie nationale car gérant la naissance et la mort. 
     Cela suppose aussi d'inverser les priorités du Gestell qui règnent aujourd'hui :
     - mettre l'homme avant le sol ;
     - mettre le sens du Sacré avant le droit positif. Car la liberté ne donne de bons fruits que si le sacré est respecté, par exemple, le caractère sacré de la vie humaine. La liberté sans aucun sens du Sacré mène vite au crime ;
     - mettre l'identité (qui rassemble) avant l'égalité (qui disperse) comme le montre Heidegger dans Essais et Conférences : "l'homme habite en poète" : "L'identité écarte tout empressement à résoudre les différences dans l'égal ; l'identité rassemble le différent dans une union originelle. L'égal au contraire disperse dans l'unité fade de l'un simplement uniforme" ;
     - mettre l'histoire avant l'instant. Exister au sein d'une nation suppose la connaissance de son histoire et sa prise en charge affective.
    Il convient donc de réfléchir sur la notion de l'identité nationale et de voir quelles mesures pourraient la conforter.
     La France est soumise au défi de l'intégration de très nombreux immigrés à une période où le sentiment national semble s'être affaissé. On pourrait même avec un peu d'esprit de paradoxe défendre l'idée que l'intégration à la nation n'est pas une exigence qui concerne les seuls immigrés mais aussi les jeunes générations de Français de souche.
     En effet, la France moderne, pour prendre la terminologie du sociologue Tönnies, est plus une société (Gesellschaft) qu'une communauté (Gemeinschaft). La société est fonctionnelle et se compose d'individus reliés par contrats. La communauté est affective et se compose de personnes partageant une communauté de valeurs. 
     C'est cette perte de sens communautaire dans la nation française qui entraîne le "communautarisme" : de nombreux individus déçus par la froideur de la société fonctionnelle se tournent vers la chaleur de leur communauté ethnique ou religieuse. 
     La société moderne dérive vers ce que le philosophe Martin Heidegger a appelé le "Gestell", dispositif où les hommes sont arraisonnés en fonction de leur seule utilité. Les hommes sont alors gérés comme la plus précieuse des matières premières. Dans une telle forme de société, les valeurs dominantes sont les suivantes : la technique, l'argent, l'ego individuel et la masse à imiter. Ce système de valeurs touche notamment les "jeunes de banlieue" mais il s'étend en fait à l'ensemble des jeunes générations, voire à toute la société. Dans ce système, la conscience d'appartenir à une même nation est fortement érodée. 

Yvan Blot, L'oligarchie au pouvoir

samedi 20 janvier 2018

Hanoï biker


5 astuces très simples pour vous faire décrocher de votre smartphone


Aujourd’hui, beaucoup de personnes sont littéralement accros à leur téléphone. Elles sont sans cesse accrochées à leur appareil, vérifient tout le temps qu’elles n’ont pas reçu de nouveaux messages, et ce, même lorsque leur téléphone ne sonne pas. Au lit, dans la salle de bains et même pendant le dîner, il les accompagne partout ! Pourtant au-delà d’une simple habitude, il s’agit là d’une véritable addiction, qu’il ne faut pas prendre à la légère. C’est pourquoi le DGS partage avec vous 5 méthodes simples et efficaces qui vont vous permettre de passer un peu moins de temps sur votre téléphone. 

Délicatement posé près de vous, avec un galbe parfait, des courbes qui ne demandent qu’à être effleurées. Il vous regarde, vous le regardez, et puis tendrement vous apposez votre doigt sur son écran, il s’éveille sous votre toucher, il vibre d’amour, vous le saisissez, vous l’observez… Le téléphone aux mille nuances d’applications est devenu le compagnon de vie de nombreux individus peuplant notre vaste planète. Il est beau, il est simple, il nous réveille, nous envoie des nouvelles à chaque minute : comment ne pas devenir accro ? Pourtant, certains scientifiques mettent en garde contre cette addiction qui pourrait ne pas être si anodine… 

D’après le psychologue Deepika Chopra, « trop de médias sociaux ou d’utilisation du smartphone peuvent vous coûter bien plus que temps ». « Des études montrent qu’ils peuvent mener à un retard de croissance du développement chez les enfants, et une baisse du potentiel académique et social des étudiants. ». Cette utilisation excessive du téléphone portable « est en train de tuer la capacité de notre société à interagir avec les humains dans la vraie vie… Je crois plus que jamais que nous devons travailler dur pour créer un certain équilibre – et même construire des frontières – en ce qui concerne les médias sociaux et l’utilisation du smartphone, afin de continuer à profiter et à aiguiser nos capacités cognitives et émotionnelles, à développer notre instinct et notre empathie. » 

Toutes ces capacités qui se perdent facilement lorsque notre téléphone est présent à longueur de temps à nos côtés. En termes de capacité intellectuelle, nos smartphones sont aujourd’hui capables de mâcher pour nous le maximum de travail, comme que le calcul, la recherche, la mémoire… Mais matière de communication, c’est encore pire puisqu’il construit petit à petit une barrière invisible entre nous et le reste du monde. Toujours devant son écran, en famille, entre amis, il faut donc apprendre à lâcher prise petit à petit. Et pour cela, rien de mieux que quelques conseils simples à mettre en pratique pour construire ses limites.


1. Arrêtez les notifications 
Les notifications sont de petites alertes qui vous rappellent « Eh je suis là ! ». Le problème ? Ces brèves existent pour de nombreuses applications. Que ce soit les toutes dernières informations, des posts sur vos profils Facebook ou Twitter… Ces alertes peuvent vraiment être distrayantes parfois, toutes les 5 minutes, elles font vibrer ou sonner l’appareil qui du coup en devient tout autant intrigant. Une seule chose en tête : lire la notification. La solution est assez simple et faisable sur à peu près tous les smartphones. Eteignez les notifications inutiles. Cela vous fera gagner du temps : vous ne passerez plus tous les quarts d’heure à lire des choses obsolètes. De plus, vous économiserez un peu la batterie de votre téléphone qui cessera de vous importuner pour des broutilles.

2. Prenez conscience du temps que vous passez vraiment sur votre téléphone 
Votre téléphone, vous l’adorez ! Mais savez-vous vraiment combien de temps vous lui consacrez par jour ? Ayez le courage d’enfin le savoir. Pour cela rien de plus simple, deux applications majeures peuvent calculer pour vous ce temps en partie gâché devant un écran : QualityTime pour Android ou Moment pour iOS. Ces applications vous informent à la fois sur votre utilisation du téléphone mais peuvent également vous aider à contrôler votre temps passé sur celui-ci, puisqu’elles peuvent vous alerter si vous utilisez trop votre appareil. Et si ce choc n’est pas suffisant, n’hésitez pas à comparer le temps passé en compagnie de votre téléphone et celui passé avec l’un de vos proches… Certains pourraient être très surpris !

