lundi 5 décembre 2016

Immigration: pourquoi le patronat en veut toujours plus

Parce que l'immigration permet de payer les salariés toujours moins. C'est ce que dit un rapport du très sérieux et très officiel Conseil d'analyse économique, intitulé «Immigration, qualifications et marché du travail». Les blogueurs du Vrai débat l'ont décrypté. Instructif. 

On se souvient du président Pompidou avouant peu avant sa mort qu’il avait ouvert les vannes de l’immigration en France à la demande des grands patrons, désireux de pouvoir bénéficier d’une main d’oeuvre nombreuse, docile et bon marché, d’une réserve quasi inépuisable à même de réduire les ardeurs revendicatrices des travailleurs français souvent organisés. 

Quarante ans plus tard, rien ne semble avoir changé. Au contraire, les appels à l’immigration viennent toujours du même côté, et toujours pour les mêmes raisons. Seule différence : les secteurs économiques concernés sont désormais plus nombreux, dépassant le cercle du BTP ou de la restauration pour atteindre des professions autrefois épargnées telles que les ingénieurs ou les informaticiens. 

Ainsi, les rapports de la Commission européenne, du Medef ou du Business Europe (le Medef européen) n’ont eu de cesse depuis plusieurs décennies d’en appeler à toujours plus d’immigration. En 2008, le célèbre rapport Attali, commandé par Nicolas Sarkozy, dressait un tableau de plus de 300 mesures d’inspiration très libérale, parmi lesquelles une accélération de l’immigration. C’est d’ailleurs cette pente que suit le président de la République depuis son élection, à travers ce qu’il a nommé « l’immigration choisie ». 

L’immigration souhaitée par le grand patronat pour faire pression à la baisse sur les salaires, voilà en résumé l’explication souvent avancée. Pour la première fois, un rapport « officiel », que nous avons décortiqué, confirme cette intuition. 

Il date de 2009, et émane du Conseil d’Analyse Economique (CAE). Le CAE est un organe placé auprès du Premier ministre, peu réputé pour son caractère subversif dans la mesure où il regroupe tout le gratin des économistes français « officiels », ceux que les télévisions et les journaux acceptent de recevoir. 

Vous allez le constater, la démonstration est sans appel. 



Elle explique d’abord qu’en économie, la notion de « pénurie » de main d’œuvre dans un secteur d’activité donné n’a pas de sens en période de chômage. C’est pourtant systématiquement ce facteur qui est mis en avant pour justifier le recours à l’immigration : le bâtiment peine à recruter tant de dizaines de milliers de travailleurs en France, il faut donc aller chercher la main d’œuvre ailleurs, entend-on souvent.

 

« Du point de vue de la science économique, la notion de pénurie n’est pas évidente » nous dit ce rapport, ajoutant que le « fait que certains natifs rejettent certains types d’emplois peut simplement signifier que les travailleurs ont de meilleures opportunités que d’occuper ces emplois, et donc que les salaires correspondants devraient augmenter pour qu’ils soient pourvus » (page 45). 

Autrement dit, une pénurie de main d’œuvre se forme lorsqu’un secteur n’offre pas les salaires jugés suffisants pour devenir attractif. Poursuivons le raisonnement, et alors on comprend qu’au lieu d’augmenter les salaires, le patronat a tout intérêt à créer une pénurie, qu’il comblera en allant chercher ailleurs une main d’œuvre prête à accepter des salaires plus faibles

C’est la conclusion à laquelle le rapport parvient sans ambiguïté : « Dans le cas du marché du travail, cela signifie qu’à la place de l’immigration des années soixante on aurait pu envisager une hausse du salaire des moins qualifiés » (page 46). 

Le rapport du Conseil d’Analyse Économique recense également une série d’études françaises et étrangères qui ont tenté de chiffrer l’impact de l’immigration sur les salaires : « Atlonji et Card [deux économistes] trouvent qu’une hausse de la proportion d’immigrés d’un point de pourcentage réduit le salaire de 1,2% » (page 37) 

« Hunt [une autre économiste] trouve qu’une hausse de la proportion de rapatriés d’un point de pourcentage a réduit le salaire d’environ 0,8% » (page 37). 

Concernant les États-Unis, « Borjas [un économiste] conclut son étude en affirmant qu’entre 1980 et 2000, l’immigration aurait accueilli l’offre de travail d’environ 11%, ce qui aurait réduit le salaire des natifs d’environ 3,2%, et que cette réduction frappe la plupart des catégories d’expérience et d’éducation, mais de manière inégale » (page 38). 

Voilà des éléments qui devraient éclairer le débat public sur l’immigration. Il est regrettable que dans notre pays une chape de plomb irrationnelle rende toute discussion sur ce sujet quasiment impossible, ce qui a le précieux avantage de permettre aux gouvernements de gauche comme de droite de continuer à mener la même politique favorable aux desiderata du grand patronat.

dimanche 4 décembre 2016

2016-11-29 - " Reconnaissez les crimes de la Terreur de 1793 contre la Vendée ! "

Quand la rectrice avoue que l'immigration plombe les résultats


En juin 2011, la nouvelle rectrice de l'académie d'Orléans-Tours, Marie Reynier, était sous le feu des critiques, accusée d'avoir fait "l'amalgame entre immigration et échec scolaire".
En effet, dans un entretien accordé à un quotidien local, Marie Reynier avait déclaré: "Si on enlève des statistiques les enfants issus de l'immigration, nos résultats ne sont pas si mauvais ni si différents de ceux des pays européens. Nous avons beaucoup d'enfants de l'immigration et devons reconnaître notre difficulté à les intégrer. Commençons par combattre l'illetrisme de leurs parents"
Beaucoup reprochèrent à Marie Reynier de tenir des propos semblables à ceux du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. Ce dernier avait été victime d'une polémique un mois plus tôt, en affirmant que "les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants immigrés"
Comparer la rectrice à Claude Guéant, c'était l'accuser en filigrane d'être réactionnaire, raciste et xénophobe, bref, la discréditer : mais sur le fond, sur le constat de cet échec des enfants de l'immigration, quelle réponse ? Aucune !

Jean-Yves Le Gallou, Immigration : la catastrophe

Souviens toi de la Yougo


Il n'est pas question ici de prendre position pour telle ou telle faction. La guerre a été longue s'est déroulée sur de multiples territoires, et a vu se rouvrir de vieilles plaies historiques que nous n'avons pas à juger.
Il nous suffit juste de constater ici la fragilité de l'unité d'un état. La proximité même longue entre plusieurs peuples ne fait pas l'unité. L'enchainement des évènements peut faire basculer très vite un pays dans la guerre précipitant des milliers de personnes qui ne s'y étaient jamais préparés au combat.
Ainsi de ce jeune qui combat aujourd'hui dans l'école où il a été élève, ou de ces autres qui combattent dans les quartiers où ils ont grandis.
La paix n'est qu'un instant entre deux guerres, il ne faut jamais l'oublier, la paix éternelle n'est qu'un leurre.




samedi 3 décembre 2016

Italie. Des réquisitions de propriétés privées « en dernier recours » pour accueillir les migrants


Le gouvernement italien a-t-il un plan pour réquisitionner des maisons secondaires vacantes de citoyens et y mettre des migrants ? L’alarme a été lancée par le principal journal du centre droit italien, Il Giornale. Selon ce dernier, le ministre de l’Intérieur, Angelino Alfano, aurait élaboré un plan pour procéder à des réquisitions, mais seulement après le référendum du 4 décembre 2016. A cette date en effet, les Italiens sont invités à approuver ou à rejeter les modifications apportées à la Constitution par le gouvernement Renzi. 

Difficile, avant cette date, pour le gouvernement, de prendre des mesures particulièrement impopulaires. 

Il Giornale explique: « La date butoir est le 4 décembre. Jusqu’à cette date du référendum , inutile de le préciser, rien ne bougera. Puis viendra le feu vert du ministère de l’Intérieur pour réquisitionner ; une mesure plutôt destinée à servir d’épouvantail pour les communes afin d’obliger l’Italie à accueillir les migrants plutôt qu’une mesure effectivement appliquée. […] Les choses vont changer à la suite du référendum constitutionnel, quel que soit son résultat. Les procédures concernant le SPAR (le service de protection des réfugiés et demandeurs d’asile, l’équivalent de l’OFPRA en France) ne sont actuellement pas bien appliquées par les autorités locales, et beaucoup trop de municipalités ont refusé d’accueillir les migrants (on parle de 5500 municipalités sur 8000 concernées).» 

A propos des réquisitions, le sénateur Maurizio Gasparri, de Forza Italia, a demandé au gouvernement de clarifier les choses. Le ministère de l’Intérieur a officiellement commenté suite à cette requête : « Il n y a aucun plan, ni secret, ni officiel, sur ces réquisitions, ni avant, ni après le référendum ; ni un plan « Alfano », ni un plan « ministère de l’Intérieur ». Les articles qui ont évoqué cela l’ont fait sans avoir le moindre fondement ni la moindre preuve ». 

Tout est résolu alors ? Pas vraiment. Actuellement, la saisie des biens par l’Etat est juridiquement possible par une loi de 1865. On peut ajouter qu’il y a au moins trois affaires où des établissements privés ont effectivement été saisis par les préfets afin d’accueillir des immigrés, avant que le gouvernement ne change ses plans en raison de trois manifestations d’opposition populaire : 

L’hôtel Cristallo Castel d’Azzano (Verone), Love-nature auberge, Gorino, dans la municipalité de Goro (Ferrara), Hôtel Lory Ficarolo (Rovigo). Ainsi, des propriétaires italiens ont déjà été expropriés par l’Etat pour être mis à disposition d’étrangers. 

