lundi 23 juillet 2018

Les menaces envers la liberté sont d’abord causées par l’attitude des gens envers la technologie, dans leur travail et dans leur vie quotidienne


Les menaces envers la liberté sont d’abord causées par l’attitude des gens envers la technologie, dans leur travail et dans leur vie quotidienne. Et la façon dont ils se comportent vis-à-vis de la technologie est déterminée par de puissantes forces sociales et psychologiques. S’opposer à cela par un moyen aussi dérisoire qu’une doctrine philosophique est simplement ridicule. Même si vous persuadez le public de partager votre point de vue, il ne changera pas ses habitudes pour autant. Il trouvera toujours des rationalisations pour concilier sa conduite avec la philosophie ; ou bien les gens diront que ce qu’ils font individuellement est trop peu important pour modifier le cours des choses ; ou bien ils confesseront qu’ils sont trop faibles pour mettre en pratique leurs principes. On peut concevoir qu’une doctrine philosophique puisse changer une culture sur le long terme mais seulement si les forces sociales qui lui sont opposées sont elles-mêmes en état de faiblesse. Mais c’est loin d’être le cas aujourd’hui où notre société est puissamment engagée dans le développement technique. Il nous reste très peu de temps, peut-être trois décennies tout au plus, après quoi nous aurons atteint le point de non-retour. 

Theodore Kaczynski, L’avenir de la société industrielle

dimanche 22 juillet 2018

Esprit de liberté #saut dans la stratosphère

Bêtisier de la transition

La France ne s'est pas engagée dans la transition énergétique, mais dans la décroissance, en se donnant pour objectif la baisse de la consommation d'énergie. (...) La France comme l'Europe doivent donc redéfinir la transition énergétique autour des principes suivants : une énergie abondante pour tous ; la mobilisation de l'énergie au service des entreprises ; la sécurité des approvisionnements ; la prime aux énergies décarbonées. En découlent cinq priorités : l'optimisation du parc nucléaire avec la prolongation de sa durée de vie jusqu'à soixante ans, voire au-delà (...).

Nicolas Baverez, économiste, sac à pub atlantiste, Le Point, 20-3-2014

La morale, renouvelée des Droits de l’homme a revêtu les signes d’une religion d’Etat

Auparavant, je pouvais bien me sentir le devoir (philanthropique, chrétien, etc.) de traiter l’autre comme mon semblable, mon frère. Mais l’autre n’avait pas d’action en justice pour en exiger de moi l’accomplissement. Maintenant, si je l’ai discriminé à tort, il pourra se porter partie civile, lui ou son groupe, devant le tribunal répressif et me réclamer des indemnités. Mais tandis qu’auparavant, ma fraternité, ne venant que du cœur, pouvait être effusive et sans limites, enserrée maintenant dans la légalité, elle va devenir sourcilleuse, peut-être chicanière. C’est la rançon du passage au droit. 
Par ce passage, la morale, renouvelée des Droits de l’homme a revêtu les signes d’une religion d’Etat, y compris un certain penchant à l’intolérance. 

Professeur Jean Carbonnier, Droit et passion du droit

Aie foi en Dieu et garde ta poudre au sec !


Rappel : Le contrôle du langage


La tentative des gouvernants de contrôler le peuple en contrôlant le langage n’est pas nouvelle. Petit rappel historique.

La nouvelle est tombée sur BFM : dans certains collèges et lycées, le « tchip », ce petit bruit de succion qui rendrait fou des professeurs, est maintenant réglementé. 

Là où le bât blesse, c’est que ce fameux tchip, « concentré de dédain », a été rendu populaire par nulle autre que Madame Taubira. Elle l’avait en effet utilisé pour qualifier ses détracteurs, le rendant populaire au point de devenir habituellement utilisé par les adolescents 

Je ne m’attarde pas sur l’incongruité d’interdire à certains l’usage d’une onomatopée permise à d’autres sans donner le sentiment d’une liberté d’expression à géométrie variable. En effet, chaque langue forge d’une façon particulière la vision du monde de ceux qui l’utilisent. On voit ce que l’on dit. Je prends l’exemple de l’anglais qui différencie le sheep (dans le pré) du mutton (dans l’assiette). 