3. Organisez-vous des moments sans téléphone un peu chaque jour 
A table, au bord de votre baignoire, en dessous de votre oreiller, votre téléphone est partout ! Déterminez donc les moments où il ne semble pas utile. Programmez alors ces moments sans téléphone, où vous faites une tout autre activité (il sera alors plus facile de ne pas penser à votre doux appareil). Mettez-le, par exemple, sur silencieux ou en mode avion, pendant 1 heure après être rentré du travail. 

4. N’utilisez pas votre téléphone comme réveil 
Combien de personnes utilisent leur téléphone comme réveil ? Eh bien, c’est une très mauvaise idée. Au plus près de vous, il vous guette en attendant le petit matin pour mieux vous séduire, enfin presque… N’est-il pas vrai que lorsque vous entendez votre alarme, vous éteignez votre réveil mais avez comme une grande envie de voir tout ce qui s’est passé dans le monde lorsque vous étiez endormi ? Cette tentation est bien normale mais offrez-vous quelques matins déconnectés, avec un réveil traditionnel, levez-vous à votre rythme et non à celui de votre téléphone. Et si vous n’arrivez vraiment pas à résister, n’hésitez pas à mettre à la porte (de votre chambre) votre téléphone !

5. Entraînez-vous à faire des « pauses techno » 
Si les conseils précédents ne fonctionnent pas pour vous, vous avez peut-être besoin des judicieux conseils de Larry D. Rosen, professeur de psychologie à l’université d’État de Californie. Son livre iDisorder : comprendre notre obsession pour la technologie et surmonter l’emprise qu’elle a sur nous, traite comme son nom l’indique de cette « drogue » technologique. 

Pour lui, il existe un « moyen facile » pour diminuer cette utilisation excessive. Il faut « se forcer lentement à prendre des pauses de technologie ». « Commencez par regarder votre téléphone pendant une minute et regardez tout : les textes, les appels et les médias sociaux. Puis verrouillez-le, réglez l’alarme pendant 15 minutes et placez-le écran caché sur la table. La prochaine fois qu’il sonne ou gazouille, vérifiez à nouveau en une minute. Continuez à faire ça jusqu’à ce qu’il semble naturel de ne pas vérifier, vous verrez à force que vous n’y prêterez plus attention. » « Augmentez votre pause tech de cinq minutes chaque semaine, et bientôt vous serez en mesure de ne pas faire attention au temps que vous passez sans téléphone », conseille Rosen. Une solution qui devrait enfin vous aider à diminuer drastiquement votre temps sur votre appareil et donc vous en laisser davantage pour partager un peu plus avec les gens qui vous entourent. 

Les téléphones sont très utiles, mais il est vrai que l’on a tendance à passer un peu trop de temps avec eux et pas assez avec nos proches. A la rédaction, accros du téléphone oblige, on a pris bonne note de ces quelques conseils que l’on ne manquera pas d’appliquer ! On se souvient d’ailleurs de ce court métrage qui dénonçait les dérives d’un monde toujours trop connecté avec humour. 

vendredi 19 janvier 2018

The Divine Comedy - The Booklovers

Tous ceux qui prétendent offrir des solutions au désastre présent ne font en fait qu’une chose : nous imposer leur définition du problème


Ce qui en nous, aspire à ménager les chaînes intérieures qui nous empêchent, 
Ce qu’il y a en nous de si malade qu’il se cramponne à de si précaires conditions d’existence, 
Ce qui est si harassé de misère, de besoins et de coups que demain paraît chaque jour plus loin que la lune, 
Ce qui trouve doux le temps passé à boire des cafés latte sur le fond de jungle dans les cafés branchés en surfant sur son MacBook – le dimanche de la vie alliée à la fin de l’histoire, 
Attend des solutions. 

Villes en transition, économie sociale et solidaire, VIe République, municipalisme alternatif, revenu universel, le film Demain, migration vers l’espace, [...], fusion homme-machine – qu’ils soient ingénieurs, managers, militants, politiciens, écologistes ou simples bonimenteurs, tous ceux qui prétendent offrir des solutions au désastre présent ne font en fait qu’une chose : nous imposer leur définition du problème, dans l’espoir de nous faire oublier qu’ils en font eux-mêmes, de toute évidence, partie. Comme disait un ami : « La solution au problème que tu vois dans la vie est une façon de vivre qui fasse disparaître le problème ». 

Comité invisible, Maintenant

jeudi 18 janvier 2018

livre 10 ans des casseurs de pub

Ce livre ne mérite pas d'être placé sur une table de chevet, mais peu tout de même rester au pied du lit. Le genre d'ouvrage que l'on a toujours plaisir à feuilleter lorsque l'on cherche une distraction ou une inspiration.

 Trouvé au hasard d'une librairie de déstockage mais sûrement encore trouvable dans les librairies distributrices du Journal de la décroissance ou sur commande, ce sympathique ouvrage, fourmillant de clins d'œils, de détournements, retrace dix ans de production des "casseurs de pub" (ancêtre du Journal de la décroissance).
Si l'attaque contre la pub par l'unique prisme anticapitaliste peut paraitre parfois réducteur (nous pourrions aussi parler de la pollution de l'âme, et surtout de la défense des identités), les réponses sont souvent justes et d'une qualité graphique jubilatoire.
Les images sont agrémentées de citations des "grands de ce monde" (Jacques Seguela..) intéressantes pour décrypter les pensées et grilles de lecture de ces gens là. Ainsi, on constate que la démocratie et le capitalisme sont étroitement liés et se nourrissent l'un, l'autre. La démocratie devenant arme du capitalisme et inversement Par ailleurs, la bonne vieille stratégie de la réduction ad Hitlerum chère au communisme a encore de beaux restes; même si utilisée jusqu'à la nausée depuis 60ans, la dialectique commence à sérieusement  s'effriter.
Une double page montrant une quinzaine de manuels scolaires reprenant pour les commenter et les analyser des affiches du mouvement, nous rappelle que dix ans peuvent parfois suffire pour percer et acquérir notoriété et crédibilité nationale, même si cela entraîne attaques et critique, c'est le prix à payer pour être connu et reconnu.
Pour finir, quelques textes de qualités diverses racontent les parcours des uns et des autres et donnent l'occasion de diffuser quelques chiffres terrifiants sur la pollution physique et mentale qu'est la publicité.
Un livre à feuilleter de manière approfondie, et à trouver d'occasion, les 15€ étant peut-être excessifs pour la qualité de l'objet.

Conférence Dextra du 20/01: Syrie, la vérité du quotidien


Chers amis, chers camarades, 

Pour continuer notre cycle de conférences de 2018, nous avons la joie et l'honneur de recevoir Blandine, qui parlera de la 
"Syrie : la vérité du quotidien" 

Blandine est revenu récemment d'un séjour en Syrie, raison pour laquelle elle pourra nous parler au mieux de la situation dans ce pays, notamment des chrétiens d'Orient. 

