mercredi 20 septembre 2017

Rentrée de Dextra


Chers amis, chers camarades, 

La rentrée scolaire a déjà été entamée, la rentrée militante reprend dès à présent. 

Matthieu, le président de Dextra, fera une intervention de rentrée afin de nous engager sur la voie du travail militant pour cette année qui s'annonce chargée. 

Nous vous attendons nombreux et ponctuels pour l'ouverture de notre cycle de travail 

A vendredi !

mardi 19 septembre 2017

La souris déglinguée - jeunesse de France

En finir avec les privilèges de l'aristocratie d'Etat


Les désormais célèbres ordonnances sur le Code du travail favorisent incontestablement le licenciement, en plafonnant les indemnités prud'homales, en autorisant des ruptures conventionnelles collectives ou en simplifiant l'obligation de reclassement. La littérature économique n'offre aucune conclusion claire sur le lien entre droit du travail et taux de chômage (pour une analyse contre-intuitive, on pourra relire un rapport du CAE signé Olivier Blanchard et Jean Tirole, deux économistes qu'on ne peut soupçonner d'antilibéralisme). Mais d'un point de vue philosophique, c'est autant de gagné pour la liberté contractuelle. Puisque les insoumis sont friands de la métaphore du divorce, ils pourraient puiser dans les avancées du droit de la famille matière à réflexion sur la réforme en cours. Dans une société libre, chacun devrait pouvoir mettre fin simplement à une relation dont il n'est pas satisfait, selon des conditions de séparation négociées ex ante. 

Il existe néanmoins un grand absent dans cette réforme : ses concepteurs. N'est-il pas paradoxal que les têtes bien faites qui, dans les cabinets ministériels et les administrations, prônent et mettent en oeuvre (à juste titre) la flexibilité, soient eux-mêmes soumis au régime le plus protecteur, celui de la haute fonction publique ? Rappelons en effet qu'inspecteurs des finances, conseillers d'Etat, magistrats de la Cour des comptes, ingénieurs des mines ou des ponts peuvent à discrétion partir pantoufler dans le privé, puis retrouver tranquillement leur « corps d'origine », qui se doit de les réintégrer selon leur grade avec la rémunération afférente. N'est-ce pas une assurance-chômage en or ? Ceux qui vous enjoignent de prendre des risques peuvent partir monter une start-up et, si l'expérience tourne court, retourner à leur siège du Palais Royal ou à leur bureau de Bercy. Et si, comme cela est plus fréquent, ils se font remercier de leur poste de directeur des relations institutionnelles d'une entreprise du CAC 40, ils n'auront pour leur peine qu'à endurer les retrouvailles sardoniques avec leurs anciens collègues de l'administration. Une expérience de l'opprobre social que beaucoup envieraient. 

C'est ainsi que s'est constituée, sous couvert de continuité du service public, une aristocratie d'Etat aux privilèges exorbitants. Les grands corps sont, certes, censés représenter le meilleur de la sélection par le mérite. Mais la caractéristique essentielle d'une aristocratie, c'est de se définir par son être plus que par son faire. Une fois passés les bons concours, on est à vie l'équivalent de ce qu'étaient autrefois les comtes, ducs et barons. C'est souvent ainsi que l'on se présente en société : « Bonjour, Dupont, X-Mines. » On peut même voir d'audacieux défroqués devenus entrepreneurs indiquer sur leur profil Twitter : « Inspecteur des finances (on leave) ». On leave, mais toujours prêt à revenir vous taxer s'il ne parvient pas à s'enrichir lui-même. 

Comment briser cette rente qui alimente une certaine torpeur intellectuelle chez ses bénéficiaires ? Les grands corps n'ont pas de définition juridique et suivent les règles classiques de la fonction publique, avec ses modalités complexes de « disponibilité » et ses généreux délais (dix ans !). Par ailleurs, si les fonctionnaires devaient démissionner en quittant leur poste, il faudrait aussi que l'administration puisse au besoin les réembaucher. Se pose donc la question du statut de la fonction publique, qu'Emmanuel Macron jugeait il n'y a pas si longtemps « inadapté au monde tel qu'il va », et de l'iniquité qu'il génère dans le rapport à l'emploi. Peut-on demander au gouvernement, en pleine discussion sur la libéralisation du marché du travail, d'ouvrir cet immense chantier ? La logique voudrait que oui. Comment exiger des efforts des plus faibles tout en continuant à protéger les plus puissants ? 

En attendant la vraie « révolution », je suggère que les grands corps montrent l'exemple en décrétant leur dissolution pure et simple. Pour avoir vécu de près il y a dix ans l'hystérie qui a entouré la fusion du corps des Mines et de celui des Télécoms, je mesure ce que cette hypothèse a d'utopique. Mais les temps changent. Certains hommes politiques de la nouvelle génération ont commencé à anticiper cette évolution nécessaire : Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ont ainsi démissionné de la fonction publique (et je précise au passage que j'ai quitté le corps des agrégés depuis belle lurette). Immolons nos corps ! 

Reims : la présence de migrants entraîne la suspension des cours dans une université



La présence d'une quarantaine de migrants sur le campus de l'université Reims Champagne-Ardenne a entraîné la suspension des cours «jusqu'à nouvel ordre».

Les cours à l'université Reims Champagne-Ardenne sont suspendus «jusqu'à nouvel ordre» en raison de la présence de migrants sur le campus, une mesure qui touche environ 8.000 étudiants, a appris lundi l'AFP auprès de l'université. «L'accès aux locaux de l'université situés sur le campus Croix-Rouge est interdit jusqu'à rétablissement des conditions de sécurité», a écrit le président de l'université Guillaume Gellé dans un arrêté d'interdiction signé dimanche soir.



La rentrée a eu lieu au début du mois

La rentrée dans cette université de droit, sciences économiques, lettres et sciences sociales a eu lieu début septembre, selon l'université.
D'après le syndicat étudiant Unef, il a été décidé collectivement «de déménager ces familles sur le campus Croix-Rouge de l'Urca», après que ces personnes ont été «poussées à quitter leurs abris de fortunes» dans un parc de la ville. «Nous appelons les autorités locales, la mairie de Reims, la préfecture à héberger ces familles de manière urgente», poursuit l'Unef dans un communiqué de presse.


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lundi 18 septembre 2017

[DATA MINING] Cliquez,vous êtes traqués

La nocivité des ondes


L’emploi de certaines nouvelles techniques développées à des fins guerrières n’a pas tardé à déboucher sur des applications civiles et à comporter des effets néfastes pour la santé et l’environnement. Le téléphone cellulaire fait désormais partie de notre quotidien, et de plus en plus de personnnes se plaignent de maux dont ils rendent les 36 000 antennes responsables (la norme fixe le seuil à 41V/m, alors que les associations de consommateurs réclament 4V/m). Aucun fabricant de matériel électrique n’avertit les usagers qu’ils ne devraient pas être exposés à un champ électrique alternatif supérieur à 10V/m. Combien d’entre nous savent que le nombre d’appareils électriques utilisés quotidiennement dépassent largement ce seuil ? Un rasoir électrique dépasse de 75 fois la norme, un sèche-cheveux, plus de 10 000 fois, et une banale brosse à dents électrique, de 300 fois ! Quand le commandant de bord demande d’éteindre les téléphones et les ordinateurs portables, il craint le brouillage du système de navigation, rien de moins ! Dans les années 1970, un Tornado s’écrasa dans les environs de Munich. Ses appareils de bord auraient été perturbés par l’antenne de Radio Free Europe. En 1967, à bord du porte-avions Forrestal qui naviguait dans le golfe du Tonkin, un missile se décrocha d’un avion. L’accident fit 134 morts parmi les marins. Le déverrouillage du missile avait été provoqué par l’onde d’un radar qui avait balayé le pont

Dans la bataille opposant les associations de consommateurs aux opérateurs, on a pu établir que les personnes demeurant à 200 m d’une antenne relais souffraient de troubles divers, tels que fatigue chronique, perturbation du sommeil, ménopause prématurée, allergies, migraines. Dès les années 1980, l’épidémiologiste américaine Nancy Wertheimer et Ed Leeper affirmaient que les enfants vivant à proximité des lignes électriques à haute tension couraient davantage de risques de développer une leucémie que les autres enfants. Ces travaux ont été confirmés en 1996 par l’Académie nationale des sciences des États-Unis

[...] 

Une autre étude épidémiologique a démontré qu’une surdose de champs magnétiques pouvait être à l’origine d’effets néfastes sur la santé : pathologies cancéreuses, troubles neurologiques, dépression, ou bien encore avortements spontanés. D’autres travaux ont démontré que le fait de travailler dans un environnement magnétique provoquait un effondrement du système immunitaire. En novembre 2002, lors d’un congrès européen de la médecine du travail, Jacques Surbeck a pu prouver, grâce à une « puce ADN », la nocivité des écrans d’ordinateurs. Il a renouvelé l’expérience en déposant la « puce ADN » pendant une semaine à 9 et 40 m d’une antenne relais pour téléphone mobile. Il a constaté des cassures dans la séquence d’ADN. Déjà, en 1993, une étude conduite par le professeur Henry Layi pour le compte du Gouvernement américain avait établi que des rats soumis à des radiations des radiations d’une puissance inférieure à celles émises par un téléphone portable présentaient un ADN morcelé. 