Nommer est une décision humaine intelligente, la première étape de la pensée scientifique et de la pensée tout court. Nommer, c’est distinguer, classer, mettre en ordre le monde, le comprendre et le modifier. C’est, plus simplement, prendre le pouvoir. Il s’agit donc d’une arme redoutable qui peut servir à libérer, magnifier ou à l’inverse, réduire en esclavage, insulter, lancer des propagandes, exclure. 

Le contrôle du langage est donc important pour nos dirigeants qui sont censés avoir conscience de l’impact des mots. D’ailleurs, mus par une éthique souvent contestable, ils usent et abusent constamment de cette arme dans les promesses qu’ils nous font, les injonctions dont ils nous menacent, les pseudo-vérités qu’ils nous assènent, les visions délirantes de la société dont ils veulent nous convaincre. 

Il n’est pas innocent dans ce contexte de remplacer un mot par un autre véhiculant une vision différente. Ainsi la « secrétaire » devient « assistante », une « femme de ménage » une « technicienne de surface », un « instituteur » se transforme en « professeur des écoles ». La réforme des programmes scolaires et son lot de remplacements ridicules comme substituer « nager » par « se déplacer de manière autonome dans un milieu aquatique profond » en est également une illustration édifiante. 

La tentative des gouvernants de contrôler le peuple en contrôlant le langage n’est pas nouvelle : si les Serments de Strasbourg en 842 sont considérés comme le plus ancien document écrit en français, la France jusqu’au 17ème siècle était multilingue (langue vulgaire et latin), ce qui posait problème notamment dans l’assise du pouvoir administratif et judiciaire. Il était indispensable d’unifier la nation autour d’une langue. C’est ainsi que l’ordonnance de Villers-Cotterêts a permis d’entamer ce processus : 
Article 110 : afin qu’il n’y ait cause de douter sur l’intelligence des arrêts de justice, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et écrits si clairement, qu’il n’y ait, ni puisse avoir, aucune ambiguïté ou incertitude, ni lieu à demander interprétation. 
Article 111 : et pour que de telles choses sont souvent advenues sur l’intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel français et non autrement. 

Richelieu a créé en 1635 l’Académie française afin, selon les termes de Marc Fumaroli, de « donner à l’unité du royaume forgé par la politique une langue et un style qui la symbolisent et la cimentent ». Ainsi, l’article 24 des statuts précise que « la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ». 

La révolution française a accolé l’idée de nation à la langue pour amener un sentiment d’identité nationale, confirmant le processus qui a été encore accentué par Jules Ferry (l’école obligatoire) et le concept de laïcité. 

Il est par contre notable de constater que le pouvoir politique a laissé à une institution indépendante, pendant des siècles le soin d’enregistrer, d’établir et de régler l’usage du français. Depuis les années 1970 cependant, le gouvernement, toutes tendances politiques confondues, essaie régulièrement d’étendre son pouvoir en régulant la langue française. 

Sous Pompidou (Pierre Messmer Premier ministre), a décidé de lutter contre l’invasion ou la prédominance anglaise. À partir de 1972, des commissions ministérielles de terminologie et de néologie sont constituées pour désigner, au besoin créer, des termes français pour éviter un mot étranger. Ces termes s’imposent alors à l’administration. Ainsi baladeur remplace walkman par exemple. 

Sous Valéry Giscard d’Estaing (Chirac Premier ministre), en 1975, la loi dite « Bas-Lauriol » rend l’emploi du français obligatoire dans l’audiovisuel, le commerce et dans le monde du travail. 

Toutes ces dispositions n’empêchent pas l’anglais d’être LA langue. Au cours des années 1990, la gauche décide de renforcer l’ensemble législatif. 

Sous Mitterrand (Bérégovoy Premier ministre), un nouvel alinéa est ajouté, le 25 juin 1992, à l’article 2 de la Constitution : la langue de la République est le français. 

