mercredi 22 novembre 2017

Venez en aide à Monsieur K !



Chers amis, chers Camarades,

Nous sollicitons aujourd’hui votre aide.

Dans la nuit de vendredi à samedi 18 novembre 2017, Sébastien KERRERO / Monsieur K, a été pris à partie dans une altercation ultra violente. Débordé par ses assaillants, ils lui ont porté des coups de pieds à la tête tandis qu’il était au sol.

Notre ami, Monsieur K ressemblera définitivement à un pirate : Sébastien a perdu l’usage de son œil droit.

Beaucoup d’entre vous le connaissent, l’ont rencontré, l’ont entendu, vous savez le travail accompli au service de la patrie, apportez-lui votre soutien.

Aidez-le lui et sa famille a surmonter cette épreuve et à faire face aux lourdes dépenses médicales présentes et à venir.

Pour accéder à la cagnotte http://bit.ly/2jf9yXr

Merci de faire circuler.

Blocage de la politique patriote : l’aveu a le mérite d’être clair

La scène se passe en mars 2015 sur la place du Palais-Royal, à Paris. Philippe Martel, ancien directeur de cabinet d’Alain Juppé, rencontre Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel. Les deux hommes se connaissent depuis un bout de temps. Le plus convivial des Debré s’approche de Martel et lui serre la main, affable : « Venez donc prendre un café ». Puis il s’arrête. Quelque chose le gêne, il ne sait pas quoi. Et tout à coup ça lui revient : « Bon sang, mais vous êtes au FN maintenant ! Bon, venez prendre un café quand même, de toutes façons ce n’est pas grave, vous ne pourrez rien faire, nous contrôlons tout, c’est nous qui décidons de tout ». L’aveu a le mérite d’être clair. 

Jean-Yves Le Gallou, Immigration, la catastrophe. Que faire ?

Conférence Dextra du 24/ 11: L'éclosion des mosquées radicales, par Joachim Veliocas


Chers amis, chers camarades, 

Nous avons la joie et l'honneur de recevoir, ce vendredi 24 novembre, Joachim Veliocas, qui viendra nous parler de 
"L'éclosion des mosquées radicales" 

Sur ce sujet grave et d'actualité, Joachim Veliocas maîtrise parfaitement le sujet, et une vente de ses ouvrages aura lieu en fin de conférence. 

Nous vous attendons nombreuses et nombreux pour cette conférence. 

A vendredi !

mardi 21 novembre 2017

"Nous avons réalisé la première transplantation de tête humaine"


L’équipe de Xiaoping Ren et Sergio Canavero a réalisé en Chine une transplantation de tête d’un donneur sur le corps d’un receveur, tous deux décédés. Une sorte de répétition générale avant de tenter l’intervention avec un patient receveur vivant. 

"La première greffe de tête humaine a été réalisée", a triomphé le neurochirurgien italien Sergio Canavero, lors d'une conférence de presse à Vienne le 17 novembre. "La chirurgie a duré 18 heures. Tout le monde disait que c'était impossible mais cela a été un succès". L'équipe menée par le professeur chinois Xiaoping Ren de Harbin Medical University (Chine) va publier l'étude dans Surgical neurology international que Sciences et Avenir s'est procuré. La publication détaille l'opération qui a consisté à transplanter, pour la première fois au monde, le corps d'un donneur (décédé) sous la tête d'un receveur, décédé également. Car cette opération baptisée chirurgicalement anastomose cephalosomatique (ACS) a été mise en oeuvre sur deux cadavres. 

Une sorte de répétition générale... 
L’objectif ? Une sorte de répétition générale avant de tenter l’intervention avec un patient receveur vivant. "L’ACS est considérée comme la seule option thérapeutique pour un certain groupe de maladies neuromusculaires (comme la maladie de Duchenne ou la sclérose latérale amyotrophique, Ndlr) qui jusqu’à présent sont incurables par d’autres moyens", affirment les auteurs en introduction. Selon eux, la connexion de la tête du malade à un nouveau corps, fonctionnel, pourrait leur offrir une chance supplémentaire. En effet, des patients comme Valery Spiridonov souffrant de la maladie de Werdnig-Hoffman, proche de la maladie de Charcot, se disent prêts à être volontaire. "Depuis trop longtemps, la nature nous a dicté ses règles, argumente le truculent Sergio Canavero. Nous sommes entrés dans un âge où nous pouvons prendre notre destin en main.Ça va tout changer". 

Pour rappel l’idée de greffe de tête, ou plutôt de greffe de corps, est née en 1970 lorsque le neurochirurgien américain Robert White de la Case Western Reserve University (Cleveland, Ohio) a tenté l’intervention chez le singe Rhésus, qui a survécu 36 heures, dont trois éveillées. L’animal ayant les sens (ouïe, odorat, vision, goût) intacts mais restant paralysé, la moelle épinière ne s’étant pas reconnectée. "Aujourd’hui nous avons les techniques pour accomplir cette reconnexion", assure Sergio Canavero qui travaille depuis plusieurs années à mettre au point un protocole nommé Heaven (head anastomosis venture) / AHBR (allogenic head body reconstruction), dont il a eu l'initiative alors qu'il était neurochirurgien à l’hôpital de Turin (Italie). Heaven comprenant notamment, deux points cruciaux, le protocole de reconnexion de la moelle épinière, baptisé GEMINI et la conservation de la tête pendant l’opération, qu’il a testée chez le singe, consistant en une hypothermie couplée à une circulation sanguine croisée via des canules permettant au cerveau de rester alimenté en oxygène. 

Un véritable travail d'orfèvre pour tout reconnecter 
Après avoir réalisé cette procédure sur des modèles animaux, Canavero, associé à l'équipe chinoise de Ren, s’essaie donc à présent sur l’humain. Ainsi, selon la publication, deux équipes de cinq chirurgiens ont réalisé simultanément deux décapitations sur deux hommes de même gabarit "qui ont fait don de leur corps à la recherche, et dont les familles ont signé un consentement" approuvé par le bureau Human Research Ethics de l’Université médicale Harbin. 

Puis, la tête de l'un (receveur) a été reconnectée au corps de l'autre (donneur). Un véritable travail d’orfèvre fait d’anastomoses - sutures - des vaisseaux et des nerfs. Certains nerfs comme les nerfs phréniques qui innervent le diaphragme venaient du donneur. D’autres, comme le nerf vague qui part du cerveau du receveur, ont dû être rabouté à celui du corps pour innerver les organes. Les vaisseaux sanguins aussi ont été reconnectés un à un. Les auteurs précisant que la procédure sur un corps vivant (qui saigne) serait plus longue. L’autre grand écueil de l’intervention était d’assurer la stabilité de la tête une fois reconnectée pour "assurer une fusion de la moëlle épinière réussie". En fin d’opération une orthèse cervicothoracique a été mise en place. 

S’agissant de cadavres (qui ne saignent pas), il est difficile de juger vraiment du résultat! 
L’opération a duré 18 heures en tout de la première incision au dernier point de suture. Un succès ? Impossible à dire sur des patients décédés. "La description sur cadavre n’a rien d’exceptionnel. Technologiquement c’est faisable", commente en effet Jocelyne Bloch, professeure de neurochirurgie au Centre Hospitalier universitaire de Lausanne, spécialiste des nouvelles techniques chirurgicales. "Les deux points, stabiliser la tête (par fixation standard de la colonne) et vasculariser tous les territoires du cerveau en continu sont en effet indispensables. Les techniques d’anastomoses des vaisseaux réalisées sont assez ingénieuses". Elle souligne néanmoins que ne s’agissant que de cadavres (qui ne saignent pas) il est difficile de juger vraiment du résultat. 

"Si d’un point de vue technique chirurgicale c’est un défi - car il faut garder le cerveau vascularisé pendant toute l’opération - je pense qu'il pourrait être relevé, poursuit la neurochirurgienne. En revanche d’un point de vue éthique, cela n’a aucun sens. On crée là un tétraplégique complet (car pour l'heure la fusion de la moëlle épinière n'a pas été prouvée) et qui devra être toute sa vie sous traitement immunosuppresseur pour éviter le rejet (de la tête)….A quoi cela rime ?" 

Lors des étapes précédentes, déjà le comité d’éthique de l'Association Européenne des sociétés de neurochirurgie EANS avait réagi. "Or, dans l’état actuel des choses, cette procédure n’améliorera pas la santé du patient car il est peu probable qu’il retrouve une fonction neurologique, ni même qu’il survive… Par ailleurs, pensez aux organes du potentiel donneur de la transplantation corporelle, qui pourraient être plus utiles à beaucoup de patients (au lieu d'un) en attente de greffes", déclarait Marike Broekman, neurochirurgienne de l'association. Sans parler des questions juridiques. 