Quittons maintenant les rats dont les études ne seraient, au dire des experts, non transposables à l’homme. Un groupe de chercheurs suisses a effectué des expérimentations sur 16 volontaires sains. Pendant trente minutes, ils ont été soumis à un champ électromagnétique dont l’intensité équivalait aux puissances maximales auxquelles les utilisateurs de portables sont exposés. L’imagerie cérébrale a révélé des augmentations locales du flux sanguin dans l’hémisphère exposé aux rayonnements. Les chercheurs ont été surpris de constater que l’effet persistait tout au long de la nuit, et que la modification cérébrale se produisait de manière symétrique dans les deux hémisphères. Cela tend à démontrer que l’action des micro-ondes sur le cerveau ne serait pas d’ordre thermique. Un article paru dans Science & Vie en septembre 2001 avant « qu’avant d’être transmises sous forme de paquets de données, les conversations échangées sont numérisées puis compressées. L’envoi permet à huit portables d’utiliser simultanément le même canal, sous forme de salve. Et ce sont ces salves qui induisent de basses fréquences »

Les dangers sont perçus différemment selon les pays. C’est du moins ce que tend à souligner une étude américaine. Les Brésiliens craignent les effets susceptibles d’affecter le rythme cardiaque, lorsque le portable est placé dans la poche de la veste, près du cœur, et les répercussions sur la virilité quand il se trouve dans la poche du pantalon. L’entreprise Levi’s a d’ailleurs annoncé le lancement (2003) d’un pantalon aux poches renforcées d’une doublure antiradiation. Les Britanniques s’inquiètent plutôt des radiations provoquant éventuellement des tumeurs au cerveau et des pertes de mémoire. L’ennemie commune est la chaleur. A titre indicatif, l’augmentation de la température du cerveau générée par un portable appuyé contre l’oreille est de l’ordre de 0, 2° C, et il faudrait une augmentation de la température de 1° C pour que cela devienne dangereux pour la fertilité. 

[...] 

Les effets indésirables des champs électromagnétiques sur l’organisme humain semblent avoir été étudiés dès 1950 par les Soviétiques. Ces derniers ne tardèrent pas à conclure que des perturbations peuvent se manifester, par ordre d’apparition, dans le système nerveux central (SNC), le système cardio-vasculaire, le système vasculaire périphérique, le système hormonal, la thyroïde, l’hypophyse, les glandes surrénales et le système endocrinien

Gerard Desmaretz, Le renseignement high-tech

A Paris, le métro serait bien plus pollué que le périphérique

Des analyses de la RATP effectuées dans le métro de la capitale révèlent que la concentration en particules fines dépasse largement le seuil d'exposition recommandé par l'OMS. L'air respiré dans le métro serait plus pollué... que sur le périphérique.
Prendre les transports en commun, et non l'automobile, est-il un moyen d'éviter la pollution sur le chemin du travail ? Pas forcément. Une analyse de l'air dans le métro de Paris réalisée par la RATP montre que la concentration en particules fines dans les sous-terrains de la capitale dépasse largement le seuil d'exposition recommandé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Au cours des vingts dernières années, la RATP a réalisé des mesures de la qualité de l'air dans trois stations parisiennes : Châtelet (sur la ligne 4), Franklin D. Roosevelt (sur la ligne 1) et Auber (sur le RER A). Se basant sur ces données, nos confrères de France Info ont comparé la concentration en particules fines PM10 entre ces stations, l'avenue des Champs-Elysées et le périphérique parisien.

Le constat est sans appel : hormis les heures de nuit (entre 2h et 6h du matin), les concentrations en PM10 sont largement supérieures dans le métro parisien à celles que l'on trouve sur les Champs Elysées ou sur le périphérique.
Certains jours à la station Châtelet, en plein centre de Paris, sur la ligne 4, la concentration en PM10 dépasse les 300 µg/m3... alors que la législation française fixe le seuil d'alerte en extérieur (qui ne s'applique pas au métro) à 80 µg/m3.
Cette pollution aux particules fines provient à la fois de l’air extérieur (diffusé par la ventilation des couloirs du métro), du freinage des trains et des nombreux travaux menés tout au long de l'année dans le réseau sous-terrain de la capitale. La RATP a fait savoir à France Info que ce phénomène pouvait être constaté «dans tous les réseaux ferroviaires du monde» et qu'il n’existait pour l’heure aucune norme en matière de particules dans les espaces souterrains. Pour autant, la RATP affirme mener des actions visant à réduire la présence de ces microparticules dans l’air respiré par les usagers.

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dimanche 17 septembre 2017

"La pilule est un perturbateur endocrinien"


Dans son essai "J’arrête la pilule", la journaliste Sabrina Debusquat dresse un réquisitoire contre ce symbole de la libération sexuelle. Débat avec la gynécologue Nasrine Callet. 

1967-2017 : en France, la pilule fêtera ses 50 ans en décembre. Joyeux anniversaire ? Pas vraiment. Le petit cachet que les femmes avalent chaque jour, sûres de s’épargner les grossesses à répétition, fières de ce geste symbole de leur liberté sexuelle, n’a plus l’aura d’antan. Le scandale des pilules de troisième et quatrième génération, en 2012, l’a entachée d’une terrible réputation : mener des femmes jeunes, en pleine santé, au seuil de la mort, par AVC et embolie. Lesdites pilules ont beau avoir été mises au rancart au profit des pilules de seconde génération, le mal est fait. Les prescriptions sont en forte baisse. Selon la dernière enquête de l’Ined sur la contraception (2014), 41% des femmes prenaient la pilule en 2013, contre 50% sept ans plus tôt. 

Dans ce contexte de désamour, un essai sorti en librairie jeudi 6 septembre enfonce le clou. Dépression, libido à zéro, cancers, mais aussi pollution chimique qui pourrait nuire aux futurs bébés… N’en jetez plus ! "J’arrête la pilule", de la journaliste indépendante Sabrina Debusquat, est un réquisitoire dérangeant étayé par une année d’enquête, à éplucher des centaines d’études et interviewer de nombreux experts. L’auteure, qui dit redouter un "scandale sanitaire" à venir, est allée à la rencontre, aussi, des jeunes femmes qui s’en détournent, quitte à opter pour des méthodes naturelles modernisées. Ironie de l’histoire, ces aventurières de la courbe de température sur smartphone se veulent les pionnières d’un nouveau féminisme. Désireuses d’enfin partager la "charge mentale contraceptive" avec les hommes. Parce que prendre la pilule est un rite de passage à l’âge adulte, parce qu’elle reste, pour les soixante-huitardes, une indiscutable évidence, parce qu’elle est toujours, dans les esprits, l’un des emblèmes de la libération sexuelle, parions que ce livre va faire polémique. "L’Obs" a confronté son auteure à Nasrine Callet, oncologue-gynécologue à l’Institut Curie, pour savoir si, oui ou non, il faut jeter la pilule. Le débat est lancé.

Avec votre livre, "J’arrête la pilule", vous jetez un pavé dans la mare en affirmant que la pilule contraceptive, oestroprogestative, est un perturbateur endocrinien, au même titre que le bisphénol A, le glyphosate, et bien des substances chimiques qui se trouvent dans notre environnement. Vous allez choquer les femmes, qui font attention à se démaquiller avec des produits bio, mais avalent leur pilule chaque jour sans se poser la moindre question… 
Sabrina Debusquat. J’étais moi-même ignorante. La première fois que j’ai entendu que la pilule était un perturbateur endocrinien, c’était dans la bouche d’un sénateur LR sur la chaîne LCP ! Quand j’ai commencé mon enquête, j’ai interrogé des toxicologues qui m’ont dit que c’était une évidence. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, un perturbateur endocrinien est "une substance naturelle ou chimique qui peut interférer avec le fonctionnement des glandes endocrines notamment en mimant l’action hormonale naturelle". De par son fonctionnement, la pilule répond bel et bien à cette définition : les hormones qu’elle contient visent à faire croire au corps de la femme qu’elle est enceinte, et cette dernière cesse ainsi d’ovuler. Aujourd’hui, on associe tellement le terme "perturbateur endocrinien" aux pesticides qu’on ne pense pas que certains médicaments en sont. 

Nasrine Callet. En effet, la pilule en est un. Comme d’autres produits de synthèse à visée d’hormonothérapie, tels que les traitements hormonaux de la ménopause, les antidépresseurs ou diverses chimiothérapies… 

Les perturbateurs endocriniens ont des effets délétères démontrés sur la faune... 
S. D. La pilule contient une hormone de synthèse, l’éthinylestradiol (EE2). Les femmes en rejettent dans leurs urines. Or, cette molécule n’est éliminée qu’à 60% par nos stations d’épuration et se retrouve donc dans nos rivières, puis dans l’eau du robinet. Les conséquences en sont connues : les poissons mâles sont féminisés, leur fertilité est gravement altérée. 
Les universitaires britanniques Susan Jobling, toxicologue réputée, et Richard Owen ont, en 2013, appelé à un débat public sur l’EE2. Ils le soupçonnent d’avoir des effets préoccupants sur les mâles humains. Depuis l’introduction des perturbateurs endocriniens dans la nature, et dans l’espèce humaine via la pilule, on constate une hausse des malformations de l’appareil génital des petits garçons, comme l’hypospadias [anomalie de l’ouverture de l’urètre, NDLR] ou la cryptorchidie [les testicules qui ne descendent pas, NDLR]. Comment l’expliquer ? 