Le ministre Alfano n’a pas ailleurs par réfuté la volonté du gouvernement de procéder à l’expropriation ; il a souligné que ce serait des mesures qui pouvaient être prises de façon exceptionnelles. Le journal La Stampa rapporte les paroles suivantes : « les réquisitions peuvent être un dernier recours. Mais uniquement un dernier recours ». 

Reste à savoir désormais quand est-ce que sera employé ce « dernier recours », dans un Etat qui dépense déjà environ 100 millions d’euros par mois pour l’accueil des migrants, et qui, en 2016, atteindra le record absolu de 200 000 migrants ayant accosté illégalement en Italie …

Solidarité Kosovo construit l'autonomie alimentaire des Serbes


Solidarité Kosovo construit l'autonomie... par solidarite_kosovo

Les idiots utiles de Sciences Po Bordeaux


Donatan - Slavic Girls ft. Cleo

"Le Canard enchaîné" s'est intéressé à la très lucrative entreprise de conseil de François Fillon (dont il ne parle jamais)


2F Conseil : deux F, comme les initiales de François Fillon bien sûr. Le nouveau candidat de la droite pour 2017, si prompt à célébrer les vertus de l'entrepreneuriat, n'est guère expansif sur les activités de la société qu'il a créée en juin 2012, dans la foulée de la défaite de l'UMP à la présidentielle. 

Et pourtant, comme l'explique "Le Canard enchaîné" qui a eu accès à ses comptes, l'entreprise est un modèle de réussite : plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires entre 2012 et 2015. D'autant qu'elle ne recense qu'un seul salarié... en la personne de François Fillon, qui s'est versé 624.000 euros de salaire net en 3 ans et demi. Presque 18.000 euros de salaire mensuel qui s'ajoutaient à son traitement de député (5.357 euros net). 

La loi interdit à un parlementaire de travailler en tant que consultant, sauf s'il exerçait l'activité avant le début de son mandat. Précision importante, puisque François Fillon a déposé les statuts de 2F Conseil 10 jours avant son élection dans la 2e circonscription de Paris. 

L'équipe de François Fillon refuse de citer le nom des clients de l'entreprise. "L'essentiel de l'activité de 2F Conseil est constitué des conférences données par François Fillon", répond-elle au "Canard". Des conférences (dont une au Kazakhstan en 2013) auxquelles s'ajoutent "quelques analyses de conjoncture et des notes portant sur l'état des relations internationales". Le candidat nie en revanche avoir été rémunéré pour une conférence en 2013 en Russie et une autre en Iran en 2016... Pays avec lesquels il prône un rapprochement.

vendredi 2 décembre 2016

Patrick Buisson prévient Fillon : « Les catégories populaires ne sont pas allées voter »


Patrick Buisson a été le conseiller de l’ombre de Nicolas Sarkozy, avant leur rupture. Auteur de « La Cause du peuple » (Perrin), il porte un regard critique sur la primaire de la droite. 

LE PARISIEN. L’élection à droite est un succès. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie ? PATRICK BUISSON. Non, car les partis se servent des primaires comme d’une procédure de relégitimation pour tenter de remédier à leur profond discrédit. Leur seul objectif est de conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle.Les primaires accentuent la dérive vers le suffrage censitaire. Ne vont voter que les inclus, les catégories favorisées, les retraités. Ce qui ne fait qu’aggraver la crise de la représentation en renforçant le poids politique des classes privilégiées, alors qu’il faudrait rouvrir le jeu démocratique. 

Si on vous suit, François Fillon, c’est la droite sans le peuple... 
Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle pour la droite. La bonne, c’est que la droite redevient la droite en se libérant partiellement de l’hégémonie idéologique de la gauche avec l’écrasante défaite de Juppé. La mauvaise, c’est que la droite ne semble pas en mesure pour l’instant d’élargir sa base sociologique. La France sénatoriale et provinciale de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires, qui ne sont pas allées voter. Pour l’emporter en 2017, il doit impérativement sortir du ghetto des inclus et des privilégiés, s’il veut disputer l’électorat populaire à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. C’est ce désenclavement sociologique qui a fait la fortune du gaullisme en 1947 avec le RPF, en 1958 avec le retour du Général et de Nicolas Sarkozy en 2007. C’est une équation très difficile à réaliser. 

Quel conseil lui donneriez-vous ? 
De sortir de sa contradiction qui est l’incompatibilité fondamentale entre libéralisme et conservatisme. Le risque pour Fillon, c’est d’être perçu comme le candidat du patronat et des classes dominantes, le candidat de la « mondialisation sauvage ». On voit bien l’espace carcéral symbolique dans lequel le FN et la gauche vont chercher à l’enfermer. Or, son succès s’explique par deux facteurs : il est apparu capable de restaurer la fonction présidentielle dans sa dignité et sa sobriété. Et il a attiré un électorat davantage préoccupé par l’abrogation de la loi Taubira que par la suppression de l’ISF. Croire que Fillon a été élu sur son programme économique est un contresens qui se paiera au prix fort. Le nom de l’ancien patron d’Axa, Henri de Castries, circule pour Bercy...Il circulait déjà du temps de Sarkozy. Je ne veux pas croire que s’il devait être élu, François Fillon enverrait un tel message de déséspérance au peuple français. 

Fillon est-il vraiment le meilleur bouclier contre le FN ? 
Il a été porté par un électorat conservateur et catholique qui n’était pas du tout tenté par le vote Le Pen compte tenu de ses positions sociétales. L’élection de Fillon ne dit rien sur le comportement des 20 millions d’électeurs de la « France périphérique » qui feront l’élection présidentielle. Et pour cause : ceux-là ne sont pas déplacés dimanche. 

François Hollande peut-il encore se présenter ? 
Il a le choix entre deux formes d’humiliation : être éliminé à la primaire socialiste, ou au premier tour de la présidentielle avec un score inférieur à celui de Jospin en 2002. C’est cornélien : on ne sait quelle est la pire ? 

Pourquoi, selon vous, Nicolas Sarkozy a-t-il été évincé ? 
Remplir les salles, ce n’est pas remplir les urnes. Il a fait une campagne à contresens, grossièrement populiste, alors que l’électorat populaire n’était pas concerné par la primaire. On a dit que c’était la ligne Buisson, mais je ne me reconnais absolument pas dans cette campagne caricaturale et vulgaire avec la double portion de frites, les Gaulois etc. La seule chose qu’il sait faire, c’est habiller avantageusement ses déroutes. Qu’il se donne à admirer ou à plaindre, c’est toujours Narcisse qui parle. 

Vous pensez avoir contribué à sa défaite avec votre livre ? 
Mon livre n’a fait que cristalliser un long processus antérieur. Avec Sarkozy, ce n’étaient pas les idées qui étaient décrédibilisées mais le médium qui était discrédité. Le Brexit, l’élection de Donald Trump. 

Quel message les électeurs ont-ils envoyé ? 
C’est une protestation du peuple au sens d’un demos qui réclame plus de démocratie. Du Brexit à Trump, le peuple a compris que la démocratie de la classe dirigeante avait pour objet de l’empêcher de se mêler de ce qui le regarde ! Il ne le supporte plus. On réduit cela par confort au racisme des petits blancs. Quelle erreur d’analyse , quel aveuglement. Arrêtons de prendre les gens pour des imbéciles.

Fillon et l'immigration...


Le stationnement bientôt payant pour les motos et scooters ?


C’est la proposition qu’a fait le groupe Europe Ecologie les Verts au Conseil de Paris : faire payer les deux-roues qui stationnent en ville, même sur les trottoirs. 
Actuellement l’un des avantages d’être à moto, c’est que l’on peut se garer pratiquement partout, et gratuitement. Malheureusement, c’est un acquis qui pourrait bientôt changer. En effet, le groupe Europe Ecologie les Verts a proposé au Conseil de Paris de faire payer le stationnement des motos et scooters. 

Comment payer et quel sera le prix ? 
Interrogé par nos confrères de BFM TV, David Belliard, l’élu du 11e arrondissement de Paris explique qu’un forfait à l’année pourrait être mis en place. Les motards et scooteristes payeraient donc un forfait pour pouvoir se garer toute l’année. Ils recevraient une petite pastille à coller sur leur machine afin de prouver qu’ils ont bien payé. Après les vignettes qui autorisent ou pas les véhicules à entrer dans Paris en fonction de leur taux de pollution, voici les vignettes qui vous autorisent, ou non, à vous garer en deux-roues. Il semblerait donc que la mairie de Paris soit fan de ce genre de petits autocollants… 

En ce qui concerne le prix de ces abonnements, aucune information n’a, pour le moment, été donnée.

Des horodateurs plus écologiques 
A cette nouvelle forme de paiement (à l’année pour les deux-roues), s’ajoutent de nouveaux horodateurs. Ils sont plus écologiques puisqu’ils ne fournissent plus de papier. Vous n’avez qu’à renseigner votre plaque d’immatriculation pour payer. Ces nouveaux horodateurs sont de plus en plus nombreux. Ils devraient être généralisés d’ici septembre 2017 et pourraient aussi être appliqués aux deux-roues. 

Jean-Marc Belotti, de la Fédération Française des Motards en Colère, n’a pas mâché ses mots par rapport à cette idée 
Pour lui, c’est une proposition faite par des «écologistes extrémistes et motophobes. Ils contribuent énormément de par leur mobilité, à la fluidification du trafic. Ce sont souvent des gens qui viennent de la banlieue et qui ont besoin d’avoir un moyen de transport personnel pour venir à Paris, pour différentes raisons.»

