mercredi 23 août 2017

Identifié à tort comme étant un suprémaciste de Charlottesville, il se réfugie chez un collègue


Dans leurs recherches, les détectives amateurs se trompent parfois. 

Depuis samedi 12 août, plusieurs personnes tentent de mettre des noms sur les personnes présentes sur les photos des rassemblements d'extrême droite à Charlottesville, en Virginie. Un compte Twitter, @yesyoureracist est d'ailleurs devenu le porte-voix de ce mouvement, appelant ses abonnés à identifier autant de personnes que possible. 

Si plusieurs manifestants ont correctement été identifiés –et certains ont ensuite perdu leur emploi–, ce n'est pas le cas de tous. Le Daily Dot raconte ainsi qu'au moins deux personnes ont été victimes d'une erreur. Parmi elles, se trouve Kyle Quinn, qui travaille dans un laboratoire à l'université d'Arkansas dans le centre de recherche d'ingénierie. 

Dans leur recherche des extrémistes, les détectives amateurs sont tombés sur la photo d'un homme blond portant une barbe, des lunettes et un T-shirt Arkansas Engineering. Rapidement, ils ont fait le rapprochement avec Kyle Quinn. La BBC estime que plus de 11.000 personnes ont retweeté un montage entre les deux hommes, et «d'innombrables personnes ont exigé qu'il perde son travail, l'ont accusé de racisme, et ont posté son adresse sur les réseaux sociaux», explique le New York Times. 

Les menaces continuent 
Craignant pour sa sécurité et celle de sa famille, il s'est rendu avec sa femme chez un collègue, ce week-end. Seul petit problème: ce n'était pas la bonne personne. 
«Pour quelqu'un dont le seul défaut est d'avoir une vague ressemblance avec quelqu'un d'autre –l'homme sur la photo de Charlottesville n'a pas été identifié– M. Quinn subit les conséquences directes de la rapide dissémination d'une fausse information: un rituel habituel dans le monde moderne.» 

Ses tweets n'ont d'ailleurs pas servi à grand chose, continue la BBC, puisqu'il a continué à recevoir des insultes, et des menaces. Si certains ont ensuite corrigé leur erreur, d'autres refusent de le faire ou font comme s'ils n'avaient rien vu. Une fois que le génie est sorti de la lampe, il est compliqué de l'y faire retourner. 

Et comme l'explique un journaliste de Storyful, une agence qui se spécialise dans ce genre de vérifications, il aurait pu être simple de s'assurer que Kyle Quinn n'était pas présent sur place ce jour-là, mais ce genre d'erreurs se produit régulièrement quand des détectives amateurs se lancent dans une enquête.

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Béarn : l’agriculteur a pulvérisé le fourgon des voleurs avec un tractopelle


Les voleurs ont porté plainte. L’agriculteur a justifié sa colère au tribunal par le contexte de vols à répétition que subissent les exploitants 
Un agriculteur a été condamné ce mercredi matin à 3000 euros d’amende avec sursis pour avoir réagi vigoureusement à l’intrusion de deux voleurs sur son exploitation, le 31 juillet dernier. Les deux brigands ont été condamnés à 70 heures de travail pour l’une, 3 mois de prison ferme pour l’autre. 

Les faits ont été rapidement rappelés par le président et n’ont souffert aucune contestation. Chacun convenant de son rôle sans sourciller. Le 31 juillet, Audrey et Quentin, 28 et 30 ans, s’arrêtent à Labastide-Cézeracq, en Béarn, où ils repèrent une batterie dans un champ.

Ils dérobent l’équipement ainsi qu’un panneau solaire. "On cherchait une batterie pour notre téléphone parce que la nôtre montrait des signes de fatigue", a expliqué le jeune homme ce mercredi matin. 

L’agriculteur rentre alors des courses et surprend le manège au fond de son champ. S’ensuit une discussion musclée où l’exploitant dit avoir "fait la morale" au duo. "Ils se sont engagés à indemniser et réparer", a expliqué l’avocate d’Audrey. 

Les visiteurs tentent toutefois de quitter les lieux précipitamment, mais arrachent un câble d’irrigation dans leur fuite. "C’est ce qui m’a mis hors de moi", explique Jean Toulouse-Bergerou. L’agriculteur monte dans un tractopelle et retourne le fourgon d’où la jeune femme s’échappe, puis il pousse le camion dans la rivière voisine. Le fourgon devient épave et les voleurs portent plainte. 

Une quarantaine d’agriculteurs venus soutenir leur confrère au tribunal 
L’agriculteur a exprimé ses regrets mais a expliqué son attitude par le contexte de vols à répétition que connaissent les exploitants. Une quarantaine d’agriculteurs, venus soutenir leur confrère au tribunal, confirmaient son constat après l’audience. "Moi, on m’a pris un quad, un panneau solaire, du petit matériel, des câbles, avance Vincent, de Lacq. On arrive à un point où on ne déclare même plus les vols. Je préfère ne pas me retrouver dans la situation de Jean.' 

Les demandes d’indemnisations des uns et des autres seront analysées d’ici au 16 décembre. L’agriculteur a perdu 7 500 euros de recettes à cause de l’absence d’irrigation. La jeune femme a évalué à 13 000 euros l’ensemble de son préjudice. "Exorbitant", a réagi l’avocate de l’agriculteur qui relativise à la fois le prix du fourgon et l’ampleur de l’émotion ressentie par la jeune femme. 