N. C. Ce rejet des hormones dans notre environnement est, il est vrai, un problème crucial. Tous ces perturbateurs peuvent nuire au développement des fœtus. 

Sabrina Debusquat, vous tirez aussi la sonnette d’alarme quant aux effets que pourraient avoir les hormones de la pilule sur une femme qui se retrouve enceinte après l’avoir prise pendant des années. 
S. D. Les hormones de la pilule se stockent dans les graisses. Quand une femme arrête la pilule, ses graisses contiennent donc encore des hormones synthétiques pendant une durée que l’on peine à définir. Or, quand la femme est enceinte ou allaite, elle mobilise beaucoup ses réserves, et l’on peut imaginer que le fœtus soit alors exposé… Certains scientifiques, dont le docteur Joël Spiroux, qui est président du Criigen [Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique, groupement d’experts apolitique connu pour avoir mené une étude polémique dénonçant les dangers des OGM en 2012, NDLR] et préface l’ouvrage, pense que cette hypothèse est tout à fait plausible. Mais c’est un point que je n’ai pas réussi à éclaircir. Dans le doute, il semble donc préférable de patienter quelques mois après l’arrêt de la pilule avant d’entamer une grossesse. 

N. C. Il n’est pas sûr que la graisse va libérer des hormones dans le sang. Et quand bien même ce serait le cas, celles-ci ne doivent pas y rester très longtemps, vu que si la femme oublie de prendre sa pilule, elle peut tomber enceinte… Par ailleurs, des études ont été faites sur des femmes qui ont continué à prendre la pilule oestroprogestative au début de leur grossesse : il n’y a pas eu plus de malformations constatées sur leurs bébés. Il est vrai qu’il n’y a pas d’études sur le stockage dans les graisses. Mais il faut rester modeste, en disant juste que l’on ne sait rien. Il faut veiller à ne pas créer de psychose. 

Le bisphénol A a été interdit dans certains produits. Or, vous expliquez que l’EE2 est 1000 fois plus puissant que ce dernier. Il y a de quoi frémir ! 
S. D. La toxicologue Annette Lexa (université de Metz, Eurotox) utilise à ce propos une image marquante : en matière de perturbateurs endocriniens, le bisphénol A est une 2CV, tandis que l’EE2 est une Ferrari… Mais attention ! S’agissant des perturbateurs endocriniens, on ne peut pas raisonner en termes de dose. La dose ne fait pas le poison. Leurs effets suivent une courbe. En gros, l’EE2 a de forts effets avec une petite dose, et avec une grosse dose. Or, cette infime dose, qui peut avoir des effets sur les mammifères, les femmes l’ingèrent de manière certaine via leur pilule. 

Vous osez même comparer la prise de pilule à une castration chimique. 
S. D. Je trouvais moi-même le terme un peu fort mais, d’un point de vue hormonal, c’est tout à fait juste. La pilule fait baisser jusqu’à 50% le taux de testostérone chez la femme. Or, la testostérone est l’une des principales hormones du désir sexuel. Dans le cadre de mon enquête, j’ai mené un sondage auprès de 3.600 femmes. Lorsqu’elles arrêtent de prendre la pilule, la plupart d’entre elles notent une remontée spectaculaire de leur libido. Beaucoup n’étaient pas conscientes de cet effet secondaire car elles n’ont eu de vie sexuelle que sous pilule… Quand elles s’en rendent compte, elles s’estiment flouées ! 

Concernant les liens avec le cancer, difficile d’y voir clair, puisque des études attribuent à la pilule à la fois des effets protecteurs et des effets cancérigènes… Les instances sanitaires, comme l’OMS, se fondent notamment sur deux grandes études, britannique et californienne, pour affirmer que la pilule protège des cancers de l’endomètre (paroi de l’utérus) et des ovaires. Mais selon vous, ces études ne seraient pas valides. 
S. D. Ce sont deux études dites "de référence", car elles portent sur les plus gros échantillons de population. Mais des scientifiques ont démontré qu’elles avaient malheureusement des biais majeurs. L’étude britannique est censée comparer des femmes qui ont pris la pilule et des femmes qui ne l’ont pas prise. Mais, comme l’a soulevé la statisticienne Jane Galbraith dès 1998, en réalité, ce second échantillon comprend des femmes qui ont pris des traitements hormonaux de substitution de la ménopause : les mêmes hormones que la pilule ! 
La gynécologue britannique Ellen Grant, qui a développé la première pilule Enavid en Angleterre au début des années 1960, a, elle aussi, refait tous les calculs en enlevant ces femmes ayant eu ces traitements de la ménopause. Et là, d’un coup, ce prétendu effet protecteur disparaît ! Finalement, ces études permettent juste d’affirmer que les femmes ne meurent pas massivement de la pilule... Guère plus. 

N. C. L’effet protecteur contre le cancer des ovaires ne touche pas toutes les femmes. En bénéficient notamment les femmes obèses, chez qui la pilule fait office de médicament. En effet, la graisse fabriquant naturellement des hormones, ces femmes ont trop d’oestrogènes dans leur corps. Leurs ovaires ont donc tendance à développer des kystes, qui favorisent un dérèglement hormonal, et peuvent devenir cancéreux. Sous une pilule bien choisie, c’est-à-dire sous une dose constante d’hormones, elles vont retrouver un équilibre hormonal. Chez les femmes qui ovulent mal, ce qui est un facteur de cancer, la pilule, en bloquant l’ovulation, a aussi un effet protecteur. 

Quid des effets de la pilule sur le cancer du sein ? 
C. S. Les études soulignent une petite augmentation du cancer du sein chez les femmes qui ont pris la pilule. Mais cette légère augmentation concerne des femmes qui ont commencé la pilule très tôt, ou qui ont continué à la prendre à un âge avancé. 

S. D. Le taux de cancers du sein augmente dès qu’on prend la pilule plus de dix ans, ce qui est assez commun chez les Françaises… 

N. C. N’oubliez pas que cet effet cancérigène disparaît cinq ans après l’arrêt de la pilule. Et ce risque est très relatif, puisqu’il est multiplié par 1,6. 

S. D. La Société canadienne du cancer estime les cas de cancer du sein supplémentaires dus à la pilule à 2 pour 10.000 femmes chez les nullipares, et 1 pour 10.000 femmes chez les femmes qui ont eu un enfant. Pour en revenir à votre multiplicateur de 1,6, qui est en effet l’objet d’un consensus, faisons quelques calculs : cela représente 450 à 950 femmes par an en France ! Le taux de survie à cinq ans étant d’environ 30%, cela signifie quand même 11 à 22 décès par mois. Pourquoi nous, juste parce que nous sommes des femmes, devrions prendre un médicament qui va causer un cancer sur 10.000, alors qu’il y a d’autres solutions non hormonales moins dangereuses, comme le stérilet en cuivre ? 

Qu’en conclure ? 
N. C. Si c’étaient vraiment les hormones qui donnaient le cancer, j’en serais, croyez-moi, vraiment très heureuse : plus personne ne prendrait la pilule ni les traitements substitutifs, et plus personne n’aurait le cancer ! Malheureusement, on ne connaît pas les causes des cancers, qui sont multifactorielles. On pourrait rappeler, par exemple, que le risque de cancer du col de l’utérus est multiplié par vingt chez une fumeuse. 

S. B. La pilule est quand même classée cancérigène de catégorie 1 pour les seins, le foie, le col de l’utérus et les voies biliaires par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) depuis 2005. Je ne suis pas persuadée que les femmes, quand on leur prescrit leur pilule, aient cette information-là. 

N. C. Ce que vous dites est important. La pilule est un traitement actif, qui a des effets secondaires. Le gynécologue doit prescrire des examens avant toute prise, et revoir la patiente trois mois après. Il ne faut pas délivrer la pilule à une fille migraineuse ni à une fille qui fume ni s’il y a un cas d’AVC dans sa famille. Il faut être prudent aussi avec une femme ayant une mutation génétique cause de cancer du sein. Je n’étais pas d’accord lorsque l’ancienne ministre de la Santé a proposé que les pharmaciens puissent délivrer la pilule sans consultation préalable. La pilule n’est pas un bonbon. 

samedi 16 septembre 2017

Mishima, messager du futur - Orages d'acier - 04/12/2016

Quelle guerre ?


Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Contre qui ? Combien ? Autant de questions auxquelles les responsables politiques répondent inlassablement et sans variante : « nous sommes en guerre contre le terrorisme ! ». De Nice à Londres, de Stockholm à Barcelone, en passant par Berlin, les tueries barbares se succèdent. 
On nous parle de voitures « folles » ou de camions « béliers ». Les conducteurs sont « déséquilibrés », sous l’emprise de médicaments ou alors totalement « bourrés ». La piste psychiatrique est maintenant systématiquement privilégiée… En conclusion, depuis 2 ans, de plus en plus de piétons sont des victimes malheureuses des accidents de la circulation. 