Le vrai romantisme est celui de nos pères 2/2

     D’autres nous reprochent l’érotisme, mais déjà, comment prononcer ce mot sans rire ? Il est vrai que ces petits romans, vite écrits dans la colère des années 40, commencent d’une façon scandaleuse. Mais à la longue, ce scandale ne brûle plus personne et c’est l’eau de rose qui domine malgré nous. Le gouvernement que nous subissons ressemble trop au Directoire pour que l’époque entière ne s’y rattache par plusieurs traits. D’un côté, des affairistes sanglants, de très vieux imbéciles qu’on hisse au pouvoir et qui s’effondrent, à moitié morts, car la vie, plus impatiente que la nation, les vomit déjà. De l’autre, un troupeau confus de jeunes ménages avancés, de chrétiens aux idées larges, l’envie très naturelle de faire des bêtises, mais le besoin au même instant du consentement universel. De braves jeunes gens citent le marquis de Sade avec des rougeurs exquises. On se livre à l’érotisme avec application. Il semble que certains mots, une fois imprimés, déclenchent autant de trouble chez nos contemporains que la vision brutale d’une femme du meilleur monde qui se déshabillerait sous leurs yeux. Ainsi, la littérature, qui passait pour une personne distinguée, juste bonne à remplir les heures du métro et l’attente des jeunes filles sur les plages, révèle soudain son aspect canaille, sans façon, intéressant pour petits et grands – les petits y trouvant la révélation des mystères qu’ils ignoraient, les grandes personnes réchauffant à cette lecture une sensualité un peu éteinte ; de même un article publicitaire, brusquement, réveille les acheteurs.
     Malheureusement, la notion d’érotisme est assez ambigüe. Il se trouvera toujours de gros garçons pour réclamer un peu plus de logique. Ils diront que l’amour, les mots sales, les beuveries font un ancien et fameux mélange qui se passe des sucreries. Ils flétriront le pauvre Sade, qu’ils trouveront compliqué, impuissant et gâteux. Au contraire, si nous attachions par hasard trop d’importance à nos gestes ; si, précisément, nous dépassions le domaine des gestes pour entrer dans un univers magique, celui de l’émotion ; si nous nous conduisions par mégarde, en êtres sensibles, alors nous serions des petits civilisés comme il y en eut beaucoup et peut-être pourrions-nous employer un mot excentrique, inavouable : le nom d’amour. Tout se passe comme si les amateurs d’érotisme étaient de bons cuisiniers, la tête bourrée de recettes – tandis que les simples amoureux s’abandonnent au hasard des rencontres comme l’ont toujours fait les Cavaliers dans ce monde. N’importe ; il sera reconnu que lady Chatterley était une ignorante, on l’enverra à l’école de Théagène et Chariclée.

Roger Nimier, Le Grand d'Espagne

jeudi 1 décembre 2016

Julie attend un logement en résidence étudiante depuis 2 ans. Hélas, elle n'est pas migrante


Après les menaces de mort et l’intimidation, le passage à tabac et la tentative de meurtre


Dimanche 20 novembre au soir, à Conflans, Jérôme a été tabassé et on lui a plaqué un couteau sur le ventre juste avant que la police n’intervienne. Le drame a été évité de justesse. 

Albertville 
C’est lassée de voir « l’état de droit qui n’est plus respecté » qu’une personne est venue nous soumettre le calvaire subi par Jérôme au Champ de Mars : « Une bande de jeunes a décidé que le quartier lui appartenait et que lui et sa famille devaient dégager. Ils ont essuyé menaces de mort, intimidations et pour finir, le père a été tabassé et l’objet d’une tentative d’homicide. J’ai le sentiment que notre société reste démunie face à de tels actes, il était insupportable de voir la détresse de ses enfants après l’agression »

Une cinquantaine d’individus débarquent devant sa maison 
Tout a commencé il y a une semaine et demie rapporte la victime, Jérôme, plus précisément le samedi 12 novembre. « Nous avons un petit jardin ou mes filles jouaient quand des gamins sont venus les insulter. Je leur ai dit que le terrain était privé, qu’il devait partir, un grand s’en est mêlé, m’a insulté, des coups ont été échangés. Il avait une capuche, était grand, j’ai cru à tort qu’il était mineur et oui, je l’ai frappé… Je serai puni pour ça et ce sera normal ». Précisant que son casier judiciaire est vierge, il ajoute, « ça fait un an et demi que l’on est harcelé ». Le jeune avec qui il a eu des démêlés à un grand frère… et c’est selon Jérôme « à une cinquantaine qu’ils sont venus à la maison, essayant de défoncer la porte avec un pied-de-biche. Heureusement qu’elle est blindée, sinon, je ne sais pas ce qui serait arrivé ». La police va les évacuer et devant les menaces les mettre à l’abri le mardi suivant à Conflans « mais ils ont dû nous retrouver. Dimanche, alors que j’allais promener mon chien place des Canons, j’ai entendu une voiture arriver rapidement et je me suis vite retrouvé face à trois hommes dont un de ceux qui avait essayé de défoncer ma porte. Au premier coup porté, je me suis pris les pieds dans la laisse de mon chien et effondré… Ils se sont acharnés sur moi avant de me relever. J’avais du sang qui dégoulinait sur le visage. Ils m’ont pris en photo et dit qu’elle ferait le tour du Champ de Mars. Ils m’ont ensuite plaqué un couteau sur le ventre ». À la fenêtre de l’ancien centre international de séjour, la femme de Jérôme et ses filles assistent impuissantes à la scène. Elles ont appelé la police qui intervient rapidement et le sauve d’une situation qui aurait pu virer au drame. « Je les remercie au même titre que la mairie, ils ont été supers ». 

Emmené à l’hôpital, Jérôme en est ressorti avec un trauma facial, deux points de suture et une infection de l’œil. Sa famille et lui ont été éloignés d’Albertville : « Je ne comprends pas pourquoi ça a été si loin, lâche Jérôme. C’est une tentative de meurtre, ce n’est pas à prendre à la légère. J’ai tout perdu aujourd’hui, l’appartement, le jardin, je ne sais même pas si on pourra récupérer nos meubles ». 

Erdogan : les forces turques sont en Syrie pour mettre fin au règne de Bachar el-Assad


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que l'armée turque était entrée en Syrie pour mettre fin au mandat du président syrien Bachar el-Assad, qu'il a accusé de terrorisme et de la mort de milliers de Syriens. 

«Nous sommes entrés [en Syrie] pour mettre fin au règne du tyran Assad», a déclaré le 29 novembre le président turc lors du Symposium de la Plateforme interparlementaire de Jérusalem, tenu à Istanbul. Lire aussi Hélicoptère turc d'attaque et de reconnaissance tactique 

Cité par le quotidien turc Hurriyet, Recep Tayyip Erdogan a exposé que la Turquie n'avait pas de revendications territoriales en Syrie, mais voulait «remettre le pouvoir au peuple syrien». 

«Pourquoi sommes-nous entrés [en Syrie] ? Nous n'avons pas d’intérêts sur le sol syrien. La question est de donner les terres à ceux qui sont leurs vrais propriétaires. Nous sommes là pour rétablir la justice», a expliqué le président turc. 

Le président turc a indiqué que d'après «son estimation», près d'un million de personnes seraient mortes en Syrie depuis le début du conflit. Pourtant, les derniers chiffres des Nations unies donnent une estimation de 400 000 personnes tuées au cours de la guerre civile. 

Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs déclaré que la Turquie ne pouvait pas «supporter» les meurtres ininterrompus de civils et qu’elle «avait dû entrer en Syrie au côté de l'Armée syrienne libre». 

Le chef de l’Etat turc a également accusé les Nations unies d'être dans l'incapacité d'influencer la situation en Syrie. «Le monde, c'est plus que cinq pays», a-t-il dit, en faisant référence au nombre de membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. 

Regain de tensions entre Ankara et Damas 
En octobre, 26 attaques aériennes menées en une seule nuit par l'aviation militaire turque avaient causé la mort de 160 à 200 combattants des YPG (Unités de Protection du Peuple) qui contrôlaient les cantons autonomes du Kurdistan syrien. 

La campagne militaire turque en Syrie a conduit à l'aggravation des relations entre la Turquie et le gouvernement syrien, Damas accusant Ankara de violer sa souveraineté nationale. L'Etat turc a été contraint de mettre un terme à ses opérations aériennes lorsque la Syrie a promis d'abattre tout avion militaire turc qui s'aventurerait dans le ciel syrien. 

Des soldats turcs ont été déployés en Syrie dans le cadre de l’opération «Bouclier de l'Euphrate», lancée par la Turquie le 24 août 2016. Ce déploiement de forces turques n’a pas été autorisée par le gouvernement syrien. 

Selon la Turquie, cette opération militaire a pour but de faire cesser les fréquentes attaques transfrontalières et «de repousser les groupes terroristes qui menacent constamment [la Turquie], tels que Daesh et le PYD [Parti de l’union démocratique kurde]». 

De nombreux observateurs ont cependant précisé qu'Ankara avait pour objectif de supprimer les forces kurdes en Syrie et de les empêcher de réaliser la jonction entre trois zones kurdes autonomes de facto au sud de la frontière turque.