Dieudonné - Sandrine, Gad Elmaleh et Paul Amar

L.A.Guns - One Way Ticket

C’est donc la perte radicale d’autorité de l’instrument principal et décisif de la politique moderne qu’est l’Etat

« Cela déclare, d’emblée, que la nature du pouvoir est de sauver », écrit Boutang. Dans la pièce d’Eschyle à laquelle il se réfère, Les Suppliantes, il est question des exigences périlleuses de l’hospitalité envers les Danaïdes, ces descendantes d’Europe qui demandèrent asile au roi d’Argos, et du devoir induit de les défendre des poursuivants violents qui prétendent les forcer au mariage et puis les asservir. Bref un monde très ancien. Confronté aux mirages de la paix et à la question des femmes, de leur liberté, de la filiation et de la guerre, le roi d’Argos du moins (il y avait un roi) ne décide rien avant d’avoir interrogé son peuple, puis il se tourne vers cette « pensée des profondeurs » selon Eschyle, qui seule peut restaurer la faculté de sauver. 

Qui seule peut nous sauver (pour ce qu’il reste de nous). Car travesti, usurpé ou démantibulé et comme aboli dans son inconsistance face au risque de mort, « le pouvoir » aujourd’hui nous place à nouveau dans le besoin de cette pensée qui sauve – et dans le déni (ce sont nos doutes), puisqu’il n’y a plus de pouvoir. Déroulant ce qui était en germe il y a quarante ans – l’abandon de souveraineté – la déconstruction européenne a enlevé beaucoup de prérogatives aux États ; elle a prôné l’effacement de leurs frontières et permis le développement de forces locales ou transnationales qui n’observent pas leurs lois ou qui les entravent, retirant son sens à l’idée même de territoire ; le droit trouve sa source au dehors désormais ; la monnaie et le crédit se sont affranchis de la souveraineté ; la culture et l’éducation ont aboli ou falsifié leur vocation de transmettre ; la pérennité constitutive de la nation, ruinée par les désastres du « planning familial » et du mariage, sombre dans le défi d’une immigration hostile à l’héritage européen. 

Au bout de quarante ans, cette politique a échoué (c’est le Brexit) dans le déclin industriel et paysan, le désœuvrement de masse, l’endettement de l’avenir, la dépopulation et l’insoutenable légèreté de nos contemporains, leurs querelles de famille, les productions idéologiques subventionnées, la mièvrerie et l’inculture du nihilisme. Tandis que la légitimité des grandes institutions s’effondrait, des lignes symboliquement tracées pour policer les relations internationales ont été effacées devant les potentats arabes, perses ou anatoliens, mais on en a creusé d’autres contre des pays européens émancipés du communisme (serbe, polonais ou russe), qui retrouvaient leur foi chrétienne [...]. L’Europe après l’invention de nouvelles idéologies (ou hérésies) puissamment mortifères et deux guerres autodestructrices s’est livrée à ceux qui la vidèrent méthodiquement de sa substance et qui, au lieu de lui imaginer un avenir conforme à sa vocation, organisèrent avec de creux slogans une détestation identitaire qu’ils voient se retourner contre eux, de Calais à Sisco. L’affaiblissement des gouvernements et des représentations nationales a rendu les décisions publiques opaques, sans leur offrir de prise réelle sur les peuples. La politique est devenue inintelligible, alors même qu’elle s’est réduite à un prétendu art de « communiquer ». Chacun sent que la violence réalise en fin de compte la promotion des « modérés » qui en tirent argument pour continuer le travail de sape. La paix valeur absolue s’évanouit et une guerre civile froide, ou tiède, s’installe implacablement. La notion même d’État paraît avoir perdu son attrait, comme tant de choses fragiles et vitales chez les enfants gâtés de l’après-guerre. « La gouvernance qui s’enveloppe du manteau européen se ramène à l’exercice d’un commandement par un appareil entièrement détaché de l’ordre politique », écrit Pierre Manent, et « le fait majeur de la situation, qui pousse ses conséquences dans tous les domaines et toutes les directions, c’est donc la perte radicale d’autorité de l’instrument principal et décisif de la politique moderne qu’est l’Etat ». 

Olivier Véron, Préface à Reprendre le pouvoir de Pierre Boutang.

mardi 22 août 2017

Arnaques sentimentales. « J’ai fait une erreur, mais je la paie cher »


De jeunes et beaux Sénégalais deviennent les amants d’Européennes, célibataires et plus âgées. Ces aventures intéressées aboutissent parfois à des mariages qui finissent mal. Témoignage d’une Bretonne qui s’est mariée et qui peine à divorcer. 
« J’ai rencontré Joseph (1) à Saly (station balnéaire au sud de Dakar) il y a près de sept ans. À l’époque, j’avais l’habitude de me rendre au Sénégal. J’avais entendu parler d’hommes plus jeunes qui séduisaient des femmes plus âgées. Ce n’est pas ce que je recherchais. Et puis, il y a eu Joseph, beau, séduisant, de vingt ans plus jeune que moi (2). Nous avons débuté une relation. Je me suis alors rendue au Sénégal deux à trois fois par an. À chaque fois, je restais deux ou trois semaines.

Il me traitait comme une princesse. Il ne voulait même pas que je fasse le ménage de la maison que je louais. Il n’avait pas de métier, vivait du système D, mais j’étais séduite. Au bout d’un an, nous sommes passés devant le chef de quartier qui a validé un premier mariage coutumier. Cela n’avait aucune valeur légale, mais c’était important pour sa famille. Le 30 août 2013, nous nous sommes vraiment mariés à Mbour. J’avais auparavant établi un contrat de mariage devant notaire et en sa présence pour préserver mes biens : un appartement et un bien de famille.

Lors de mes venues au Sénégal, il arrivait qu’il me demande de l’argent, que je lui paie le permis. Je n’avais pas voulu. C’était aussi ma façon de tester son attachement à moi. Lorsque je débarquais, il demandait parfois si j’avais un cadeau pour lui. Je lui répondais : c’est moi, le cadeau. Le mariage a été une suite logique de notre relation.