Aujourd'hui les réactions des spécialistes fusent. "À moins que Canavero ou Ren ne fournissent une preuve réelle qu'ils peuvent effectuer une greffe du corps entier, ou plus adéquatement, sur un gros animal qui récupère une fonction suffisante pour améliorer la qualité de vie, tout ce projet est moralement mauvais", a ainsi également déclaré James Fildes, chercheur principal au Centre de Transplantation, de l'hôpital Universitaire de Manchester Sud, au journal britannique The Independent. 

Répondant pied à pied aux critiques, l’équipe de Xiaoping Ren poursuit néanmoins son chemin en Chine. Selon leur évaluation une ACS entière pourrait donc être conduite en moins de 36 heures, anésthésie et hypothermie incluses. "Nous pensons que quatre équipes de quatre chirurgiens est le nombre minimum pour mener à bien l’opération", concluent les chercheurs. Quand ? Pas avant la prochaine étape. Elle consiste à effectuer un échange de tête complet entre des donneurs d'organes en mort cérébrale mais cœur battant.

De quoi Maurras est-il le nom ?

Entretien avec Olivier Dard

Si le FN n’est pas d’inspiration maurrassienne, il n’empêche que le nom de Maurras revient régulièrement comme une référence culturelle chez les cadres frontistes. Reprenant la célèbre expression de Maurras, le vainqueur frontiste de la cantonale partielle de Brignoles, Laurent Lopez, a qualifié sa victoire de « divine surprise ». Comment l’expliquez-vous ? 
Olivier Dard : Je ne suis pas convaincu que Maurras soit une référence aussi régulière chez les cadres frontistes que vous semblez le penser. Assurément, Maurras compte dans le bagage de références du nationalisme français mais des recherches conduites sur Identité, qui fut dans les années 1990 la revue théorique du FN, ont montré que si Maurras était mobilisé, il l’était à côté de beaucoup d’autres auteurs. J’ajoute qu’il serait sans doute utile de prendre en compte le facteur géographique pour saisir la référence maurrassienne au sein du FN. Elle est sans doute plus présente en Provence-Côte d’Azur, où un héritage régional maurrassien perdure, que dans le Nord ou dans l’Est, zones d’implantation majeures du FN. Cela pourrait expliquer ce recours à la célèbre formule « divine surprise » (qui renvoie à l’avènement du Maréchal Pétain et non à la défaite de 1940) par Laurent Lopez après sa victoire à Brignoles. N’oublions pas enfin, pour compléter ce registre lexical, qu’une rhétorique typiquement maurrassienne, comme l’opposition entre le « pays légal » et le « pays réel » est aujourd’hui reprise par des acteurs ou des commentateurs politiques qui n’en connaissent manifestement pas l’origine.

Jean-Marie Le Pen s’est souvent présenté comme un nationaliste (voire comme un “nationiste” en se fondant sur le néologisme ” nationalitariste” de Maurras). Le considérez-vous comme l’un de ses héritiers politiques ? 
Jean-Marie Le Pen, comme les militants nationalistes de sa génération, a été marqué par l’empreinte de Maurras qui, de sa prison (il meurt en 1952), publie encore lorsque Le Pen prend en main la Corpo de Droit. Il faut aussi souligner que le renouveau des étudiants nationalistes au tournant des années 1950 se traduit par une remontée de la présence de l’Action française (AF) dans les universités, tant à Paris qu’en province. En la matière, l’AF a un savoir-faire remontant à l’avant 1914. Que Le Pen côtoie alors les maurrassiens (et d’ailleurs d’autres tendances nationalistes) ne saurait en faire un disciple du « maître de Martigues ». En premier lieu, parce que Le Pen n’est pas monarchiste, alors que la volonté de renversement de la République et son remplacement par la monarchie sont au cœur du projet maurrassien. Le Pen peut être considéré comme un héritier des ligues des années trente et davantage un héritier des Jeunesses patriotes (JP) que de l’AF. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si c’est l’ancien dirigeant des JP (Pierre Taittinger) qui aide le jeune Le Pen à mettre en place les Jeunes Indépendants de Paris où l’on croise certains dirigeants futurs du FN, de Jean Bourdier (ancien de l’AF pour sa part) ou Alain Jamet.

Quel poids les disciples de Maurras regroupés au sein de l’Action Française ont-ils aujourd’hui au sein de l’extrême droite ? 
Les maurrassiens sont aujourd’hui (comme hier d’ailleurs) dispersés en plusieurs organisations ou organes. La filiation la plus directe s’observe avec le bimensuel l’Action française 2000 en lien étroit avec le Centre royaliste d’Action française qui voient leur propagande relayée par des « cercles » implantés en province. Il faut prendre en compte également le mensuel Politique magazine, fondé par Hilaire de Crémiers, qui a relancé aussi la Revue universelle, célèbre dans l’entre-deux-guerres. Ajoutons encore, et la liste n’est pas exhaustive, des publications régionales dominées par une référence maurrassienne (La Lorraine royaliste) ou l’action conduite par un des biographes de Maurras, Yves Chiron, qui après le Bulletin Charles Maurras a lancé Maurrassiana. Toutes ces initiatives témoignent d’un héritage du maurrassisme même si ces organes ont des statuts et des échos différents et ne parlent pas non plus d’une seule voix. Qu’en est-il de leur poids dans les droites radicales françaises (le terme extrême droite est pour moi trop réducteur) ? A dire vrai, il n’est pas structurant même si, au cours des dernières décennies, les maurrassiens ont apporté leur contribution à certains combats, en particulier au souverainisme. Mais se pose aussi à travers votre question, celle de « l’actualité de Maurras ». Elle ne fait pas de doute pour ses disciples etl’Action française 2000 comporte dans chacun de ses numéros une rubrique intitulée « Relire Maurras » qui s’emploie à rappeler les « vérités » du maître et à les confronter à l’actualité. La difficulté pour les maurrassiens est que ce qui relève pour eux de l’évidence ne va pas aussi spontanément de soi pour de nombreux courants des droites radicales (« identitaires » etc.) et surtout pour le FN dirigé par Marine Le Pen dont le programme est éloigné des canons maurrassiens.

Il y a un an, NKM a créé une polémique en déclarant que l’objectif de Patrick Buisson était «de faire gagner Charles Maurras» plutôt que l’ex-chef de l’Etat et l’on accole souvent à l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy l’adjectif maurrassien. Cela vous semble t-il justifié ? 
La formule a marqué et je la reprends dès l’introduction de mon ouvrage. L’adjectif maurrassien peine à s’appliquer pour Patrick Buisson dont l’engagement militant étudiant en 1968 s’est opéré à la Fédération nationale des étudiants de France et non aux étudiants d’AF, pourtant alors en bonne posture au sein de la nébuleuse droitière. A travers ce propos de NKM, il s’agit moins de s’interroger sur sa pertinence que sur la représentation qu’elle a de Maurras (j’ignore si elle l’a lu) et l’effet qu’elle entend produire en jouant de ce « label infâmant ». A défaut d’être connue pour elle-même, la référence à Maurras s’avère opératoire pour disqualifier un adversaire politique. Et de ce fait, il est instructif d’observer au vu des réactions suscitées par la déclaration de NKM, que près de 70 ans après son procès, la figure de Maurras renvoie encore à celle de« l’empoisonneur » si ce n’est du « mauvais maître ».

Maurras et Barrès sont régulièrement présentés comme les deux théoriciens du nationalisme français. Quels sont les différences et les points de comparaison entre leurs deux doctrines ? 
Les deux hommes sont effectivement les deux théoriciens majeurs du nationalisme français. L’aîné, Barrès, a rapidement accueilli son cadet dans le monde des lettres et dans ses entreprises journalistico-politiques (en particulier La Cocarde). Entre les deux hommes, les convergences sont nombreuses, du rejet de la République parlementaire au souci de reconquérir les « provinces perdues » (ce qui fait d’eux des adversaires de la politique coloniale de la 3e République) en passant par un antisémitisme profond structuré par la crise boulangiste, le scandale de Panama et l’affaire Dreyfus. Mais les différences sont également importantes. En termes d’abord d’objectif. Si les deux hommes sont reconnus comme des « maîtres » par les jeunes générations, Barrès, tout en s’en accommodant, n’aspire nullement à être un chef d’école, ce qui est au contraire le souhait de Maurras autour duquel s’organise l’Ecole d’Action française qui renvoie à un journal, à un Institut et enfin à une ligue où les étudiants jouent un rôle très important. On relève également entre les deux hommes des oppositions doctrinales : Barrès reste envers et contre tout fidèle à la République comme régime même s’il en exècre la forme parlementaire. Maurras ne l’a jamais convaincu d’adopter le « nationalisme intégral » et son monarchisme. Enfin, Barrès abandonne son antisémitisme durant le premier conflit mondial en écrivant Les diverses familles spirituelles de la France. Chez Maurras, s’il s’infléchit au même moment, il ne disparaît pas et reprend de la vigueur durant l’entre-deux-guerres.