 Nous vous attendons nombreux pour cette nouvelle conférence ! 

A vendredi !

La démocratie directe

Le lien entre la démocratie et la nation est exprimé notamment dans l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui figure dans nos textes constitutionnels : "le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément."
     L'article 3 de la Constitution, lui, exprime le refus de toute oligarchie : "la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice."
     L'article 4 précise même l'intention des partis politiques : "ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie" : le font-ils réellement ? On sait que les partis sont des structures oligarchiques où la direction impose sa volonté aux militants et non l'ivresse. De plus, les partis se sont opposés souvent à la démocratisation des institutions, montrant souvent une hostilité réelle à l'égard du référendum. Quant à la souveraineté, ce n'est pas leur préoccupation première comme le montre le fait qu'ils ont accepté de contourner le référendum sur la constitution européenne où le peuple avait clairement dit "non". Le Général de Gaulle avait critiqué le régime des partis qui avait mis la France hors d'état de résister à l'armée allemande en 1940.
     Autrement dit, les principes constitutionnels de la démocratie directe existent en France mais ne sont pas appliqués. Et l'on s'étonne que beaucoup de Français montrent de la méfiance à l'égard des institutions politiques, de 40% de confiance dans le parlement à 12% seulement de confiance pour les partis politiques ! 
     Si l'on veut combler le fossé entre les gouvernants et le peuple, il faut que les gouvernants renoncent à l'oligarchie de fait et acceptent d'introduire en France la démocratie directe comme beaucoup de nos voisins.

Extension géographique
La démocratie directe qui permet au peuple, et pas seulement à ses représentants élus, d'abroger ou d'adopter des lois, est encore très minoritaire dans le monde. C'est la démocratie représentative pure, où seuls les représentants élus du peuple adoptent formellement les lois, qui demeure encore la règle de droit commun.
     La démocratie directe fonctionne depuis 1848 en Suisse (au niveau fédéral, cantonal et local) et aux États-Unis (au niveau de 27 États fédérés sur 50 et au niveau local). Le petit Liechtenstein la pratique aussi ainsi que l'Uruguay en Amérique latine. Depuis 1970, le référendum d'initiative populaire pour abroger une loi existe en Italie. Depuis la réunification allemande du 3 octobre 1990, la démocratie directe a été progressivement introduite dans tous les Länder allemands et souvent aussi au niveau communal. Peu à peu, la démocratie directe gagne en extension.

Outils de la démocratie directe
Il y a deux outils essentiels, le référendum veto et l'initiative populaire, un frein et un moteur.
     Le référendum veto consiste à permettre au peuple d'annuler une loi votée par le parlement. Il faut une pétition de citoyens (50 000 en Suisse, 500 000 en Italie) qui demande l'annulation de la loi. Si le nombre minimum de signatures est atteint, un débat est lancé et le référendum populaire a lieu environ six mois plus tard. Si le non l'emporte, la loi est annulée. Si le "oui" l'emporte, la loi est confirmée. C'est un frein pour s'assurer que les élus ne votent pas une loi que la majorité des citoyens réprouve, ce qui peut arriver compte tenu des puissants lobbies qui font aujourd'hui pression sur le gouvernement ou le parlement. C'est un moyen de redonner la parole aux citoyens non organisés en lobbies, en groupes de pression.
     L'initiative populaire est une pétition pour soumettre au référendum un projet de loi voulu par les citoyens signataires sur un sujet que le gouvernement ou le parlement ignorent ou ont peur d'aborder. En Suisse, le chiffre pour qu'une pétition soit valable a été relevé à 100 000 signatures. Aux États-Unis, le chiffre à atteindre est un pourcentage des électeurs, et il varie selon les États. Si le nombre de signatures est atteint, un débat est organisé sur les médias et le parlement donne son avis sur le projet en question. Il peut aussi rédiger un contre-projet qui sera soumis le même jour au référendum. Ainsi, le parlement n'est nullement mis à l'écart. La démocratie directe organise plutôt une saine concurrence entre les citoyens et les élus pour faire les lois : personne ne doit être exclu alors que la démocratie représentative pure exclut les citoyens de la fonction législative.

Effets
Des études universitaires très poussées en Suisse, en Allemagne, aux États-Unis notamment ont montré que les décisions du peuple étaient toujours modérées et raisonnables. Par exemple, les Suisses ont rejeté des mesures démagogiques comme l'adoption des 35 heures ou bien la suppression de l'armée. 
     Sur le plan des finances publiques, les travaux des professeurs Feld et Kirchgässner ont montré en étudiant les résultats des référendums financiers aux États-Unis et dans les cantons suisses que là où la démocratie directe existe; les impôts et les dépenses publiques sont un tiers plus bas que dans les pays où la démocratie est purement représentative. L'endettement public est de moitié plus faible. Ce résultat est d'une extrême importance à la fois pour le respect de la liberté de chacun que pour accroître la liberté de tous. 
     Plus généralement, la démocratie directe permet au peuple de faire de libres choix, hors des canaux réducteurs des consignes des partis politiques. Comme le dit Michael Barone dans sa préface au livre de Patrick Mc Guigan, The Politics of Direct Democracy : "Peut-être le meilleur argument classique en faveur de la démocratie directe est qu'elle permet de prendre en considération dans la décision politique des problèmes qui étaient ignorés pour des raisons institutionnelles ou idéologiques."

Yvan Blot, L'oligarchie au pouvoir

mercredi 17 janvier 2018

Immigration : près de 50% des Français croient au «remplacement»


Une enquête à l'Ifop concernant le rapport des Français au «conspirationnisme» a testé différentes théories. Parmi celles recueillant le plus l'adhésion des sondés figure celle d'une «immigration comme projet politique organisé par les élites». 
La fondation Jean Jaurès (proche du Parti socialiste) et Conspiracy Watch ont commandé une enquête à l'Ifop au sujet du «conspirationnisme». Publiée le 7 janvier, elle révèle que 79% des Français adhèrent à une «théorie du complot» et que près de la moitié de ceux-ci (48%) pensent qu'il existe une «immigration comme projet politique organisée par les élites».

Les personnes souscrivant à cette idée du «remplacement» de population sont plus nombreuses dans la classe d'âge la plus élevée (54% chez les plus de 65 ans) que chez les plus jeunes (44% chez les 18-24 ans). 78% des sympathisants du Front national (FN) adhèrent à cette idée, ainsi que 60% des sympathisants de droite. Cette proportion est même légèrement plus forte parmi les sympathisants de la France insoumise (FI, 32%) et du PS (35%) que parmi ceux de La République en marche (30%). 