Une aide de 700 € par mois 
Joseph est venu me rejoindre en France en janvier 2014. Notre projet de vie était alors de vivre ici jusqu’à ma retraite - il me restait alors cinq ans à faire - et que nous retournions ensuite au Sénégal. Je l’ai d’abord emmené dans ma famille, puis à Paris. La capitale ne l’a pas tellement intéressé. Puis nous nous sommes installés dans mon appartement. Sa première réaction fut : « Tu n’as pas d’écran plat ? » 

Son attitude a alors rapidement changé. J’avais cessé d’être une princesse. Pour mon mari, je n’étais plus que vieille et moche. Au bout de trois mois, nous faisions chambre séparée. J’avais interdiction de m’habiller en robe. Il me réveillait à 2 h du matin parce qu’il avait faim, pour lui faire à manger. Ou pour que je lui donne de l’argent pour qu’il aille en boîte de nuit. Sans moi naturellement. 

Puis, je lui ai trouvé un travail dans un élevage de porc. Nous ne nous voyions alors plus que le week-end : je lui faisais les courses, son ménage… Début 2015, nous nous sommes entendus pour entamer une procédure de divorce. Mon mari a fait traîner les choses. Finalement, fin 2016, un juge aux affaires familiales a décidé que je devais lui verser 700 € par mois (il avait demandé 900 €), au titre de l’aide au secours. Et ce, jusqu’à ce que le divorce soit prononcé. Ce qui n’est toujours pas le cas. Combien de temps cela va durer ?

« Je ne peux plus payer » 
Aujourd’hui, je ne peux plus payer cette somme et j’ai du mal à subvenir à mes besoins. Il est trop tard pour faire appel et j’ai dû mettre mon appartement en vente dont je rembourse encore le crédit. Mon mari, lui, pendant ce temps-là, fait encore traîner la procédure alors qu’officiellement, puisque j’ai déclaré que nous ne vivions plus ensemble, il a l’obligation de quitter le territoire. 

Certaines personnes sont surprises que je parle de lui en prononçant « mon mari ». Mais je ne peux nier cette évidence. On a vécu sept mois ensemble. Pour moi, c’était mon premier mariage et ce sera le seul.

Je sais que j’ai fait une erreur. Je pensais pourtant avoir pris suffisamment de garanties en effectuant ce contrat chez un notaire, en testant notre relation durant deux ans… Mais finalement, cette erreur, je la paie vraiment cher ! Et si je témoigne aujourd’hui, c’est pour que d’autres femmes ne se fassent pas avoir. »
(1) : prénom d’emprunt. (2) : cette Bretonne a 58 ans actuellement.

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LA PRISE DE TOLÈDE

Dans la nuit du samedi au dimanche, quelques éléments avancés des troupes nationales font une incursion à l'intérieur de Tolède, afin de se rendre compte des risques de résistance. Mais les Rouges ont déjà presque tous évacué la ville. Le général Varela fait couper, au nord, toutes les communications avec Madrid, et l'attaque a lieu dans la journée du 27.
     Au matin, la colonne centrale attaque de face, pendant que la colonne du colonel Barron barre les routes du Nord, et qu'une troisième colonne, suivant le Tage, tient les ponts d'Alcantara et Saint-Martin.
     A 10 heures et demie, la colonne centrale du colonel Asensio Cabavilles attaque, ayant en tête le premier tabor des regulares de Tetouan et la cinquième bandera du Tercio, commandés l'un par le commandant de Oro, l'autre par le capitaine Tieden. Les troupes chargent à la baïonnette, sous une violente fusillade. Maison par maison, la lutte continue, acharnée.
     Le commandant Barcelo voulait abandonner la ville dès la veille, mais ses hommes, qui se sont défendus avec un beau courage, ont refusé de laisser la place aux nationalistes. La porte de Visagra est forcée à une heure de l'après-midi, à l'instant même où la colonne Barron atteint le Christ de la Vega. Dès que les Cadets de l'Alcazar voient entrer les soldats du commandant Muzzin (le premier qui ait franchi ses remparts), ils commencent à mitrailler les miliciens qui se trouvent pris entre deux feux. 
     A 8 heures du soir, on se bat encore dans les rues de Tolède. Les Rouges ont perdu près de mille hommes au cours de la journée ; les autres se sont enfuis par le pont Saint-Martin, où ils se sont ouvert un passage à coups de fusils.
     L'Hôtel de Ville tombe à 9 heures ; puis, à 9 heures et quart, l'événement merveilleux, inouï, à quoi le monde n'osait plus croire, le fait indicible arrive, avec la simplicité surprenante, l'humilité magnifique de toutes les choses vraiment grandes. Dans la nuit noire, les Cadets de Tolède, les gardes civils, les phalangistes, les femmes, les enfants et jusqu'aux bêtes, tous sortent en désordre des ruines encore fumantes de l'Alcazar et se jettent dans les bras de leurs libérateurs !
     Les femmes s'agenouillent, se signent, les hommes s'étreignent, se congratulent, battent des mains, en criant : Viva España ! Puis ils guident leurs sauveurs vers ces souterrains, témoins de tant de misère et de patience ! On leur montre les deux enfants nés pendant le siège, et dont l'un, fils d'un sergent de la garde civile, joint à son prénom chrétien de Ramon, le prénom espagnol d'Alcazar-Restituto.
     On voudrait que ces malheureux sortissent tout de suite de leurs tragiques catacombes, mais il y reviennent malgré eux : ils semblent ne plus pouvoir les quitter ! Habitués à vivre là depuis des jours et des jours, sous les bombardements qui brisent les nerfs, annihilent la pensée, ce calme subit, inattendu, les étourdit, les affole ! Il ne leur semble pas possible que ce soit vraiment fini ! Parmi tous ces êtres hirsutes, loqueteux, comme hébétés par ce qui leur arrive, on voit soudain surgir le cheval de course du capitaine Silio. Efflanqué, squelettique, le pauvre animal qui fut jadis un splendide pur sang, ne sait où poser ses pattes : il n'avance qu'en titubant, tourne en rond, l'air hagard, au milieu des décombres... Lui non plus ne veut pas quitter l'Alcazar !
     Les assiégés vont, ce soir, y faire le plus beau festin de leur vie. Pour ce banquet de la libération, on tue les dernières mules (il en restait quatre, qui eussent permis de tenir six jours encore, à raison de deux cents grammes de viande par personne) ; on met en perce un tonneau de cerveza, et l'on débouche la bouteille de Xérè qu'on a gardée pour l'offrir à celui qui entrerait le premier dans l'Alcazar. 
     Puis tous s'endorment, pour la première fois sans angoisse, sous la protection de leurs frères d'armes.