Comment Charles Maurras a-t-il vécu l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale ? 
La défaite et l’occupation sont pour cet homme de 72 ans, germanophobe impénitent qui voit dans le nazisme un avatar du pangermanisme, un véritable drame. Si Maurras s’est opposé à la perspective d’un nouveau conflit, et a dénoncé à travers elle une « nouvelle hécatombe » il n’en a pas moins, comme en 1914, adressé tous ses vœux de victoire au président du Conseil Edouard Daladier en septembre 1939. A l’heure de la défaite, Maurras, qui a quitté Paris (il n’y est jamais revenu) prend des positions qu’il va tenir pendant quatre ans. La défaite appelle des responsabilités et pour le chef de l’Action française, elle signifie la faillite de la République et impose son élimination au plan institutionnel politique. En second lieu, Maurras salue avec force l’avènement du Maréchal Pétain, qu’il rencontre à diverses reprises sous l’occupation, sans pouvoir être considéré comme l’inspirateur de la Révolution nationale. Replié à Lyon où il fait reparaîtrel’Action française, Maurras peut être défini comme un pétainiste en ce sens qu’il soutient la personne et la politique du chef de l’Etat français, tout en ferraillant aussi bien contre les gaullistes de Londres que contre les collaborationnistes parisiens. Le maître mot de Maurras est alors la « France seule » qu’il entend voir défendue contre les « deux partis de l’étranger, le pro-anglais et le pro-boche ». Si des maurrassiens engagés dans la résistance ont tenté de faire changer de cap leur « maître », son inflexibilité est bien connue. Rencontrant Pétain à Lyon le 5 juin 1944, Maurras lui redit toute son admiration : « Vous tirez le bien du mal. Un homme d’action peut tirer parti de tout, même d’un Déat ». A l’heure de la libération, Maurras est arrêté, jugé et condamné à la prison à vie pour« intelligence avec l’ennemi ». Les termes mêmes n’ont guère de sens appliqués à l’itinéraire du chef de l’Action française et l’avocat général, qui a requis la peine de mort contre lui, a conscience du problème en se justifiant cependant par ces mots au cours de son réquisitoire : « En somme, c’est indirect. Lui-même refuse de collaborer à l’Allemagne (sic), c’est entendu, je le reconnais, mais quand c’est Vichy qui ordonne, quand c’est le Maréchal qui l’ordonne, Maurras célèbrera aussi bien la Relève, la Milice, les luttes contre les Juifs et autres campagnes menées par le gouvernement de Vichy. » Mutatis Mutandis, Maurras se retrouve dans la situation que craignaient justement ses disciples engagés dans la résistance. Mais là où ces derniers pointent d’abord les résultats et les conséquences de ses choix, Maurras, fidèle en cela à sa démarche et son mode de pensée, revient toujours aux prémisses et à son analyse du désastre de 1940 qui marque pour lui la faillite d’un régime exécré. Le Procureur, à qui il l’avait lancé en début de procès : « Soyez tranquille […] je ne vous “raterai” pas » symbolise, avec la Cour toute entière, le retour d’un régime honni auquel Maurras, qui s’est présenté à la barre avec la francisque, lance au terme des débats : « C’est la revanche de Dreyfus ».

Comment s’explique l’antisémitisme d’Etat prôné par Maurras ? 
L’antisémitisme de Maurras est ancien, profond et constant. Maurras a grandi politiquement à l’heure du succès de l’ouvrage de Drumont, La France juive, publié pour la première fois en 1886. Maurras est convaincu que les juifs, qu’il rattache aux « quatre Etats confédérés », à savoir outre eux-mêmes les protestants, les francs-maçons et les métèques incarnent ce qu’il appelle « l’Anti-France », une « anti-France » dont la République née de la Révolution de 1789 est à ses yeux la traduction politique. Au nom de la défense et de la préservation de la nation, il faut selon Maurras écarter les hommes incarnant « l’Anti-France » de l’exercice fonctions politiques et administratives. Pour le chef de l’AF, les « quatre Etats confédérés » incarnent des idées universalistes jugées dissolvantes et contraires à l’héritage d’une France associée chez lui, à travers la monarchie, le classicisme et le culte de l’Antiquité gréco-romaine, à la quintessence même de la civilisation. On retrouve ici, à travers une opposition cardinale entre « Barbares » et « Romans », le rejet de l’Allemagne et plus largement de l’Europe du Nord qui menacent une latinité chère au Martégal. Si Maurras est antisémite sur le fond, force est aussi de constater qu’en journaliste très averti, il comprend vite l’intérêt qu’il y a à exploiter cette veine porteuse dans l’opinion, et ce dès les années 1890, soit avant l’affaire Dreyfus.

En lui accolant un antisémitisme prononcé, Charles Maurras a-t-il discrédité l’idée monarchique du débat public ? 
L’antisémitisme maurrassien n’est pas le racialisme nazi, ce en quoi ne se trompent pas des auteurs nazis. Ainsi, Karl Heinz Bremer considère que parce qu’il n’était pas racial, l’antisémitisme maurrassien n’était pas« inconditionnel ». L’antisémitisme maurrassien s’inscrit dans une tradition française que prolonge Vichy à travers ses statuts des juifs. On rappellera qu’en 1911, Maurras préconisait à l’égard des juifs un « statut » visant à les« exclure » de « l’unité française ». Eu égard à l’idée monarchique, je ne vois pas clairement de lien. D’abord, parce que Maurras n’est pas seul à la défendre et doit composer avec les prétendants qui l’incarnent. Ensuite parce qu’à partir du milieu des années les relations avec le comte de Paris se tendent. Assurément, le jeune Henri d’Orléans, une fois l’échec du 6 février 1934 consommé, entend prendre ses distances avec le chef de l’AF au nom de la modernisation du discours monarchique. Lorsque le comte de Paris publie ses premiers essais et lance l’hebdomadaire Courrier royal, son souci est d’incarner à sa façon un processus largement répandu à l’époque, celui de se poser en relève. Le comte de Paris joue ensuite sa carte pendant le second conflit mondial puis au lendemain de celui-ci et encore au milieu des années 1960 lorsqu’il espère succéder à De Gaulle. C’est à chaque fois un échec mais la responsabilité de Maurras ne peut être invoquée car il n’est pas (de son vivant) partie prenante du processus. Mais pour finir de vous répondre, j’ajouterai que dans un livre d’entretiens paru en 2009, Jean de France ne se réfère à aucun moment à Maurras. Je ne sais si cela relève du hasard mais j’ai du mal à le penser.

Voxnr

lundi 20 novembre 2017

Internet est mort, vive le Trinet ?


Google, Facebook et Amazon se sont accaparés le Web. Cette domination était loin d’être aussi écrasante il y a encore quatre ans, et semble non seulement bien partie pour durer, mais devrait signer la mort d'un Web fondé sur la diversité et la liberté, comme le démontre le développeur brésilien André Medeiros - dit André Staltz - dans un post publié sur Medium. Nous nous dirigeons, à ses yeux, vers l'avènement d’un « Trinet » aux allures de dystopie.


« J’ai inventé le Web, mais vous tous avez contribué à en faire ce qu’il est aujourd’hui », lançait en mars dernier Tim Berners-Lee. Le père du Web s’inquiétait alors de la triple menace pesant sur sa création, pointant la perte de contrôle de nos données personnelles, l’enjeu des fake news et l’industrie de la publicité politique en ligne. « Tim lui-même assure que le Web est en train de mourir », souligne André Staltz. Mais le développeur brésilien a, lui, daté très précisément le « début de la fin » : le Web est mort en 2014.

Les visites des site web n’ont pas chuté. Le nombre d’utilisateurs non plus, au contraire : la progression est constante. Mais une rupture fondamentale s’est jouée ces quatre dernières années, avec la montée en puissance de trois acteurs : Facebook, Google et Amazon.

La naissance du triumvirat 


« Facebook et Google ont désormais une influence directe sur 70 % du trafic Internet » - rappelons ici qu’Internet désigne le réseau et que le Web en est sa principale application, le partage de fichiers ou la messagerie instantanée étant quelques-uns de ses autres usages - et la domination est particulièrement flagrante sur les médias, avec un basculement notable de la suprématie de Google à celle de Facebook, comme nous l’évoquions déjà récemment : avec Facebook Paper, puis Facebook Instant Articles, le réseau social de Zuckerberg s’est imposé comme source de trafic n°1 pour les médias, et une forme de dépendance s’est très rapidement installée.


Comment Facebook a doublé Google comme principal relais pour les contenus médiatiques.

Au-delà de leur position double de sauveur/fossoyeur des médias, « Facebook et Google ne sont plus du tout les mêmes entreprises qu’il y a 4 ans », et André Staltz prend le temps de revenir sur l’origine de cette transformation. Après avoir longtemps tenté de rester dans la course du Web social, avec Google Wave, Google Buzz, Orkut ou Google+, Google a fini par lâcher. Tout comme Facebook a lâché la recherche en abandonnant Bing, le moteur de recherche de Microsoft, qu’elle avait initialement intégré à son propre service de recherche.