Mais, prudence, prudence, on doit absolument sanctifier le « Vivr’ensemble ». 
Il ne faudrait tout de même pas jeter de l’huile sur le feu… Et c’est pourquoi la mafia politico-médiatico-financière impose dès lors une langue de bois, alors que pour toutes ces tueries, les assassins sont dans une très large majorité des musulmans et que la comédie atteint le grotesque quand la presse Internet/TV /Radio nous diffuse les témoignages des voisins ou de la famille vantant les qualités (il était « si gentil », « travailleur », « sans problèmes », « timide ») de chacun des terroristes, sans que les journaux écrivent leurs prénoms : Saïd, Mohamed, Hassan , Abdeslam, Younes, Abdul ou Fayçal… Quand NKM avait prise une claque à Paris durant la campagne des législatives, TOUS LES MEDIAS se sont empressés de diffuser le nom, le prénom et l’adresse du coupable, qui a été jugé en 4ème vitesse : mais lui, ce n’était pas un rebeu ! 

Les gouvernements nous prennent pour des imbéciles. 
Si tous ne s’en rendent pas encore compte, les électeurs restent chez eux, écœurés par les bassesses et la veulerie des pourriticards du « politiquement correct ». Une réaction des mougeons* n’est pas à exclure. Certains d’entre eux ouvrent lentement les yeux et découvrent que depuis des années nos gouvernants, nos politiques, nos institutions et la majorité de nos concitoyens font preuve de déliquescence morale, de décadence intellectuelle et d’un aveuglement prononcés. Une minorité grandissante estime nécessaire la restauration des valeurs ancestrales qui ont permis à l’Europe de diffuser sa culture et de défendre sa civilisation, par-delà les mers et au travers des siècles, à l’opposé de ce que l’on nous apprend. Un peuple qui se respecte, venge ses morts. 
Et ce n’est pas avec des pleurnicheries, des repentances, des fleurs, des devoirs de mémoires, des flagellations, des bougies, des culpabilisations et des doudous que l’on se débarrassera des fanatiques musulmans qui tuent nos enfants ! 

*½ mouton ½ pigeon « En marche ». 

Merci à P. K. pour l'article et à Korbo pour le dessin

TRANS IDENTITÉ, GROSSOPHOBIE, FÉMINISTE, SJW

Règlement intérieur du tatouage


Jeunesse, bêtise, orthographe


Dae’ch et les autres : bienvenue dans le « monde VUCA » !


L’ensemble de la presse mondiale a, dernièrement commémoré le premier anniversaire de la Coalition internationale qui a déclenché ses premiers bombardements contre des positions de l’organisation « Etat islamique » (Dae’ch) en Irak et en Syrie, le 2 août 2014. Un an plus tard, tout le monde s’étonne que cette « alliance », réunissant quand même les armées les plus puissantes du monde, n’ait pas réussi à éradiquer une organisation constituée de quelque 30 à 35 000 fusils tout au plus. Le même constat vaut également pour Jabhat al-Nosra et les autres résidus d’Al-Qaïda ayant prospéré en Asie, en Afrique ou en Europe. 

Pourquoi un tel étonnement, sinon une telle cécité ? La réponse est pourtant aussi claire et limpide que La Lettre volée d’Edgar Allan Poe, posée là, sous nos yeux, alors que personne ne veut vraiment la voir… Les experts militaires américains, qui donnent le « la » en matière de « guerre contre la terreur » depuis quatorze ans, l’ont dit, redit et écrit : il ne s’agit nullement d’éradiquer le terrorisme, d’en neutraliser définitivement les protagonistes, de casser définitivement ses inspirateurs et d’en assécher les financements. L’objectif principal est de « gérer » son développement, ses mutations et l’évolution de sa cartographie afin d’accompagner la reconfiguration, la modernisation et la diversification de l’hégémonie stratégique, économique et politique des Etats-Unis et de leurs alliés. 

En août dernier, le président de la République française - à l’unisson avec ses homologues américains, britannique et allemand -, l’a expliqué très clairement à ses ambassadeurs : « la guerre contre Dae’ch va durer dix, quinze ou vingt ans ». Cette fatalité de la longue durée correspond, non pas à une espèce de complot centralisé ni à une conspiration globale, mais s’inscrit dans la logique d’un « procès sans sujet », conforme aux motivations, aux stratégies et aux intérêts de la mondialisation néo-libérale. Cette incapacité à éradiquer Dae’ch est d’autant plus assumée par les grands décideurs mondiaux qu’ils savent parfaitement que l’action militaire extérieure n’est qu’un segment limité de la panoplie contre-terroriste. Ils savent tout aussi pertinemment que Dae’ch ne pourra être éradiqué durablement sans « assécher » politiquement et idéologiquement l’extrémisme sunnite dont les bailleurs de fonds sont devenus nos meilleurs partenaires commerciaux. Dae’ch est une chose, les affaires en sont une autre : vive la « politique sunnite » de François hollande et Laurent Fabius ! 

Orphelines de l’ennemi communiste, les officines stratégiques du Pentagone, leurs tutelles politiques et les industries de défense occidentales de l’après Guerre froide (garantissant des millions d’emplois et de sous-traitants) devaient impérativement - au risque d’entrer en déshérence -, trouver une autre figure du « mal », définir une menace « globale », autrement dit se fabriquer un nouvel ennemi commun. Ce fût chose faite dès le 11 septembre 2001. Là encore, soyons clairs : il ne s’agit pas de céder à la moindre tentation des théories conspirationnistes et autres « effroyables impostures » ayant fait florès après l’effondrement des tours du World Trade Center, mais bien de restituer rigoureusement pourquoi et comment les administrations Bush successives et celles qui suivirent, ont magistralement « utilisé » cette tragédie afin de pousser leurs pions. 

A l’époque, plusieurs économistes réveillés relevaient que le budget du Département américain de la Défense avait enregistré ses hausses les plus importantes depuis la guerre de Corée. Avec un certain étonnement, les mêmes constataient que George W. Bush - digne héritier de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher -, adepte d’un monétarisme des plus classiques et de toutes les recettes les plus libérales, s’était brusquement converti à une politique budgétaire farouchement keynésienne ! En effet, les attentats du 11 septembre 2001 ont fortement contribué à la relance de l’économie américaine qui marquait alors le pas. Mais ce bon usage de la terreur ne profita pas qu’aux seuls investisseurs américains et devait impulser une nouvelle révolution dans les affaires militaires qui s’esquissait depuis la fin des années 90. 

Dans les amphithéâtres de l’US-Army-War-College de Carlisle en Pennsylvanie, des professeurs de stratégie militaire commençaient alors à populariser un nouveau concept en quatre lettres pour résumer le monde : VUCA, pour Volatility, Uncertainity, Complexity, Ambiguity. Dans le monde de la fin des années 90, ces experts nous expliquaient que toute espèce de projets et d’actions étaient devenus « volatiles ». Par conséquent, chaque option stratégique était appelée à changer extrêmement rapidement, la visibilité à moyen terme n’étant pas seulement devenue « incertaine », mais proprement impossible. La « complexité » des interactions, des facteurs d’influence et des acteurs devenait la norme, l’ « ambiguïté » étant désormais la règle et non plus l’exception. 

Et toujours très positifs, nos amis américains se félicitaient que dans un tel monde devenu « VUCA », l’incertitude ne constituait nullement un problème, mais présentait au contraire une chance à saisir comme levier d’innovation et de performance. « Les acteurs qui réussissent », affirmaient ces professeurs, « sont ceux qui investissent dans la connaissance de soi, cultivent le succès collectif et encouragent l’agilité et la fluidité efficaces ». La loi de la variété requise, développé par R. Ashby en 1956 (dans An Introduction to Cybernetics) stipule que seule la « variété » peut répondre à la variété. En d’autres termes : plus une personne ou un système génère et active « sa diversité », plus elle est capable de s’adapter aux changements provenant de son environnement et d’assurer son existence. Appliquée à VUCA, cette loi nous enseigne que seul VUCA sait répondre à VUCA. 

Les nouveaux chefs (militaires, économiques et politiques) doivent donc incarner un « projet de sens » qui libère les engagements tout en laissant s’exprimer les ruses de la volatilité, comme autant d’opportunités à saisir et à utiliser afin de promouvoir des « changements incessants ». L’incertitude invite ces chefs à profiter des situations inédites pour apprendre… Au lieu de renforcer les procédures de contrôles connues et des actions propices à la reproduction du système en vigueur. Ils « trouvent alors le courage de créer des espaces de liberté, de créativité et d’expérimentation rapide ». La complexité oblige les acteurs clés à coopérer et à privilégier le succès collectif. Pour saisir la complexité d’une situation, ses multiples enjeux et ses différents leviers, il est obligatoire de créer des groupes divers, transversaux et hétérogènes. Pour trouver des solutions véritablement innovantes, il s’agit donc de travailler en grand groupe, d’oser le chaos provisoire, de privilégier l’expérimentation ciblée au lieu de déployer un plan convenu. Sont alors privilégiées « les dynamiques alternatives ». L’ambiguïté se manifeste à travers des figures ambivalentes, par la non-cohérence d’un projet, le mélange des responsabilités, les multiples interprétations d’un concept. Cette ambiguïté doit devenir la culture dominante des nouveaux chefs : celle consistant à vivre avec une variété de solutions au lieu de s’attacher à l’obsession de la clarification, à la recherche d’une cohérence, ainsi qu’à celle d’une quête de « la » solution à déployer. Dans un monde VUCA, rien n’est acquis d’avance, rien n’est durablement stable et tout est opportunité ! 