La loi du 4 août 1994, dite « loi Toubon » tente d’élargir les dispositions de la loi de 1975 relative à la primauté des termes francophones face aux anglicismes. Elle reconnait le droit de s’exprimer et de recevoir, et l’obligation de rédiger toutes les informations en français. Il est intéressant de noter que le Conseil constitutionnel l’a beaucoup allégée, estimant que l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen interdisait à l’État de déterminer le vocabulaire à utiliser par les médias ou les personnes privées dans l’ensemble de leurs activités. La loi ne peut intervenir que pour les personnes morales de droit public et les personnes de droit privé dans l’exercice d’une mission de service public (article 5 de la loi). 

Sous Chirac (Juppé Premier ministre), le décret du 3 juillet 1996 met en place une nouvelle commission générale de terminologie et de néologie. L’accord de l’Académie française devient indispensable pour que les termes d’enrichissement « recommandés » soient publiés avec leurs définitions au Journal Officiel. La prédominance de fait de l’Académie se trouve ainsi confirmée par le droit. 

La tentative de féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres est une illustration assez marquante de cette volonté de légiférer à tout va. Il a en effet été décidé, dans les années 80, de lutter contre le sexisme dans la société grâce aux mots. 

Ainsi sera créée une « commission de terminologie relative au vocabulaire concernant les activités des femmes » pour que « la féminisation des noms de professions et de titres vise à combler certaines lacunes de l’usage de la langue française dans ce domaine et à apporter une légitimation des fonctions sociales et des professions exercées par les femmes ». 

L’Académie française, non consultée, fait part de ses réserves et indique, arguments à l’appui, que la féminisation risque d’aboutir à un résultat inverse et créer dans la langue une discrimination entre les hommes et les femmes. Elle en profite pour contester enfin le principe même d’une intervention gouvernementale sur l’usage, jugeant qu’une telle démarche risque « de mettre la confusion et le désordre dans un équilibre subtil né de l’usage, et qu’il paraîtrait mieux avisé de laisser à l’usage le soin de modifier ». 

Une circulaire du Premier ministre Jacques Chirac recommandera, en 1986, de procéder malgré tout à la féminisation, mais cette circulaire ne sera pas appliquée. 

En 1997 (Présidence Chirac- Gouvernement Jospin), certains ministres du gouvernement préconiseront pour leur compte la forme féminisée « la ministre », ce qui provoquera une nouvelle réaction des immortels. 

Dans une circulaire du 6 mars 1998, le Premier ministre Lionel Jospin, constatant le peu d’effet du texte de 1986, propose malgré tout d’imposer la féminisation « dès lors qu’il s’agit de termes dont le féminin est par ailleurs d’usage courant ». Il charge alors une commission générale de terminologie et de néologie de « faire le point sur la question ». Le rapport de la commission en octobre 1998 rappelle qu’une intervention gouvernementale sur l’usage n’est pas recommandée et ne sera pas suivie d’effet. 

L’incident qui a eu lieu à l’Assemblée nationale il y a peu de temps est assez symptomatique de tout cela. 

Tout est dit : légiférer la langue de manière aussi directe est juste une perte de temps et d’énergie. Pour influencer les esprits, il faut le faire plus subtilement, ce dont ils ne se privent d’ailleurs pas. 

Un exemple édifiant est celui d’un morceau de tissu pouvant cristalliser des positions racistes en fonction du nom qui lui est donné et de l’interprétation qui en est faite. 

Nous nous dirigeons vers une sombre période. Je repense au livre de George Orwell, 1984, dans lequel était décrit le lien entre le contrôle des mots, de leur définition et signification et le contrôle de la pensée réelle du peuple. Il suffit d’observer l’évolution des définitions dans le temps, qui finissent par perdre leur substance, et donner une autre interprétation 

Restons vigilants ! Nous nous attachons à défendre nos libertés, principalement la liberté d’expression, face à un État qui ne pense qu’à les grignoter, au motif de faire notre bien. Ne nous laissons pas prendre la première d’entre elle, qui est celle de penser.