Chaque entreprise a misé pleinement sur ce qu’elle faisait le mieux : le social pour Facebook (qui a racheté Whatsapp, Instagram...), l’intelligence artificielle pour Google, et elles ont ainsi cessé d’être concurrentes directes. Quant à Amazon, sa montée en puissance spectaculaire a été bien expliquée par Scott Galloway et se traduit par un chiffre récent : aux Etats-Unis, sa part sur le marché du e-commerce doit atteindre 43,5 % en 2017, contre 38 % l'année précédente.

« Les fournisseurs d’accès à Internet fourniront un accès moins cher à Google, Facebook et Amazon, et l'accès complet au Web sera plus cher »


La bataille de la neutralité, déjà perdue ?

Se pose alors la question de la mort du Web. En quoi laisser ce triumvirat aux commandes met-il le Web en péril ? D’abord parce qu’in fine, les 30 % du Web qu’ils ne maîtrisent pas devraient finir par être écrasés, assure André Staltz. La diversité du Web a permis à de multiples entreprises d’innover et de prospérer, à des communautés de grandir, à des sites indépendants d’être hébergés un peu partout, puis « à partir de 2014, nous avons commencé à perdre les bénéfices de la diversité d’Internet, en termes d’infrastructures et d’économie ».

Le développeur extrapole ensuite « à partir des stratégies exprimées par les cadres de Google, Facebook et Amazon », et décrit une bataille pour la neutralité du Net « que nous avons toutes les chances de perdre ».

« À cause de la demande du marché, les fournisseurs d’accès à Internet fourniront un accès moins cher à Google, Facebook et Amazon, et l’offre sera plus chère pour un accès complet au Web ». Comme le souligne André Staltz, c’est déjà le cas : le Portugal vient de décider de laisser faire le marché et d’offrir des forfaits Internet à la carte, chacun étant libre de n’avoir accès qu’à des applications de messagerie ou des réseaux sociaux pour moins cher.

Rappelons aussi la tentative de Facebook qui avait voulu proposer en Inde, où seulement 1 Indien sur 6 est connecté à Internet, son projet Free Basics, qui permettait d'accéder à une partie d'Internet de manière gratuite : le projet avait finalement été très décrié puis bloqué, parce qu'il était une manière de privilégier l'accès aux services de Facebook.


Mark Zuckerberg présente le programme Free Basics. Crédits : The Indian Express.

Dans un tel scénario, « les petites entreprises ne seraient plus incitées économiquement à avoir leurs propres sites, et migrer vers des pages Facebook pourrait avoir plus de sens. Les petits sites de e-commerce serait rachetés par Amazon ou feraient faillite. Et parce que la plupart des internautes ne pourraient pas avoir accès à l’ensemble des sites, Google n’aurait que peu d’intérêt à continuer d’être ce pont entre les utilisateurs et les sites ».

Le Web, pour quoi faire ?


Plus facile à percevoir dès aujourd’hui, plus palpable, et plus fréquemment discuté, l’autre signe de la mort du World Wide Web, c’est que Facebook, Google et Amazon grandissent toujours plus en dehors des frontières du Web. Il suffit de voir les Amazon Echo ou Google Home pulluler, écouter Google expliquer que l’avenir du search est dans la recherche vocale et dans l'intelligence artificielle, ou voir comme la plus jeune génération se contente de communiquer sur mobile, sur les applications de messagerie, sans jamais passer par un navigateur web.


Google sur le chemin de l'Apple-ification, et dans le développement d'un univers qui se passe du Web.

En suivant une trajectoire qu’André Staltz appelle une « Apple-ification » - parce qu'ils construisent des écosystèmes fermés, deviennent des entreprises de hardware et soignent le marketing de leur design - les trois géants vont de plus en plus contourner le Web et créer de  « nouveaux espaces virtuels où la data est créée et partagée ». C’est la stratégie que mène Facebook depuis dix ans en misant sur la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

Ce qui nous amène au concept de « Trinet ». « Internet survivra plus longtemps que le Web », et Google, Facebook et Amazon continueront à dépendre des câbles sous-marins qui les alimentent et dont nous vous parlions récemment. « Mais beaucoup d’aspects d’Internet pourraient perdre leur pertinence, et l’infrastructure pourrait être optimisée seulement pour le trafic Google, le trafic Facebook et le trafic Amazon : ce qui ne formerait plus un réseau des réseaux mais simplement un réseau de trois réseaux, soit le Trinet ».

« 25 ans de Web nous ont habitués à des libertés fondamentales que l’on croit acquises »

Sur le long terme, poursuit André Staltz, « soutenir le vieil Internet et le vieux Web pourrait être coûteux, et il pourrait être bénéfique de couper l'accès au Web dans sa version complète ». On pourrait avoir accès au vieil Internet à travers le Trinet, de la même façon que les nostalgiques d'aujourd'hui peuvent avoir accès à Windows 95.

« Vingt-cinq ans de Web nous ont habitués à des libertés fondamentales que l’on croit acquises », tranche le développeur. Nous avons oublié combien l'anonymat est précieux, tout comme l'est la possibilité de contrôler ce que nous partageons, ou celle de lancer une start-up qui ait ses propre serveurs, indépendamment de Google. « Sur le Trinet, si vous êtes bannis de Google et Facebook, vous n'aurez pas d'alternative ». Plus personne ne garantira votre droit d'accès à Internet. Les entreprises privées n'auront aucune obligation de vous fournir ce qu'un pays comme l'Estonie est allé jusqu'à ériger en droit de l'Homme. « Beaucoup d'entre nous nous réveillerons pour comprendre cette tragédie une fois qu'elle sera devenue réalité », conclut le développeur brésilien, dans un ultime élan d'enthousiasme.


lu ici

Pompidou avoua que l’immigration avait été favorisée pour satisfaire les grands patrons

Répétons, c’est important, qu’en 1973, peu avant sa mort, le président Pompidou admettait avoir favorisé l’immigration pour satisfaire certains grands patrons, tel Francis Bouygues, l’homme du béton. Ceux-ci souhaitaient en effet disposer d’une main-d’œuvre docile, bon marché, dépourvue de conscience de classe et de toute tradition de luttes sociales. Ces grands patrons, soulignait-il, en « veulent toujours plus »... Avec son plein assentiment d’ailleurs, lui qui déclarait en tant que Premier ministre du général de Gaulle devant l’Assemblée nationale, le 3 septembre 1963, « l’immigration est un moyen de créer une certaine détente sur le marché du travail et de résister à la pression sociale »

Jean-Yves Le Gallou, Immigration, la catastrophe. Que faire ?

[Empoisonnement des sols] À qui profitera vraiment l’interdiction du glyphosate ? À Monsanto !

Intéressant article qui a le mérite de poser la question du glyphosate sous un angle un peu différent. Nous ne sommes pas en mesure de recouper toutes les informations de cet article mais comme il est dit dans la conclusion "la question mérite d'être posée".

Le 13 Juin dernier, lors d’une séance de questions sur le dossier du glyphosate au Parlement Européen, le Commissaire Européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, a réitéré sa proposition d’une prolongation de l’autorisation du glyphosate pour 10 ans en laissant la possibilité aux Etats-Membres d’être plus restrictifs. Pour les ONG soutenant l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) « Stop glyphosate » cette proposition n’est pas satisfaisante. Soutenues par plus d’un million de signatures à travers l’Union Européenne, l’ICE a fait du glyphosate son fer de lance dans la bataille contre les pesticides et, bien-sûr, contre Monsanto. Toutefois, certains événements récents dans la vie de la multinationale méritent d’être soulevés avant toute prise de décision.

Un débat en trompe l’œil : glyphosate seul ou glyphosate + adjuvants ?

Après que l’agence de l’OMS – le CIRC – a classé le glyphosate comme « probablement cancérigène », les agences européennes (EFSA et ECHA) ont quant à elles estimé que la substance était probablement non dangereuse pour l’Homme. De ces divergences sont nées de nombreuses incriminations sur l’impartialité et les méthodes des agences européennes, accusées d’être de connivence avec l’industrie chimique et semencière. Toutefois ces divergences sont explicables. D’une part, elles ne se basent pas sur les mêmes études et n’ont pas appliqué les mêmes méthodes d’évaluation et, surtout, elles ne se sont pas prononcées sur les mêmes substances. Le CIRC a pris en considération les surfactants associés au glyphosate pour élaborer ses conclusions, tandis que les agences européennes se sont prononcées sur le potentiel cancérigène du glyphosate seul. Or, seul, ce dernier ne semble pas présenter de toxicité exceptionnelle ; c’est son association avec des coformulants tels que les POE-tallowamines qui en fait un cocktail particulièrement dangereux. Même l’EFSA, pourtant très contestée, reconnaît en page 10 de son rapport qu’il « est probable que les effets génotoxiques observés pour certaines formules commerciales de glyphosate soient le fait des autres constituants1 ». En France, dans son avis du 12 février 2016, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail – France) avait considéré le glyphosate comme non dangereux. Elle a néanmoins fait retirer du marché français 132 produits associant ces surfactants au glyphosate le 20 Juin 2016. L’amalgame fréquent entre substance active et formulations commerciales explique certainement la confusion de la société civile sur la dangerosité du glyphosate… mais à qui-profite-t-elle ?