     Quand le colonel Moscardo a dû tout à l'heure rassembler ses officiers et ses soldats dans la cour de l'Alcazar, pour recevoir le général Varela, il s'est avancé vers lui, puis, au garde à vous, il l'a salué par ces mot :
     - Ici, rien à signaler, mon général.

Henri Massis et Robert Brasillach, Les Cadets de l'Alcazar

Police impériale, guerre sociale

La violence policière est une production rationnelle, structurée par des rapports de force économiques, politiques et sociaux, dont l’Etat assure la régulation technique. Elle est au centre d’une mécanique de gouvernement des indésirables et des misérables, des damnés et des insoumis. 
     L’Etat français déploie ses troupes et expérimente la guerre policière aux côtés d’autres armées impériales en ex-Yougoslavie, en Afghanistan ou en Libye. L’extension et la restructuration sécuritaire des grandes villes françaises constituent la dimension intérieure de ce phénomène à l’œuvre dans l’ensemble des grandes puissances impérialistes à travers le réseau des villes mondiales. « Avec leurs marchés boursiers, leurs technopoles, leurs salons de l’armement et leurs laboratoires d’Etat dédiés à la recherche sur les nouvelles armes, ces villes sont les cerveaux du processus actuel de mondialisation dans lequel la militarisation joue un rôle majeur » indique Stephen Graham. La géographie critique de l’impérialisme montre que le processus qui se développe sur le sol français procède effectivement d’un phénomène global. Les travaux de Lorenzo Veracini mettent en évidence l’emploi récurrent de techniques et d’imaginaires coloniaux dans les modes de gestion et de développement des villes mondiales d’Europe et d’Amérique du Nord. Ils mettent en question la « distinction classique entre le visage extérieur et le visage intérieur de la condition coloniale » dans les grandes puissances impérialistes. Stephen Graham fournit plusieurs observations décisives pour intégrer le cas français dans la situation globale. « Alors que les espaces et les réseaux de la vie urbaine sont colonisés par les technologies de contrôle militaire et que les notions de guerre et de maintien de l’ordre, de territoire intérieur et extérieur, de guerre et de paix, sont de moins en moins distinctes, on constate la montée en puissance d’un complexe industriel englobant la sécurité, la surveillance, la technologie militaire, le système carcéral, le système punitif et le divertissement électronique ». Graham précise : 

Le fait que ces complexes industrialo-sécuritaires fleurissent parallèlement à la diffusion des idées d’organisation sociale, économique et politique chère aux fondamentalistes du marché n’a rien d’accidentel. Les inégalités extrêmes, la militarisation urbaine et l’obsession sécuritaire alimentées par le néolibéralisme se nourrissent mutuellement. 

La conjugaison d’une industrie de la violence militaro-policière et de la restructuration urbaine semble elle aussi relever d’un processus global où les puissances impérialistes s’allient ou rivalisent entre elles. Kanishka Goonewardena et Stefan Kipfer parlent « d’urbicide » pour désigner la démolition systématique au bulldozer de maisons et de villes palestiniennes par l’État israélien, l’anéantissement de Falloujah et d’autres villes résistantes en Irak par la coalition occidentale, ou la démolition de campements, bidonvilles et quartiers populaires, partout dans le monde. 
     Mais les classes populaires ne se laissent pas balayer ou exploiter sans combattre. Nous avons vu comment, partout où elle frappe, la violence policière se montre incapable de soumettre les damnés complètement et durablement. Elle n’est pas la manifestation d’un Etat tout puissant mais celle d’un pouvoir illégitime que les insoumissions mettent dans l’impossibilité récurrente de gouverner sans contraindre. Ce pouvoir illégitime doit s’étendre et se renforcer pour ne pas s’effondrer et pour surmonter ces crises politiques et économiques. L’économiste Michal Kalecki a analysé dans les 1970 le phénomène de keynésianisme militaire qui consistait à restructurer le capitalisme sur la base des dépenses militaires, du développement de l’industrie et des marchés de la guerre et des armes. Nous pouvons considérer les aspects intérieurs de la restructuration contemporaine comme une forme de keynésianisme sécuritaire, un programme de résolution des crises du capitalisme, investissant dans l’industrie du contrôle, de la surveillance et de la répression. 
     L’impérialisme sécuritaire est conduit à poursuivre une expansion dangereuse pour lui-même. Son discours pacificateur est à la fois une propagande, une publicité et mise en scène ; ce système multiplie en réalité les champs de bataille et ses nouvelles prisons deviennent elles-mêmes des fronts de la guerre sociale
     Le géographe David Harvey observe ce phénomène sur la scène internationale : 

La poursuite des politiques néolibérales au niveau économique [...] implique une poursuite si ce n’est une escalade de l’accumulation par des moyens différents, c’est-à-dire de l’accumulation par dépossession. Le développement permanent de la résistance globale, auquel le pouvoir étatique répond par la répression des mouvements populaires, est certainement son corollaire externe. Cela implique la prolongation du conflit de basse intensité qui domine l’économie mondiale depuis une vingtaine d’années, voire plus, à moins qu’une issue au problème de la suraccumulation globale puisse être trouvée. 