L’influence de Georges Soros sur les médias américains


De plus en plus documenté par les révélations récentes de sites tels que Wikileaks ou DCleaks, le soutien financier de George Soros à tout ce qui affaiblit les notions d’État et de souveraineté est régulièrement dénoncé par les médias conservateurs américains. Dans son activisme protéiforme, le multi-milliardaire a investi massivement le champ des médias depuis longtemps, injectant dans ce seul secteur plus de 103 millions de dollars depuis les années 2000 afin de promouvoir son agenda et sa vision du monde. Cela n’a cependant pas empêché la victoire de Donald Trump, l’ennemi des médias. 

Le journalisme comme levier métapolitique 
Georges Soros se considérant lui-même comme un « chef d’État sans État », son intérêt pour les médias comme outil métapolitique n’est pas nouveau, il remonte même à sa prime jeunesse. Selon l’un de ses biographes, le journaliste du New York Times Michael T. Kaufman, auteur de « Soros: The Life and Times of a Messianic Billionaire », Georges Soros a toujours été fasciné par le journalisme et les médias. Jeune homme, ses centres d’intérêts principaux étaient principalement « l’histoire, le journalisme et certaines formes d’écriture ». Encore étudiant, il a ainsi été le rédacteur en chef, l’éditeur et le vendeur de son propre journal le « Lupa News » dans sa Hongrie natale. 

Jamais il ne se départira de cet intérêt pour le journalisme et sa capacité d’influence sur les sociétés. Dans les années 80, il appuiera ainsi les libéraux d’Europe de l’Est en faisant parvenir des photocopieuses aux cercles d’étudiants dissidents grâce à son « Open Society Foundations » (à l’époque « Open Society Institute »). Matériel leur permettant la publication de journaux clandestins et de samizdats grâce auxquels ils purent influer sur l’opinion publique des régimes communistes finissants. Il financera ainsi des fondations et des associations dans toute l’Europe centrale dans le but de former des étudiants et de leur permettre de faire de l’agitation idéologique dans les universités comme dans la société civile afin de diffuser une autre information que celle de l’État et du parti communiste. En leur distribuant des bourses pour leur formation il s’assurera une influence majeure auprès des élites libérales une fois ces étudiants en poste après la chute du communisme. 

À l’heure du numérique et de l’information en temps réel, sa méthodologie est restée la même mais adaptée aux outils de communication contemporains. Cela à une échelle bien plus vaste qu’au temps des régimes communistes. Régimes qui étaient devenus après 1945 des régimes nationaux-communistes et donc des adversaires de l’idéal politique de George Soros : une société planétaire intégrée, régie par la finance et par une société civile mondiale sans États. 

Pour appréhender l’influence que Georges Soros exerce sur le paysage médiatique américain, il faut sonder autant le champ des médias de masse que celui d’internet et des médias réticulaires qui foisonnent sur la toile mondiale. L’un des objectifs de la stratégie média de l’Open Society étant justement la formation et le soutien d’une myriade de journalistes présentés comme indépendants et aptes à créer un réseau d’influence médiatique informel partout où cela est nécessaire politiquement. À un niveau local certains journalistes de ces groupes étant même inconscients de leur rôle réel en tant que maillon d’une vaste chaîne transnational de relais d’influence. 

Les millions de Soros : manne infinie des médias globalistes 
Non content d’avoir appuyé le parti démocrate puis la candidate Hillary Clinton pour au moins 25 millions de dollars au cours des dernières années, George Soros a surtout injecté plus de 100 millions de dollars entre 2000 et 2014 dans des groupes médiatiques proches du parti démocrate, de son agenda et de ses objectifs politiques. Ces sommes sont à mettre en perspective avec la fortune personnelle de Soros estimée à 24 milliards de dollars selon le classement Forbes. 

Le seul budget officiel de l’Open Society Foundation pour l’année 2016 est de plus de 930 millions de dollars. Ses dépenses totales depuis sa création sont estimées à plus de 13 milliards de dollars pour ses 33 années d’activité. George Soros a aussi directement aidé des centaines de médias, d’associations, d’écoles de journalisme aux États-Unis et à l’étranger avec des dons allant de 5000 $ à 32 millions de dollars. Comme nous le verrons plus bas, certains de ces groupes comme « New America Media » ou le « Media Development Investment Fund » sont ainsi eux-mêmes constitués de centaines d’autres médias plus petits qui n’existeraient pas sans Soros. 

Sur ces 103 millions investis dans les médias libéraux-libertaires, 61 millions financent neuf groupes médiatiques qui ont soutenu directement la candidate Hillary Clinton. Voyons de plus près certains médias du camp démocrate que finance George Soros. 

Le Centre pour les rapports d’enquête – Center for Investigative Reporting (CIR) 
Une ONG californienne qui promeut depuis 1977 le journalisme d’investigation et la formation au journalisme aux États-Unis, le CIR, rassemble tout un ensemble de micro-médias qui diffusent leur contenu en ligne, à la radio ou par écrit. Présentée comme une ONG à but non lucratif, elle a perçu de la part de Soros plus de 3 millions de dollars. Le CIR s’est notamment illustré en 2016 par ses attaques répétées contre Donald Trump, publiant par exemple une série d’articles et de portraits sur les donateurs et supporters de Trump présentés comme incultes et inconscients du danger de leur vote. Il a aussi une antenne en Bosnie-Herzégovine – Centar za istraživačko novinarstvo (CIN) – qui s’insère dans le vaste éventail des relais Est-européens et balkaniques des activités de Soros, du département d’État américain et de l’USAID (United States Agency for International Development). Site internet : cironline.org 

New America Media 
Il s’agit ici d’un vaste réseau de médias en ligne et de journaux se présentant comme le rassemblement de « 3000 agences d’informations ethniques (sic) à travers le pays ». Cet impressionnant réseau médiatique multiculturaliste s’est spécialisé dans le lobbying visant à libéraliser la politique d’immigration aux États-Unis notamment à l’égard des latinos. Il a perçu quant à lui plus de 3 millions de dollars. Leur site est à visiter pour comprendre le projet multiculturaliste aux États-Unis, sa finalité et ses méthodes de propagation. Site internet : newamericamedia.org 

The American prospect – Perspective Américaine 
Revue située à gauche du camp démocrate qui présente par exemple les conventions républicaines de la campagne de Trump comme étant des rassemblements exclusivement composés de « white-nationalists ». Elle a perçu quant à elle 1 380 000 dollars. Site internet : prospect.org 

Media Development Investment Fund (MDIF) 
Comme le précise son objet social, le MDIF – fond d’investissement pour le développement des medias – est une société enregistrée à New-York comme une « not-for-profit corporation » qui investit dans « les médias indépendants à travers le monde ». Principalement dans des pays où le MDIF pense que « l’accès à des médias libres et indépendants est menacé ». Le MDIF a ainsi investi « plus de 153 millions de dollars dans plus de 100 entreprises d’information indépendantes dans 39 pays depuis 1996 ». Entre 2002 et 2014, c’est à hauteur de 32 millions de dollars que George Soros a ainsi investi dans le MDIF. Une corporation à but non lucratif qui sait manifestement où trouver ses financements. Site internet : mdif.org 

Link TV 
Une chaîne télé spécialisée dans les questions sociales qu’elle traite dans une perspective libérale-libertaire. Georges Soros y a contribué à hauteur de 1 376 000 dollars. Site internet : linktv.org 

Un maillage médiatique total 
Au-delà du soutien aux médias liés au parti démocrate, George Soros finance et appuie depuis des années toute une série d’associations et d’ONG médiatiques créatrices d’outils de communication contemporains aptes à propager son influence à tous les niveaux de journalisme dans toute la société : blogs, sites internet, journaux etc… 

Project Syndicate 
Project Syndicate est un réseau international de journaux diffusés dans le monde entier. Il est financé par l’Open Society Foundations de George Soros, la fondation Politiken, basée en Suède, et la Fondation Die Zeit – Ebelin und Gerd Bucerius, basée en Allemagne. Sur son site il se présente comme un réseau qui « produit et livre des commentaires originaux et de haute qualité à un public mondial… Nous fournissons aux médias d’information et à leurs lecteurs des analyses et des idées de pointe, indépendamment de leur capacité de paiement. Nos membres comprennent maintenant près de 500 médias – dont plus de la moitié reçoivent nos commentaires gratuitement ou à des tarifs subventionnés – dans plus de 150 pays. » Project Syndicate est pour Soros un outil particulièrement précieux pour diffuser les idées et points de vues mondialistes dans les pays où internet n’est pas encore très diffusé ainsi que pour toucher les générations plus âgées habituées à la presse papier. 
Site internet : project-syndicate.org 

Avaaz 
La célèbre association internationale de lanceurs d’alerte peut être incluse dans les outils médiatiques des réseaux George Soros dans la mesure où elle exerce une pression médiatique dans le sens de ses intérêts. Que ce soit par exemple en lançant des campagnes internationales contre son alter-ego et concurrent : le milliardaire « conservateur » Ruppert Murdoch, propriétaire de Fox News et d’autres mass-médias réputés de droite ou bien en attaquant Donald Trump au niveau international. Notamment par ses appels répétés aux citoyens américains expatriés pour les appeler à voter depuis l’étranger pour barrer la route de Trump. On notera que Murdoch et Fox-News sont régulièrement dénoncés par la droite alternative américaine (alternative right) comme étant l’aile droite du même mondialisme que celui de Soros avec une façade néoconservatrice. 

Si actuellement l’ONG Avaaz – mot qui signifie « voix » – affirme ne plus être directement financée par Soros, elle n’aurait pas pu prendre l’ampleur qu’elle a ensuite connue sans son appui dès son lancement. 