1 Version originale en anglais 
: “the IARC did not only assess glyphosate but also glyphosate-based formulations, while the EU peer review is focused on the pure active substance; the peer review recognised that the issue of toxicity of the formulations should be considered further as some published genotoxicity studies”

Interdire le glyphosate ne fera pas disparaître les pesticides de nos champs et de nos assiettes

En 2014, c’est presque 400.000 tonnes de pesticides qui ont été épandues en Europe, le glyphosate étant l’une des substances les plus communément utilisées. En France on en épand environ 8.000 tonnes par an. Pour de nombreuses ONG et associations environnementales, la non reconduction de son autorisation sonnerait le glas de l’agriculture chimique. Une vaine illusion. En effet, les agriculteurs sont particulièrement dépendants de cette substance. Une enquête menée par l’IPSOS entre le 17 et le 21 Juin 2016 auprès de plus de 670 agriculteurs a ainsi démontré les inquiétudes de ces derniers face à une possible interdiction du glyphosate : 3 agriculteurs sur 4 considèrent les herbicides à base de glyphosate comme indispensables et 90% d’entre eux les remplaceraient par d’autres produits chimiques.

Les organisations agricoles appellent ainsi à sauver le « soldat glyphosate », qu’elles considèrent comme l’herbicide le plus sûr et le moins cher (0,72€ HT/litre) et militent pour la reconduction de son autorisation. Dans le cas d’une interdiction totale, les milieux agricoles se tourneraient alors vers d’autres substances plus coûteuses et vraisemblablement plus dangereuses. Sur ce point, ce n’est pas la diversité qui manque. En Europe, ce sont plusieurs centaines de substances actives dont l’incorporation à des produits phytosanitaires est autorisée. Les formulations commerciales de toutes sortes, autorisées au niveau des Etats membres, se comptent donc par milliers. Parmi elles se trouve notamment l’herbicide à large spectre ‘Basta’ à base de glufosinate d’ammonium développé par Bayer2. La relève du glyphosate est donc assurée et il est irréaliste de penser que son interdiction mettra un terme à l’agriculture chimique. 
Pour rappel, Monsanto et Bayer ont annoncé leur projet de fusion en octobre 2016. Celui-ci a été notifié à la Commission européenne le 30 juin 2017. Il fait l’objet d’une enquête approfondie, en raison du fait notamment, que Bayer « produit du glufosinate d’ammonium, qui (…) constitue l’un des rares substituts du glyphosate ».

Quand les brevets de Monsanto tombent dans le domaine public…

Ayant fait la renommée et la fortune de la multinationale pendant les 25 dernières années, la technologie « Roundup Ready » associe glyphosate, présent dans l’herbicide de la marque « Roundup », et semences transgéniques rendues tolérantes au glyphosate. Leur utilisation combinée garantit aux agriculteurs « des rendements exceptionnels ». Ces modifications génétiques, appliquées principalement aux semences de soja, de maïs et de coton, ont été protégées par des brevets, lesquels ont assuré à Monsanto un quasi-monopole sur la vente de ces semences aux Etats-Unis, mais aussi au Canada, au Brésil, en Argentine, au Paraguay, en Uruguay, en Inde, etc. et lui ont permis de prélever de lucratives royalties, pendant les 20 dernières années, sur les agriculteurs du monde entier. En effet, la multinationale n’a pas hésité à poursuivre systématiquement en justice les agriculteurs récalcitrants ayant pris la liberté de produire de la semence fermière, sur le soja tout particulièrement, très facile à multiplier puisqu’il s’agit d’une espèce autogame. Les procès contre Percy Schmeiser et Hugh Bowman sont emblématiques de la férocité avec laquelle Monsanto s’emploie à faire respecter ses brevets, pilier fondamental de sa stratégie commerciale et de ses profits.
Cependant, le brevet protégeant le soja « Roundup Ready » de Monsanto est tombé dans le domaine public en début d’année 2015. La voie est donc libre, depuis, pour les sélectionneurs souhaitant commercialiser des « OGM génériques », mais aussi pour les agriculteurs souhaitant reproduire les semences de soja tolérantes au glyphosate mises au point par Monsanto. Or ces semences sont utilisées par des millions d’agriculteurs, sur des surfaces considérables. Le soja constitue en effet aujourd’hui la principale source de protéines entrant dans l’alimentation animale. Un marché colossal, pour l’instant soustrait, au moins pour partie, aux appétits de Monsanto.
Quant aux brevets sur les herbicides à base de glyphosate, y compris celui protégeant le Roundup lui-même, ils étaient déjà tombés dans le domaine public en 2000. Depuis cette date, les concurrents de Monsanto se sont donc taillés de larges parts dans son marché historique en commercialisant des génériques à moindre coût.
C’est dans ce contexte que, entre 2014 et 2016 seulement, Monsanto a enregistré une baisse de 2 Milliards de dollars de chiffre d’affaires. Son taux de croissance sur le secteur des semences, qui atteignait 9% de moyenne annuelle entre 2010 et 20143 est désormais négatif et décroit d’environ 3,5%4 par an depuis 2014. Un plan de restructuration a donc été lancé en 2015 et Monsanto a vu passer son taux d’endettement de 14% en 2013 à 67% en 20165. L’expiration de ses brevets a donc mis à mal la croissance et les profits de Monsanto. Un coup dur pour la multinationale et ses actionnaires, mais surtout un événement capital dans le débat sur le glyphosate, qui devrait faire l’objet de toute l’attention de ses détracteurs.
3 Rapport Annuel 2012, page 23 et rapport annuel 2016, page 24. Calculs effectués à partir des données du rapport. CAGR (Compounded Annual Growth Rate) net sales “genomic and seeds segment”10/14 = (10740/7611)^(1/4) – 1 = 8.99%Rapport Annuel 2016, page 24. Calculs effectués à partir des données du rapport. CAGR (Compounded Annual Growth Rate) net sales “genomic and seeds segment”14/16 = (9988/10740)^(1/2) – 1 = -3.56%
Rapport annuel 2016, page 17.

L’interdiction du glyphosate : un cadeau pour Monsanto

Si l’on peut se réjouir de la chute des profits de Monsanto, il serait fou de croire à la chute de son empire: la multinationale a assuré ses arrières. En effet, Monsanto a investi plus d’un milliard de dollars pour mettre au point des semences tolérantes au Dicamba, une « nouvelle » substance destinée à remplacer le glyphosate. Le Dicamba est en réalité un vieux pesticide, appartenant à la famille des « herbicides hormonaux » dont les caractéristiques volatiles sont connues et très problématiques. Son usage était d’ailleurs interdit aux Etats-Unis, jusqu’à l’arrivée en 2017 de « Vaporgrip », une technologie brevetée développée par Monsanto et permettant de limiter les effets volatiles de la substance. Mais le Vaporgrip a surtout permis l’obtention des autorisations de commercialisation des nouvelles semences résistantes au Dicamba (au Canada, dans certains Etats des Etats-Unis et plusieurs pays d’Amérique du Sud) et d’importation des produits issus de leur culture (Union Européenne et Chine). Monsanto a ainsi pu lancer sa nouvelle gamme de produits cette année.
Ainsi, grâce aux brevets déposés sur ses semences de soja résistantes au Dicamba, ainsi que sur sa technologie « Vaporgrip », « un paquet » tout aussi indissociable que le Roundup et les semences « Roundup Ready », Monsanto sécurise ses ventes et la perception de royalties pour au moins les deux prochaines décennies. Mais il convient pour cela que les semences et molécules chimiques tombées dans le domaine public soient évincées du marché. Quel meilleur coup de pouce, pour cela, que l’interdiction du glyphosate, qui rendra automatiquement inutilisables ou sans intérêt les semences résistantes au glyphosate, désormais libres de droits ?
En attendant, le Dicamba, au cœur de la nouvelle stratégie commerciale de Monsanto, se trouve sur la liste des substances autorisées en Europe jusqu’au 31 décembre 2018, et personne ne semble s’en soucier. Or, à cette échéance, comme à celle du glyphosate, l’Union Européenne devra se prononcer sur la reconduction de son autorisation. Dans ce contexte, plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord, il serait judicieux de prendre le Dicamba pour cible et de demander, avec de fort bonnes raisons, à ce que son autorisation ne soit pas renouvelée.
Mais qui, au juste, a initié cette campagne mondiale pour l’interdiction du glyphosate ? La question a désormais le mérite d’être posée…

lu ici

dimanche 19 novembre 2017

Rappel : quand les médecins assuraient que la maladie de la vache folle ne touchait pas les hommes

"Il 'n y a aucune preuve que l'encéphalopathie spongiforme bovine soit transmissible à l'homme. Il est sans danger de manger du bœuf. Pour ma part, je continue à manger du bœuf comme constituant d'une alimentation variée et équilibrée".