Mathieu Rigouste, La domination policière

lundi 21 août 2017

Définition de l’anarchie selon Gabriele Adinolfi

« Celui qui ne supporte pas les obligations imposées par le Léviathan. Le véritable anarchiste, non un capricieux qui se fait passer pour un rebelle, est, entre tous, le plus proche du fasciste, qu’il le veuille ou non. En témoignent différents éléments : le caractère, le rejet des règles imposées et le destin commun de bouc expiatoire. 

Gabriele Adinolfi, Tortuga, l’isola che (non) ce

Gaspard Proust - Les religions

Gaspard Proust - Les religions from serge poznanski on Vimeo.

Pourquoi les islamistes de l'UOIF appellent à voter MACRON

D'un côté la prison pour l'esprit, de l'autre la liberté. Je choisis la liberté


En cinéma, ce n’est même pas de 1968 ou de 1963 que je daterais le schéma auquel la plupart des producteurs, réalisateurs et critiques se réfèrent, mais de 1958. Cette année-là sort sur les écrans Les Tricheurs de Marcel Carné. Un beau film qui met en scène de jeunes dandys parisiens désœuvrés fréquentant le Bonaparte et les caves de Saint-Germain-des-Prés, écoutant du jazz, buvant des scotchs, grillant les feux rouges en scooter et baisant sans complexe. Dans cette œuvre légère et tragique, les garçons sont aisés et les filles faciles.
Le film fait scandale. Le metteur en scène est publiquement pris à partie par des militants de l’Union des étudiants communistes qui l’accusent d’avoir donné de la jeunesse une image réductrice, celle d’une classe bourgeoise sans idéal, blasée, irresponsable. Ça, c’est l’argumentaire officiel. Sur le fond, la Rive gauche satello-sartrisée reproche à Carné ce qu’elle vomit à la même époque chez les hussards en littérature : un détachement politique certain, un refus de se prendre au sérieux, du cynisme, de l’humour. Mais déjà à l’époque il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas.
Quand une amie un peu nympho de l’héroïne croise le frère de celle-ci qui est garagiste, que lui dit-elle ? « Ton frère est la preuve vivante qu’il conviendrait de se pencher un peu plus sur la classe ouvrière ». Quand l’un des héros s’entend demander s’il compte se lancer dans la politique puisqu’il vient de prendre sa carte au Parti, que répond-il ? « T’es dingue ! C’est juste pour faire râler mon père. » Quand une jeune fille se voit proposer la botte avec un jeune existentialiste, que rétorque-t-elle ? « Les intellectuels, c’est jamais une bonne affaire. » Autant de répliques insupportables pour une intelligentsia dont le cri de ralliement est : « Engagez-vous, rengagez-vous. » Pour le FLN, pour le tiers-monde, contre l’Amérique, contre le patronat, etc.
Plus de quarante ans se sont écoulés depuis cette affaire, mais producteurs et critiques influents se comportent de nos jours comme les petits soldats de l’UEC. Pour eux, un film, avant d’être source de plaisir, de rêve, de détente, est un outil politique, idéologique ou social. Une arme. Un reflet, voire un prolongement de la société telle qu’elle est : dure, féroce, injuste, pleine de sexe et de drogue – ces deux voyages tant prisés par Mai 68, sans doute parce qu’ils lui ressemblent, étant sources de plaisir et de déceptions, d’illusions et d’amertume, de bonheur et de drames.
La polémique qui oppose chroniquement cinéastes et critiques français – automne 1999 avec l’affaire Patrice Leconte – n’est au fond que l’illustration de ce vieux réflexe. Quand Télérama, Libération ou Le Monde crient au génie devant Marius et Jeannette, La Vie rêvée des anges, Cités de la plaine ou Rosetta et hurlent au scandale devant La Bûche, Les enfants du marais ou C’est quoi, la vie ?, il ne faut y voir que le prolongement du débat UEC-Carné. D’un côté des films « à message » (célébration du pauvre, de l’ouvrier exploité, du marginal, de l’exclu) ; de l’autre des œuvres mettant en scène, non sans drôlerie, la famille, l’amitié, les traditions, toutes valeurs normatives d’inclusion. D’un côté une forme de militantisme, désormais plus social que politique, chute du mur de Berlin oblige ; de l’autre une forme de détachement. D’un côté réalisme froid (Baise-moi, de Virginie Despentes, en est le symbole suprême) de l’autre un esthétisme réchauffant. D’un côté la prison pour l’esprit (mauvaise conscience, compassion, etc.) ; de l’autre la liberté. Je choisis la liberté.

Maos, trotskos, dodo, Jean-Christophe Buisson

dimanche 20 août 2017

Italie : un infiltré révèle les liens troubles entre une ONG et des passeurs


Le navire "Juventa" qui vient en aide aux migrants en Méditerranée est accusé d'entretenir des rapports troubles avec les passeurs.

On connaît les raisons de la mise sous séquestre du navire "Juventa", le 28 juillet à Lampedusa (Sicile) : une "taupe" infiltrée a dévoilé les liens douteux qu'entretient ce navire sauveur de migrants, et appartenant à l’ONG allemande "Jugend Rettet ", avec les passeurs. 

Certaines ONG qui opèrent au large de la Libye et qui transportent dans les ports italiens des centaines de Maliens, Nigérians, Syriens (95.811 depuis le début de l’année) étaient déjà soupçonnées d'entretenir des rapports douteux avec les passeurs. Cette fois, les rapports de collaboration et de complicité – jamais commerciaux – ont été confirmés par cette "taupe" italienne qui a pu embarquer à bord du navire de l'organisation "Save the children". Face à la crise des migrants, un code de conduite pour les ONG Des contacts "bizarres" Luca B., 45 ans, est un policier expert en plongée sous-marine et spécialiste du secours en mer. Il s’est confié au "Corriere della sera" ce vendredi 4 août. Ses photos ont permis de retracer le trafic d’êtres humains et ont dévoilé la complicité de certaines ONG avec des réseaux de passeurs. 