Le détail de l'étude montre qu'une très large majorité des Français, soit 72%, considèrent l'immigration comme «un processus inquiétant, qui cause des problèmes de coexistence entre des cultures très différentes et menace à terme notre mode de vie». Parmi les sympathisants de LREM (62%) du FN (90%) ou de la FI (61%), cette opinion est majoritaire quelle que soit la frange du spectre politique à laquelle s'identifient les sondés, seuls les sympathisants écologistes ne sont «que» 49% à y souscrire. 

79% des Français «complotistes» ? 
L'étude de l'Ifop s'intéresse en outre à d'autres «théories du complot», ciblant pèle-mêle l'existence de «zones d'ombre» dans l'enquête sur les attentats contre Charlie Hebdo, la croyance selon laquelle la terre est plate, que «le virus du sida a été créé en laboratoire et testé sur la population africaine avant de se répandre à travers le monde» ou encore que «le ministère de la santé est de mèche avec l'industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité sur la nocivité des vaccins». Au total, pas moins de 79% des Français adhéreraient à l'une des théories listées par l'étude. 

Cette tendance très marquée s'accompagne d'une défiance sensible à l'égard des médias. 36% des Français pensent ainsi que ceux-ci sont «largement soumis aux pressions du pouvoir politique et de l’argent». S'ils ne sont que 17% à le penser parmi les sympathisants de LREM, ils sont 40% chez les sympathisants FN et 55% chez les sympathisants FI. 

Cette étude a été conduite auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, complété par un échantillon de 252 personnes de moins de 35 ans, qui ont été remises à leurs poids réel au sein de l’échantillon lors du traitement statistique des résultats. Au total, 1 252 personnes ont donc été sondées.

Souviens-toi de l'Indochine


Jacques Laurent, hussard puni


     Des hussards qui étaient quatre comme les trois mousquetaires, Jacques Laurent reste le moins bien considéré. C'est le hussard puni. Nimier est une icône, Antoine Blondin une idole, Michel Déon -l'unique survivant de cette fameuse troupe, prouesse qu'il doit à de longues marches sur les plages grecques et dans les pubs irlandais - un patriarche. Laurent, lui, fait grise mine au bal de la postérité. Paie-t-il un prix Goncourt qu'il est le seul hussard à avoir jamais obtenu ("Les bêtises, Grasset, 1971) ? Ou son amitié avec François Mitterrand, qui lui valut, dans les années 80 et 90, à une époque où les journaux appelaient le président socialiste "Tonton" comme "Les tontons flingueurs" ou "Dieu" comme le poème de Victor Hugo, une indulgence contrainte de la critique ? Expie-t-il la fortune et la gloire qui, sous le pseudonyme de Cécil Saint-Laurent et les tirages de "Caroline chérie", en firent, à la fin des années 40 du siècle dernier, la cible des jalousies qui peuvent enfin s'exprimer aujourd'hui dans un silence de plomb ? Ou faut-il mettre l'actuelle désaffection envers Laurent sur le compte de la biographie que Bertrand de Saint Vincent consacra naguère à l'écrivain chez Julliard, ouvrage d'excellente tenue équestre mais qui mit au jour, avec une précision meurtrière, les activités de Laurent en faveur du gouvernement de Vichy sous l'Occupation ? Sur une œuvre comptant au bas mot une centaine d'ouvrages, il n'y en a que deux ou trois disponibles, encore faut-il les chercher avec obstination dans les plus grandes librairies de France. Absent des programmes scolaires, recalé à l'université, non réédité en livre de poche, Jacques Laurent reste assis sur sa chaise quand les autres - Perec, Duras, Vian, Camus, Sartre, Gary et Sarraute - dansent dans les bras de leurs jeunes lecteurs et lectrices, ceux-ci étant dûment encouragés à se frotter contre leur prose par les profs de lycée ou de fac.

     Pendant la trêve des confiseurs, j'ai mangé des confiseries : les quatre volumes de la série des "Clotilde". Je n'indique pas l'éditeur, car il n'édite plus cette tétralogie un peu wagnérienne qui raconte, avec une exquise alacrité, la vie voluptueuse d'une jeune intellectuelle sexy de province entre 1940 et 1962. Déguisé en fille, Jacques Laurent, qui signe ici Cécil Saint-Laurent comme pour la plupart de ses romans majeurs de la même époque -"Caroline chérie", donc, mais aussi "Lucrèce Borgia" et surtout la prodigieuse série des "Hortense"-, a les jambes plus libres pour courir le monde et la langue plus déliée pour raconter ce qu'il a de gros sur la patate. Les textes sont meilleurs quand ils ont un prétexte. Ça les durcit comme un poing. Après la Libération, les écrivains de gauche ont eu des postes, deux de droite des pertes. Celles de l'Indochine, de l'Algérie. Il y en a même eu un - Déon - pour se soucier de l'Angola. Un chagrin d'amour, ça cicatrise ; un chagrin politique, ça purule. Pendant des années. Des décennies. Les femmes oublient plus vite que les déroutes, même quand on n'a pas été brillant avec elles. 

     L'ouverture de "Prénom Clotilde" (1957) : la grâce pure d'une marche de Mozart. L'intensité, la fièvre, la lucidité, l'humour. Un français ample, précis, familier. La fraîcheur de Clotilde. Son teint de rose non socialiste mais très sociale. Je n'ai rien trouvé, parmi les nouveautés romanesques de 2011, qui arrive à la cheville de ce roman. Je l'avais lu à Villers-sur-Mer, l'été de 1973, pendant mon hépatite virale, dans la collection Presses Pocket, où il est aujourd'hui introuvable. C'est encore plus beau quand c'est introuvable.

Patrick Besson pour Le Point 2052

mardi 16 janvier 2018

Réforme de l'ISF : Muriel Pénicaud s'en sort plutôt bien avec 62 000 euros économisés par an


Selon les calculs de la rubrique en ligne CheckNews de Libération, la ministre du Travail sera très avantagée par la suppression de l'ISF sur les biens mobiliers. Cette réforme lui permettra d'économiser 62 000 euros par an. 
Coup de pouce pour les Français les plus fortunés, qui commenceront l'année 2018 avec le sourire : à partir du 1er janvier, l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) vient remplacer l'impôt sur la fortune (ISF). Concrètement, cela signifie que les personnes qui étaient soumises à ce fameux impôt, mais qui avaient choisi de placer leur fortune dans les biens mobiliers (assurances vie et autres produits bancaires) et non pas dans la «pierre», seront moins taxés grâce à la réforme du gouvernement d'Emmanuel Macron... C'est notamment le cas de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. 

62 000 euros... à réinvestir ? 
Selon les informations du journal Libération, cette dernière réalisera une économie annuelle de 62 000 euros. Le patrimoine de la ministre est en effet majoritairement constitué de biens mobiliers : sur 7,7 millions d'euros de biens, seulement 1,8 million d'euros auraient été investis dans ses deux maisons. 