Enfin, nos professeurs édictaient cinq principes à l’usage des nouveaux chefs voulant réussir « dans la joie » : 1) dans un monde VUCA, l’agilité d’une organisation se débloque en passant de la réaction à l’action par le « sens » ; 2) dans un monde VUCA, tout se transforme quand le système se libère d’une obsession de performance opérationnelle pour privilégier la recherche d’excellence relationnelle ; 3) dans un monde VUCA, le chaos devient créateur, le vide faisant place à de nouvelles solutions ; 4) dans un monde VUCA, l’individu peut se sentir perdu mais l’intelligence collective en action s’affirmera comme le nouveau levier de performance ; 5) Dans un monde VUCA, la notion de « leadership » est renversée pour laisser place à la puissance d’une nouvelle posture … celle du « Followership ». Bref, dans ce meilleur des mondes possibles, les chefs et, en définitive tous les acteurs qui savent conjuguer la joie et le « sens » vont être en mesure d’inventer des formules inédites de performance. 

C’est presque aussi bien que La Richesse des nations d’Adam Smith et c’est à Donald Rumsfeld - secrétaire d’Etat à la Défense (2001-2006) - que l’ont doit l’application de cette idéologie aux affaires militaires. Sans y changer une seule virgule, la première administration Obama renonçait ainsi aux réponses classiques : les guerres conventionnelles et de contre-insurrection. On assistait alors à des redéploiements élargis dans les zones économiques et stratégiques considérées prioritaires pour les grandes sociétés (armements, aéronautiques, BTP et infrastructures, etc.). Enfin, selon un officier général des Forces spéciales, le Pentagone cherchait à maintenir autant que faire se peut la « clandestinité la plus totale afin de privilégier des campagnes médiatiques et de communication parfaitement maîtrisées ». 

En juin 2014, dans une conférence publique tenue à Beyrouth, nous expliquions alors, que cette « non doctrine » militaire s’articulait sur sept piliers : 1) montée en puissance des forces spéciales ; 2) prééminence du renseignement ; 3) extension de la géographie des drones ; 4) choix de la cyber-guerre ; 5) développement d’ « armées de substitution » ; 6) formation et manœuvres avec les partenaires ; et enfin 7) médiatiser et communiquer. Ce dernier pilier chapeaute l’ensemble ! Le plus vieux métier du monde ! Pour qu’elle atteigne ses objectifs, toute opération militaire doit être non seulement comprise mais aussi « partagée » par les opinions publiques du ou des pays qui la mènent. Sont alors appelés en renfort les bataillons de journalistes « embeded » chargés d’expliquer et de diffuser les raisons et le phasage de la « guerre juste », forcément juste. Au hardpower des armées doit s’adjoindre organiquement le softpower -madame Clinton préfère parler de smartpower -, des journalistes, des « experts » et autres « communicants ». Ces sept piliers requièrent, non pas la « sagesse » de Lawrence d’Arabie, mais une transparence imposée, c’est-à-dire opaque, la clandestinité et le secret. 

Dans le meilleur des mondes VUCA possibles, Dae’ch, Al-Qaïda, Nosra et les autres ne peuvent et ne doivent pas être éradiqués parce qu’ils sont absolument nécessaires à la reconfiguration permanente du « sens », de la « joie » et des « profits » des nouveaux chefs militaires, économiques et politiques du monde. Sur le plan intérieur, les recettes VUCA servent tout aussi bien à déconstruire les frontières nationales, le droit du travail et toute autre loi garante du contrat social des vieilles républiques pour nous convertir aux fluidités multiples d’une mondialisation heureuse où tout devient possible et principalement le retour à l’état de nature où règne, en définitive, la loi du plus fort. 

Lorsque notre ami Alain Joxe souligne, à juste titre, que les Etats-Unis ont régulièrement perdu les guerres asymétriques qu’ils ont déclenchés depuis la fin de la Guerre froide, il n’en tire pourtant pas la conclusion ultime : ces défaites apparentes sont en réalité des victoires inestimables pour les stratèges du Pentagone, de Tel-Aviv, de Wall Street, de la City et de Bruxelles. D’un état de non guerre conventionnelle, les délices du monde VUCA nous embarquent dans celui d’une guerre asymétrique généralisée, permanente et nécessaire. 

vendredi 15 septembre 2017

Les bobos et la carte scolaire

C'est enfin prouvé : pour réussir sa carrière en entreprise, il vaut mieux être stupide

Image issue du film « Idiocracy », Mike Judge, 2006.

Tous les ans, des milliers de jeunes Français surdiplômés se pressent vers les plus grandes entreprises de ce pays pour utiliser leur gros cerveau transpirant de business plans afin de modeler le monde à leur image – et gagner un maximum de blé. Ces femmes et ces hommes, prêts à conquérir l'univers grâce à leurs brillantes idées – tel que « Et si on changeait le logo ? » – se retrouvent dans un monde qu'ils pensent connaître, mais surtout dans lequel ils estiment pouvoir faire office de messie. Ce n'est pas vraiment de votre faute, l'école vous a répété pendant toutes vos études à quel point vous étiez important et que les entreprises allaient se battre pour vous. C'est vrai, mais visiblement ce n'est pas vraiment pour votre intelligence qu'elles le feront.

En fait, ce serait même l'inverse, puisqu'il y a de grandes chances que votre évolution dans le monde de l'entreprise soit plus simple si vous êtes stupide. C'est ce que met en évidence un professeur de l'université de Londres, André Spicer, dans le livre The Stupidity Paradox publié cette année. L'étude a porté sur des centaines de jeunes travailleurs – tous intelligents et surdiplômés – et des dizaines d'entreprises. Ce « paradoxe de la stupidité » – qu'il résume dans un article pour le magazine Aeon – consiste à démontrer que dès qu'un jeune diplômé intègre une entreprise, on lui demandera plus ou moins de débrancher son cerveau.

C'est ce que me confirme Spicer, contacté par mail : « Ils embauchent des tas de jeunes surdiplômés, mais ils doivent débrancher leur cerveau pour faire quelque chose d'idiot. » C'est pour cette raison qu'après avoir reçu le calepin, le stylo et le mug de bienvenue de la part de leur happiness manager, beaucoup de jeunes salariés plongent dans une profonde dépression. Alors qu'ils étaient majors de leur promotion, ces jeunes diplômés finissent par croupir sur une chaise de bureau et s'adonnent à des tâches particulièrement rébarbatives tout en touchant un salaire indécent. Certains appelleront ça « une bonne planque », d'autres plus simplement « un enfer » et quelques benêts diront qu'« il faut bien bosser, non ? ». Aujourd'hui, la moitié des salariés français estiment s'emmerder au boulot. Et cet ennui moderne peut bien sûr faire des ravages, comme me le confirme Étienne, un ami qui a parfois été déçu de ce qu'on lui proposait : « Quand on sort de six ans d'études, ça peut faire un peu chier de passer sa journée à répondre à des mails. »

Image issue du film « Idiocracy », Mike Judge, 2006.
Pourquoi recruter des personnes surqualifiées si c'est pour leur donner des tâches qui ne demandent pas de talent ou de connaissance incroyable ? En fait, les entreprises cherchent avant tout à recruter des gens suffisamment intelligents pour perpétrer le business familial, mais pas assez pour pouvoir le remettre en cause. C'est l'une des premières règles d'une grosse entreprise, comme me l'explique Spicer : « Pour réussir, les grandes entreprises ont besoin de conformisme. Mais pour avoir une bonne image dans le monde extérieur, l'entreprise doit aussi paraître intelligente. C'est là où il peut y avoir un conflit, puisque les gens intelligents refusent souvent le conformisme. »

Ne pas trop réfléchir au boulot empêche assurément de se poser des questions – bien que légitimes – comme « Pourquoi je fais ce boulot ? » ou « Pourquoi mon boss arrive toujours à 11h30 ? » Poser trop de questions remettra en cause l'équilibre de l'entreprise, basé sur une omerta. Remettre son travail en question, c'est remettre en cause des règles bien établies, et donc l'entreprise en elle-même. L'entreprise existait avant vous et existera encore bien après vous, comme une vulgaire table basse. C'est d'ailleurs ce qui fait qu'elle est dépourvue de toute humanité. Sous-entendu : ce n'est pas à vous de tout remettre en question. Spicer confirme : « Vous imaginez si tous les cerveaux d'une entreprise étaient comme "libérés" ? Il est certain que ces gens se poseraient trop de questions sur l'entreprise. Et ça, ce n'est pas bon. »

Mais ce système ne fonctionne que par l'acceptation des salariés eux-mêmes. Comment manager des centaines de salariés qui vont rapidement s'ennuyer et devenir aigris ? Deux solutions assez simples : l'argent et l'infantilisation. Les grosses entreprises payent excessivement bien, offrent des plans d'intéressement et un tas d'avantages grâce à leur comité d'entreprise. Vous croyez vraiment qu'ils font ça parce qu'ils sont sympas ou qu'ils vous aiment bien ? Ensuite, il faut considérer le salarié surqualifié comme un enfant. Que fait-on lorsqu'un enfant s'ennuie ? On lui propose de jouer, évidemment. Il n'y a qu'à regarder le Top 10 des bureaux les plus cool du monde fait par le magazine GQ, qui ressemblent tous à des garderies pour enfants pourris gâtés. Spicer le dit très bien : « On donne à ses surdiplômés des cahiers de couleur, on leur organise des journées où ils peuvent venir déguisés en super-héros et ils ont même une chorale. Certaines entreprises ont dessiné leurs espaces de travail comme de véritables aires de jeux pour enfants, comme Google avec ses toboggans et son bateau pirate. »