Tout commence il y a six mois lorsque le SCO, le Service central opérationnel, sorte de préfecture de police nationale, est alerté par l’organisation "Save the children" de contacts "bizarres" entre le bateau "Juventa" et les bateaux des passeurs libyens. Luca B. est sollicité et accepte de monter sous couverture à bord du navire "Vos Hestia" de "Save the children". Il participe à de nombreuses incursions et de nombreux sauvetages tout en gardant le contact avec ses supérieurs. 

Le 18 juin, c’est le tournant. Il raconte : "A l’aube, le 'Vos Hestia" sur lequel je me trouvais et la "Juventa" se croisent en haute mer. Quelques minutes après, s’approche une barque de trafiquants. Elle reste à quelques mètres de la Juventa. Je vois ses hommes qui parlent de façon animée avec les bénévoles. Puis arrive une autre barque qui escorte un canot pneumatique surchargé de migrants." 

Luca B. l’infiltré s'empresse alors de prendre des photos, tout en évitant de se faire remarquer. Pendant de longues minutes, il observe les accords passés entre certains sauveurs et les passeurs. Les canots pneumatiques, une fois vidés de leurs passagers, sont aussitôt rendus aux trafiquants au lieu d’être détruits. Ils pourront ainsi resservir pour d’autres transports clandestins. 

L'Italie dépassée 
Toujours à bord du "Vos Hestia", Luca B. réussit entre autres à tirer de l’eau un bébé nigérian de 15 mois dont la mère était décédée, avant de confier ses films et ses photos aux autorités italiennes. Début août, elles rendent les informations recueillis par la "taupe" publiques. "C’est du matériel fondamental pour notre enquête", a déclaré son supérieur Alessandro Giuliano. 

Cette opération d'infiltration met en lumière la redéfinition de la politique italienne en matière d'immigration. Longtemps tolérante et accueillante, l'Italie s'inquiète du flux croissant de migrants déversés dans les ports du Sud par des embarcations de plus en plus nombreuses. Rome se plaint également de la faible solidarité européenne dans cette crise migratoire : ports fermés aux bateaux de migrants et frontières bloquées du coté français, suisse, autrichien et slovène.

L'Italie a donc décidé de prendre les choses en mains. Désormais, elle enquête pour son compte sur les trafics et souhaite contrôler le plus possible les flux vers les côtes italiennes. Le gouvernement italien a même proposé à certains garde-côtes libyens et dix organisations qui opèrent leurs sauvetages en Méditerranée de collaborer. A l'image de "Save the children", certaines ont accepté le protocole mis en place par le ministre de l’Intérieur Marco Minniti qui prévoit la présence à bord de représentants des forces de l’ordre. Luca B., en est la parfaite illustration.

Le putsch de Moscou - Aout 1991

Mythos - Camelot

Les sources occultes de la philosophie moderne & Franc-maçonnerie - Alain Pascal (Radio Courtoisie)