Une société dans laquelle le père n’assume plus cette fonction fabrique par milliers des individus immatures et narcissiques


Une société dans laquelle le père n’assume plus cette fonction – soit qu’il ne le veuille plus, soit qu’il ne le puis plus – est une société qui fabrique par milliers des individus immatures, narcissiques, qui n’ont jamais pu résoudre leur complexe d’Œdipe. L’idéologie du genre s’inscrit elle-même dans le droit fil d’une critique de l’autorité de la Loi symbolique identifiée au Père, qui trouve son origine dans la pensée libérale. Jean-Claude Michéa, pour le citer à nouveau, a bien montré que cette reconfiguration anthropologique est en parfaite adéquation avec une civilisation capitaliste qui a tout intérêt à délégitimer toutes les figures de l’autorité, afin que se généralise ce « nouveau type d’individu artificiellement maintenu en enfance, dont le consommateur impulsif représente la figure emblématique et dont l’addiction à la jouissance immédiate est devenue le signe distinctif ». « La civilisation libérale, ajoute-t-il, est la première, dans l’histoire de l’humanité, qui tende par principe à priver le sujet individuel de tous les appuis symboliques collectifs nécessaires à son humanisation et qui rende ainsi de plus en plus problématique ce décollage indispensable d’avec la mère sans lequel il n’y a pas d’autonomie personnelle concevable. » 
     L’homme immature devient un enfant à materner. Les fils eux-mêmes ont le plus grand mal à devenir pères, car la figure du père a été désymbolisée et privée de ses attributs traditionnels. « Or, qu’est-ce qu’un fils qui ne devient pas père ? C’est un immature qui le reste d’autant plus que les pères eux-mêmes envient la jeunesse éternelle. » Une génération d’enfants sans pères est en train d’apparaître, qui n’est plus en mesure de concevoir ce qu’est la virilité, ou la simple masculinité, parce qu’elle n’a plus de modèles pour la concevoir, se former et s’identifier. « C’est parce que les pères ne sont plus des pères et les mères des mères que les fils ont tant de mal à être des hommes et les filles des femmes », écrit lui aussi Michel Schneider, qui ajoute : « Dans une société de moins en moins ‘œdipienne’, qui tend à dénier la différence générationnelle et celle des sexes, comment s’étonner que chez de plus en plus d’adultes la pulsion sexuelle retourne vers les objets et les satisfactions de l’enfance ? » Peuplée d’adultes qui ne sont jamais devenus vraiment adultes, la société devient une sorte de gigantesque jardin d’enfants, où les pouvoirs publics jouent le rôle d’une « Big Mother »

Alain de Benoist, Les démons du Bien

samedi 21 juillet 2018

La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité de ce monde c'est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer moi.


La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité de ce monde c'est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer moi.

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit

Le Kosovo c'est la Serbie !