Faire le choix d'accepter cette fatalité pourrait même être récompensé. « La stupidité peut payer et vous faire grimper les échelons. Personne ne veut être celui qui fait des réunions interminables simplement pour faire le malin », plaisante Spicer. En acceptant de jouer le jeu, vous n'avez donc aucun avis ou volonté. Vous êtes là sans vraiment l'être. Par conséquent, si vous ne vous engueulez avec personne, on va donc vous considérer comme un bon leader. Un type qui ne fait pas de vagues. Voilà le paradoxe de la stupidité. Cette notion de leadership est très importante et aussi symptomatique de ce paradoxe. Dans les grandes entreprises, vos patrons (les leaders) utiliseront souvent – pendant ces réunions interminables où aucune décision n'est prise – des expressions comme « vision », « authenticité » ou encore « valeurs ». Vous pourriez presque croire que vous bossez avec une ONG, mais de droite. Sauf que dans les faits, leur journée consiste en grande partie à répondre à des centaines de mails, à participer à des réunions et à faire un « message de rentrée ». C'est tout simplement de la bureaucratie, comme l'expliquait David Graeber. Ce sont des bureaucrates déguisés en leaders. C'est ce à quoi vous tendez à devenir si vous jouez le jeu de cette stupidité.

Peut-on parler de conséquence des bullshit jobs? Assurément. On découvre maintenant que non seulement ces jobs ne servent à rien si ce n'est faire gagner de l'argent à une assemblée d'actionnaires, mais ils sont en plus totalement déconnectés des valeurs de l'école, qui normalement nous poussent à toujours avoir des idées. Mais le problème est aussi systémique. De plus en plus de jeunes font des études supérieures alors que de moins en moins d'emplois le demandent. Le marché du travail est donc inondé de gens diplômés et cultivés – ce qui est très bien en soi –, mais ils font face à des jobs qui « ne demandent que quelques jours d'apprentissage, rien de plus », conclut Spicer. D'où la frustration des jeunes salariés qui se sentent sous-exploités, mais qui l'acceptent.

Le problème, c'est que les grosses entreprises actuelles sont tellement implantées et mazoutées par la bureaucratie qu'elles ne cherchent que des gens capables de perpétuer leur héritage, comme évoqué plus haut. Pourquoi risquer de tout perdre quand on peut simplement continuer de tirer sur la pompe à fric ? En intégrant une grande entreprise, vous devez accepter le fait de n'être qu'un maillon interchangeable qui ne fera rien d'autre qu'une tâche précise que des gens ont décidé pour vous. Il serait même presque hypocrite d'affirmer vouloir entrer dans un grand groupe pour autre chose que pour l'argent, la sécurité et les possibilités d'évolutions logiques, plus que pour le travail en lui-même. Et ce serait tout à fait compréhensible. Quand vous êtes junior, on vous demandera de ne pas en faire trop, et si vous êtes cadre vous n'aurez jamais le courage – ou tout simplement aucun intérêt – de changer quoi que ce soit. Le véreux monde du travail est comme un casino géant où les gens ne viennent que pour gratter le plus d'argent possible avant de partir. Une sorte de manège pour surdiplômés. Et diriger un casino, « c'est comme voler une banque mais sans qu'il y ait de flics. »

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jeudi 14 septembre 2017

Trafic d'uranium - Spécial Investigation

Paris : un voleur à l'arraché entre la vie et la mort, après avoir été roué de coups et poignardé par des témoins


Le pronostic vital d'un homme de 26 ans est engagé après qu'il a été battu et poignardé lundi soir, dans le 10e arrondissement de la capitale. Il a été lynché pour avoir essayé de voler un sac à main. 

Un voleur à l'arraché, poursuivi par des témoins, a été roué de coups et poignardé, lundi 11 septembre dans le 10e arrondissement de Paris, rapporte France Bleu Paris, confirmant une information du Parisien. Son pronostic vital est engagé. 

Ce Tunisien de 26 ans, aidé d'un complice, s'en est pris à la voiture d'un couple de touristes sri-lankais. Le premier a crevé les pneus de la voiture et, pendant que les touristes sortaient pour aller voir, le deuxième s'est emparé d'un sac à main. 

Deux coups de couteau dans le ventre 
Lorsque les touristes ont appelé au secours, dans ce quartier à forte population sri-lankaise, une foule s'est jetée sur le voleur. L'homme a tenté de trouver refuge chez des commerçants, qui l'ont repoussé. Il a été roué de coups de poing, de coups de pied et il a fini par recevoir deux coups de couteau dans le ventre. 

La police a trouvé l'homme à terre, dans un état grave. Il a été transporté à l'hôpital entre la vie et la mort. Son complice est en fuite. L'enquête a été confiée à la police judiciaire.

L’élection présidentielle de 2017 a-t-elle constitué une révolution rose imposée à la France ?


Dans cet ouvrage très documenté, l’auteur détaille les différents aspects de la « révolution de Maïdan » intervenue en Ukraine durant l’hiver 2013/2014 à la suite de la décision du gouvernement ukrainien de ne pas signer un accord d’association avec l’Union européenne et qui a conduit au départ du président Viktor Ianoukovytch et à la mise en place d’une nouvelle équipe, cette fois définitivement pro-occidentale. 

Une révolution organisée 
L’auteur démonte les différentes techniques de déstabilisation mises en œuvre dans le cadre de cette « révolution » ukrainienne : en particulier l’action de groupes armés formés à l’étranger et pratiquant une stratégie de la tension vis-à-vis du pouvoir en place, l’organisation de manifestations de rues très minoritaires mais très médiatisées, l’usage d’Internet comme caisse de résonnance internationale ou l’instrumentation de groupuscules extrémistes et islamistes comme troupes de choc. 

Cette révolution n’aurait donc rien de populaire comme le suggèrent les médias de propagande : au contraire, elle aurait été imposée au peuple par le truchement de minorités agissantes dont l’action n’aurait rien de spontané. 

Théorie du complot ? 
Pourtant cet « EuroMaïdan » présente indéniablement de nombreux traits communs avec les différentes « révolutions de couleur » et les « printemps arabes » qui sont apparus ici et là. Des révolutions qui ont curieusement eu pour effet de déstabiliser les gouvernements considérés comme hostiles aux projets des Occidentaux et des Etats-Unis, notamment celui de poursuivre l’encerclement stratégique de la Russie et de semer le chaos islamiste au Proche-Orient. 

En outre l’auteur fonde sa démonstration sur une profusion de références américaines et otaniennes et notamment la théorisation de la guerre hybride comme moyen de réduire à merci un adversaire. 

Alors quel rapport avec les élections présidentielles françaises de 2017 ? Puisqu’à l’évidence ce ne sont pas des manifestations de rue qui ont porté Emmanuel Macron à la présidence ! 

D’étranges zones d’ombre 
On peut se poser la question parce que la dynamique créée autour de la candidature d’Emmanuel Macron comporte d’étranges zones d’ombre, notamment : 
-l’apparition ex-nihilo d’un leader et d’un mouvement politique surgi de nulle part, créé par Internet et aux financements exceptionnels ; 
-l’utilisation de techniques cognitives sophistiquées au service de la promotion du candidat et de la formalisation de son discours et de ses slogans ; 
-des meetings organisés d’une façon extrêmement professionnelle comme des spectacles ; 
-un soutien médiatique total et sans précédent dans notre pays par son ampleur ; 
-l’action de l’extrême gauche – le service action de l’oligarchie – contre les seuls candidats de la droite
-enfin, compte tenu de la faible mobilisation populaire en sa faveur, l’élection d’Emmanuel Macron n’aurait certainement pu intervenir si la candidature de François Fillon n’avait pas fait l’objet d’une opération de déstabilisation médiatico-judiciaire soigneusement orchestrée, qui l’a écarté du second tour. 

On ne doit pas oublier, en outre, que l’élection présidentielle française intervenait dans un contexte politique marqué par le vote britannique en faveur du Brexit et l’élection de D. Trump à la présidence des Etats-Unis. Un contexte considéré par conséquent comme extrêmement dangereux pour l’oligarchie qui ne voulait en aucun cas que la France lui échappe au surplus. 

La démocratie, un risque pour le Forum de Davos ! 
Cette inquiétude figurait explicitement au cœur des débats du Forum de Davos de janvier 2017, autour du rapport Global Risk 2017. 

Ce rapport pointait en effet comme risque le Brexit, l’élection de Donald Trump et l’échec du référendum de Matteo Renzi en Italie, en affirmant au surplus que les campagnes électorales de ces trois pays auraient « mis en évidence le phénomène de désinformation rapide » des opinions publiques, résultant « d’une fragilisation de la confiance des populations ». 