Pour Bernanos, le royaume passait avant l'Etat


     Avec mon idéal de l'écrivain - une vie en discorde avec le siècle, une œuvre à peu près en harmonie avec la littérature - je ne pensais aucun risque. (Qui se serait targué de n'y pas souscrire ?) Sauf celui-ci : de ne pouvoir consentir à tous ceux qui s'en réclamaient, de bonne foi et avec une volonté droite, le même capital de sympathie. Sympathie au sens étymologique : sentir et même souffrir avec. Des souvenirs plus profonds, une mémoire plus proche commandaient en moi, prédestinant ce qui me donnait la meilleure impression d'y obéir, déshéritant le reste. Gracq et Cioran, monuments classés, points de repère pour touristes littéraires amateurs de curiosités archéologiques. C'était encore une chance d'un choix estimable ; ce n'en était déjà plus une de n'avoir raison qu'avec eux. J'avais des préférences qui me touchaient davantage ; mon instinct les appelait et je récitais leurs noms comme le poème des châteaux et des cités royales, Bernanos, Giono, Anouilh, Aymé.
     Les habiles souriaient de l'éloquence bernanosienne et s'inquiétaient de l'esprit libertaire qui fermentait dans ses textes. Ils le trouvaient brouillon, confus, infréquentable. Mauriac ne lui pardonnait pas ses goguenardises polémiques. Sartre n'avait douté que de la liberté romanesque des personnages de l'illustre Girondin. Bernanos abattait sur cette œuvre une trique d'énergumène : il disait qu'elle répandait une persistance odeur de cabinet et qu'elle débauchait dans des sacristies borgnes des paroissiennes provinciales. Un pareil forcené ne pouvait qu'être un fol vomissant sans dégoût en pochard et son désespoir en nihiliste. Mauriac fit courir ce bruit au nom de la prudence du catholicisme bourgeois. 
     Du côté des athées, Bernanos n'était pas mieux pourvu. Toutes sortes d'enfantillages les révulsaient. Quand même ! Bernanos croyait au diable, à la réversibilité des mérites, à la résurrection des corps et à quelques autres babioles théologiques, dénonçait la présence du mal comme le Dostoïevski des Possédés, consacrait des curés de campagne souffreteux en héros modernes, s'émerveillait de la sainteté de Jeanne d'Arc, et - summum de l'infamie - criait : "Vive le roi !" Ce fort en gueule, empêtré dans ses anachronismes et son délire, n'était qu'un raseur - rien d'autre, rien de plus. 
     Les démocrates-chrétiens, qu'il méprisait - c'était pour lui des hypocrites bordeleux-, avaient bien tenté de l'annexer à la faveur du malentendu des Grands cimetières sous la lune. Bernanos ne s'était pas laissé travestir en militant silloniste, il avait dépiauté les progressistes chrétiens, prophétisant que le dernier marxiste de la république laïcarde serait un prêtre breton. Comme il le proclamait : ces gens-là, bande fourbue à l'arrière-garde de l'intelligence, ne l'auraient pas vivant. Nul -ni Albert Béguin, ni le comte de Paris, ni même de Gaulle - ne parvint à le colloquer. Ce n'était pas Franco qu'il haïssait : c'était la politique moderne, la religion de l’État, l'individualisme larvaire, et ce nouvel opium du peuple, la mystique égalitaire.
     Du même mouvement, il s'était séparé de la droite d'Action française parce qu'il avait soupçonné que, pour elle, l’État était une fin en soi, quelque chose qui tenait lieu de tout au légiste Maurras et à son positivisme contre-révolutionnaire. Bernanos ne faisait pas de politique, c'est-à-dire organiser tant bien que mal la société en fonction de la loi élémentaire de l'espèce. Ce qu'il voulait, contre une démocratie avilie par la consommation effrénée et contre la dictature qu'elle engendrait, c'était de refaire une civilisation. 
     Son royalisme littéraire, ébloui par un génie d'enlumineur lyrique (le bon roi, indulgent aux faibles, impitoyable pour les forts, gardien de la justice, de l'honneur, voire de l'honneur de l'honneur), renvoyait à une image, elle aussi idéalisée, de l'ancienne France. La rhétorique de Maurras l'avait un moment impressionné, sans jamais l'émouvoir. Elle parlait trop à l'intelligence abstraite, pas assez au cœur, invoquait on ne savait quelle raison nationale pour la sauvegarde de laquelle tous les sophismes de la politique machiavélique étaient à l'avance admis. Le roi selon Maurras ne se concevait que dans le XVIIe siècle de Richelieu : avant d'être un royaume, la France était un État. Pour Bernanos, réfugié dans le Moyen Age de Saint Louis, c'était l'inverse : le royaume passait avant l’État. La rupture était inévitable.
     Écartelé entre deux pulsions extrêmes et contradictoires - faire face et foutre le camp - Bernanos feuilleta toute sa vie, sous le regard de quelques-unes de ses figures votives, l'album de la sainteté et de l'héroïsme français. Il était bien cet écolier, penché sur ses livres d'histoire - dont il évoqua le souvenir dans la fabuleuse préface de La Grande Peur des bien-pensants - qui écoutait monter la rumeur glorieuse dont la race berçait les siens. La chevalerie lui collait à la peau. Il ne pensait qu'à elle, pour dominer la peur qui le ravageait ; il remettait à la douce pitié de Dieu sa colère de rebelle et sa détresse d'enfant humilié. Toute une imagerie d’Épinal, qui témoignait pour le mode de vie d'un ordre aboli, tressautait dans ses livres et parfois les égarait. Il se fia à son dégoût pour rester fidèle à ses nostalgies, jeta l'anathème sur les idolâtres du nombre pour sauver du naufrage ses illusions de réfractaire, soucieux, dans la hantise d'une agonie sans fin, de changer la vie moderne, de la restituer aux hiérarchies tutélaires d'autrefois. 
     Peut-être s'exilait-il par amour du royaume de France ; mais le scandale de sa vérité fut, pour Roger Nimier et pour moi à sa suite, la promesse d'un autre royaume, celui des insoumis dans la solitude de leur retraite, comme des protestataires sur leur barricade. Bernanos m'a immunisé contre le poison que la droite des rebouteux présente comme un remède de thaumaturge aux infections du siècle. Le maître de ma relève du matin, il l'est toujours à l'orée du soir. 

Pol Vandromme, Bivouacs d'un hussard

samedi 19 août 2017

Lutte contre l'immigration : les ONG déchantent face aux succès des Identitaires


Médecins sans frontière (MSF) vient de suspendre ses opérations de sauvetage des immigrés en mer Méditerranée suite à une circulaire des autorités libyennes qui veulent restreindre l'accès à leurs eaux internationales aux navires étrangers. Ce document crée une très vaste zone maritime dans laquelle les bateaux étrangers n'ont plus le droit de naviguer sans autorisation. Les ONG qui collaborent à l'invasion de l'Europe sont donc particulièrement touchées par cette circulaire.

Dans le même temps, le C-Star, navire affrété par des militants identitaires luttant contre l'immigration en Méditerranée, est reparti après cinq jours de blocage en face de la Tunisie. Il avait simplement arrêté ses moteurs pour résoudre un problème technique.

Bloqués depuis dimanche dernier au large de la Tunisie, où des pêcheurs et un puissant syndicat s'opposaient à leur ravitaillement, les militants du C-Star étaient sortis jeudi soir de leur silence. "Notre bateau à été ravitaillé, tout va bien, il retourne sur zone", a lancé Clément Galand, militant français à bord. 

Le C-Star navigue au large de Zouara, dans l'ouest de la Libye. Le C-Star, un navire de 40 mètres qui bat pavillon mongol, a été loué à Djibouti par le groupe "Génération identitaire". A bord, des militants allemands, français, italien et autrichien, financés grâce à un appel aux dons sur internet qui a récolté plus de 215 000 dollars depuis mi-mai, entendent s'assurer que les immigrés secourus dans les eaux internationales au large de la Libye soient reconduits en Afrique. Ils révèlent aussi les pratiques scandaleuses des ONG, qui collaborent au trafic d'êtres humains

La semaine dernière, ils ont appelé deux navires d'ONG présents au large de la Libye à quitter la zone. "Vous agissez comme un facteur incitatif pour les trafiquants d'êtres humains", ont-ils dénoncé par radio. 

Cette initiative est baptisée "Defend Europe". Dans un communiqué, l'association indique : 

"Defend Europe fait actuellement la Une des médias italiens : reportage dans les journaux télévisés, émissions de radios, articles dans la presse écrite… Notre impact est énorme dans un pays frappé de plein fouet par les activités des ONG et des passeurs d’immigrés clandestins. 