Defend Buenos Aires


Sisters of Mercy - Black Planet

EDF et la franc-maçonnerie

EDF : 116 000 salariés, la troisième entreprise française par son chiffre d’affaires. Un État dans l’État, avec ses filiales, ses fiefs, ses secrets – nucléaire oblige. Et un mode de fonctionnement très codifié. « EDF a toujours toléré des sureffectifs contre le soutien sans faille de la CGT à la politique nucléaire, explique un dirigeant. Face à la puissance du syndicat, l’encadrement s’est organisé. La maçonnerie a, si l’on ose dire, servi de ciment. D’autant plus que, de Paul Delouvrier [son premier président] à François Roussely en passant par Marcel Boiteux, Gilles Ménage ou Edmond Alphandéry, tous, à peut-être une exception près, sont maçons. J’ai fini par me faire initier moi-même. Sinon, à un certain niveau de responsabilité, on n’est plus dans le coup. » 
     Mais ce ciment peut craquer, quand l’enjeu politique vient bousculer des positions acquises. Ainsi, au printemps 1998, la guerre fait rage au sein d’EDF. D’un côté, Edmond Alphandéry. Cet universitaire, ancien ministre de l’Économie d’Édouard Balladur, a été parachuté à la tête de ce monument de l’industrie française par Alain Juppé, au lendemain de la victoire de Jacques Chirac, en remerciement de sa neutralité bienveillante lors des derniers mois de la campagne présidentielle. De l’autre Pierre Daurès, ingénieur des Ponts et Chaussées, directeur général de 1996 [à 1998], plus vingt ans de service au sein d’une maison dont il connaît les moindres recoins. Cabales, coups fourrés, le conflit fait l’objet d’un véritable feuilleton dans la presse économique. Certains ministres s’en mêlent. Un témoin raconte : « Il y avait une haine personnelle entre les deux hommes. L’arrivé d’Alphandéry était une insulte pour les baronnies d’EDF », d’autant qu’il a voulu récupérer tous les pouvoirs, en transgressant, selon ses détracteurs, la loi de nationalisation de 1946. « Mais on ne comprend rien à ce qui s’est passé, poursuit ce cadre supérieur, si on néglige le fait qu’Alphandéry, membre de la GLNF, mettait les pieds dans une chasse gardée du GO, auquel appartient Daurès. » Contre ce partage des pouvoirs et des secrets qui vont avec, certains syndicalistes rivaux de la CGT ont décidé de créer une association : l’ADCCP, Association de défense de ceux qui ont le courage de parler. Finalement, en 1998, Lionel Jospin désavouera les deux hommes – qui démentent formellement appartenir à une quelconque obédience – et nommera François Roussely. Daurès sera récupéré par son ami Martin Bouygues, comme directeur délégué. Renvoi d’ascenseur ? Cet ingénieur des Ponts et Chaussées avait en tout cas été à l’origine d’un partenariat entre EDF et Bouygues dans Saur International ; la Cour des comptes a ouvert une enquête sur ces casquettes successives de Pierre Daurès. Quant à Alphandéry, il a trouvé refuse au Conseil consultatif de la Banque de France. 
     Pour mener des opérations coups de poing ou riposter en cas de blitzkrieg boursier, les hommes d’affaires n’hésitent pas à actionner ces relais extrêmement efficaces. Ainsi, en 1999, victime d’un raid hostile déclenché par Vincent Bolloré, qui l’accuse ouvertement de présenter des comptes inexacts, Martin Bouygues recourt sans vergognes aux ficelles maçonniques pour échapper à ce mauvais feuilleton boursier. Pour couper court aux accusations (les investissements colossaux dans le téléphone mobile n’étaient pas provisionnés à une hauteur suffisante, d’après le raider), le président de Bouygues réplique en dégainant l’avis de son expert-comptable, ancien président (maçon) de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes assurant au contraire que tout est absolument d’équerre. Les profanes n’y voient que du feu. Plus tard, et discrètement, la Commission des opérations de Bourse – le gendarme boursier – obligea de fait le groupe Bouygues à modifier sa comptabilité. Mais l’important pour le leader du BTP était de repousser l’infâme accusation de faux bilan qui circulait au plus fort de la tourmente. 

Ghislaine Ottenheimer, Renaud Lecadre, Les frères invisibles

1997-2004 : le crépuscule de la liberté de la presse

A partir de 1972, une série de textes rognent durablement la liberté de la presse. Nous analyserons brièvement les quatre principaux : la loi Pleven de 1972, la loi Fabius-Gayssot de 1990, la loi Taubira de 2001, la loi Perben-Nouchet de 2004
     La loi Pleven a été présentée comme une loi contre le racisme et l’antisémitisme. Dans sa rédaction actuelle, elle prévoit un an d’emprisonnement et/ou 45 000 euros d’amende et/ou la perte des droits civiques et familiaux pour « ceux qui [par un moyen de presse] auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Ce texte mérite au moins deux observations : 
     - Il criminalise la discrimination nationale, qui est pourtant le fondement des institutions de nos cinq Républiques – et, accessoirement, de l’ensemble des Etats à travers le monde, à toutes les époques de l’humanité ; 
     - Il est dangereusement flou car l’expression « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » n’est évidemment qu’une affaire d’appréciation ! 
Or, de nos jours, critiques les politiques d’immigration (ou y proposer des alternatives) expose vite au risque d’être accusé de racisme ; le protectionnisme est une pensée suspecte de xénophobie ; celui qui dénonce la politique israélienne adopte une position « antisioniste », antichambre de l’antisémitisme – l’accusation peut être étendue à la moindre critique envers l’humoriste Bernard-Henri Lévy. De même, la réprobation de certaines pratiques de l’islam – polygamie, mutilations sexuelles, inégalité homme-femme, apologie du djihad, abattage halal, prières de rue, peine de mort pour l’apostasie... – peut illico déclencher l’accusation d’islamophobie. Et tout cela, évidemment, se règle au pénal ! 