Citons ici un article du journaliste américain John Hanrahan concernant Avaaz intitulé : « Duper les progressistes vers la guerre ». 
« Sur une période de trois ans débutant en 2007, les fondations de Soros – soit directement soit par Res publica – ont donné à Avaaz $1.2 million au total. En 2007, l’Open Society Institute a donné $150,000 à Res Publica pour le soutien général à Avaaz et $100,000 pour son travail sur le changement climatique. En 2008, l’Open Society Institute a encore donné un total de $250,000 à Res Publica — dont $150,000 de nouveau pour le soutien général à Avaaz et les $100,000 restants pour son travail sur le changement climatique. L’année suivante, Soros a même été plus généreux. Dans le Form 990 qu’il a rempli pour 2009, sa Fondation pour promouvoir une société ouverte (Foundation to Promote Open Society) indique (page 87) avoir donné au total $600 000 à Res Publica à l’usage d’Aavaz – $300 000 pour le soutien général et $300 000 pour sa campagne sur le climat. (…) Avaaz elle-même dit que le lien financier avec Soros a pris fin en 2009. 
Site internet : avaaz.org 

Free Press et la « conférence nationale pour la réforme des médias » 
National Conference for Media Reform – NCRM La NCRM est un évènement important du monde médiatique américain qui a lieu environ tous les deux ou trois ans depuis 2003. Elle se revendique comme le plus grand rassemblement consacré aux médias et aux technologies de l’information aux États-Unis. Moment capital de la stratégie d’influence médiatique du parti démocrate, la session de 2011 avait réuni plus de 2500 personnes parmi les plus importantes du secteur. La conférence nationale des médias a été parrainée par un groupe appelé Free Press qui a reçu 1,4 millions de dollars de la part de Soros. Free Press a un grand objectif à l’ordre du jour : promouvoir la « neutralité du web » en préconisant paradoxalement une aide du gouvernement de 35 milliards de dollars par an pour les médias. De nombreuses personnes qui assistent ou interviennent à cette conférence ont été affiliées aux opérations financées par Soros. Free Press est l’un des outils des groupes de Soros les mieux financés car il est relié au « Centre pour le progrès américain » Center for American Progress (CAP), un influent think-tank de gauche soutenu à hauteur de 7,3 millions de dollars par George Soros. 
Site Internet : freepress.net 

L’université Columbia : une pouponnière d’agents d’influence 
Comme résume l’un de ses biographes : George Soros est l’homme d’une mission. Et cette mission a constamment besoin de cadres et d’hommes d’influence formés à ses vues. Pour ce faire, il faut pouvoir les approcher et les orienter dès leur formation. Quoi de mieux pour cela que de nouer des liens durables avec l’une des plus prestigieuses universités américaine : l’université Columbia de New-York – « Columbia University in the City of New York ». 

Fondée en 1754, elle est l’un des plus anciens établissements d’enseignement supérieur aux États-Unis. La « Columbia » comme on l’appelle, est considérée comme l’une des universités les plus sélectives et prestigieuses dans le monde. Elle est l’université comptant le plus de Prix Nobel (101) parmi ses élèves et son corps enseignant. Vingt-neuf chefs d’État, dont Obama, vingt milliardaires vivants ou encore vingt-neuf récompensés aux Oscars sont sortis de ses rangs. 

L’école de journalisme de l’Université de Columbia est l’une des écoles supérieures professionnelles de l’Université de Columbia. Elle est la seule école de journalisme faisant parti de l’« Ivy League » qui regroupe les huit universités les plus prestigieuses des États-Unis. Elle est l’une des plus anciennes des États-Unis et du monde. L’école a été fondée par Joseph Pulitzer en 1912 et remet chaque année le Prix Pulitzer. Elle publie son journal, le « Columbia Journalism Review ». 

Un centre de veille et d’analyse des médias américains, le « Media Research Center – MRC », a étudié en profondeur les liens existants entre George Soros et l’université de Columbia. Actif depuis 1987, ce centre a publié il y a quelques années une étude détaillée sur ces liens : 
« Le milliardaire George Soros a de solides liens financiers, honorifiques et personnels avec Columbia. Les fondations Open Society de Soros ont donné 9 708 486 $ à l’Université Columbia depuis 2000. 1 250 000 $ de cet argent ont été versés directement à son journal, la « Columbia Journalism Review« . 
L’école a également reçu un montant supplémentaire de 1,63 millions de dollars de la très libérale « Tides Foundation« , que Soros finance aussi. Soros a également prononcé le discours d’ouverture de 2004 pour l’École des affaires internationales et publiques de Columbia. Cela fait de la Columbia la troisième école la plus financée par Soros au monde et la deuxième en importance aux États-Unis. 
Soros a contribué pour plus de 400 millions de dollars au financement de collèges et d’universités dans le monde entier, incluant de l’argent alimentant la plupart des institutions importantes aux États-Unis. Ici aux États-Unis, l’argent de Soros offre les moyens aux organisations libérales (au sens américain du mot) promouvant le mariage gay, la légalisation des drogues ou les stratégies de lutte contre la peine de mort. » 

L’enquête du MRC développe les autres initiatives liées à l’université que Soros alimente : 
« Le « Project for Excellence in Journalism (PEJ)« est un institut de recherche affilié à la Columbia University Graduate School of Journalism jusqu’en 2006. Le PEJ est financé par les « Pew Charitable Trusts« – l’une des plus anciennes ONG américaines – qui a elle-même reçu au moins 500 000 $ en financement de Soros. » 

La longue étude du MRC expose aussi comment les journalistes issus de la Columbia vont ensuite prendre place dans les médias les plus influents du pays.
« En 2012 seulement, les diplômés sont allés travailler à ABC, CBS, NBC, le New York Times, CNN, CNN Money et The Wall Street Journal. Ou bien encore Al Jazeera, Al Jazeera anglais, le Huffington Post, NPR, ProPublica, Slate et The Nation.
Les anciens élèves célèbres de l’École de journalisme incluent des vedettes de l’information comme Steve Kroft de CBS, Josh Elliot de « Good Morning America », ainsi que des rédacteurs du Washington Post, du New York Times et du Huffington Post ainsi qu’un producteur de CNN et les anciens PDG de Newsweek et Associated Press. Avec son influence considérable, la Columbia est devenue une force pour façonner l’avenir du journalisme. Les anciens ont participé à de nombreuses organisations d’information de premier plan, mais ont souvent conservé un parti pris qui reflète celui de l’université et des donateurs de l’école. »

Une emprise de plus en plus visible et contestée 
La liste des entités médiatiques soutenues financièrement par George Soros est encore longue, mais on entrevoit ici la force de frappe financière et organisationnelle de George Soros dans ce domaine. Une influence et des moyens qui donnent le vertige par les sommes investies. 

Pourtant les dernières élections américaines ont montré que cette influence réussit de moins en moins à cacher certaines réalités politiques occultées. Le travail de contre influence réalisé par ce que l’on dénomme aux États-Unis la droite alternative (alternative right ou «alt-right») ou bien encore les révélations de Wikileaks et DCleaks entament la narration médiatique dominante aux États-Unis. C’est ainsi une véritable guérilla médiatique que livrent les médias alternatifs aux médias de masse libéraux. Dans cet affrontement, les médias de la droite alternative pointent régulièrement du doigt les agissements en coulisses du plus grand argentier des médias : George Soros. Et cela porte ses fruits, l’impact populaire des médias alternatifs est devenu si grand qu’Hillary Clinton l’a dénoncé publiquement cet été lors de l’un de ses discours de campagne. Proposant elle-même une théorie du complot autour d’une triangulation Trump, « alt-right » et influence du Kremlin, vision complotiste qui a pris récemment la forme d’un site internet : putintrump.org. 

Un site soutenu et financé par George Soros bien sûr… mais qui n’a pas empêché la victoire de Trump.

Source

Un réseau de liens qui fait devenir


Mon amour pour le groupe n’a pas besoin de s’énoncer. Il est composé de liens. Il est ma substance même. Je suis du groupe et voilà tout. Il s’agit d’un amour véritable, un réseau de liens qui fait devenir. 