Sir Donald Acheson, médecin chef du laboratoire vétérinaire central britannique, mai 1990

Devant le Parlement européen, Nigel Farage dénonce la «véritable» ingérence : celle de George Soros


Pour l'ancien chef du UKIP, les enquêtes sur les Paradise Papers ou sur l'ingérence supposée de la Russie pourraient avoir été commanditées par l'Open Society Foundation. L'ONG exerce en tout cas un lobbying intense auprès des décideurs européens. 

L'eurodéputé britannique Nigel Farage a encore mis les pieds dans le plat ce 14 novembre 2017 au Parlement européen de Strasbourg. Le fondateur du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) a dénoncé l'influence à Bruxelles du milliardaire américain d'origine hongroise George Soros et de son réseau d'ONG chapeauté par sa fondation Open Society (OSF). «Son influence, ici à Bruxelles, est absolument extraordinaire», a-t-il ainsi lancé dans son temps de parole imparti, réclamant l'ouverture d'une enquête. A l'appui de son assertion, le flamboyant élu eurosceptique, avance que l'OSF serait le principal bailleur de fonds de l'enquête sur les Paradise Papers. 

Nigel Farage rappelle également qu'au Royaume-Uni, la commission électorale a ouvert début novembre une enquête sur un hypothétique financement offshore, voire précisément russe, de la campagne en faveur de la sortie du pays de l'Union européenne. La décision a fait suite à la requête d'un parlementaire britannique travailliste, Ben Bradshaw. Or, toujours d'après l'ancien dirigeant du parti UKIP, ce même Ben Bradshaw est en lien... avec la fondation de George Soros. 

Open Society liste ses «alliés fiables» au sein des institutions européennes
Manœuvre de diversion visant à détourner l'attention de l'activisme et du lobbying de l'OSF dans les institutions européennes et de la reporter sur la Russie et son ingérence supposée ? C'est ce que Nigel Farage tend à démontrer, citant notamment un document édité par l'OSF elle-même et titré «Alliés fiables au Parlement européen (2014-2019)». 

Sous forme de répertoire, la fondation de George Soros recense en effet les décideurs, députés et dirigeants européens en fonction de leur adhésion aux idéaux de la «société ouverte», notamment l'ouverture des frontières et l'accueil des migrants. «La présence d'un député européen dans cette énumération indique qu'il est susceptible d'apporter son soutien aux valeurs de l'Open Society», souligne cet annuaire en introduction, ajoutant : «On doit les approcher avec un esprit ouvert.» 

«C'est là que se trouve la véritable collusion politique internationale», a encore martelé Nigel Farage devant ses collègues, rappelant aussi que George Soros avait transféré en octobre 2017 vers l'OSF et la constellation d'ONG qu'elle irrigue quelque 18 milliards de dollars de sa fortune personnelle.

samedi 18 novembre 2017

Deux ans de prison ferme pour le jeune agresseur d'un Chinois mort à Aubervilliers avec crime raciste


Un jeune mineur a été condamné vendredi à deux ans de prison ferme pour l’agression de Zhang Chaolin, un couturier chinois mort des suites d’un vol violent à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) en 2016, a-t-on appris de sources concordantes. 

Ce jeune homme, 15 ans au moment des faits, a été condamné par le tribunal pour enfants de Bobigny à cinq ans de prison dont trois avec sursis et mise à l’épreuve, a indiqué le parquet à l’AFP. 

Il était notamment jugé pour « vol avec violences ayant entraîné la mort » avec, comme circonstance aggravante, le fait que l’agression avait un caractère « raciste » et été commise « en raison de » l’appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une nation". 

Trois jeunes poursuivis 
Trois jeunes sont poursuivis dans cette affaire qui avait suscité un vif émoi dans la diaspora chinoise et entraîné des manifestations à Paris et Aubervilliers, où travaillent plus de 10.000 personnes originaires de Chine autour de la première plateforme d’import-export textile d’Europe. 

Les deux autres mis en cause, 17 et 19 ans lors des faits, seront jugés prochainement par la cour d’assises des mineurs. 

Zhang Chaolin, immigré chinois de 49 ans travaillant comme ouvrier textile, avait été agressé le 7 août 2016 alors qu’il marchait en compagnie d’un ami, également d’origine chinoise. Ils avaient été frappés et leurs agresseurs s’étaient emparés de la sacoche de ce dernier, qui ne contenait en fait qu’un chargeur de portable et quelques bonbons

La victime avait lourdement chuté sur la tête après avoir reçu un coup de pied au torse. Il était décédé après cinq jours de coma. Les proches de Zhang assistaient vendredi à l’audience qui se tenait sous le régime de la publicité restreinte, mis en œuvre lorsque des mineurs sont jugés. 

Les proches ne « peuvent se satisfaire de cette peine, qui ne les apaise pas, qui ne répare pas », a déclaré à l’AFP leur avocat, Vincent Fillola. Mais, a-t-il ajouté, « y-a-t-il une peine qui puisse apaiser la douleur des Zhang ? »

Hypocrisie journaliste : emballement aujourd'hui sur le harcèlement sexuel, défense forcenée de DSK hier : Pour Aphatie, Audrey Pulvar est coupable de "poujadisme de bazar"


Selon lui, la journaliste a dit "n'importe quoi" dans l'affaire DSK. 
L'affaire DSK fait un peu moins parler en attente de l'audience du 6 juin prochain, mais les diverses réactions à l'affaire, elles, font toujours autant parler. Sur son blog, Jean-Michel Aphatie s'est ainsi élevé contre certaines des sorties qu'avait suscitées les déboires de l'ancien directeur du FMI, et notamment celle d'Audrey Pulvar. 

Le journaliste de RTL et Canal+ reproche en fait à sa consoeur d'i-TELE des propos tenus dans le dernier numéro du magazine Le Point et avoue être resté « un peu interdit » à la lecture de son interview. Ainsi, quand Audrey Pulvar affirme que les propos sexistes tenus après l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn sont « très symptomatiques, non pas de la société française, mais du microcosme politico-journalistico-intellectuel parisien », Jean-Michel Aphatie s'insurge. 

« Quand même, gravement n'importe quoi. Quelques personnes disent des conneries, et les voilà transformées en représentantes d'un "microcosme" défini à la truelle par un poujadisme de bazar qui oppose ce foutu "microcosme" au "peuple" », lâche ainsi le journaliste, qui reproche également à Audrey Pulvar d'enfoncer le clou dans sa réponse suivante au journaliste du Point.

« Audrey Pulvar est l'ultime borne de la sagesse de notre société » 
« Dans la rue ou par mail, les gens me disent combien ils ont été choqués de la disproportion entre la défense de DSK par l'intelligentsia et le peu d'intérêt suscité par la présumée vicitime », affirme ainsi Audrey Pulvar, une phrase qui irrite encore plus le journaliste. « L'opposition faite entre "les gens", normaux cela va sans dire, et "l'intelligentsia", partie dépravée de la société et isolée des "gens", dessine une représentation du monde sommaire et effrayante », lâche ainsi Jean-Michel Aphatie, qui conclut son billet avec une double dose d'ironie. 

« Heureusement, au milieu de tout cela, modeste et sereine, Audrey Pulvar soi même, à qui les "gens" s'adressent, (est l')ultime borne de la sagesse dans une société où tout fout le camp ma bonne dame », peut-on ainsi lire en conclusion de son billet.

Le père de la voiture autonome se consacre à sa religion fondée sur le Dieu IA


Anthony Levandowski, l'ingénieur accusé d'avoir transmis le secret technologique de Google (Waymo) autour de la voiture autonome à Uber, est, depuis 2015, à la tête d'une organisation religieuse intitulée Way of the Future. Elle prône la promotion d'une divinité basée sur une intelligence artificielle. 

En matière d’intelligence artificielle, certains, comme Elon Musk, ne cachent pas leurs craintes sur cette « menace pour notre civilisation » , quand d’autres vouent une telle confiance à cette technologie qu’ils l’érigent au centre d’une nouvelle religion. C’est du moins ce qu’a fait Anthony Levandowski, l’ex-ingénieur de Waymo (Google) et « père » de la voiture autonome, au cœur du conflit entre Google et Uber au sujet d’un vol de technologie. 

Et cette croyance remonte au moins à septembre 2015, à en juger par la date de création de son organisation religieuse, « Way of the Future » (« la voie du futur »), relayée par Wired. Son but, selon les documents légaux déposés par Anthony Levandowski ? « Développer et promouvoir la prise de conscience d’une divinité basée sur l’intelligence artificielle » pour « améliorer la société ». 