Jean-Yves Le Gallou, La tyrannie médiatique


vendredi 20 juillet 2018

Smash the Reds !


Les inconnus - La révolution


Jünger : pensées et perspectives

Creedence Clearwater Revival - Fortunate Son

Trust - Le Mitard

Knotwork - Saint Vitus 2013

Le commando Lasserre

Le commando Lasserre, fort d’une centaine d’hommes, est spécialisé dans la recherche de renseignements (qu’il exploite directement), la détection et la fouille des caches et tunnels. Recrutés parmis les soldats ou partisans du Viêt-minh capturés, les membres du commando sont groupés par cellules spécialisées de 4 ou 5 hommes : choc, sapeur-démineur, propagandiste, équipe cynophile etc

Lorsque le commando a obtenu un renseignement concernant un village, il l’exploite au cours d’une opération, pénétrant dans l’agglomération à la suite des unités du secteur qui s’en sont emparé. Méthodiquement le village est fouillé par les équipes cynophiles et le sol sondé avec minutie au moyen de tiges d’acier. Une fois localisées, les caches sont inspectées avec précaution et vidées des armes, munitions, médicaments ou matériels de propagande qu’elle renferment. De même, les tunnels sont explorés et toutes résistance ennemie neutralisée par l’utilisation de grenades fumigènes, lacrymogènes ou de charges d’explosifs. 

Le reportage a pour sujet un exercice de démonstration à Hadong, en présence d’autorités civiles et militaires (le président Pleven, monsieur de Chevigne, le général Cogny et le colonel de Clerk) en tournée d’inspection. 

Les commandos ratissent un terrain avec attention puis, ayant détecté l’entrée camouflée d’une cache, un dispositif se met en place : une équipe se poste en couverture, une autre inspecte avec précaution l’ouverture menant à la cache afin de déceler tout piége, puis un commando se faufile à l’intérieur et tend à ses camarades restés en surface des armes saisies dans le souterrain (un mortier “genoux” japonais et un fusil-mitrailleur 24/29). 

Par la suite, des soldats Viêt-minh (rôles tenus vraisemblablement par des membres du commando, en “civil” pour la démonstration) sont extraits du souterrain et font acte de se rendre. Le reportage se termine par un portrait de l’adjudant Lasserre, chef du commando qui porte son nom.

Source et reportage vidéo

jeudi 19 juillet 2018

Un père de famille en colère, ça peut faire plus mal que ton gang


Le premier selfie de l'histoire


Mon but consiste à ressusciter en moi même l'âme du samouraï


La fée verte


Canned Heat - On The Road Again

Sans gluten, mais pas sans reproches


On trouve dans le commerce de plus en plus d’aliments en version classique d’un côté, sans gluten de l’autre. Nous avons comparé leurs compositions. 

Pas moins de cinq millions de Français auraient adopté le régime « sans gluten ». À l’origine, il y a peut-être une réelle intolérance – elle concerne environ 1 % des consommateurs. À moins qu’il ne s’agisse d’une hypersensibilité au gluten, ou tout simplement d’une appétence pour des produits supposés plus sains, plus naturels, plus légers. 

Pain, jambon, chocolat… 
Dans tous les cas, cela répond à un même objectif : supprimer de son assiette cette protéine présente dans le blé, le seigle, l’orge et l’avoine. C’est-à-dire dans une multitude d’aliments comme le pain, les pâtes ou les biscuits. Mais aussi dans des produits plus inattendus comme certains jambons, rillettes, sauces, surimis, plats préparés ou même chocolats. 