Antoine de Saint-Exupéry

Le vrai romantisme est celui de nos pères 1/2

     Les premiers romantiques étaient entrés dans vie comme de bons jeunes gens. Soucieux d’être à la mode, ils défendaient le trône et l’autel. Rien d’important pour un écrivain qui débute comme l’approbation des personnes arrivées, le murmure favorable des salons et un sourire sur le visage des maîtresses de maison. Trente ans plus tard, l’opinion des Écoles et des faubourgs devenait beaucoup plus flatteuse. A l’âge des hémorroïdes, quoi de plus doux qu’une clameur populaire, l’admiration des simples et un frisson de terreur dans les yeux des plus jolies femmes ? Celles-ci, en effet, ne prennent pas au sérieux les cris des enfants, mais la révolte des vieillards leur paraît toujours pleine d’avenir ; c’est-à-dire délicieuse et redoutable. En 1848, les romantiques couraient donc sur les barricades et montraient comment on ne se fait pas tuer pour vendre des volumes à trente sous.
     Au contraire, nous commençons par des déclarations incendiaires. Nous maudissons l’humanité. Avec beaucoup d’éloquence, nous parlons des charmes de la folie, du silence. Nous insultons les patries : c’est le bon moyen pour qu’elles nous entretiennent un jour. Mais auparavant, il faudra les refaire. Il est à craindre que nous ne profitions jamais beaucoup de nos mauvaises intentions. Constatons seulement qu’au cours des années 40 et à vingt ans, le voyage de l’anarchie à l’ordre se fait très vite.
     Le vrai romantisme est celui de nos pères. Il n’a pas manqué de force mais seulement d’unité. Cette inconduite est un nouveau mérité à nos yeux, car nous tenons pour assuré que des révoltés ne doivent pas marcher en rang. A peine pourrait-on citer l’école surréaliste, où la jeunesse criait dans les rues d’une façon charmante. Mais nous n’y trouvons pas Michaux, ni Saint-John Perse, ni Cendrars ; Supervielle s’en garde, Paul Eluard s’en échappe. En 46, on tente de nous persuader que le surréalisme a mis la Wehrmacht en fuite, empêché Hitler de dormir et fait tourner l’alcool éthylique dans le réservoir des V1. Vainement. Il s’avance vers nous avec un beau visage bien dépeigné, des mains vides : c’est un mouvement littéraire fantôme.
     Il reste les autres. Nous n’oublierons pas l’accent fiévreux de Drieu La Rochelle quand il écrivait Mesure de la France. Nous n’oublierons pas les colères de Bernanos, celles de Céline ; et le dédain de Montherlant nous est cher. Tout sépare un Mauriac, un Malraux et pourtant ils se sont rassemblés dans la nuit. L’adolescent penché sur l’édition scolaire des Pensées n’est pas si loin du garçon pauvre que Lawrence éblouissait autant que Spengler et qui rêvait d’unir Culture et Révolte. Avec Anouilh, avec Giono, dans sa face la plus inquiète comme dans son côté le plus viril, la littérature de cette époque est agitée d’un grand mouvement d’incertitude, d’attente, de conversion et d’aveux. Mais dans cet immense déballage – plus riche assurément que les fades confessions de leurs aînés, un Gide, un Gourmont, un Suarès – tous les éléments du problème, pour nous, sont donnés. Leur tourment est le nôtre, leur expérience nous grandit de vingt ans. Ils se sont plaints de la terre mieux que nous ne le ferons jamais. Nous héritons de la fatigue des voyages, du désespoir après l’action, si l’action déjà n’était pas inventée pour sortir du désespoir... Oui, les garçons de 1925 nous font encore plaisir à distance. En comparaison, notre génération semble chargée de tous les péchés du monde. Voici pourquoi.
     Elle indigne par sa légèreté, ce qui est normal. Après tant de ruines, on réclame des constructeurs, à défaut le silence et la résignation. Mais nous ne trouvons pas si mal que certaines choses, révélant leur pourriture, se soient écroulées. Quelques-uns auront bu cet alcool du mensonge universel, ils auront vite abandonné la France au profit d’un destin fait de mauvais coups, de hasards et de jeunesse, avec cet arrière-goût mortel qui est le signe des résolutions désespérées. Oui, ce terrible savoir, cette « gaya scienza » aura été donnée aux volontaires de ces Légions que les Tyrans levaient en Europe. « Ainsi recherchons-nous, dit Jünger, lorsqu’en nous le sens de la patrie s’est perdu, les mondes lointains que nous ouvre l’aventure. »

Roger Nimier, Le Grand d'Espagne

mercredi 30 novembre 2016

La fachosphère ou comment l’extrême droite remporte la bataille du net :...

Fillon ne changera rien du tout


Ecoutes télécoms : très contestée, la PNIJ ouvrira en septembre


Dans un article au vitriol, L'Express révèle que la Plateforme nationale d'interceptions judiciaires (PNIJ), qui doit être mise en route en septembre pour centrer toutes les écoutes téléphoniques et informatiques en France, fait l'objet de multiples craintes et contestations. Le mois dernier, deux journalistes de l'ancien site d'information Owni étaient convoqués à la Direction Centrale des Renseignements Intérieurs (DCRI), pour avoir publié un document "confidentiel défense" révélant les objectifs de la PNIJ, la Plateforme nationale d'interception judiciaire. Il s'agit de rassembler en un lieu unique l'ensemble des écoutes des conversations téléphoniques, SMS et autres utilisations d'Internet demandées par la police judiciaire, dans un souci d'économie et d'efficacité. 

Or le projet est entaché de nombreuses zones d'ombre, voire d'irrégularités. L'Express publie ainsi un reportage très critique dans lequel l'hebdomadaire révèle que le projet a été octroyé à Thales sans même faire l'objet d'un véritable appel d'offres en bonne et due forme. Cinq entreprises qui travaillent déjà avec l'Etat sur les interceptions de sécurité ont ainsi obtenu du tribunal administratif de Paris l'annulation de l'appel d'offres qui ne leur avait pas été notifié, alors qu'elles ne pouvaient en prendre connaissance par elles-mêmes du fait du classement "confidentiel défense", décidé pour écarter les prestataires étrangers. Mais l'Etat refuse de faire marche arrière, vue les 15 millions d'euros déjà engagés dans le projet, et devra probablement indemniser les prestataires. Pour le plus grand bénéfice de Thales, qui conservera le marché. 

Mais il y a plus inquiétant. L'Express révèle en effet que la PNIJ doit être mise en service dès le mois de septembre prochain, alors-même qu'il existe des doutes sérieux sur sa sécurisation. Frédéric Péchenard, le patron de la police nationale, aurait ainsi prévenu – en vain – dès 2011 qu'il était trop dangereux de rassembler toutes les écoutes de France et de Navarre en un seul lieu, faisant de la PNIJ une cible privilégiée des groupes criminels et autres hackers. Par ailleurs, le projet prévoirait que la redondance de sécurité de la plateforme soit opérée vers un site situé à seulement… 300 mètres de la plateforme principale. Ce qui veut dire qu'en cas d'incident majeur, les deux sites pourraient devoir fermer. 

Pire encore. "Les gouvernants pourraient-ils avoir accès à des enquêtes en cours les concernant, eux ou leurs proches, en se connectant directement à cette plate-forme ? Nul ne le sait", assure l'hebdomadaire. 

Enfin, comme c'est l'habitude sur ce type de projets privatisés, la question financière laisse perplexe. La facture aurait déjà presque triplé, passant de 17 millions d'euros prévus initialement à 43 millions d'euros. Sans compter l'indemnisation des FAI qui ont dû déployer leur fibre optique jusqu'à la PNIJ, ni la mise à niveau des réseaux des centres de la police judiciaire, ni d'autres frais induits par la plateforme. Au total, la PNIJ pourrait coûter plus de 100 millions d'euros.

Robert Ménard : « Il ne faut prendre aucun gant avec la presse. Elle est contre nous, elle est contre le peuple »

Robert Ménard est maire de Béziers. Il vient de publier Abécédaire de la France qui ne veut pas mourir (éditions Pierre Guillaume de Roux, novembre 2016). Il a bien voulu répondre aux questions du Rouge & le Noir. 

R&N : Vous publiez un abécédaire de "la France qui ne veut pas mourir" ? Faut-il comprendre qu’il y a deux France (ou plus) dans notre pays ? 
Robert Ménard : Il y a plusieurs France. Il y a d’abord une France qui s’en sort bien, pour qui la mondialisation est une mondialisation heureuse, une “identité heureuse” comme dirait Alain Juppé. Une France qui n’a pas de soucis, qui vit confortablement dans la capitale, dans les capitales régionales, qui est à l’unisson des médias, dont les enfants sont dans des écoles où il n’y a pas de problème de délinquance, qui aiment le “vivre-ensemble” parce qu’ils ne le pratiquent pas et qui, au fond, n’a que les avantages de ce système-là. Il y a cette France mais il y a aussi la France que j’administre, dont Béziers est un exemple emblématique. C’est-à-dire une France délaissée, abandonnée, oubliée. Une France qui, tous les jours, est confrontée aux questions d’immigration, d’identité, à l’islam… 

Oui il y a deux France. Je suis un élu de cette France qui n’en peut plus, de cette France qui aurait voté Trump aux Etats-Unis, qui, spontanément, déteste Hillary Clinton comme elle déteste les hommes politiques français. Une France qui en a marre qu’on lui marche sur la figure et qui essaie de s’en sortir. À l’intérieur de cette France-là, de cette France qui, au fond, est du mauvais coté du manche, il y a de plus en plus de gens qui ne veulent pas mourir, qui entendent se faire respecter. Ce petit livre n’a d’autre objectif que de leur dire à ces Français-là : ce que vous pensez, ce que vous ressentez, ce que vous vivez, ce que vous lisez, ce que vous aimez, ce dont vous rêvez, tout cela n’est pas honteux, n’est pas minable comme on vous le répète à longueur de temps. C’est ce que je dis aux Biterrois : soyez fiers de ce que vous êtes. 

R&N : Vous dites que la population n’ose pas forcément dire ce qu’elle pense. Vous, par contre, écrivez qu’avec les quotas de logements sociaux et la dispersion des migrants (de Calais entre autre), plus aucun coin de la France n’est épargné. Vous ajoutez : ’C’est la volonté au plus haut niveau de créer une situation irréversible’ (p.131). Pensez-vous qu’il y ait une véritable volonté de nuisance à l’œuvre ? 
Robert Ménard : Pourquoi me suis-je opposé à 40 nouvelles places de CADA (Centre d’accueil pour demandeurs d’asile) dans ma ville ? On me dit : 40 places de plus pour une ville de 76 000 habitants, ce n’est rien. Dans l’absolu, peut-être. Mais c’est un peu comme la vague qui va finir par vous noyer. Le « grand remplacement », ce n’est pas une théorie, je le vois à l’œuvre tous les jours dans ma ville. Du coup, à Béziers, comme ailleurs, il y a des quartiers occupés par telle population, et d’autres quartiers où se concentre une autre population. Et le pire, c’est que les uns et les autres n’ont pas vraiment envie de vivre ensemble. 