Anthony Levandowski fait donc partie des membres de la Silicon Valley qui croient fermement au « Singularity », le prétendu jour à venir où les ordinateurs surpasseront l’homme pour nous faire entrer dans une nouvelle ère. 

CONVICTION SINCÈRE OU DÉMARCHE INTÉRESSÉE ? 
S’agit-il là d’une conviction sincère d’Anthony Levandowski ou d’un simple moyen de créer une organisation religieuse exonérée d’impôts ? Le fondateur et président de Way of the Future n’a en tout cas pas encore effectué la démarche administrative qui offre de tels avantages. 

La création de cette organisation est antérieure à sa démission de chez Waymo, comme au lancement de sa startup Otto, dédiée aux camions autonomes, puis à son rachat par Uber. 

Le service de VTC a depuis licencié Anthony Levandowski pour son refus de collaborer dans son conflit judiciaire avec Waymo, qui accuse son ex-ingénieur de lui avoir dérobé 14 000 fichiers sur la voiture autonome pour les transmettre à Uber.

Source

vendredi 17 novembre 2017

Berlin (Allemagne) : un migrant syrien de 23 ans surpris en train de violer un poney dans une ferme pour enfants


Une baby-sitter avec un jeune enfant a vu la scène, a photographié l’homme et a appelé la police. 
Un jeune homme a violé un poney du « Kinderbauernhof » dans le parc de Görlitzer. L’incident s’est produit vendredi dernier vers 15 heures. 

Amanda F. décrit l’incident « Ma baby-sitter se rendait avec notre fils à Görlitzer Park et ils ont aperçu un homme agresser sexuellement un poney. » 

La baby-sitter ne veut plus commenter l’incident. La scène était trop traumatisante. 

Elle a néanmoins pris une photo de l’agresseur pendant son acte et a immédiatement contacté les employés de la ferme des enfants. Les employés qui doivent assurer la sécurité dans le parc Görlitzer ont également été convoqués. Le personnel a appelé la police. 

L’agresseur a fui mais a été vite retrouvé, il s’agit d’un Syrien de 23 ans

Le zoo des enfants est particulièrement populaire auprès des jeunes familles. Il y a deux poneys, deux ânes, une demi-douzaine de moutons et de chèvres et une dizaine de poulets, canards et lapins chacun. « Ici, des choses positives se produisent tout au long de l’année », explique un employé. « Il est dommage que nous soyons maintenant associés à un tel incident. »


Cette décision, c’est celle de déserter, celle de sortir du rang, celle de s’organiser, celle de faire sécession


Chacun voit bien que cette civilisation est comme un train qui va au gouffre, et qui accélère, plus on entend les hourras hystériques des soiffards du wagon-discothèque. Il faudrait tendre l’oreille pour déceler le silence tétanisé des esprits rationnels qui ne comprennent plus rien, celui des angoissés qui se rongent les ongles et l’accent de fausse sérénité dans les exclamations intermittentes de ceux qui jouent aux cartes, en attendant. Intérieurement, bien des gens ont choisi de sauter du train, mais ils se tiennent sur le marchepied. Ils sont encore tenus par tant de choses. Ils se sentent tenus parce qu’ils ont fait le choix, mai que la décision manque. Car c’est la décision qui trace dans le présent la manière et la possibilité d’agir, de faire un saut qui ne soit pas dans le vide. Cette décision, c’est celle de déserter, celle de sortir du rang, celle de s’organiser, celle de faire sécession, fût-ce imperceptiblement, mais dans tous les cas, maintenant. 

Comité invisible, Maintenant

jeudi 16 novembre 2017

FIlms d'éveil politique Vol.3 - Orages d'acier - 16/11/2017

Une journaliste suisse en reportage sur les migrants arrêtée par la gendarmerie française


Une journaliste suisse a été arrêtée et interrogée par la gendarmerie dans la région de Briançon. Selon son journal, Le Temps, elle a été mise en cause pour aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'étrangers

Le 14 novembre, le quotidien suisse Le Temps s'est scandalisé de l'arrestation d'une journaliste suisse qui enquêtait sur les migrants en France. «Ce n'est pas digne de la France à qui nous demandons des explications et des excuses», écrit le rédacteur en chef du journal, Stéphane Benoit-Godet, qualifiant les faits «d'intolérable attaque contre la presse.» 

L'envoyée spéciale du quotidien, Caroline Christinaz, avait pris place le 11 novembre dans la voiture d'un habitant des Hautes-Alpes qui apportait son soutien aux migrants franchissant le col de l'Echelle (à 1 762 mètres d'altitude), alors partiellement enneigé, pour entrer en France depuis l'Italie. Un second véhicule transportait un journaliste français de France Culture, Raphaël Krafft. 

A leur descente du col, ils ont été arrêtés par la gendarmerie, alors que les deux véhicules transportaient quatre migrants. Les deux journalistes ont été convoqués le 12 novembre à la gendarmerie de Briançon. «L'interrogatoire a duré deux heures», témoigne Caroline Christinaz. 

La journaliste dénonce «des pressions» de la gendarmerie, le procureur estime qu'il y a «diffamation» 
«Ils m'ont dit vouloir connaître mes capacités financières pour établir le montant de l'amende», dit-elle. Elle explique avoir été photographiée et ses empreintes digitales ont été relevées. «Devant l'insistance et la pression des deux gendarmes, elle finit par leur donner son téléphone portable, puis, de guerre lasse, son code d'accès», dénonce Le Temps, qui précise que les gendarmes lui ont redonné finalement son appareil. 

«Quand elle les interroge sur le statut de cette audition, on lui répond qu'elle est mise en cause dans une procédure pour aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'étrangers sur le territoire français», explique le journal. 

«Lors de son interrogatoire, notre consœur a subi des tentatives d'intimidation de la part des gendarmes et du procureur qui l'ont mise en cause alors qu'elle ne faisait qu'exercer sa profession», dénonce le rédacteur en chef. 

Interrogé par l'AFP, le procureur de Gap Raphaël Balland a accusé Le Temps «de tenir des propos totalement diffamatoires à son encontre». Il assure «n'avoir été informé par les gendarmes de l'audition de la journaliste suisse qu'à son issue». Il a expliqué que la journaliste s'était vu notifier ses droits – «droit d'avoir un avocat, de garder le silence et de partir à tout moment» – et qu'elle les avaient «signés». 

Il a aussi précisé que quand les gendarmes lui ont rendu compte de l'audition de la journaliste et du conducteur, il leur a dit qu'au vu des premiers éléments de l'enquête, «il n'y avait pas d'éléments suffisants pour mettre en cause le deuxième journaliste», qui a donc été entendu comme «témoin». 

Interrogé par l'AFP, le journaliste de France Culture a expliqué que sa consœur était sortie de l'entretien «choquée qu'on lui ait posé des questions intimes». L'ONG Reporters sans frontières a de son côté souligné dans un communiqué que «traiter un journaliste comme un suspect alors qu'il ne fait qu'exercer sa profession est une entrave au libre exercice du journalisme». Elle a rappelé que la protection des sources des journalistes était consacrée par le droit français.

Agressions et harcèlement sexuel chez les Jeunes socialistes : la fin de la loi du silence au PS ?


Dans la presse, huit femmes qui disent avoir été harcelées et parfois agressées sexuellement par un ancien président du Mouvement des jeunes socialistes livrent leur témoignage.

A l'une, il a tripoté les seins, à une autre les fesses, une autre encore dit avoir été contrainte de le masturber «pour s'en débarrasser», d'autres ont dû s'acquitter d'une fellation ou s'en défendre... C'est le bilan noir dressé par les témoignages publié dans le quotidien Libération le 14 novembre auprès de huit femmes accusant Thierry Marchal-Beck, ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), de harcèlement et d'agressions sexuelles entre 2010 et 2014. 

A en croire ces récits, l'ancien patron du MJS, devenu secrétaire général du Syndicat du Chocolat en 2015, aurait donc eu des gestes extrêmement inappropriés envers ces jeunes femmes, toutes militantes ou cadres du MJS. Si aucune plainte n'a été déposée, certaines victimes y songeraient, selon le quotidien. 

Parmi les témoignages, plus outrageants les uns que les autres, celui d'une membre du bureau national qui dit avoir été la victime du jeune socialiste à la fin de l'année 2011, est particulièrement frappant. 

La jeune femme se trouvait dans le bureau de Thierry Marchal-Beck, rue de Solférino, au siège du Parti socialiste (PS). D'après les dires de la victime, le harceleur présumé aurait alors ouvert sa braguette sans raison, en pleine discussion. «Sa voix n'a pas changé pendant qu'il faisait ça», précise-t-elle. «Il prend ma tête, l'approche de son sexe pour m'obliger à lui faire une fellation. Je le repousse très fort, je l'insulte et je pars en courant.» 