Que contiennent les produits sans gluten ? C’est la question que nous nous sommes posée dans le numéro de février 2016 de 60 Millions en comparant les étiquettes des listes d’ingrédients avec et sans gluten pour des produits de consommation courante : pâtes brisées, spaghettis, pizzas, pains de mie, gâteaux aux pépites de chocolat, entre autres… 

Plus sains ? Non 
Sont-ils plus sains ? Non. Nous avons découvert, par exemple, que la pâte à tarte brisée Croustipate sans gluten contient pas moins de quinze ingrédients, dont un tiers d’additifs comme le E464 et le E330. Rien à voir avec la pâte classique de marque Marie qui se contente de six ingrédients sans aucun additif. 

Explication : à la place de la farine de blé, les fabricants emploient le plus souvent de la farine de riz, associée à de la fécule et des amidons. Soit. Mais faute de gluten, qui donne de l’élasticité à la pâte et de la texture au produit fini, ils incorporent des additifs de type épaississants et émulsifiants – dont on se passerait bien. 

Meilleurs pour la santé ? 
Non Sont-ils de meilleurs aliments pour la santé ? Non. Pire, ils sont même moins riches : les tables nutritionnelles des biscuits aux pépites de chocolat, des pizzas et plus encore des pains de mie indiquent une teneur systématiquement plus basse en protéines pour les produits sans gluten. 

Ainsi, 100 g de pain de mie Marque Repère E. Leclerc sans gluten contiennent 2,6 g de protéines, contre 8,3 g pour le Marque Repère E. Leclerc Épi d’or. Un inconvénient qui peut s’avérer très gênant pour les adeptes des régimes végétaliens qui ne mangent ni viande, ni produits laitiers, ni œufs. 

Ni meilleur, ni plus sain… La bonne image des « sans gluten » ne résiste pas à notre simple lecture d’étiquette. Ce qui ne les empêche pas, cerise sur le gâteau sans gluten, d’être systématiquement deux à quatre fois plus chers que les produits classiques.

mercredi 18 juillet 2018

La fête pour la fête est-elle en train d’abrutir la France ?


Philippe Muray s’en est allé en 2006 sans s’être délecté d’une époque qui ne jure plus que par et pour la fête, les festivals et les rassemblements pour en finir avec le Mal. Il en avait certes saisi les instants les plus marquants (l’an 2000, la Fête de la musique, l’apparition de Ségolène Royal, les délires de Jack Lang), mais il n’est plus là pour en voir les dégâts sur la nouvelle génération. 

Les vendredis se suivent à Paris et se ressemblent inexorablement. Ceux qui ne sont pas déjà partis s’enivrer des paradis artificiels d’Ibiza, où la musique techno est diffusée jusqu’à votre serviette de plage, sont déjà accroupis sur le Pont neuf en train de siroter du rosé tiède dans un gobelet en plastique blanc. Parce là aussi le festivisme anéantit tout sur son passage, dans sa quête ininterrompue vers le nihilisme total : même l’alcool, pourtant essentiel afin de supporter cet univers bruyant et néantisé, est désacralisé. Un Hemingway ruiné n’aurait jamais bu un mauvais whisky, mais ses festivaliers permanents n’en ont cure, un bon vin comme incarnation d’un terroir ou un autre spiritueux symbole d’un pays qui se délecte patiemment pour en saisir le moindre arôme sous la langue, c’est ringard, dépassé, vieillot. Pas « branché ». Ce n’est pas l’esprit « électro ». L’avènement des cocktails et du fameux Mojito n’en est que la pathétique illustration : seule l’ivresse happy hour est recherchée, qu’importe le goût nauséabond de ces mixtures pour post-adolescents sans palais. Il faut savoir se pincer les narines pour ingurgiter l’ambroisie festive