R&N : Vous divisez l’entrée “vivre-ensemble” de votre abécédaire en trois sous-parties. C’est d’ailleurs l’entrée la plus longue du livre. Pourquoi ? 
Robert Ménard : Parce qu’on me bassine tous les jours avec ça. Vous ne pouvez pas imaginer ! Le représentant de la politique de la ville (sur les 200 quartiers prioritaires en France, ma ville en compte deux à elle seule…) le, sous-préfet, le préfet, la presse locale ne cessent de me parler du vivre-ensemble. Des gens qui, soit dit en passant, en parlent d’autant plus qu’ils ne le pratiquent jamais… C’est une overdose de vivre-ensemble. Mais, dans la réalité, dans leur immense majorité, les riches ne veulent pas vivre avec des Arabes ou des Noirs. De même, la plupart des Arabes n’ont pas envie de vivre avec des Noirs. Parmi les musulmans, les Maghrébins, pas tous bien sûr, ne veulent pas vivre avec les Turcs. Et les gitans ne goûtent guère la compagnie des Arabes… 

R&N : Vous évoquez aussi cette dame âgée qui trouve qu’ils sont très gentils parce qu’ils l’aident à porter ses courses mais qui dit pourtant vouloir vivre avec des gens comme elle. 
Robert Ménard : Cette dame habite dans l’immeuble du quartier « sensible » de La Devèze où j’ai moi-même vécu quand j’étais adolescent. Elle est venue me rencontrer en maire. Elle avait un peu honte de me dire ça. Mais encore une fois, c’est la réalité : dans sa cage d’escalier, elle était la seule Française de souche et elle ne se sentait plus chez elle, dans son pays. Quelle solution ? C’est comme l’école. Vous ne mettez pas vos enfants dans un établissement où les deux tiers, voire les trois quarts des gosses sont issus de l’immigration ! Alors, pour revenir à cette dame, même si tous ses voisins avaient du travail, même si tous respectaient leur boîte aux lettres, elle ne se sentirait pas moins « envahie ». Oui, il y a des seuils de tolérance. On ne peut pas accepter dans un pays, dans une ville, dans un quartier, une présence immigrée trop importante. C’est impossible. 

R&N : Vous expliquez justement être, en tant que maire, contraint de signer des demandes de regroupement familial. Quelles sont finalement les possibilités pour un maire de résister quand l’État et les différentes strates du millefeuille administratif sont contre vous ? 
Robert Ménard : Le sous-préfet m’a écrit pour me dire que, comme je disais trop souvent non à certains regroupements familiaux ou à l’attribution de cartes de séjour de dix ans, il fallait dorénavant que je justifie les refus. Il ne m’a jamais demandé de justifier les réponses positives… Bien sûr, ma marge de manœuvre est étroite. C’est bien pour cela que je participe – avec ce livre notamment – au débat national. Bien des problèmes auxquels je suis confronté comme maire ne peuvent trouver de solution qu’à Paris ou à Bruxelles. Quand l’État m’impose de prêter des salles de classe le soir pour donner des cours de turc ou d’arabe aux enfants, je ne peux pas dire non, au risques de procès devant le tribunal administratif. Or, si l’État et ses représentants aimaient vraiment ces gosses, s’en souciaient vraiment, ils leur donneraient des cours de français ! C’est ça qui les aiderait à trouver leur place, à éviter de quitter l’école sans l’ombre d’un diplôme en poche ! 

Il faudrait écouter les maires. Ils sont les élus les plus proches du peuple. Or, tous les jours, l’État s’emploie à leur enlever une partie de leurs pouvoirs. 

R&N : ’À la laïcité, il faut préférer l’identité qui, elle, n’est pas seulement un concept, mais renvoie à la vie, au charnel’ (p.87). Face à la laïcité, vous aviez d’ailleurs défendu les crèches de Noël en 2014. Quels sont les éléments saillants de cette identité française qu’il faut défendre ? 
Robert Ménard : La langue – or, bon nombre d’enfants de la troisième, voire de la quatrième génération, continuent de parler un pataquès, mi-français, mi-arabe – l’histoire, plus que les valeurs, les mœurs, les modes de vie, et bien sûr, les racines chrétiennes de ce continent. Je le dis dans le livre, personne n’ira risquer sa vie pour la laïcité alors qu’en face, ils sont prêts à risquer leur vie pour leur religion. C’est bien pour cela que je considère que toutes les religions ne doivent pas avoir le même statut. Non, le christianisme et l’islam ne doivent pas être traités de la même manière en France ! 

R&N : Mais justement, vous avez des mots très durs sur l’Église. Vous allez jusqu’à parler de ’Véritable suicide historique de l’Église’ (p.146). N’est-ce pas paradoxal de défendre l’identité chrétienne face à une église qui, pour vous, semble l’abandonner ? 
Robert Ménard : Je ne sais plus qui disait que la preuve de la sainteté de l’Église, c’est qu’elle a résisté à 2 000 ans de prêtres, d’évêques et d’archevêques. Un des pires opposants que j’ai eus après mon élection, n’était rien d’autre que… l’archiprêtre de la ville. Je ne citerai pas son nom par charité chrétienne. Il a quitté Béziers depuis… Dieu merci. Il a été un opposant farouche. Il a refusé d’assister à l’inauguration de la crèche, dans l’hôtel de ville, alors que la communauté musulmane était représentée et la communauté juive avait envoyé un message ! Il avait même empêché les autres prêtres d’y assister. Il a aussi refusé de bénir les feux de la Saint Jean… 

R&N : La jeune génération de prêtres et d’évêques vous donne-t-elle plus d’espoir ? Un certain nombre d’entre eux n’ont pas peur de défendre l’Église, sa place dans la société, et n’ont pas peur non plus de dialoguer avec la droite et le Front national. 
Robert Ménard : Oui, bien entendu. Sauf que la génération qui est aux commandes est composée majoritairement de gauchistes soixante-huitards. On se demande parfois s’ils sont convaincus que l’hostie est bien le corps de Christ… Je ne suis d’ailleurs pas toujours convaincu par les paroles du pape François. Il ferait mieux parfois de se taire… 

R&N : Vous appelez de vos vœux l’union des droites. Comment faire pour qu’elle se fasse réellement ? Ce ne semble pas être bien parti pour le moment pour 2017... 
Robert Ménard : Pour être honnête, c’est plutôt mal parti. Je me suis cassé le nez sur les ambitions des uns et des autres, sur les logiques partisanes, sur des égos démesurés… Beaucoup vous expliquent qu’il y a urgence, que la France est menacée, que notre civilisation est au bord du gouffre, mais ils sont incapables de s’oublier un peu et de jouer collectif. Une raison supplémentaire de me tenir à distance des partis. Résultat des courses : aujourd’hui, seule Marine Le Pen a une chance, même petite, de gagner. Et, je vous le dis, bien que je ne sois pas membre du Front national, bien que j’aie de nombreuses divergences avec eux, nous nous devons de l’aider. 

R&N : Vous parliez au tout début de Donald Trump. Diabolisé durant toute sa campagne par les médias (américains comme français d’ailleurs), il a pourtant été élu. Pensez-vous que le FN doive s’en inspirer et oublier sa stratégie de dédiabolisation pour parler de l’immigration ou de l’islam sans prendre de gants et sans avoir peur des polémiques ? 
Robert Ménard : Ce que je veux retenir de Trump, c’est tout d’abord qu’il faut dire les choses telles qu’elles sont. J’entends des commentateurs moquer le fait qu’il n’emploierait que 700 mots dans ses discours. Et alors ? Il emploie les mots des gens. Il faut convaincre les gens avec leurs mots. Quand je m’adresse à mes concitoyens, je ne fais pas une thèse de troisième cycle, je m’adresse à eux avec leurs mots qui, ça tombe bien, sont les miens. 

La deuxième chose à retenir, c’est qu’il ne faut prendre aucun gant avec la presse. La presse est contre nous, elle est contre le peuple. J’ai été le patron de Reporters sans frontières pendant 23 ans, j’ai été journaliste durant 35 ans. Naïvement, quand j’ai choisi ce métier, j’imaginais que la presse devait être au service de ceux qui étaient du mauvais côté, de ceux qui n’aient pas réussi… Et qu’est-ce que je constate aujourd’hui ? Que l’immense majorité des journalistes sont toujours du côté du manche, du côté des gagnants... Il faut en tirer toutes les conséquences. Demain au pouvoir, il faudra commencer par supprimer toutes les aides publiques à la presse. On verra bien qui survivra, qui répondra aux attentes du public… 

R&N : Un autre aspect marquant de la campagne de Trump est la place des réseaux sociaux. Est-ce quelque chose à ne pas négliger pour 2017 ? 
Robert Ménard : J’en parle également dans ce livre. Les réseaux sociaux, les médias alternatifs sont indispensables, non seulement parce qu’ils offrent une information différente mais également parce qu’ils sont un espace où l’on se retrouve, où l’on se rend compte qu’on n’est pas le seul à penser ainsi. 

R&N : Vous écrivez aussi qu’ils ne remplaceront jamais les médias traditionnels. 
Robert Ménard : Non, ils n’ont pas encore la puissance suffisante. Encore qu’avec la victoire de Trump, on est en droit de s’interroger… 

R&N : Vous écrivez que les patriotes, s’ils ont le pouvoir, devront agir assez vite. 
Robert Ménard : C’est l’expérience que j’ai tirée des erreurs à une toute petite échelle, celle de ma ville : il faut réagir immédiatement. Il ne faut pas hésiter à se séparer d’une partie de ceux qui peuplent la haute administration. Un peu à la manière du système américain. 