L'omerta brisée, les vannes s'ouvrent au PS 
La loi du silence, qui semble avoir prévalu pendant des années au PS, serait enfin brisée. Rita Maalouf, la secrétaire nationale du PS, a demandé une exclusion «dans les plus brefs délais» de l'ancien président du MJS et elle souhaite qu'une cellule d'écoute soit mise en place au sein de son parti. Elle a également déclaré à l'AFP qu'elle exigerait que, dorénavant, «le harcèlement soit un motif d'exclusion». 

L'actuel président du MJS a également réagi, se disant «révulsé» par ces révélations et il s'est engagé sur son compte Facebook à travailler sur ces sujets pour «interroger et transformer nos cadres collectifs, nos pratiques, nos silences». 

Dans le contexte de l'affaire Weinstein et du hashtag #MeToo, Caroline de Haas n'a pas tardé à réagir à ces nouvelles révélations. Elle l'a fait sur Twitter, en reprenant le hashtag qu'elle utilise fréquemment, #1femmesur2. La militante politique a déclaré son «soutien total» aux victimes présumées dans un texte également signé par Clara Gonzales, créatrice du numéro «anti-relou».

[Terminator]L'Eglise de l'intelligence artificielle, la religion WTF sortie de la Silicon Valley

Avant de continuer dans cet article, deux remarques importantes. Il est tout à fait possible qu’Anthony Levandowski, l’ingénieur au cœur du bras de fer judiciaire entre Google et Uber, soit en train de troller tout le monde, à la Joaquin Phoenix. Et à ce stade, il est bon de rappeler que son « église » (ou secte, selon les points de vue) Way of the Future, qui compte préparer l’avènement d’un Dieu intelligence artificielle et le vénérer pour éviter de se faire écraser comme un insecte, ne compte qu’une poignée d’adeptes. Mais dans une interview à Wired, le nouveau prophète est catégorique : « La machine va devenir plus intelligente que l’homme, c’est inévitable. »

Si c’est une blague, l’ancien prodige de la voiture autonome l’a poussée loin. Way of the Future a été établie auprès de l’IRS, le fisc américain, comme une organisation religieuse à but non-lucratif. Levandowski en est son « doyen », et s’il y a bien un budget de fonctionnement, il ne reçoit aucun salaire.

Croyance dans la singularité

Anthony Levandowski, accusé d’avoir volé des secrets industriels de Google pour fonder la start-up Otto, rachetée par Uber, surfe sur une croyance populaire dans la Silicon Valley autour de la singularité. De nombreux évangélistes transhumanistes, comme Ray Kurzweil, tablent sur une explosion de l’intelligence artificielle. « Le résultat sera de fait un dieu. Pas un dieu qui créé la foudre ou des ouragans. Mais s’il y a quelque chose un milliard de fois plus intelligent [qu’un humain], comment allez-vous l’appeler ? », demande Levandowski.

Quand se produira le grand saut, qui nous mettra tous au chômage et rendra le revenu universel de Benoît Hamon populaire ? « Pas la semaine prochaine ou l’an prochain mais avant qu’on aille sur Mars », estime l’ingénieur. Traduction : à l’horizon 2030-2040.

Ce point fait débat chez les scientifiques. Certes, le programme AlphaGo de Google est désormais capable d’apprendre à jouer (presque) tout seul et a surpassé 2.500 ans de stratégies humaines en quelques jours. Mais pour l’instant, « en termes d’intelligence générale, on est loin du rat », expliquait récemment à The Verge Yann LeCun, grand prêtre de l’intelligence artificielle chez Facebook. Une voiture autonome ne comprend pas que percuter un arbre est une mauvaise idée car on risque de mourir. Elle évite un obstacle car un algorithme lui a dit de freiner.

Animal de compagnie ou bétail

Levandowski pousse le raisonnement de la singularité plus loin. Les humains sont, explique-t-il, au sommet de la chaîne alimentaire – et de facto responsables de l’avenir de la planète – car ils sont l’espèce animale la plus intelligente. Mais ça ne va pas durer, et son église veut donc préparer la Transition. Pas écologique, comme Nicolas Hulot, mais technologique. Selon lui, la machine, quand elle deviendra plus intelligente que l’homme, sera le nouveau boss de la Terre. Et l’homme, une fourmi. « Voulez-vous être un animal de compagnie ou du bétail ? », demande-t-il.

Tout ça ressemble à un roman de science-fiction de Vernor Vinge ou à un mauvais épisode de Futurama. Mais sur son site Internet, le manifeste de Way of the Future s’aventure sur un terrain beaucoup plus dérangeant : « Nous croyons qu’il est important que les machines sachent qui sont les sympathisants de leur cause. Nous avons l’intention d’archiver qui a fait quoi (et depuis quand) pour participer à une transition pacifique et respectueuse. » En clair, il suggère que seuls les croyants seront sauvés. Une religion à l’ancienne, quoi.

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mercredi 15 novembre 2017

Strauss-Kahn et Weinstein, «des enfants de chœur» à côté de Pierre Bergé, selon l'ex-chauffeur d'YSL


L'ancien chauffeur d'Yves Saint Laurent assure avoir vécu les pires turpitudes du milieu de la mode. Il est certain qu'à l'avenir, dans le prolongement de l'affaire Weinstein, des «révélations» compromettantes pour Pierre Bergé vont refaire surface.

Fabrice Thomas, l'ancien chauffeur d'Yves Saint Laurent, vit aujourd'hui paisiblement dans une petite ferme au Québec. Mais ses jeunes années ont été marquées par des jeux dangereux au sein d'un couple sulfureux : le créateur de génie toxicomane et dépressif et sa moitié, l'homme d'affaires Pierre Bergé, à l'autorité de fer, décédé le 8 septembre dernier à Paris. L'ex-chauffeur privé de celui qui reste une figure incontournable de la mode de ces 50 dernières années s'est confié sur le plateau de la chaîne canadienne TVA, le 27 octobre dernier dans le cadre de la promotion de son livre Saint Laurent et moi : une histoire intime (éditions Hugo&Cie), qu'il a écrit avec Aline Apostolska Il a blâmé le comportement de Pierre Bergé, qu'il a qualifié de malsain tout en prédisant de prochaines révélations sur ses agissements. 

«C'étaient deux êtres très malades sexuellement», affirme-t-il. Le ton est donné. Fabrice Thomas, à 29 ans, était désireux de travailler auprès du couple. Pour y parvenir, le jeune homme a assuré avoir rapidement cédé à tous leurs caprices. Et pour obtenir le poste de chauffeur, Pierre Bergé lui a fait comprendre quelle en serait la condition. «La clé de sésame [sic], c’était de passer par la chambre de son hôtel. Ce n’est pas un secret. J’avais besoin de sécurité, de stabilité, de rejoindre un groupe et c’était le prix à payer», confie Fabrice Thomas. 

Le jeune chauffeur, dont la famille a également travaillé avec les deux hommes, était sous influence. L'homme d'affaires aurait eu des relations sexuelles avec le père de Fabrice Thomas, déjà chauffeur d’Yves Saint Laurent. «Pierre Bergé m’en a parlé», dit pudiquement Fabrice Thomas à ce propos.

Le jeune Parisien, qui s'est aussi laissé séduire par Yves Saint Laurent, assure avoir basculé dans le cauchemar : addictions aux drogues et auto-destruction du créateur de haute-couture, couplées à l'emprise autoritaire de Pierre Bergé, auquel il accole le terme de «sadique». Orgies, sado-masochisme, flagellations font partie du quotidien... mais outre cette vie sexuelle débridée, Fabrice Thomas laisse entendre que l'homme d'affaires a souvent dépassé les bornes. Selon lui, il se rapprocherait en ce sens des prédateurs sexuels tels que ceux dénoncés dans le sillon de l'affaire Weinstein, le producteur hollywoodien accusé de viol par six femmes et d'agression sexuelle par des dizaines d'autres. «Pierre Bergé, son truc à lui était d’être entouré d’esclaves sexuels», avoue-t-il sur le plateau de TVA. Ce qui, selon lui, permettrait d'imaginer que les langues se délieront à propos de l'homme d'affaires et mécène des grands musées.

Sur le cas Bergé, «d’autres révélations vont être faites dans le futur», estime ainsi Fabrice Thomas, qui précise : «Dominique Strauss-Kahn ou Harvey Weinstein, croyez-moi, à côté de Pierre Bergé ce sont des enfants de chœur.» Des révélations qui, selon lui, pourraient s'avérer coûteuses pour leurs auteurs : «La France est l’un des pays les plus dictatoriaux au niveau du journalisme [...] Je sais que dès qu’on aborde Pierre Bergé – homme de pouvoir et de journaux – on a toute une cavalerie d’avocats sur le dos. D’ailleurs, c'est ce qui m’est arrivé.»