La fortune de la ministre du Travail est principalement répartie dans les actions, les assurances vie et les produits d'épargne : en tout 5,9 millions d'euros qui ne sont plus soumis à l'ISF

Si Emmanuel Macron avait invité les Français les plus fortunés, les «premiers de cordée», à s'engager pour la société française lors d'une interview en octobre, il reste à savoir quelle part de ces 62 000 euros Muriel Pénicaud voudra réinvestir dans l'économie hexagonale

Pour mémoire, le Conseil constitutionnel avait validé les réformes les plus attendues du gouvernement le 28 décembre, malgré plusieurs saisines de la part de parlementaires Les Républicains (LR) mais aussi de la gauche. Concernant l'ISF, les députés LR jugeaient, dans leur saisine, que la charge imposée aux propriétés immobilières était excessive et, de ce fait, «cause d'une rupture caractérisée du principe d'égalité». La gauche socialiste, insoumise et communiste dénonçait, pour sa part, un budget «pour les riches» qui allait «creuser les inégalités». La France insoumise (LFI), par la voix du député Alexis Corbière, considérait que le budget présenté créait «des systèmes réduisant drastiquement la taxation pour les plus riches».

Les cuckservateurs 1/2 - Orages d'acier -16/01/2018

Il n'est donc pas étonnant que nos sociétés souffrent d'un très haut taux de maladies psychologiques comme l'anxiété, l'insomnie et la dépression

Il est amusant d'observer une population composée essentiellement d'employés de bureau bien dociles, qui suit massivement des modes issues de cultures qui étaient dans le temps marginales. Tatouages tribaux et censés être impressionnants pour les hommes. Petits coeurs, dauphins, fleurs, caractères chinois pour les femmes, quand ce n'est pas une sorte de flèche sur le bas du dos ou au-dessus des fesses pointant vers l'anus (probablement voulant dire entrez ici ?). Tatouages donc, piercings, fringues, sorties, vacances originales, appartenance à des tribus... Il faut être différent, comme tout le monde !
     Tout est fait pour le divertissement immédiat : amusement constant, pornographie, drogues. La culture de la consommation nous focalise sur l'avoir au lieu de l'être, sur la possession au lieu des relations, sur les apparences au lieu du bien-être. Cela pousse à l'égoïsme, à l'égocentrisme, à la concurrence constante. Dans tous les domaines, on se compare toujours au niveau le plus haut, idéalisé, impossible à atteindre. La confusion et la frustration engendrées sont considérables. Résultat : des problèmes comme les maladies mentales, le taux de divorce, l'addiction aux drogues et à d'autres substances, et même les taux de criminalité n'ont fait qu'augmenter partout en Occident depuis les années 1950.
     En 1970, 79% des étudiants américains avaient comme objectif une vie qui ait plus de sens. En 2005, ce même sondage montre que l'objectif de 75% des étudiants était de bien gagner leur vie, mais 81% de ceux-ci avouaient ressentir un vide existentiel. 30% des travailleurs admettent être des workaholics, accoutumés à leurs emails, blackberry, iphones et autres gadgets électroniques censés les rendre plus productifs. 50% des travailleurs disent ne pas passer assez de temps avec leurs enfants et leur famille et 40% disent ne pas avoir assez de temps pour eux-mêmes et leurs loisirs. 
     Il n'est donc pas étonnant que nos sociétés souffrent d'un très haut taux de maladies psychologiques comme l'anxiété, l'insomnie et la dépression. Un ami médecin m'a bien résumé le problème : "Nous sommes prisonniers d'un cercle vicieux : nous faisons un travail aliénant et sans sens, créant un état dépressif chez le travailleur ; un médicament permet au travailleur de continuer à travailler ; le travail permet au travailleur d'avoir les moyens de se payer ce médicament ; le docteur qui prescrit le médicament est obligé de le faire et de rester dans le système, car il doit rembourser l'emprunt qu'il a fait pour financer ses études de médecine, sans parler de sa cotisation annuelle au club de golf."
     Les médias zappent d'un sujet sensationnel à l'autre, sans arrêt, sans jamais faire une analyse de fond ou donner le temps de réfléchir. Si pour la plupart des téléspectateurs, à l'esprit émoussé, voire lobotomisé depuis longtemps, ce divertissement suffit, l'esprit aiguisé perçoit de manière évidente l'influence de qui possède le média en question : marchand d'armes, groupe industriel d'un Etat. Dans ce monde matérialiste où l'on vénère l'argent, la moindre critique du système marchand-consumériste et de l'accumulation de la richesse à outrance est devenue une forme d'hérésie. Tout politicien, professeur ou citoyen parlant contre la société de consommation met sa carrière en danger et doit s'attendre à être chahuté, accusé d'extrémisme, ridiculisé et ignoré. Les rares résistants ou dissidents travaillent hors du système des médias, comme un Beppe Grillo en Italie, par exemple.

Piero San Giorgio, Survivre à l'effondrement économique

lundi 15 janvier 2018

Loi anti Fake News: d'Ornellas rappelle l'infiltration de DAESH parmi les migrants (CNEWS, 04/01/18)

Téléphone dans le métro, tumeur au cerveau


Aide au retour et effet d’aubaine


La proposition d’une aide au retour n’est donc pas à la hauteur du problème qui se pose. L’explication en est très simple : 2 000 euros ne représentent rien au regard des avantages sociaux susceptibles d’être perçus chaque mois en France... 

On voit mal, par ailleurs, pourquoi des gens qui ont payé plus de 2 000 euros à des passeurs pour venir clandestinement en France repartiraient gentiment dans leur pays pour cette somme. 

Ces 2 000 euros ont donc simplement été touchés par 3 000 étrangers qui avaient décidé de retourner dans leur pays et pour qui les services administratifs ont rempli un dossier. C’est ce qui s’appelle un effet d’aubaine. Un petit pécule que l’on ramasse au passage à toutes fins utiles. Si la nostalgie de revoir Paris ou Marseille les prend, ils auront les moyens de le faire sans se fouler : c’est en fait une aide au retour chez nous. 

L’aide au retour n’est pas seulement inutile, elle a eu des effets pervers. Par exemple avec certaines populations roms, avant que ces dernières acquièrent un droit permanent de séjour dans les différents pays de l’Union européenne. Certaines familles percevaient l’aide au retour, partaient... puis revenaient. Le cas échéant, sous une identité légèrement modifiée

L’aide au retour n’est donc pas une solution, ni sur le plan des principes ni sur un plan pratique

Jean-Yves Le Gallou, Immigration, la catastrophe. Que faire ?

dimanche 14 janvier 2018

Nature et rupture


100 000 demandes d'asile en 2017 : un chiffre «historique» en augmentation de 17%


Venus d'Albanie, d'Afghanistan ou du Soudan, les demandeurs d'asile ont été 17% de plus en 2017 qu'en 2016, selon l'Ofpra. Son directeur estime qu'il ne s'agit pas d'un afflux massif mais parle d'un record depuis au moins 40 ans. 
C'est un record historique, selon le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). En 2017, plus de 100 000 personnes ont fait une demande d'asile en France. Alors que le gouvernement prépare un texte de loi sur l'immigration et l'asile qui suscite déjà la controverse, les chiffres témoignent d'une hausse de 17% des demandes d'asile dans le pays par rapport à 2016. A titre de comparaison, entre 2015 et 2016, la hausse du nombre de demandeurs d'asile s'était élevée à 6,5%.