R&N : Et d’un point de vue législatif ? 
Robert Ménard : Je crois qu’il va falloir, dans un premier temps, diriger ce pays par ordonnance. Vous avez vu l’hystérie médiatique entre les deux tours des régionales ? Vous imaginez ce que cela va être entre les deux tours de la présidentielle. Alors si Marine Le Pen l’emporte… Il faudra aller vite et frapper fort !

Walking dead à Calais !

mardi 29 novembre 2016

L'armée française risque la surchauffe, met en garde la Cour des comptes


L’armée française risque la surchauffe, tant sur le plan humain que matériel, a averti la Cour des comptes dans un rapport publié lundi. Cette situation « réduit la capacité à faire face à de nouvelles urgences ou à mettre en œuvre de nouvelles opérations », s’inquiète la Cour dans ce rapport consacré aux opérations extérieures (Opex). Entre 2012 et 2015, la France a été active sur neuf théâtres principaux et a mené 25 opérations, rappelle la Cour. 

Actuellement, plus de 8.000 soldats sont engagés au Moyen-Orient contre Daesh (opération Chammal) et au Sahel (Barkhane). En outre, « la mise en place en 2015 de l’opération Sentinelle », qui mobilise 7.000 hommes sur le territoire national, « a achevé de déséquilibrer un système déjà sollicité au-delà des prévisions », note-t-elle. 

Chute du niveau de préparation 
« Le haut niveau d’engagement actuel conduit à limiter la préparation opérationnelle des forces », notamment « en mobilisant des équipements et des ressources humaines qui ne sont plus disponibles pour la préparation. Le niveau de préparation tend donc à diminuer, tant sur le plan qualitatif que quantitatif », s’inquiète la Cour des comptes. 

Sur le plan matériel, les équipements projetés sur des théâtres d’opérations comme le Sahel souffrent par ailleurs d’une surexposition à la poussière et à la chaleur qui accélère leur usure, note le rapport. Celui-ci rappelle qu'« une année en Opex équivaut pour le matériel roulant à 2,5 années de fonctionnement métropolitain ». 

Enfin, « le manque de certains équipements militaires rend la capacité d’engagement en partie dépendante des moyens des nations alliées », en particulier en matière de transport aérien, déplore-t-elle. 

Une « sous-estimation volontaire des crédits » 
Sur le plan budgétaire, la Cour des comptes déplore à nouveau la « sous-estimation volontaire des crédits consacrés aux opérations extérieures ». Elle recommande de fait au gouvernement de « présenter dans les lois de finances initiale une prévision sincère et réaliste des dépenses » liées aux Opex. 

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé début novembre que les opérations militaires françaises à l’étranger et sur le territoire national allaient coûter 830 millions de plus en 2016 que ce qui avait été budgété. Le coût total de ces opérations extérieures devrait ainsi atteindre environ 1,15 milliard d’euros en 2016, comme en 2015 et 2014. 

Traditionnellement, le ministère de la Défense prévoit une dotation budgétaire de 450 millions d’euros pour ces Opex, très inférieure à la facture finale. La somme non budgétée est partagée au final entre tous les ministères, une pratique que dénoncent régulièrement un certain nombre de parlementaires tout comme la Cour des Comptes.

Peut-être distinguera-t-on à la fin de ce siècle deux classes d'hommes, les uns formés par la télévision, les autres par la lecture


lundi 28 novembre 2016

Conférence Dextra 02/12 "Elections, consommation, comment on nous influence ?" par Louis Anders


Chers amis, 
Nous aurons le plaisir de recevoir ce vendredi 
Louis Anders,
écrivain et journaliste, notamment chez Politique Magasine.

Le sujet de son intervention sera :
"Élections, consommation, comment on nous influence ?" 
Suite à la victoire de Trump ou même encore de Fillon, à l'encontre des sondages et des pronostics donné par les grand médias, cette conférence s'annonce passionnante et enrichissante sur le sujet des manipulation médiatiques.

 N'hésitez pas à partager l'évènement !
Par courtoisie envers le conférencier, merci d'être ponctuel.

Dominique Venner et la mort volontaire chez Drieu la Rochelle et Montherlant

Pauline Lecomte : Lors des guerres et conflits civils du XXe siècle, il semble que le suicides pour des raisons politiques n'aient pas été rares en Europe.
Dominique Venner : Des circonstances exceptionnellement dramatiques les ont en effet favorisés. Le 30 mai 1925 par exemple, se donna la mort l'écrivain nationaliste allemand Moeller van den Bruck, traducteur de Dostoïevski et fondateur d'un des clubs les plus actifs de la "révolution conservatrice". Cette année-là marqua cruellement le recul de ses espérances. Le jeune Thierry Maulnier, dans la préface qu'il donna huit ans plus tard à une traduction de l'écrivain allemand, lui rendit hommage : "Il n'a pas conçu son suicide comme une renonciation, mais comme un germe, il a voulu qu'il fût une provocation à l'espérance et à l'émeute". C'était une pensée généreuse.
     En certaines occasions, le suicide peut sembler accorder une sorte de grâce anoblissante, dans la mesure où la mort volontaire se charge d'un sens que n'a pas la mort naturelle ou accidentelle. Je songe à des exemples contemporains, ceux de trois écrivains engagés dans la guerre, qu'avait remarqués Jünger dans Jardins et routes, première partie de son Journal de Guerre, parce que, dit-il, ceux-là furent courageux sans céder à la haine. Ce sont Drieu la Rochelle, Montherlant et Saint-Exupéry. Jünger les met "au petit nombre de cette haute chevalerie qu'a produite la première grande guerre." Peu importe l'erreur générationnelle concernant Saint-Exupéry (1900-1944), trop jeune pour le premier conflit, mais pilote valeureux des combats de 1940 et de 1944. Le destin devait conduire ces trois écrivains français à se donner volontairement la mort dans des circonstances très différentes, ce qui a contribué à les élever "au petit nombre de la haute chevalerie" invoquée par Jünger. 

P. L. : Le suicide de Pierre Drieu la Rochelle fait intimement partie de sa légende, plus encore que ses succès féminins ou son élégance britannique.
D. V. : Longtemps après sa mort, ses écrits continuent de parler pour leur époque. Ils en expriment quelques interrogations fondamentales, résumées par la hantise d'une irrémédiable décadence. Celle de la bourgeoisie française thème de tous ses romans, celle aussi de la France à laquelle il a consacré ses essais. Marqué dans sa jeunesse par l'influence de Nietzsche et des surréalistes, combattant courageux de la Première Guerre mondiale, plusieurs fois blessé, Drieu pensa trouver dans le fascisme, après 1933, un remède à cette décadence qui l'obsédait. Au lendemain de la défaite de 1940, il voulut croire que, de cette épreuve, surgiraient de nouvelles énergies et une réconciliation franco-allemande. A la fin de l'Occupation, cruellement déçu par l'impossible collaboration, il refusa de s'exiler en Suisse comme l'occasion lui avait été offerte.
     Ecrivain fasciné par l'aventure politique, Drieu n'était pas un politique. Il était beaucoup trop sensible, droit et assoiffé d'absolu. "Je le considère comme l'un des êtres les plus nobles que j'ai rencontrés", devait dire son ami André Malraux à Frédéric Grover. Lorsque fut consommée la défaite de ses illusions, il ne se départit pas de sa hauteur. Après avoir vécu caché quelque temps, il se tua le 15 mars 1945. Dans une lettre ultime à son frère, il donnait ses raisons : "J'estime un bonheur de pouvoir mêler mon sang à mon encre et rendre sérieuse à tout point de vue la fonction d'écrire."

P.L. : Qu'en fut-il pour Montherlant ?
D. V. : Rendre sérieuse la fonction d'écrire fut certainement l'une des préoccupations constances d'Henry de Montherlant. C'était une personnalité complexe. Certains de ses biographes ont mis en évidence des faiblesses que la tradition chrétienne aurait qualifiées de péchés, tout en leur accordant la grâce d'une rémission. Il ne fut pas le personnage altier que suggèrent sa prose magnifique et ses dons de dramaturge. Il a montré que l'on peut être un grand écrivain, le plus grand peut-être de sa génération, et avoir cédé à une conduite intime douteuse. Mais sa mort volontaire l'a d'un seul coup lavé de toutes ses souillures. Le 21 septembre 1972, en fin de journée, se sentant menacé de devenir aveugle et refusant ce déclin, il saisit son pistolet et se tira une balle dans la bouche.
     Selon les mots de Jean Cau, ce geste traçait "une orgueilleuse signature de sang au bas de sa vie. Tous les mensonges pulvérisés par une seule détonation." Ce fut une mort romaine. Elle ressemblait tant à l'image que l'écrivain avait voulu donner de lui-même que l'homme véritable s'en trouvait anobli. Le maître de Santiago et le cardinal d'Espagne ne mentaient plus. Face à lui-même et à un ciel qu'il pensait vide, Montherlant n'avait pas tremblé.
     Il avait laissé nombre de réflexions sur le suicide. "On se suicide par respect pour la vie, quand votre vie a cessé de pouvoir être digne de vous. Et qu'y a-t-il de plus honorable que ce respect de la vie ?" Certes. En roide éthique, le droit au suicide n'est limité que par la peine que l'on peut causer à des proches ou par l'exigence d'un devoir qui impose de continuer à vivre, quitte à souffrir.

Dominique Venner, Le choc de l'histoire