Les participants au Forum soulignaient alors « le besoin de mieux protéger nos systèmes de contrôle qualité de l’information » et le rapport Global Risks 2017 concluait en affirmant que « les principaux facteurs de risque peuvent être endigués en créant des sociétés plus inclusives basées sur la coopération internationale et une vision à long terme ». 

Derrière ce pathos, on devait donc comprendre que la démocratie constituait un risque pour la superclasse mondiale qui se réunit à Davos, un risque qu’il fallait endiguer grâce à un meilleur contrôle – c’est-à-dire une meilleure censure – de l’information ! 

Jacques Attali, dans une tribune de l’hebdomadaire L’Express, proposera même une réforme constitutionnelle afin de déterminer quels « sujets qu’un seul vote majoritaire du peuple ne pourrait suffire à trancher » et qui « seraient sanctuarisés en les inscrivant dans la Constitution ». Sa tribune s’intitulait d’ailleurs « Sanctuariser le progrès » : ce qui signifie, en novlangue, sanctuariser l’idéologie libérale libertaire et immigrationniste et surtout museler le peuple quand il vote mal. 

Délégitimer toute opposition 
Le Forum de Davos reprenait donc à son compte les accusations formulées par Hillary Clinton justifiant sa défaite par des opérations de désinformation (fake news) conduites par… la Russie. 

Il s’agit, bien sûr, d’un classique processus d’inversion accusatoire puisque ce sont bien les médias mainstream – propriété des puissances d’argent et donc de l’oligarchie qui se réunit à Davos – qui en Occident trompent en permanence la population en imposant le politiquement correct. 

L’idée selon laquelle la population aurait été déstabilisée par les fake news revient surtout à dénier toute légitimité aux scrutins lorsque les candidats de l’oligarchie se font battre. Le concept de fake news sert à supprimer tout ce qui va à l’encontre de l’idéologie dominante ou des candidats sponsorisés par le Système, en accusant ceux qui diffusent une information alternative d’être tout simplement des agents de Vladimir Poutine – ou des fêlés d’extrême droite voire maintenant, tout simplement, des néo-nazis, terme revenant à la mode médiatique. 

Cette attitude d’esprit, assimilable à une véritable propagande de guerre, conduit donc à criminaliser toute dissidence et toute opposition en Europe, comme dans n’importe quel régime totalitaire. 

Le coup d’État post-démocratique permanent 
Les oligarques du Forum de Davos ont donc théorisé, avec la lutte « contre le populisme » et les « fake news », le coup d’État post-démocratique permanent contre la liberté et la souveraineté des Européens. 

Ce coup d’État repose sur la conjonction du pouvoir médiatique et du pouvoir judiciaire car les deux marchent de concert. Le pouvoir médiatique sert à enfermer la population dans une réalité virtuelle, la réalité à laquelle l’oligarchie veut que l’on croie. Il sert aussi à diaboliser tous les dissidents politiques. 

En 2015, le Forum de Davos avait d’ailleurs abordé la question de « l’utilisation des neurosciences comportementales pour améliorer les politiques publiques » et aussi pour « mieux diagnostiquer la pathologie mentale ». Sans doute une démarche… désintéressée, lorsque l’on se rappelle que l’oligarchie affirme par exemple que les dissidents politiques souffriraient de « phobies » maladives ou que les terroristes islamistes seraient des « fous » ou des « déséquilibrés » ! Il s’agit, en clair, de mobiliser les neurosciences afin de mener une guerre cognitive contre les peuples, conformément à l’esprit de la guerre hybride. 

Le pouvoir judiciaire sert de son côté à interdire de décrire le monde tel qu’il est, donc de sortir de la bulle médiatique dans laquelle on veut nous enfermer. Il sert aussi à criminaliser la critique de l’idéologie libérale libertaire et cosmopolite. Il sert enfin à mettre en tutelle les législateurs pour qu’ils ne dévient pas de cette doxa. 

Une Révolution rose en France ?
Or, justement, l’élection d’Emmanuel Macron résulte de la mobilisation de ces deux leviers : 
  • le levier médiatique pour forger son image de présidentiable après avoir forgé celle de « gendre idéal » lorsqu’il était ministre ; et pour censurer toute information pouvant nuire à sa candidature ; 
  • le levier judiciaire pour briser la dynamique de ses concurrents de droite et d’abord celle de François Fillon. Même si ce dernier a effectivement commis différentes erreurs stratégiques dans ce contexte. 
Ces deux leviers ont permis de confisquer l’élection présidentielle à son profit, alors même qu’en nombre d’électeurs inscrits il n’avait pas la majorité. 

L’élection d’Emmanuel Macron a été saluée comme une victoire par la superclasse mondiale : car elle a endigué en 2017 le risque populiste en France. C’était la raison d’être de l’opération même si, par contrecoup, Emmanuel Macron n’est pas un président populaire, comme le montrent déjà les sondages. 

La victoire d’Emmanuel Macron a aussi permis de sauver une partie des politiciens rose bobo qui se trouvaient dévalués : à gauche, suite à la calamiteuse présidence de François Hollande, comme à droite pour leur impuissance. 

Emmanuel Macron était l’homme du Système, poussé par le Système pour que justement on ne puisse pas changer le Système. 

La radicalisation en marche 
Le programme de la République en Marche ! correspond en effet, non pas au renouveau toujours promis aux électeurs à chaque scrutin, mais au contraire à la radicalisation du programme libéral libertaire et immigrationniste des prédécesseurs d’Emmanuel Macron, radicalisation dont on commence déjà à voir les prémisses : 
- Radicalisation dans la mise au pas des médias et dans la censure des journalistes faisant preuve d’esprit critique ; 

- Radicalisation libre-échangiste pour démonter en urgence le droit social, conformément aux vœux du grand patronat ; 

- Radicalisation pour « accueillir » encore plus d’immigrants et avancer dans la voie sans issue de la société multiculturelle

– Radicalisation dans l’écologie punitive aux dépens des seuls Européens ; 

- Radicalisation pour imposer le politiquement correct au prétexte de moralisation de la vie politique qui donnera aux juges et aux ligues de vertu communautaristes le pouvoir de décider qui aura le droit d’être parlementaire ou ministre, conformément à ce qu’avait demandé la Licra. Radicalisation dans la répression des propos dissidents, assimilés à des discriminations ou des provocations et même tenus désormais dans des lieux non publics. 

- Radicalisation liberticide, enfin, résultant de l’introduction des dispositions exorbitantes de l’Etat d’urgence dans le droit commun. 

C’est bien pourquoi la candidature d’Emmanuel Macron a été lancée, soutenue et célébrée par les puissances d’argent et par « l’Etat profond » qui constituent l’ossature de la superclasse mondiale. C’est bien pourquoi ils ont organisé cette révolution rose de 2017. Parce que le projet d’Emmanuel Macron continuera de déconstruire la société française conformément à leurs seuls vœux et intérêts. 

mercredi 13 septembre 2017

Stop PMA : ne fabriquons pas des enfants sans père !


A travers les propos d'Agnès Buzyn, ministre de la santé, ou de ceux de Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité femmes/hommes, le gouvernement Philippe ne cesse d'affirmer sa volonté de légiférer sur la PMA sans père. 

Les femmes célibataires et les couples de femmes ne peuvent prétendre avoir un enfant qui serait, de fait, orphelin de son père. 

Il est hors de question de passer des droits de l'enfant au droit à l'enfant. 

Ne laissez pas le champ libre au gouvernement ! Signez la pétition pour montrer votre détermination à vous opposer à tous les projets de dérégulation de la filiation. 

On ne lâche rien ! 

Cercle Fraternité

PMA...combat déjà perdu ?