Pascal Brice, directeur général de l'Ofpra, assure certes qu'il ne s'agit pas d'un «afflux massif» et que la France est en mesure d'y faire face. Mais il a toutefois concédé sur CNews qu'il s'agissait d'un record depuis «au moins 40 ans». Les pays de provenance de ces demandeurs d'asile sont d'ailleurs bien différents qu'à cette époque : en tête, l'Albanie avec 7 630 demandes, soit une hausse de 66%. L'Ofpra n'a cependant accordé sa protection qu'à 6,5% des demandeurs d'asile albanais, leur pays étant considéré comme sûr. 

Suivent l'Afghanistan (5 987 demandes, soit une hausse de 6%), Haïti (4 934 demandes, un chiffre stable), le Soudan (4 486 demandes, en baisse de 24%) et la Guinée (3 780, en progression de 62%). Les ressortissants de pays d'Afrique de l'Ouest, notamment les Ivoiriens (dont les demandes d'asile ont doublé) ou les Congolais (hausse de 15%), sont de plus en plus nombreux à demander l'asile en France. On dénombre en revanche peu de Syriens. Arrivés via des programmes de réinstallation, leur nombre est en baisse de 10% alors que leur situation, considérée comme prioritaire, donne lieu à un fort taux d'acceptation. 

«Cela confirme que la France est dans les tous premiers pays de la demande d'asile en Europe», explique Pascal Brice, qui rappelle toutefois dans les colonnes du Monde que l'Allemagne a reçu près du double de demandes l'an passé.

L’île de Nauru : du rêve au cauchemar


Il y a moins de 20 ans, l’île de Nauru était l'un des pays les plus riches du monde. Aujourd'hui, l'État est en faillite, la population est obèse et le chômage a atteint 90% des actifs. L'île a essayé de se transformer en paradis fiscal pour attirer des capitaux, mais sans succès. 

Successivement colonisée par l’Allemagne, puis l’Australie, Nauru connaît une prospérité sans précédent. La petite île, située au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, présente en effet un développement très important grâce à l’exploitation et l'exportation du phosphate. Ce minerai, très utile pour fabriquer l’engrais agricole, alimente l'agriculture australienne et britannique.

Commence alors une longue période d’exploitation : les Australiens, qui possèdent l’entreprise construisent les infrastructures indispensables à l'extraction de la matière phare. Et en quelques années, l’entreprise connaît des profits «records». Mais les Naruans souhaitent désormais jouir eux-mêmes de leurs ressources naturelles. L’île accède donc à son indépendance le 31 janvier 1968 et devient ainsi la République de Nauru.

Dès lors, l’entreprise est rachetée et nationalisée. Pendant 30 ans, de 1968 à 1998, la richesse s'empare de la population et la vie des Nauruans n'est plus la même. La période est faste, le cours du phosphate s'envole. L'année 1974 bat tous les records : le pays fait 225 millions d'euros de bénéfice et le PIB par habitant est le 2e au monde. Un PIB trois fois plus élevé qu’aux États-Unis.

Nauru investit alors sa fortune dans l'immobilier. Des buildings sont construits à Melbourne et à Washington, des terres sont achetées dans divers pays du pacifique, des spectacles sont entièrement financés par l’État, un golf luxueux est construit sur l’île. La compagnie aérienne nationale est aussi créée, Air Nauru, couvrant la majeure partie de l'Océanie.

La descente aux enfers 
Cependant, dès les années 1990, l'épuisement des réserves minières, une mauvaise gestion des finances publiques et la dégradation de la santé publique caractérisée par l'apparition de maladies liées à une mauvaise hygiène de vie entraînent une paupérisation de la population et du pays en général, aboutissant à une faillite nationale.

Autrefois pays au plus haut revenu annuel moyen par habitant juste derrière l'Arabie Saoudite, Nauru connait une chute vertigineuse. Les dirigeants qui se sont succédé à la tête de l’entreprise nationale ont mené une gouvernance extravagante, matérialisée par des investissements douteux et n'ont pas assuré l'avenir du pays. Avec une gestion sérieuse, même avec l’épuisement des ressources de phosphate, l'argent accumulé aussi facilement aurait suffi à pérenniser le futur de l'État.

Quant à la population, l’opulence des années de richesse a engendré de mauvaises habitudes alimentaires. Le pays recouvre aujourd’hui le plus fort taux d’obésité de la planète. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 95% de la population est en surpoids. Les habitants se plaignent aujourd'hui de ne plus manger que du poisson, nourriture du «pauvre» pour les îles du Pacifique. La nourriture est de moins en moins disponible, détruisant la notion de solidarité entre les citoyens nauruans, pourtant très présente il y a encore quelques années. L’État ne semble pas informer la population sur un mode de vie sain et le seul organisme public fonctionnant correctement est l’hôpital.

Aujourd'hui, la quasi-totalité du territoire de Nauru ressemble à un désert de pierres. La surexploitation du phosphate sur l’île a dégradé l’environnement : 80% de la surface du territoire a été creusée et la déforestation a tué des espèces entières d’oiseaux. 


Paysage lunaire terre inexploitable ce qui reste î Nauru Un paysage lunaire, c'est ce à quoi ressemble l'île de Nauru depuis la fin de l'extraction du phosphate © REUTERS PHOTO 

Symbole de la déchéance du petit pays, le célèbre building que l’État avait acheté à Melbourne en Australie a dû être vendu en 2004 pour essayer de rembourser ses dettes. La République de Nauru commence alors à blanchir de l’argent et à vendre des passeports. La mafia russe de Saint-Pétersbourg a blanchi à Nauru près de 70 milliards de dollars. Le pays a même appartenu à la liste noire des paradis fiscaux. Des activités illégales qui n'ont jamais bénéficié aux habitants de l’île. 

Aujourd’hui, le système de sociétés-écrans n’existe plus et l’île de Nauru a été retirée de cette liste noire, mais les faux passeports circulent encore dans le monde. 

Survivre ou partir 
Nauru s’applique dorénavant, pour survivre, à prendre soin de ses relations diplomatiques. Taïwan a racheté pour 10 millions de dollars la ligne faisant quelques allers-retours entre Nauru et Australie, le tout avec le carnet de chèques de banques créancières. En échange, Taïwan est soutenue par Nauru sur la scène internationale, et notamment dans sa lutte pour obtenir un siège à l’ONU. Pour preuve, la seule ambassade présente sur l’île est celle de Taïwan. 