Le culte de l’ivresse et les dégâts de Musset 
Le « bindge drinkng » (ou beuverie express) est à ce titre l’apothéose suprême de cette alcoolisation massive et insipide de ces masses juvéniles qui dansent sur les bruitages de David Guetta comme une secte de fidèles qui honorerait son grand gourou. Cela renvoie à ce vers de Musset : « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? », tiré de La Coupe et les lèvres. Cette phrase magique et souvent mal comprise est souvent l’alibi de ces néo-hippies mondialisés qui n’ont bien sûr jamais lu une ligne de Musset, mais s’en servent de caution intellectuelle. Ce vers, qui est un hymne à la vie et à l’enchantement, n’est en rien une incitation à la cuite dépravée. Cette incompréhension est ô combien révélatrice des dégâts collatéraux de l’idéologie Bob Sinclar, qui réduit tout et son contraire ad festivum

Là où Philippe Muray voyait dans les festivités organisées par Jack Lang une philosophie totalitaire qui forçait les gens au rassemblement pour effacer toutes les différences, le culte de la fête dans la nouvelle génération est au contraire une quête illusoire de singularisation. Un tel se croit unique parce qu’il gesticule sur un podium, un autre s’estime particulier parce qu’il fait un strip-tease sur le bar, mais ils ne sont au final que les tristes étendards d’une époque sans idéaux ni grand récits

Parce que cet « esprit festif » est promu partout, tout le temps. C’est un Big Brother décoloré qui susurre depuis sa table de mixage à ses ouailles de ne plus penser qu’au divertissement et à l’exaltation permanente du temps présent. C’est la fête pour la fête, la célébration d’un instant qui n’a pas à être célébré. Lors de la dernière campagne municipale à Paris, nous avons même vu les deux candidates s’affronter autour de deux idées phares : la fête dans le métro pour NKM et la fête sur le périphérique pour Anne Hidalgo. Faire de Paris à la fois un Disneyland pour les touristes et une antenne d’Ibiza pour les locaux. Ne penser plus qu’à la fête, sinon les pouvoirs publics s’en mêlent. Ne jurer que par la fête. Ne vivre que par la fête. 

La fête à Paris et l’abrutissement général 
Tout semble donc pensé et voulu pour en arriver à un tel phénomène, jusque dans cette nouvelle mode des boîtes de jour. L’incitation voire l’exaltation de la consommation de mauvais alcool, la promotion ininterrompue des musiques électroniques pour vider les derniers neurones des cerveaux, la mise sur un piédestal des DJ comme David Guetta et autres David Morales correspondent à une volonté de ne vouloir qu’une génération de consommateurs matérialistes, heureux de leur sort tant que les clichés de leurs soirées ont du succès sur Instagram

Cela ne concerne évidemment pas que la capitale, il suffit de consulter la carte des festivals 2014 pour s’en apercevoir. Pascal écrivait dans ses Pensées qu'« Un roi sans divertissement est un homme plein de misères » et même s’il évoquait la question de Dieu, son jugement est transposable à nos années 2000 où se divertir est devenu plus important que se cultiver ou se poser des questions trop existentielles. Il faut du bruit et des flashs partout, il faut étourdir la meute pour la rendre plus docile, la rendre sourde, inconsciente d’elle-même

Ne plus croire en rien d’autre que l’hédonisme, tel est par conséquent le nouveau credo moderniste. En finir avec les opinions, les religions, les croyances et les convictions, tant que l’after work électro est possible et que le verre de Mojito fraise n’est pas trop infect. La jeunesse prolétarienne s’honorerait d’ailleurs à ne pas imiter les rejetons de la bourgeoisie parisienne qui dépensent son argent de poche sans compter pour s’éclater et profiter, car ne pas céder aux sirènes de l’électro est déjà une forme de résistance intellectuelle.

Le nouveau cénacle

Nous ne pouvons nous payer à aucun prix le luxe d'une autre guerre

Avec notre natalité déjà si piteuse, d’aztèques, de décadents risibles, notre biologie chancelante, nos métissages dégradants, notre rabougrisme spirituel, notre alcoolisme épanoui, nous ne pouvons nous payer à aucun prix le luxe d’une autre guerre. C’est classé. 

Céline

Autres temps, autres moeurs...


In Mémoriam - Michael Collins