Le top départ sur le sujet de la PMA pour « toutes » a été lancé en début de semaine par la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Déjà avant les vacances, un premier coup de sonde avait été lancé profitant de la concomitance entre la « marche des fiertés » et le rapport du CCNE préalablement purgé de ses membres indépendants sur le sujet. L'orchestration est parfaite, organisée par l'univers journalistique, chef de cœur sachant jouer des passions humaines comme d'un violon. D'un côté et de l'autre, on agite le spectre de 2013 et de la Manif Pour Tous. A droite et chez les cathos, on s'insurge comme toujours, reprenant le vieil argument du papa et de la la maman et du droit de l'enfant. A gauche et chez les libéraux, la ritournelle de la liberté, de l'égalité.... Dans les arrières salles, on commence à fourbir les armes, qui pour défourailler du catho, qui pour défendre la famille, qui pour espérer briller en tête de manif, comme en 2013....
Le terrain est posé et chacun du fond de sa tranchée attend le top départ pour continuer le simulacre de bataille débuté il y a cinq ans avec les débats sur le mariage pour tous...
Mais comme en 2013, la partie est déjà perdue si l'on va sur le terrain de l'adversaire. Il faut sortir la question de la PMA du droit et de la famille, pour l'attaquer au cœur. La PMA n'est qu'un avatar de plus de l'idéologie libérale triomphante. Elle ne fait qu'offrir un « produit » à des gens qui ne peuvent pas se le procurer eux même.
C'est le libéralisme qui fait mesurer le bonheur ou l'épanouissement à l'aune de l'individu et non à l'aune de la communauté nationale. Le libéralisme aussi qui réclame la responsabilité de chacun pour ne pas sombrer dans les abus. Toujours le libéralisme qui prône que le meilleur gagne et que les autres survivent comme ils peuvent. La conception même d'un enfant avec la PMA devient sélection artificielle, guidée par la « main invisible » du médecin qui va trier et décider qui aura le droit de vivre, de mourir ou de resservir peut-être plus tard en cas de nouveau « projet parental ».
la conception est planifiée, organisée (souvent même, on oublie de le dire, elle échoue), donnant l'illusion de pouvoir tout gérer, tout conserver pour plus tard. La PMA et la congélation d’ovocytes, ne deviennent -ils pas une valeur d'ajustement dans le plan de carrière de nos nouvelles Wonder Woman ?
La cohérence voudrait non pas que l'on interdise la PMA uniquement aux femmes lesbiennes, et célibataires, mais à tous. C'est une pratique moralement inhumaine, non seulement par la destruction de petits hommes en devenir, mais aussi par toute l'idéologie libérale mortifère que cet acte sous-tend.
Mais les couples stériles, faut-il les condamnées définitivement alors que l'on « sait » faire? La stérilité est un drame, et nous sommes tous confrontés de prêt ou de loin à cette souffrance qui semble si fréquente en notre temps. Mais il s'agit là encore de cohérence, le libéralisme détruit le monde puis créait des prothèses pour aider à y survivre.
Que chaque personne se disant contre la GPA commence à son petit niveau par arrêter de stériliser le monde. L'agriculteur qui utilise des pesticides, l'industriel qui laisse des perturbateurs endocriniens dans ses produits, les femmes qui prennent la pilule et polluent les rivières. Les patrons qui exploitent et stressent leurs employés. Le consommateur qui achète de la nourriture toxique tous les jours, le conducteur qui va prendre sa voiture pour 500m...
Si chaque personne se disant contre la GPA acquière un peu de cohérence intellectuelle et tend à se défaire de l'idéologie libérale, alors la victoire sera bien plus grande et efficace qu'une loi qui peu être supprimée d'un trait de plume une fois le pouvoir atteint.

René Girard, un homme admirable

D’excellents articles de presse ont salué la mort de René Girard. Leurs auteurs se sont concentrés, comme il est normal pour un personnage de sa dimension, sur son œuvre et sa pensée. J’aimerais m’attarder d’abord sur sa personnalité, qui est, d’ailleurs, en rapport direct avec son grand labeur d’anthropologue. René Girard n’a été si profond détecteur des abîmes de l’âme humaine qu’en vertu de sa rare humanité. Spontanément, alors que mon fils venait de m’apprendre son décès, je lui ai répondu par un tout petit message : « Sa mort me touche beaucoup. C’était un homme admirable. » Plus je me souviens, mieux je le revois. Simple, cordial, souriant, foncièrement bon. Je l’avais rencontré dès les années soixante-dix, peu de temps après la publication Des choses cachées depuis la fondation du monde. Celui que Jean-Marie Domenach a pu surnommer « le Hegel du christianisme » n’affichait pas la figure austère d’un grand bâtisseur de système. Et s’il y avait des accents prophétiques dans certains de ses écrits, il ne jouait pas au prophète. Ses yeux pétillaient de malice.
Je n’ai jamais ressenti chez lui la moindre once d’orgueil intellectuel. Cela ne voulait pas dire qu’il n’était pas pénétré de l’importance singulière du travail qu’il avait entrepris, il lui avait consacré toutes ses forces. Mais c’est sa véracité qui lui importait avant tout. Une véracité qui correspondait à son propre cheminement intérieur, à la vérité qui éclairait sa vie. Certains lui ont reproché d’être en somme un apologète du christianisme, ce qu’ils considéraient contraire à la démarche scientifique. Certes, il ne pouvait se défendre d’être chrétien et ce n’était pas sa faute si le christianisme était venu répondre exactement aux questions qu’il se posait. Était-il vraiment rédhibitoire de tenir en même temps un discours complètement rationnel sur l’objet de sa foi et de prononcer le credo du croyant ? Il y avait eu concomitance de la recherche universitaire et de la conversion du cœur. Cette conversion signifiait une adhésion pleine et entière à l’Église catholique, à ses dogmes et à ses lois. Il le dira plus tard sans détour : l’affadissement de la foi, ce n’était pas son genre ! Il fuyait « comme la peste les liturgies filandreuses, les catéchismes émasculés et les théologies désarticulées ».
C’est à Jean-Claude Guillebaud que nous devons le récit de sa conversion. Il l’a confié, en effet, à un livre qui se situe un peu en marge de son œuvre, mais qui n’en est pas moins solidaire. Je ne sais s’il est encore disponible, mais il sera indispensable à la connaissance approfondie de l’homme ainsi qu’à l’histoire de son œuvre. Cette œuvre n’étant pas étrangère à la notion de conversion, y compris dans sa section consacrée à la critique littéraire.
Personnellement, c’est la revue Esprit, alors sous la direction de Domenach, qui m’a fait connaître René Girard, grâce à un numéro spécial consacré à La violence et le sacré. Mais je n’ai vraiment subi le choc d’une pensée, au point de devenir franchement girardien, qu’à la lecture Des choses cachées depuis la fondation du monde. C’était l’aboutissement de la recherche, son couronnement. Après la mise en valeur de la méthode d’analyse mimétique (Mensonge romantique et vérité romanesque) et de la théorie du bouc émissaire (La violence et le sacré), nous étions parvenus à un grand moment de révélation, tout à fait saisissant. Car l’auteur nous faisait redécouvrir la Bible avec un regard neuf, et spécialement les Évangiles, pour atteindre le cœur nucléaire que constituait la Passion de Jésus. Impossible de se dérober, de prendre des chemins de traverse, comme trop de contemporains qui pensent que le message passera mieux si l’on esquive la question centrale de la Rédemption.
À ce propos, mon cas n’est nullement singulier. Je n’ai pas été le seul à avoir été remué, et même profondément troublé par la façon dont René Girard établissait une distinction définitive entre les sacrifices de tous les rituels religieux et la rédemption par la Croix. Mon sentiment est que l’intéressé lui-même a mis un certain temps à trouver les correspondances exactes entre son décapage impitoyable de la violence sacrificielle et la théologie traditionnelle. Il avait quand même de grosses difficultés avec saint Anselme et sa conception très juridique du rachat. Impossible de nier en même temps que cette notion de rachat était énoncée par les trois synoptiques, sans qu’on puisse l’adoucir. Pourtant, Girard était le dernier à vouloir nier que le Christ avait donné sa vie pour le Salut du monde. En aucun cas, il ne désirait amoindrir la réalité de la Rédemption.
Il me semble qu’il a rendu de grands services à la théologie, même si des objections continuent à lui être opposées. Il m’est arrivé de le défendre face à des opposants assez coriaces. J’avais pour moi le renfort inappréciable du cardinal de Lubac, qui m’avait confié le grand intérêt qu’il avait eu à lire un auteur, qui purifiait la théologie de certaines déviations parfois outrancières. Par ailleurs, l’anthropologue a suscité des disciples parmi les théologiens, voire les biblistes, qui ont éprouvé la valeur de son discernement. Un Raymond Schwagen, par exemple, a pu faire, grâce à lui, le parcours complet de l’affinement et même de l’éclaircissement des relations divines avec la violence. Il y a dans la Bible des traces archaïques, attestant le souvenir d’une divinité violente et vengeresse. Il importe donc de discerner l’évolution qui conduira jusqu’à la figure du serviteur souffrant d’Isaïe. L’originalité spécifique de la Bible consiste précisément dans cette conversion. De même, l’essence de la violence apparaît avec la lumière projetée sur la perversité des persécuteurs, qui projettent sur la victime le reflet de leurs propres crimes. René Girard était conforté dans son intuition initiale : « À tous les sacrifices imparfaits d’une efficacité temporaire et limitée, s’oppose le sacrifice parfait qui met fin à tous les autres » (Schwagen, Avons-nous besoin d’un bouc émissaire ?, Flammarion).
On a reproché à l’anthropologue de rationaliser à l’extrême, à travers une théorisation scientifique, l’ensemble de la doctrine chrétienne. De là l’idée d’un Hegel du christianisme. Mais René Girard n’a jamais eu la prétention d’épuiser à lui seul le contenu de la Révélation. Il est vrai qu’il est l’homme d’une intuition fondamentale qui lui a permis de se munir d’un fil directeur pour saisir l’originalité et la nouveauté du christianisme. Mais il était, par ailleurs, le fidèle pratiquant, recevant la parole prononcée par l’Église. Dans l’histoire des idées, on trouverait d’autres exemples de penseurs qui ont donné d’autres fils directeurs dont ils avaient comme l’exclusivité. Celui de René Girard n’était-il pas d’une rare pertinence ? Il n’avait pas pour fonction d’abolir d’autres tentatives d’élucidations anthropologiques ou théologiques. Même la notion de sacrifice en ethnologie est susceptible d’autres développements, comme ceux auxquels était attentif un Louis Bouyer. Par exemple, on peut y voir l’action divine dans sa fonction bienfaisante parmi les hommes et à la source de la vie. À mon sens, cela n’enlève nullement sa véracité à la découverte girardienne qui concerne spécifiquement la violence, c’est-à-dire la blessure profonde dont est affectée l’humanité, et dont seule la Rédemption par la Croix peut nous sauver.

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