L’île abrite également une prison, à disposition non pas de l’État, mais de l’Australie. Ce camp d’internement est habité par des clandestins que l’Australie capture dans les eaux internationales, près de leurs côtes. Le fait que ces clandestins soient directement amenés à Nauru ne leur permet pas de demander le statut de réfugiés politiques en Australie. Ce système, plus connu sous le nom de «Solution du Pacifique», rapporte à Nauru plusieurs millions de dollars chaque année. Mais devant un début de polémique, le nouveau Premier ministre australien, Kevin Rudd, a stoppé les acheminements de clandestins vers Nauru. 

Les habitants de Nauru auraient dû être riches, il ne leur reste plus rien. Une lueur d’espoir est cependant apparue. Des géologues affirment qu’il existerait sous les anciens gisements de nouvelles sources de phosphate. Des explorations ont été lancées, financées par de grands entrepreneurs australiens mais c'est une fausse bonne nouvelle, car compte tenu des dettes encore en cours, Nauru et ses habitants ne profiteront plus jamais de leurs ressources naturelles. 

La plus petite République du monde, en apparence semblable à des dizaines d’autres, est aujourd’hui une île complétement dévastée, qu'on a même envisagé d'abandonner en préparant l’exil de ses habitants. Pour l'heure, près de 9.000 personnes vivent encore sur l'île mais son avenir est compromis. Entre surexploitation écologique, faillite économique et hyperconsumérisme : l’histoire de Nauru est l’exemple parfait du rêve qui vire au cauchemar.

samedi 13 janvier 2018

Expulsion ou incarcération : Israël laisse le choix à des dizaines de milliers de migrants africains


Les autorités israéliennes lancent un programme à l'encontre de près de 40 000 migrants, principalement erythréens et soudanais. Ceux-ci ont jusqu'à la fin du mois de mars pour quitter Israël, faute de quoi ils seront emprisonnés. 
En matière de contrôle de l'immigration, Israël n'a pas les états d'âme des pays européens. Tel-Aviv a annoncé ce 3 janvier 2018 le lancement d'un programme destiné à imposer à près de 40 000 migrants en situation irrégulière de choisir entre leur expulsion ou leur incarcération. 

S'exprimant en amont d'une réunion de son cabinet, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'est félicité de la mise en place de ce projet destiné à «faire partir les migrants entrés illégalement». Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 38 000 personnes sont concernées, en majorité des Erythréens et des Soudanais. 

Les migrants qui accepteront de partir se verront remettre un billet d'avion et près de 3 000 euros, avec pour date-butoir mars 2018. Ceux qui refuseront d'être déportés seront incarcérés pour une durée indéterminée. Après la date du 1er mars, il sera encore possible pour ces personnes de quitter volontairement Israël, mais une somme inférieure leur sera remise. Le ministère de l'Intérieur a prévenu que ceux qui refuseront seraient emprisonnés. 

Dans un communiqué distinct, le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, chargé de l'application du programme, a souligné qu'Israël était «déterminé à renvoyer des dizaines de milliers de migrants entrés illégalement». Selon des chiffres officiels, 4 012 migrants en situation irrégulière ont déjà quitté Israël en 2017, dont 3 332 originaires d'Afrique subsaharienne. 

Des migrants en danger dans leurs pays d'origine 
Pour autant, le gouvernement israélien reconnaît tacitement que les Soudanais et les Erythréens ne peuvent pas retourner chez eux dans le cadre de ce programme. Le gouvernement érythréen a en effet été accusé par l'ONU de crimes contre l'humanité, «généralisés et systématiques». 

Quant au Soudan, son président Omar el-Béchir fait l'objet de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Excepté la prison en Israël, il n'y a qu'une seule solution : Israël a signé des accords avec des pays tiers, en l'occurrence le Rwanda et l'Ouganda, qui doivent accueillir les migrants volontaires. 

Ces migrants sont pour la plupart entrés illégalement en Israël via le Sinaï égyptien à compter de 2007. Ce flux a été stoppé avec la fin de la construction par l'Etat hébreu d'une clôture électronique le long de la frontière avec l'Egypte

Les autorités israéliennes ont ouvert des centres de rétention dans le sud, où près de 1 500 migrants sont soumis un régime de semi-liberté. Ces établissements vont fermer leurs portes et les migrants qui refuseront de partir seront envoyés en prison. Benjamin Netanyahou s'était rendu fin août 2017 dans le sud de Tel-Aviv, où résident des milliers de migrants africains, et s'était engagé à rendre ce secteur «aux citoyens israéliens».

Editions Le Polémarque


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Les textos et les mails, ça rend idiot !


Une étude publiée en Angleterre montre que les SMS et les courriers électroniques font diminuer le quotient intellectuel. Sont concernés :les accros aux minimessages, incapables de s'arrêter, quitte à faire dix choses en même temps. 

«TXTO REN 1 peu idio » : traduit en « français » cela donne : « envoyer des textos rend (un peu) idiot. » C'est mauvais pour votre quotient intellectuel. Tapoter avec son pouce sur son téléphone portable ou se ruer à tout moment sur son clavier d'ordinateur pour répondre au dernier e-mail arrivé diminue deux fois plus vos performances intellectuelles qu'un joint de marijuana ou une nuit sans sommeil. Selon les psychologues de l'Institut de psychiatrie de King's College à Londres, ces activités font baisser votre quotient intellectuel de 10 points, alors que la diminution n'est que de 4 points après avoir fumé un joint. 

Explication : c'est le fait de maintenir toujours son esprit en éveil, à l'affût du moindre message venu de l'éther qui diminue votre capacité de concentration. Les spécialistes ont trouvé un mot pour ce nouveau mal des temps modernes : l'infomania. « En fait, ça signifie ne jamais vraiment être débranché de son travail. C'est souvent vrai pour les cadres qui n'arrêtent jamais vraiment de travailler », explique David Smith, directeur commercial de Hewlett Packard qui a commandité l'étude. Quatre-vingts volontaires ont pris part aux essais cliniques sur la détérioration de leur QI. 1 100 adultes ont été interviewés : 62 % d'entre eux reconnaissent vérifier leurs messages de travail chez eux ou en vacances. La moitié y répondent immédiatement et un sur cinq (21 %) interrompra une réunion pour renvoyer un message. Selon le Dr Glenn Wilson, le psychologue qui a dirigé cette étude, « l'infomania est un phénomène très répandu, qui altère les performances du travailleur si elle n'est pas contrôlée, en réduisant son agilité mentale. On est moins concentré parce que l'esprit reste prêt en permanence à répondre à un nouveau message plutôt que de se concentrer sur la tâche à accomplir. Le cerveau est moins efficace parce qu'il doit jongler avec plusieurs tâches à la fois. » Répondre aux textos est aussi « considéré comme très impoli » par neuf personnes sur dix qui voient leur interlocuteur répondre à un message pendant qu'il leur parle. Plus de 50 milliards d'e-mails sont envoyés chaque jour dans le monde. 88 % sont des « junk-mail » (courrier sans intérêt). Une personne en reçoit en moyenne 32 par jour. En Grande-Bretagne, 1 035 millions de textos sont envoyés chaque mois. Le Britannique moyen en reçoit 37 par mois. Mais le plus étonnant, c'est pourquoi un constructeur d'ordinateur et de téléphone a commandé une telle étude... Comme si un constructeur de bolides de F 1 disait à ses clients de ne surtout pas dépasser 90 km/h. « Nous voulons aider nos clients à profiter au maximum de la technologie des téléphones mobiles et des ordinateurs que nous mettons à leur disposition. Ces outils sont un formidable plus pour les compagnies mais devant l'utilisation massive des textos pendant nos réunions, nous soupçonnions que cela pouvait gêner le travail. Nous voulions une confirmation scientifique. » Ils l'ont eu.