Dans le même temps, une partie de la gauche activiste italienne nous accuse d’avoir joué un rôle dans l’immobilisation du Juventa, ce navire de l’ONG Juggend Rettet’s, pris la main dans le sac il y a une semaine, en train d’échanger des informations avec des passeurs tout en embarquant des clandestins. Hier, nous avons intercepté un échange radio entre le Golfo Azzuro de l’ONG Open Arms et la marine italienne. Cette dernière ayant remarqué que le Golfo Azzuro était entré dans les eaux libyennes pour récupérer des clandestins lui interdisait de remonter vers les ports italiens. Suite à quoi, nous nous sommes mêlés à la conversation pour dire à l’équipage du Golfo Azzuro qu’il n’était plus le bienvenu au large des côtes de Libye

Enfin, une autre bonne nouvelle ! Médecins sans frontières qui refuse de signer la charte proposée par l’Italie aux ONG prévoyant notamment la présence d’un policier à bord, lance un cri d’alarme : les campagnes engagées récemment contre les ONG portent un coup très dur à ses finances. MSF parle d’une « chute verticale des dons, une véritable catastrophe sur le plan financier qui risque d’entraver notre action ». Moins d’actions des ONG, c’est moins de clandestins, et donc en bout de chaîne une baisse du chiffre d’affaires des réseaux de passeurs." 

Vidéo : quand on demande à des Américains de placer la Corée du Nord sur une carte, ça donne ça !

Solidarité avec les Karens - Orages d'acier - 07/05/2017

Appel URGENT d'un économiste viré de BFM

West Side Boys - Les années oi!

"On est vegan, vous nous conseillez de prendre quoi ?"


Comment éviter l’inculpation et le procès, raconté par un inspecteur des RG


Concernant l’affaire de la disparition d’un pasteur [probablement le pasteur Doucé lié à un réseau pédophile], un inspecteur contacte l’avocat Jacques Vergès pour le défendre. 

C’était un dossier de mœurs. Le juge, la juge plutôt, avait pourtant fait connaître son intention d’inculper mon client, puisqu’elle l’avait fait entendre au préalable par la police. Le procès-verbal d’audition avait dû réfréner ses ardeurs punitives. Aux policiers, ses collègues, mon client avait en effet déclaré : 
- Eh les gars, je suis un flic comme vous. Je connais la procédure, vous devez noter tout ce que je dis. Voilà ce que je dis : aux RG, je suis chargé des coups tordus
- On note ça ? 
- Évidemment, et le dernier coup dont j’étais chargé était de recruter un jeune prostitué mâle pour le ministre de la Justice
- On note ça aussi ? 
- Évidemment ! Et la prochaine fois que je suis convoqué, je monte d’un cran
Que croyez-vous qu’il se passa ? On n’enterra pas seulement le pasteur, mais l’affaire, ou plutôt les affaires, tant le pluriel s’impose ici. Il n’y eut pas de nouvelle convocation, pas plus qu’il n’y eût d’inculpation. Quant au ministre de la Justice, il a commodément démissionné pour raison de santé

Jacques Vergès, De mon propre aveu

vendredi 18 août 2017

Cash investigation - Les vendeurs de maladies

Zeta Zero Alfa


Le Plessis-Pâté : ils avaient volé 150 portables au Download festival

Deux quadragénaires ont été interpellés par les gendarmes au cours de la première soirée du festival Download donné sur la base aérienne au Plessis-Pâté au mois de juin. Ils avaient volé près de 150 téléphones. Ils viennent d’être renvoyés dans leur pays. 

En quelques heures, ils ont effectué une razzia parmi les festivaliers. Deux hommes ont été interpellés par les gendarmes au cours de la première soirée du festival Download, où jouait notamment Linkin Park, réunissant 120 000 spectateurs sur l’ex-base aérienne 217, au Plessis-Pâté, entre le 9 et le 11 juin. 
Ces pickpockets avaient dans leurs sacs à dos près de 150 téléphones portables… Les deux quadragénaires originaires des pays de l’Est, qui avaient payé leur entrée pour passer inaperçus, ont été renvoyés dans leur pays ces derniers jours. Tout commence vers 20 heures, en plein concert du groupe punk Blink-182. Des spectateurs viennent voir les gendarmes et racontent qu’ils se sont fait dérober leurs smartphones au milieu de la foule, devant la scène. « Le plus inquiétant c’est que certains étrangers avaient leur billet d’avion numérique à l’intérieur », précise un responsable. D’autres plaintes suivent rapidement. En tout, les militaires en recueilleront 104 en quatre heures. Mais parmi les premiers témoignages, une victime parvient à donner une description assez précise de l’homme qu’elle croit avoir vu en train de lui subtiliser son bien. 

La quarantaine de gendarmes (en uniforme et en civil), ainsi que les 250 agents de sécurité payés par l’organisation se déploient parmi les festivaliers. Trois hommes sont repérés. Deux sont interpellés. Le troisième larron est poursuivi jusqu’à 2 heures du matin, mais ne sera pas arrêté. Dans les sacs à dos des deux quadragénaires placés en garde à vue, plus de 150 téléphones sont retrouvés. 

Un stand pour récupérer son portable 
Face à cette prise record, les gendarmes décident de mettre en place un stand dédié, en périphérie du festival, avec les smartphones alignés les uns à côté des autres. Une immense file d’attente se forme rapidement. Et grâce aux réseaux sociaux, la bonne nouvelle de la saisie se répand parmi les 120 000 personnes. « Certains sont donc venus récupérer leur téléphone sans même déposer plainte », commente le colonel Jean-Marc Michelet. Des bravos et des applaudissements, viennent récompenser le travail des forces de l’ordre. Après une mesure de rétention, les deux quadragénaires interpellés ont, eux, été renvoyés dans leur pays.