vendredi 12 janvier 2018

Passez une bonne fin de semaine !


Les migrants : des «envahisseurs musulmans», selon le Premier ministre hongrois


Connu pour son opposition frontale aux quotas européens de migrants, Viktor Orban s'est livré à de nouvelles déclarations fracassantes. Qualifiant les réfugiés d'«envahisseurs», il estime que des «sociétés parallèles» ont émergé en Europe. 
Dans un entretien au journal allemand Bild le 7 janvier, Viktor Orban s'est livré sur les raisons du refus de Budapest d'accueillir des réfugiés. «Nous ne considérons pas ces gens [les migrants] comme des réfugiés musulmans», a lancé le Premier ministre hongrois, précisant les voir plutôt comme des «envahisseurs musulmans»

«Si quelqu'un veut venir dans votre maison, il frappe à votre porte et demande : "Pouvons-nous entrer, pouvons-nous rester ?" Ils [les demandeurs d'asile] ne font pas cela, ils ont franchi la frontière illégalement», a encore déclaré Viktor Orban. 

«Sociétés parallèles»
Poursuivant son raisonnement, le Premier ministre hongrois a qualifié le multiculturalisme d'«illusion», jugeant que les sociétés musulmane et chrétienne «ne s'unir[aient] jamais». Quant à l'arrivée d'un grand nombre de musulmans sur le Vieux continent, elle aurait résulté selon lui en l'apparition de «sociétés parallèles»

Viktor Orban a aussi estimé que les personnes tentant de rejoindre la Hongrie depuis la Syrie ne risquaient «pas leur vie» car elles traversaient des pays relativement stables : la Turquie, la Grèce, la Macédoine et la Serbie. «Ce sont plutôt des migrants économiques en quête d'une vie meilleure», a conclu le Premier ministre. 

Estimant que le but de la plupart des réfugiés était de s'installer en Allemagne, il a taclé la politique d'accueil des demandeurs d'asile de la chancelière Angela Merkel. «Je n'ai jamais compris comment le chaos, l'anarchie et le franchissement illégal de frontières étaient considérés comme des choses positives dans un pays comme l'Allemagne, que nous considérons comme le meilleur exemple de discipline et de respect de la loi», a lancé Viktor Orban. 

Critique acerbe de l'immigration et des quotas de répartition de migrants obligatoires prévus par l'Union européenne, Viktor Orban multiplie les sorties fracassantes sur le sujet. Il avait déjà notamment qualifié les demandeurs d'asile de «cheval de Troie pour le terrorisme»

Le renforcement de la frontière de la Hongrie avec la Croatie et la Serbie, par la construction d'un mur, a valu de nombreuses critiques de pays européens à Budapest. 

La Hongrie n'infléchit pourtant pas son discours et s'est trouvée des alliés européens refusant eux aussi les quotas, comme la Pologne et la République tchèque, et ce malgré les mises en garde de la Commission européenne.

Une démission à la Commission nationale des comptes de campagne qui risque de faire du bruit


Le Parisien révèle les raisons qui ont poussé un rapporteur de la Commission nationale des comptes de campagne à démissionner. Il juge l'instance «opaque» après avoir étouffé des irrégularités sur les dépenses d'un candidat à la présidentielle. 
Dans son édition du 7 janvier, Le Parisien a interrogé l'un des rapporteurs de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements publics (CNCCFP), Jean-Guy de Chalvron. Ce dernier a démissionné de l'instance après avoir établi «de nombreuses divergences de fond» avec la CNCCFP. 

A partir du 3 août 2017 et pendant cinq mois depuis la publication des comptes au Journal officiel, il a été chargé d'éplucher les factures de Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'élection présidentielle 2017. Après avoir déniché plusieurs dépenses litigieuses, «des anomalies», qui ne devaient pas, selon lui, ouvrir droit à un remboursement par l'Etat, Jean-Guy de Chalvron écrit une «lettre des griefs» destinée au député des Bouches-du-Rhône. 

Vous ne m'offrez d'autre alternative que celle de me soumettre ou de me démettre 

Après avoir examiné sa missive, la Commission lui aurait opposé un refus «extrêmement brutal». Elle lui aurait alors recommandé de revoir nettement à la baisse ses propositions de régularisation, selon les propos rapportés par Le Parisien. 

Des «dysfonctionnements» entre la Commission et les rapporteurs 
Plutôt que de transiger avec ses convictions, ce haut-fonctionnaire a préféré démissionner, refusant de cautionner d'éventuelles irrégularités. «Vous ne m'offrez d'autre alternative que celle de me soumettre ou de me démettre», écrit Jean-Guy de Chalvron dans une lettre adressée au président de la CNCCFP, François Logerot, dont Le Parisien a obtenu copie. 

Ses réserves portaient sur 1,5 million des 10,7 millions d'euros de dépenses totales du candidat insoumis. Jean-Guy de Chalvron veut dénoncer au-delà de sa démission de «graves dysfonctionnements» de la CNCCFP dont il juge le fonctionnement «opaque et fort peu démocratique». 

La CNCCFP a affirmé au quotidien que «les rapporteurs savent que la Commission ne suit pas forcément leurs recommandations». Dans tous les cas, Jean-Guy de Chalvron s'est senti «bâillonné», «en colère» et «révolté». 

Si sa tâche était de passer au peigne fin les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon uniquement, il se refuse à cibler personnellement le leader de La France insoumise. Du fait de sa tâche de rapporteur, il ne sait pas lui-même si de tels dysfonctionnements ont eu lieu sur les comptes de campagne d'autres candidats à la présidentielle 2017. 

Toutefois, selon Le Parisien, «deux, voire trois, autres rapporteurs» auraient aussi claqué la porte de la commission...